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 You keep tearing me apart (Andy)

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MessageSujet: You keep tearing me apart (Andy)   Dim 4 Juin - 23:13



❝ can we go back to the world we had ? ❞
Andromeda & Narcissa
Perdue dans le tumulte, bousculée par le commun de la caste sorcière, noyée dans cette ivresse digne des plus grandes après-midi de dédicaces organisées au sein de la célèbre libraire Fleury & Bott, Narcissa n’était plus rien. Autrefois, la foule se serait divisée en deux pour la laisser passer, on se serait confondu en excuses pour ne serait-ce que lui avoir effleuré l’épaule, on l’aurait observée, épris du terrible sentiment que pouvait être l’envie. Les choses étaient bien différentes, à présent. Peut-être qu’elle aurait dû s’en réjouir, n’était-ce pas là le but ? Se fondre dans cette masse décharnée de sorciers subissant une guerre qu’ils n’avaient pas souhaitée le moins du monde, s’oubliant et reniant ce quotidien plus lourd qu’un fardeau l’espace de quelques heures dans les évènements stratégiquement mis en place. Certainement. Elle aurait dû s’estimer heureuse, après tout, c’était ce qu’elle ne cessait de se répéter en boucle, comme une litanie incessante, comme une leçon qu’elle aurait dû apprendre voilà des années, mais sur laquelle elle s’acharnait encore. Et comment, par Merlin, s’estimer heureuse lorsqu’on avait chuté de son piédestal une année plus tôt, et qu’on continuait de s’enfoncer un peu plus profondément chaque jour dans les marécages d’une vie dépourvue de bon sens ? Caprice d’une enfant trop gâtée.

Elle s’avança et se faufila avec agilité, contournant en quelques lentes enjambées le file qui prenait un peu plus d’ampleur chaque minute pour se diriger vers les étagères du fond où elle avait aperçu Lucius – désormais sorti, alors qu’elle flânait du côté opposé de la pièce à ce dernier, une dizaine de minutes plus tôt. Elle caressa du bout des doigts le premier ouvrage d’une pile posée sur une petite table de bois, puis lança un bref regard derrière elle. Elle savait son époux surveillé depuis un petit moment, déjà et leurs brefs et peu nombreux échanges écrits surveillés par Rabastan et ses sbires. Il n’y avait que de rares chances qu’ils se soient aventurés au sein de la librairie, mais leur envie de mettre la main sur sa sœur s’était renforcée ; mieux valait donc être prudente – ou faire semblant de l’être, du moins. Elle brûlait d’une envie maladive, qu’elle ne connaissait pas avant de s’être retrouvée enchaînée au groupuscule que formaient les ouroboros, de lire les missives de Lucius, contre qui elle éprouvait pourtant une colère sur laquelle elle était incapable de poser des mots, tant elle était forte. Elle s’en voulait d’être partie du manoir très certainement aussi ardemment qu’elle lui en voulait de ne pas l’avoir suivie. Finalement, ses fins doigts glissèrent sur la première couverture du bouquin qu’elle repoussa légèrement, puis sur la deuxième et s’arrêtèrent sur la troisième. Après un nouveau regard autour d’elle, la jeune blonde s’empara du dernier livre pour finalement l’ouvrir et dérober l’enveloppe se trouvant en première page. Les échanges d’hiboux devenus impossibles, ils s’étaient retrouvés coincés et n’avaient eu d’autres choix que de mettre une stratégie au point, s’ils voulaient rester en contact. Cela la poussait sans doute à se mettre un peu plus à découvert, mais l’essentiel restait que les mangemorts soient incapables de mettre la main sur Bellatrix – ce stratagème restait plus prudent et réfléchi que de véritables échanges de lettres.

Alors qu’elle tentait de se faufiler dans le sens inverse du courant, on la bouscula une première fois et elle se retrouva dans l’allée des livres pour enfants. L’époque durant laquelle elle flânait par ici, cherchant la perle qui susciterait aux yeux de Draco un intérêt qu’elle souhaitait réellement éveiller chez lui pour la lecture, lui semblait désormais à des années-lumière. Au moment où elle s’apprêtait à remettre le capuchon de sa cape émeraude sur sa tête, son regard croisa celui d’une cliente non loin d’elle et Narcissa se figea sur place, les pieds soudainement enracinés dans le parquet de la boutique. " Par Merlin, Andromeda ? " Combien d’années s’étaient-elles écoulées depuis leur dernière altercation ? Leur dernier échange de paroles, leur dernier échange de regards. Un an plus tôt, elle aurait certainement relevé le menton et retroussé le nez, avec ce petit air hautain que seules les femmes de son genre – aussi versatiles qu’incertaines, étaient capables d’arborer. Mais elle se sentit soudainement plus fragile que jamais, et surtout incapable de revêtir cette armure aux allures snobinardes dont elle était reine au sein des hautes sphères sorcières. " Je dois y aller. " Sentant le feu lui monter aux joues, comme une petite fille qu’on aurait surprise occupée à faire une bêtise, elle tourna simplement les talons pour se diriger vers la sortie où la porte s’ouvrit, laissant apparaître dans son embrasure un Goyle dont le scepticisme de se retrouver dans un tel endroit marquait profondément son visage rondouillet. G-é-n-i-a-l. En prenant compte l’idée qu’il soit incapable de lire plus de deux phrases sans avoir l’irrépressible envie de balancer un bouquin par la fenêtre, Narcissa supposait qu’il n’était pas venu effectuer quelques emplettes pour le plaisir. Elle bifurqua alors dans une autre allée où elle attrapa un livre aléatoire, masquant son visage derrière les pages de ce dernier, mais jetant de réguliers coups d’œil au mangemort – elle prendrait ses jambes à son cou à la moindre occasion.



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MessageSujet: Re: You keep tearing me apart (Andy)   Mar 6 Juin - 20:57

YOU KEEP TEARING ME APART —




— CISSY & ANDIE
Elle y avait réfléchi toute la nuit, si bien qu’elle était épuisée. Au petit matin, la chose lui avait semblé si évidente qu’elle avait regretté de ne pas y avoir pensé plus tôt. Un voile sulfureux et teinté de mystère entourait les Obscurus, si bien qu’elle avait longtemps cru qu’il ne s’agissait que d’un mythe. A en juger par la taille du rayon de Fleury et Bott dédié à cette étrange pathologie, elle s’était lourdement trompée. Entité magique parasite qui naît du refoulement par un sorcier de ses pouvoirs magiques, pouvait-elle lire dans l’essai de Norbert Dragoneau qui leur était consacré. D’aucuns diraient sans doute qu’un Mute n’avait rien de commun avec un Obscurial. Pourtant, Andromeda ne pouvait s’empêcher d’être intriguée par les symptômes décrits par les experts de ce sujet, à commencer par une instabilité magique inégalée. Peut-être était-ce une fausse piste, peut-être perdait-elle son temps en cherchant à rapprocher les conséquences d’un traumatisme de ce que tout le monde croyait être les symptômes d’un virus magique jusqu’alors inconnu. Qu’à cela ne tienne ! En dépit de longues semaines passées à étudier clandestinement des dizaines de cas dans le camp de réfugiés installé à Poudlard, elle n’avait aucune autre hypothèse à creuser pour le moment. Dans un profond soupir, la jeune femme s’empara des deux grimoires sélectionnés et se dirigea vers la caisse pour régler ses achats. Lorsque ce fût chose faite, elle décida de rejoindre la sortie, l’esprit encore embrumé par ses réflexions sur les Mutes. Comme elle traversait le rayon des livres pour enfants, son regard fut subitement attiré par un visage qu’elle n’aurait jamais cru revoir un jour. « Narcissa… » parvint-elle à articuler dans un souffle.

En l’espace de quelques quatorze longues années, Andromeda n’avait croisé sa sœur qu’en de rares occasions. A chaque fois, le Destin avait veillé à placer entre elles une distance suffisante afin que chacune puisse feindre de ne pas avoir reconnu l’autre. Sans doute était-ce mieux ainsi. A l’époque, la benjamine de la fratrie aurait été durement châtiée pour avoir daigné adresser la parole à son aînée. En avait-elle seulement l’envie, d’ailleurs ? Les paroles prononcées par Narcissa, le soir où elle s’était enfuie du manoir familial, résonnaient encore clairement dans l’esprit d’Andromeda. La scène qui se déroulait présentement dans la petite librairie du Chemin de Traverse, la jeune femme se l’était figurée maintes et maintes fois dans ses rêves – ou ses cauchemars. A chaque fois, elle s’était imaginé lire beaucoup de choses dans les deux grands yeux gris de Narcissa – de la colère, du ressentiment, peut-être même de la haine, mais sûrement pas ce profond désarroi qu’elle eut tout juste le temps de déchiffrer sur son visage. L’instant d’après, sa petite sœur s’envolait comme un moineau pour venir cacher son visage derrière un vieux grimoire. Interloquée, Andromeda se tourna à son tour vers l’entrée de la librairie, les sourcils légèrement froncés. C’est alors qu’elle comprit qu’elle n’était pas à l’origine du comportement quelque peu étrange de Cissy. Andy n’eut pas le moindre mal à identifier l’intrus. Debout dans l’encadrement de la porte, l’homme au visage rondouillet semblait aussi à l’aise en ces lieux qu’une fleur dans un champ de détraqueurs. Après quelques secondes de réflexion, elle finit par l’identifier comme étant l’un des acolytes de Lucius, du tout où ils étaient élèves à Poudlard. Quel que soit son nom, la réaction de Narcissa – d’ordinaire si capable dans l’art de dissimuler ses émotions – ne présageait rien de bon.

Sans même y penser, Andromeda s’empara de sa baguette magique tout en veillant à la dissimuler sous les pans de sa robe de sorcière. Il y avait quelque chose d’inconsidéré dans ce geste, de primitif. Près de la moitié de la population sorcière était à la recherche de Bellatrix, toutes factions confondues. Narcissa avait pris un risque inconsidéré en s’aventurant jusqu’ici pour Merlin savait trop quelle raison. Elles avaient beau lutter pour des intérêts divergents, Andy ne pouvait se résoudre à rester là, les bras croisés. En dépit des torrents de larmes et de haine qui avaient emporté leur relation passée, elle restait sa Cissy, sa poupée, sa princesse, de toute éternité et pour toujours. Sans prononcer le moindre son, Andromeda pointa sa baguette magique sur l’étagère présentant es dernières nouveautés, à l’entrée de la boutique, juste à côté de l’homme au visage rondouillet. Il y eut un bruit sourd, juste avant que l’ensemble des grimoires ne dégringolent sur les pieds de l’intrus. Profitant de cette diversion, la jeune femme se tourna vers sa sœur qu’elle gratifia d’un petit coup de baguette magique à l’arrière du crâne. Elle n’avait recouru au sortilège de désillusion pour elle-même qu’une seule et unique fois mais se souvenait parfaitement de cette sensation ô combien désagréable, comme si quelqu’un venait de vous écraser un œuf sur la tête. En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, la silhouette de Narcissa se confondit avec son environnement. « Viens » souffla Andy, comme elle cherchait le poignet de sa sœur. A la faveur de la pagaille que son premier sortilège avait semée dans la boutique, Andromeda parvint à entraîner sa cadette à l’extérieur, dans une ruelle adjacente au Chemin de Traverse. « Finite incantatem ! » chuchota-t-elle enfin, après avoir repris son souffle. Une fraction de seconde plus tard, Narcissa retrouvait son apparence originelle. « Attends ! » s’exclama finalement Andy, comme elle s’emparait fermement de la main de Cissy, comme si elle craignait qu’elle ne s’envole à nouveau. Et de rajouter, les yeux brillants d’une lueur étrange : « S’il te plait. » Il y eut un instant de silence au cours duquel elle sembla chercher ses mots. « J’ai besoin de savoir. Est-ce que tu vas bien ? Est-ce que tu es en sécurité ? »

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MessageSujet: Re: You keep tearing me apart (Andy)   Jeu 8 Juin - 17:16



❝ can we go back to the world we had ? ❞
Andromeda & Narcissa
Narcissa garda le regard figé sur le mangemort venant d’entrer dans la boutique durant un petit moment. Le temps de soigneusement établir un potentiel plan de fuite, qui n’attirerait nullement l’attention sur l’endroit qui était à présent devenu le lieu de rendez-vous hebdomadaire de ce qui était autrefois son couple – cela faisait un an que Lucius et elle n’avaient plus passé de temps ensemble autrement qu’en lançant de fréquents regards derrière leur épaule, alertés par le moindre bruit, le moindre craquement. Tenter de se fondre dans la masse sorcière, alors qu’on espérait la retrouver dans un lieu isolé, essayant de passer inaperçue, leur avait dans un premier semblé être une bonne idée. Maintenant, alors que Lucius avait quitté Fleury & Bott depuis un certain temps, déjà, elle déchantait et s’en voulait. Si Bellatrix apprenait qu’elle avait fait preuve d’une telle imprudence, voire qu’elle était parvenue à lui filer entre les doigts, alors qu’elle avait demandé à Dolohov de lui veiller dessus… Oh Salazar, elle préférait sincèrement ne pas y penser pour le moment. Son aînée lui donnait souvent le sentiment de n’être qu’une petite fille qu’elle n’hésitait jamais à sermonner, parfois même une poupée qu’elle gardait jalousement pour elle-même, ou qu’elle exposait fièrement, tout en faisant comprendre à autrui qu’elle n’appartenait à personne autre qu’elle. C’était complexe, comme relation. C’était étouffant. C’était peut-être la raison au sommet de la liste l’ayant poussée à agir aussi imprudemment aujourd’hui.

Un bruit sourd attira soudainement son attention. Elle coula un regard discret vers l’entrée, et eut à peine le temps de voir les livres exposés dans la catégorie des nouveautés dégringoler sur les pieds du mangemort. C’était inespéré, une occasion qui ne se présenterait certainement pas une seconde fois et peu lui importait ce qui avait provoqué une telle chance. Mais avant qu’elle ait eu le temps d’effectuer le moindre geste, elle ressentit l’horrible impression qu’on venait de lui briser un œuf sur la tête. Elle avait lu quelque part – même si elle n’était pas prête à l’avouer de vive voix, que certains moldus (sans doute les plus innovants. Ou les moins lucides, tout dépendait du point de vue, après tout) utilisaient cet ingrédient pour rendre leurs cheveux plus soyeux. Elle pivota légèrement sur elle-même, lançant un regard assassin à la première silhouette se dessinant sous ses yeux : Andromeda. Elle ouvrit la bouche pour lui faire part du fait que, petit un, si elle venait de lui écraser un œuf sur la tête pour se venger de s’être fait renier quatorze ans auparavant, c’était raté. Elle ne ferait que rendre sa chevelure – déjà parfaite, c’était une chose dont tout le monde avait conscience, encore plus brillante. Petit deux, si elle venait en revanche de recourir au sortilège de désillusion sur elle pour la sortir de cette pagaille, elle n’avait pas intérêt à s’attendre à une quelconque forme de remerciements.

Elle ne dit rien, cependant et se laissa sagement guider jusqu’à l’extérieur, s’éloignant de quelques pas. Elle était peut-être arrogante et imprudente, mais pas complètement suicidaire ou stupide. Elle arracha sans difficultés son poignet à l’emprise qu’Andromeda exerçait, bien plus délicate que ne l’avait jamais été, et ne le serait jamais Bellatrix, puis murmura le plus calmement du monde : " ne me touche plus. " Elle n’haussait que très rarement le ton. Et c’était sans doute d’autant plus effrayant ou blessant, qu’une personne soit capable de faire preuve d’une telle véhémence tout en gardant une intonation aussi neutre, dénuée de sentiments, alors que dans sa poitrine, un ouragan se préparait. Une fois le sortilège évanoui, elle se sentit moins irritée, et son regard s’adoucit un peu. " Je n’avais pas besoin de ton aide. " Parce que la remercier lui aurait sûrement brûlé la langue, elle préférait ne pas s’y risquer. L’allée était pour ainsi dire vide et donnait l’impression que l’entièreté des sorciers s’était regroupée à l’intérieur de la librairie pour oublier le temps maussade qui régnait au-dehors. Lourd et orageux, comme si le ciel s’apprêtait à voler en éclat. Si elle restait face à sa sœur, c’était son cœur, qui allait imploser. Elle le sentait déjà tambouriner dans sa poitrine, comme s’il cherchait à s’en échapper. Andromeda devait être sourde pour ne pas l’entendre. Alors, elle fit ce qu’on lui avait appris durant toutes ces années : lorsqu’on rencontrait un problème auquel on ne souhaitait faire face, on tournait tout simplement les talons. Mais c’était sans compter sur la brune qui la rattrapa en quelques enjambées, glissant sa main dans la sienne. Elle se retourna lentement, puis se débarrassa de cette brève étreinte en la repoussant. Elle ne voulait plus que sa sœur la touche ou l’effleure. Elle ne voulait plus de ces sentiments qui se mélangeaient et bousculaient toutes les pensées raisonnables qu’elle s’appliquait à avoir depuis toutes ces années. C’était beaucoup plus facile de la regarder de haut ou de la nier lorsqu’elles étaient loin l’une de l’autre. Se retrouver à quelques mètres de sa sœur lui ôtait toute volonté d’appliquer les ordres de son père : ne jamais lui adresser la parole à nouveau. " Arrête. " Narcissa marqua une courte pause, à son tour. Elle n’avait pas besoin de ça, pas pour le moment. Pas alors qu’elle se sentait de plus en plus prise au piège, à mener une vie de fuyarde. Une vie qui n’était pas la sienne. " Tu n’es pas obligée, sous peine de m’avoir croisée par le plus grand des hasards, de faire semblant de t’intéresser à moi. " Ses mains glissèrent nerveusement le long de sa cape, soudainement alarmée par l’absence de ce qu’elle était venue chercher. Où était la lettre de Lucius ? Il était hors de question qu’elle ait fait tout ça pour rien. Machinalement, elle rompit la distance qui la séparait de sa sœur, lui attrapant les mains, alors qu’elle réfutait tout contact physique avec elle quelques minutes plus tôt. " Andromeda, la lettre. " Elle avait dû la laisser échapper sous l’effet de surprise, alors qu’elle était traînée dehors par sa sœur. Elle plongea alors ses yeux bleus dans ceux de son aînée, incapable de formuler à haute voix le requête qui l’animait.


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MessageSujet: Re: You keep tearing me apart (Andy)   Lun 12 Juin - 19:58



Il est de ces mots capables de vous blesser plus sûrement – et durement – qu’une gifle. Le teint encore plus blême qu’à l’accoutumée, Andromeda se tenait là, debout, les bras ballants, incapable d’articuler le moins son. Aussi étrange que cela puisse paraître, elle avait toujours redouté les foudres de sa petite sœur, peut-être davantage encore que celles de son aînée. Les colères de Bellatrix étaient explosives, certes, mais non moins prévisibles. Être conscient de devoir se préparer au pire était déjà une information – précieuse – en soi. Narcissa, pour sa part, ne levait pas la voix – n’en avait pas besoin. En règle générale, il lui suffisait d’un mot ou d’un regard pour vous faire vous sentir plus petit qu’un botruc. A bien des égards, le mépris de Cissy était plus douloureux encore que la haine de Bella. Après toutes ces années, Andromeda n’avait rien oublié de la dureté du ton qu’avait employé sa cadette pour la prier de hâter son départ. Tu as fait un choix, il est temps pour toi de le respecter, lui avait-elle jeté au visage avec une froideur qui aurait aisément pu passer pour de l’indifférence. Au fond d’elle-même, Andy savait très bien qu’il ne s’agissait là que d’un mécanisme de défense comme un autre – et pour cause ! Elle-même avait appris, dès sa plus tendre enfance, à ravaler ses émotions, sous peine de se voir sévèrement punie. La Noble et très Ancienne Maison des Black ne laissait point de place aux sentiments. Le destin des trois sœurs aurait-il été différent si la vie les avait vues naître dans un autre berceau ? Nul ne le saurait jamais. Parfois, il lui semblait qu’une malédiction les condamnait à s’entre-déchirer jusqu’à la mort. Car de toute évidence, elles s’aimaient beaucoup trop pour ne pas se haïr.

« La lettre… ? » murmura-t-elle, du bout des lèvres, tel un lointain écho de la voix de sa sœur. Encore sonnée par les coups assénés par Cissy, Andromeda mit quelques longues secondes à se figurer ce à quoi sa cadette faisait allusion. Comme dans un songe, elle se remémora la scène qui venait de se dérouler dans la petite librairie. Alors qu’elle s’emparait fermement du poignet de Narcissa pour la tirer de ce pétrin, un morceau de parchemin était tombé au sol. Sur le moment, elle avait cru qu’il s’agissait d’une publicité pour Merlin savait trop quel nouveau livre. Mais à en juger par l’expression horrifiée qu’arborait présentement sa sœur, la missive était de la plus haute importance. Au terme de quelques secondes de silence, Andromeda ouvrit la bouche, pour finalement la refermer presque aussitôt. Il fallait avoir eu soi-même un lourd secret à porter pour ne pas succomber à la tentation de questionner les autres sur les leurs. Cissy était sa petite sœur, sa poupée, sa princesse. Elle ne pourrait jamais rien lui refuser. « Reste ici, je reviens. » Encore meurtrie par ce qu’elle venait d’entendre, Andromeda trouva néanmoins la force de tourner les talons pour entrer de nouveau dans la boutique. La foule était si dense qu’elle eut le plus grand mal à retrouver la lettre. Elle finit par la repérer, près du rayon des livres pour enfants, coincée sous la chaussure d’une vieille sorcière au dos voûtée. Comme elle esquissait quelques pas dans cette direction, elle ne tarda pas à repérer l’homme au visage rondouillet qui semblait, lui aussi, particulièrement intéressé par le morceau de parchemin. « Accio. » murmura Andy tout en sortant sa baguette. La vieille dame laissa échapper un petit cri de surprise lorsque la lettre s’envola brusquement de sous sa chaussure pour atterrir entre les mains d’Andromeda. « Milles gorgones, merci infiniment ! » s’exclama-t-elle en réponse au regard courroucé de la sorcière. « Je croyais avoir égaré cette lettre. Ma grand-tante Thabita ne me l’aurait jamais pardonné si je ne lui avais pas envoyé de photo du dernier anniversaire de la petite ! » Ce pieux mensonge suffit à détendre quelque peu l’atmosphère. Sentant le regard de l’homme au visage rondouillet lui brûler la nuque, Andy mit rapidement fin à un bref échange de politesses avec la vieille dame pour se ruer hors de la boutique – non sans jeter quelques regards frénétiques par-dessus son épaule pour s’assurer de ne pas avoir été suivie.
You keep tearing me apart

Une fois dehors, Andromeda s’accorda quelques secondes de répit avant de rejoindre sa sœur. Comme elle faisait tourner l’enveloppe entre ses mains, elle esquissa un geste pour l’ouvrir avant de se raviser, à la dernière seconde. Du bout des doigts, elle effleura l’écriture masculine qui apparaissait deçà delà, par transparence. Nul besoin de chercher bien loin pour devenir l’identité de l’auteur de la lettre. De retour dans la ruelle, Andromeda finit par tendre le morceau de parchemin à sa sœur. « Je crois que c’est à toi. » souffla-t-elle à mi-voix. Ce faisant, elle ne put s’empêcher de remarquer combien le ton de sa voix était beaucoup plus froid que d’ordinaire. Elle s’en voulut, un peu. Quelques secondes filèrent encore, comme elle restait là, à sonder le regard de Cissy. Ses lèvres ne bougeaient plus mais ses deux grands yeux clairs, eux, semblaient crier ce qu’elle ne pouvait dire. Dans un soupir, elle finit par tourner les talons – encore. Les épaules voutées, elle resserra sa cape autour de ses épaules, s’apprêtant à transplaner. « C’est étrange. » finit-il par souffler, dans un murmure à peine audible. Et de préciser, sans pour autant se tourner de nouveau vers sa sœur : « L’indulgence que tu peux avoir vis-à-vis d’elle. » Elle n’avait pas besoin de prononcer son nom. Nul doute que Narcissa comprendrait l’allusion. « Elle t’arrache à celui que tu aimes, au père de ton enfant… Te condamne à une vie d’errance, comme une vulgaire fugitive… » Andy s’aventurait sur un terrain plus que dangereux, elle ne le savait que trop bien. Qu’importe. Des trois protagonistes de cette histoire, elle était peut-être celle dont l’avenir était le moins incertain ces temps-ci, contrairement à ce qui lui avait été prédit quelques quatorze ans plus tôt. « Et pourtant, elle a ton respect quand je n’ai droit à rien d’autre que ton mépris. » Sans trop savoir comment, Andromeda finit par trouver la force de se retourner pour affronter le regard de sa sœur. « Crois-le ou non, je n’ai jamais cessé de m’intéresser à toi. Je n’ai jamais cessé de m’inquiéter pour toi. Et si tu me le demandais, là, maintenant, je t’arracherais à elle et te protègerais de tout ça. » Et de rajouter, non sans un léger pincement au cœur : « Vous protègerais de tout ça. » Sa sœur, et son neveu, qu’elle n’avait jamais rencontré.
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