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 You keep tearing me apart (Andy)

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MessageSujet: You keep tearing me apart (Andy)   Dim 4 Juin - 23:13



❝ can we go back to the world we had ? ❞
Andromeda & Narcissa
Perdue dans le tumulte, bousculée par le commun de la caste sorcière, noyée dans cette ivresse digne des plus grandes après-midi de dédicaces organisées au sein de la célèbre libraire Fleury & Bott, Narcissa n’était plus rien. Autrefois, la foule se serait divisée en deux pour la laisser passer, on se serait confondu en excuses pour ne serait-ce que lui avoir effleuré l’épaule, on l’aurait observée, épris du terrible sentiment que pouvait être l’envie. Les choses étaient bien différentes, à présent. Peut-être qu’elle aurait dû s’en réjouir, n’était-ce pas là le but ? Se fondre dans cette masse décharnée de sorciers subissant une guerre qu’ils n’avaient pas souhaitée le moins du monde, s’oubliant et reniant ce quotidien plus lourd qu’un fardeau l’espace de quelques heures dans les évènements stratégiquement mis en place. Certainement. Elle aurait dû s’estimer heureuse, après tout, c’était ce qu’elle ne cessait de se répéter en boucle, comme une litanie incessante, comme une leçon qu’elle aurait dû apprendre voilà des années, mais sur laquelle elle s’acharnait encore. Et comment, par Merlin, s’estimer heureuse lorsqu’on avait chuté de son piédestal une année plus tôt, et qu’on continuait de s’enfoncer un peu plus profondément chaque jour dans les marécages d’une vie dépourvue de bon sens ? Caprice d’une enfant trop gâtée.

Elle s’avança et se faufila avec agilité, contournant en quelques lentes enjambées le file qui prenait un peu plus d’ampleur chaque minute pour se diriger vers les étagères du fond où elle avait aperçu Lucius – désormais sorti, alors qu’elle flânait du côté opposé de la pièce à ce dernier, une dizaine de minutes plus tôt. Elle caressa du bout des doigts le premier ouvrage d’une pile posée sur une petite table de bois, puis lança un bref regard derrière elle. Elle savait son époux surveillé depuis un petit moment, déjà et leurs brefs et peu nombreux échanges écrits surveillés par Rabastan et ses sbires. Il n’y avait que de rares chances qu’ils se soient aventurés au sein de la librairie, mais leur envie de mettre la main sur sa sœur s’était renforcée ; mieux valait donc être prudente – ou faire semblant de l’être, du moins. Elle brûlait d’une envie maladive, qu’elle ne connaissait pas avant de s’être retrouvée enchaînée au groupuscule que formaient les ouroboros, de lire les missives de Lucius, contre qui elle éprouvait pourtant une colère sur laquelle elle était incapable de poser des mots, tant elle était forte. Elle s’en voulait d’être partie du manoir très certainement aussi ardemment qu’elle lui en voulait de ne pas l’avoir suivie. Finalement, ses fins doigts glissèrent sur la première couverture du bouquin qu’elle repoussa légèrement, puis sur la deuxième et s’arrêtèrent sur la troisième. Après un nouveau regard autour d’elle, la jeune blonde s’empara du dernier livre pour finalement l’ouvrir et dérober l’enveloppe se trouvant en première page. Les échanges d’hiboux devenus impossibles, ils s’étaient retrouvés coincés et n’avaient eu d’autres choix que de mettre une stratégie au point, s’ils voulaient rester en contact. Cela la poussait sans doute à se mettre un peu plus à découvert, mais l’essentiel restait que les mangemorts soient incapables de mettre la main sur Bellatrix – ce stratagème restait plus prudent et réfléchi que de véritables échanges de lettres.

Alors qu’elle tentait de se faufiler dans le sens inverse du courant, on la bouscula une première fois et elle se retrouva dans l’allée des livres pour enfants. L’époque durant laquelle elle flânait par ici, cherchant la perle qui susciterait aux yeux de Draco un intérêt qu’elle souhaitait réellement éveiller chez lui pour la lecture, lui semblait désormais à des années-lumière. Au moment où elle s’apprêtait à remettre le capuchon de sa cape émeraude sur sa tête, son regard croisa celui d’une cliente non loin d’elle et Narcissa se figea sur place, les pieds soudainement enracinés dans le parquet de la boutique. " Par Merlin, Andromeda ? " Combien d’années s’étaient-elles écoulées depuis leur dernière altercation ? Leur dernier échange de paroles, leur dernier échange de regards. Un an plus tôt, elle aurait certainement relevé le menton et retroussé le nez, avec ce petit air hautain que seules les femmes de son genre – aussi versatiles qu’incertaines, étaient capables d’arborer. Mais elle se sentit soudainement plus fragile que jamais, et surtout incapable de revêtir cette armure aux allures snobinardes dont elle était reine au sein des hautes sphères sorcières. " Je dois y aller. " Sentant le feu lui monter aux joues, comme une petite fille qu’on aurait surprise occupée à faire une bêtise, elle tourna simplement les talons pour se diriger vers la sortie où la porte s’ouvrit, laissant apparaître dans son embrasure un Goyle dont le scepticisme de se retrouver dans un tel endroit marquait profondément son visage rondouillet. G-é-n-i-a-l. En prenant compte l’idée qu’il soit incapable de lire plus de deux phrases sans avoir l’irrépressible envie de balancer un bouquin par la fenêtre, Narcissa supposait qu’il n’était pas venu effectuer quelques emplettes pour le plaisir. Elle bifurqua alors dans une autre allée où elle attrapa un livre aléatoire, masquant son visage derrière les pages de ce dernier, mais jetant de réguliers coups d’œil au mangemort – elle prendrait ses jambes à son cou à la moindre occasion.



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MessageSujet: Re: You keep tearing me apart (Andy)   Mar 6 Juin - 20:57

YOU KEEP TEARING ME APART —




— CISSY & ANDIE
Elle y avait réfléchi toute la nuit, si bien qu’elle était épuisée. Au petit matin, la chose lui avait semblé si évidente qu’elle avait regretté de ne pas y avoir pensé plus tôt. Un voile sulfureux et teinté de mystère entourait les Obscurus, si bien qu’elle avait longtemps cru qu’il ne s’agissait que d’un mythe. A en juger par la taille du rayon de Fleury et Bott dédié à cette étrange pathologie, elle s’était lourdement trompée. Entité magique parasite qui naît du refoulement par un sorcier de ses pouvoirs magiques, pouvait-elle lire dans l’essai de Norbert Dragoneau qui leur était consacré. D’aucuns diraient sans doute qu’un Mute n’avait rien de commun avec un Obscurial. Pourtant, Andromeda ne pouvait s’empêcher d’être intriguée par les symptômes décrits par les experts de ce sujet, à commencer par une instabilité magique inégalée. Peut-être était-ce une fausse piste, peut-être perdait-elle son temps en cherchant à rapprocher les conséquences d’un traumatisme de ce que tout le monde croyait être les symptômes d’un virus magique jusqu’alors inconnu. Qu’à cela ne tienne ! En dépit de longues semaines passées à étudier clandestinement des dizaines de cas dans le camp de réfugiés installé à Poudlard, elle n’avait aucune autre hypothèse à creuser pour le moment. Dans un profond soupir, la jeune femme s’empara des deux grimoires sélectionnés et se dirigea vers la caisse pour régler ses achats. Lorsque ce fût chose faite, elle décida de rejoindre la sortie, l’esprit encore embrumé par ses réflexions sur les Mutes. Comme elle traversait le rayon des livres pour enfants, son regard fut subitement attiré par un visage qu’elle n’aurait jamais cru revoir un jour. « Narcissa… » parvint-elle à articuler dans un souffle.

En l’espace de quelques quatorze longues années, Andromeda n’avait croisé sa sœur qu’en de rares occasions. A chaque fois, le Destin avait veillé à placer entre elles une distance suffisante afin que chacune puisse feindre de ne pas avoir reconnu l’autre. Sans doute était-ce mieux ainsi. A l’époque, la benjamine de la fratrie aurait été durement châtiée pour avoir daigné adresser la parole à son aînée. En avait-elle seulement l’envie, d’ailleurs ? Les paroles prononcées par Narcissa, le soir où elle s’était enfuie du manoir familial, résonnaient encore clairement dans l’esprit d’Andromeda. La scène qui se déroulait présentement dans la petite librairie du Chemin de Traverse, la jeune femme se l’était figurée maintes et maintes fois dans ses rêves – ou ses cauchemars. A chaque fois, elle s’était imaginé lire beaucoup de choses dans les deux grands yeux gris de Narcissa – de la colère, du ressentiment, peut-être même de la haine, mais sûrement pas ce profond désarroi qu’elle eut tout juste le temps de déchiffrer sur son visage. L’instant d’après, sa petite sœur s’envolait comme un moineau pour venir cacher son visage derrière un vieux grimoire. Interloquée, Andromeda se tourna à son tour vers l’entrée de la librairie, les sourcils légèrement froncés. C’est alors qu’elle comprit qu’elle n’était pas à l’origine du comportement quelque peu étrange de Cissy. Andy n’eut pas le moindre mal à identifier l’intrus. Debout dans l’encadrement de la porte, l’homme au visage rondouillet semblait aussi à l’aise en ces lieux qu’une fleur dans un champ de détraqueurs. Après quelques secondes de réflexion, elle finit par l’identifier comme étant l’un des acolytes de Lucius, du tout où ils étaient élèves à Poudlard. Quel que soit son nom, la réaction de Narcissa – d’ordinaire si capable dans l’art de dissimuler ses émotions – ne présageait rien de bon.

Sans même y penser, Andromeda s’empara de sa baguette magique tout en veillant à la dissimuler sous les pans de sa robe de sorcière. Il y avait quelque chose d’inconsidéré dans ce geste, de primitif. Près de la moitié de la population sorcière était à la recherche de Bellatrix, toutes factions confondues. Narcissa avait pris un risque inconsidéré en s’aventurant jusqu’ici pour Merlin savait trop quelle raison. Elles avaient beau lutter pour des intérêts divergents, Andy ne pouvait se résoudre à rester là, les bras croisés. En dépit des torrents de larmes et de haine qui avaient emporté leur relation passée, elle restait sa Cissy, sa poupée, sa princesse, de toute éternité et pour toujours. Sans prononcer le moindre son, Andromeda pointa sa baguette magique sur l’étagère présentant es dernières nouveautés, à l’entrée de la boutique, juste à côté de l’homme au visage rondouillet. Il y eut un bruit sourd, juste avant que l’ensemble des grimoires ne dégringolent sur les pieds de l’intrus. Profitant de cette diversion, la jeune femme se tourna vers sa sœur qu’elle gratifia d’un petit coup de baguette magique à l’arrière du crâne. Elle n’avait recouru au sortilège de désillusion pour elle-même qu’une seule et unique fois mais se souvenait parfaitement de cette sensation ô combien désagréable, comme si quelqu’un venait de vous écraser un œuf sur la tête. En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, la silhouette de Narcissa se confondit avec son environnement. « Viens » souffla Andy, comme elle cherchait le poignet de sa sœur. A la faveur de la pagaille que son premier sortilège avait semée dans la boutique, Andromeda parvint à entraîner sa cadette à l’extérieur, dans une ruelle adjacente au Chemin de Traverse. « Finite incantatem ! » chuchota-t-elle enfin, après avoir repris son souffle. Une fraction de seconde plus tard, Narcissa retrouvait son apparence originelle. « Attends ! » s’exclama finalement Andy, comme elle s’emparait fermement de la main de Cissy, comme si elle craignait qu’elle ne s’envole à nouveau. Et de rajouter, les yeux brillants d’une lueur étrange : « S’il te plait. » Il y eut un instant de silence au cours duquel elle sembla chercher ses mots. « J’ai besoin de savoir. Est-ce que tu vas bien ? Est-ce que tu es en sécurité ? »

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MessageSujet: Re: You keep tearing me apart (Andy)   Jeu 8 Juin - 17:16



❝ can we go back to the world we had ? ❞
Andromeda & Narcissa
Narcissa garda le regard figé sur le mangemort venant d’entrer dans la boutique durant un petit moment. Le temps de soigneusement établir un potentiel plan de fuite, qui n’attirerait nullement l’attention sur l’endroit qui était à présent devenu le lieu de rendez-vous hebdomadaire de ce qui était autrefois son couple – cela faisait un an que Lucius et elle n’avaient plus passé de temps ensemble autrement qu’en lançant de fréquents regards derrière leur épaule, alertés par le moindre bruit, le moindre craquement. Tenter de se fondre dans la masse sorcière, alors qu’on espérait la retrouver dans un lieu isolé, essayant de passer inaperçue, leur avait dans un premier semblé être une bonne idée. Maintenant, alors que Lucius avait quitté Fleury & Bott depuis un certain temps, déjà, elle déchantait et s’en voulait. Si Bellatrix apprenait qu’elle avait fait preuve d’une telle imprudence, voire qu’elle était parvenue à lui filer entre les doigts, alors qu’elle avait demandé à Dolohov de lui veiller dessus… Oh Salazar, elle préférait sincèrement ne pas y penser pour le moment. Son aînée lui donnait souvent le sentiment de n’être qu’une petite fille qu’elle n’hésitait jamais à sermonner, parfois même une poupée qu’elle gardait jalousement pour elle-même, ou qu’elle exposait fièrement, tout en faisant comprendre à autrui qu’elle n’appartenait à personne autre qu’elle. C’était complexe, comme relation. C’était étouffant. C’était peut-être la raison au sommet de la liste l’ayant poussée à agir aussi imprudemment aujourd’hui.

Un bruit sourd attira soudainement son attention. Elle coula un regard discret vers l’entrée, et eut à peine le temps de voir les livres exposés dans la catégorie des nouveautés dégringoler sur les pieds du mangemort. C’était inespéré, une occasion qui ne se présenterait certainement pas une seconde fois et peu lui importait ce qui avait provoqué une telle chance. Mais avant qu’elle ait eu le temps d’effectuer le moindre geste, elle ressentit l’horrible impression qu’on venait de lui briser un œuf sur la tête. Elle avait lu quelque part – même si elle n’était pas prête à l’avouer de vive voix, que certains moldus (sans doute les plus innovants. Ou les moins lucides, tout dépendait du point de vue, après tout) utilisaient cet ingrédient pour rendre leurs cheveux plus soyeux. Elle pivota légèrement sur elle-même, lançant un regard assassin à la première silhouette se dessinant sous ses yeux : Andromeda. Elle ouvrit la bouche pour lui faire part du fait que, petit un, si elle venait de lui écraser un œuf sur la tête pour se venger de s’être fait renier quatorze ans auparavant, c’était raté. Elle ne ferait que rendre sa chevelure – déjà parfaite, c’était une chose dont tout le monde avait conscience, encore plus brillante. Petit deux, si elle venait en revanche de recourir au sortilège de désillusion sur elle pour la sortir de cette pagaille, elle n’avait pas intérêt à s’attendre à une quelconque forme de remerciements.

Elle ne dit rien, cependant et se laissa sagement guider jusqu’à l’extérieur, s’éloignant de quelques pas. Elle était peut-être arrogante et imprudente, mais pas complètement suicidaire ou stupide. Elle arracha sans difficultés son poignet à l’emprise qu’Andromeda exerçait, bien plus délicate que ne l’avait jamais été, et ne le serait jamais Bellatrix, puis murmura le plus calmement du monde : " ne me touche plus. " Elle n’haussait que très rarement le ton. Et c’était sans doute d’autant plus effrayant ou blessant, qu’une personne soit capable de faire preuve d’une telle véhémence tout en gardant une intonation aussi neutre, dénuée de sentiments, alors que dans sa poitrine, un ouragan se préparait. Une fois le sortilège évanoui, elle se sentit moins irritée, et son regard s’adoucit un peu. " Je n’avais pas besoin de ton aide. " Parce que la remercier lui aurait sûrement brûlé la langue, elle préférait ne pas s’y risquer. L’allée était pour ainsi dire vide et donnait l’impression que l’entièreté des sorciers s’était regroupée à l’intérieur de la librairie pour oublier le temps maussade qui régnait au-dehors. Lourd et orageux, comme si le ciel s’apprêtait à voler en éclat. Si elle restait face à sa sœur, c’était son cœur, qui allait imploser. Elle le sentait déjà tambouriner dans sa poitrine, comme s’il cherchait à s’en échapper. Andromeda devait être sourde pour ne pas l’entendre. Alors, elle fit ce qu’on lui avait appris durant toutes ces années : lorsqu’on rencontrait un problème auquel on ne souhaitait faire face, on tournait tout simplement les talons. Mais c’était sans compter sur la brune qui la rattrapa en quelques enjambées, glissant sa main dans la sienne. Elle se retourna lentement, puis se débarrassa de cette brève étreinte en la repoussant. Elle ne voulait plus que sa sœur la touche ou l’effleure. Elle ne voulait plus de ces sentiments qui se mélangeaient et bousculaient toutes les pensées raisonnables qu’elle s’appliquait à avoir depuis toutes ces années. C’était beaucoup plus facile de la regarder de haut ou de la nier lorsqu’elles étaient loin l’une de l’autre. Se retrouver à quelques mètres de sa sœur lui ôtait toute volonté d’appliquer les ordres de son père : ne jamais lui adresser la parole à nouveau. " Arrête. " Narcissa marqua une courte pause, à son tour. Elle n’avait pas besoin de ça, pas pour le moment. Pas alors qu’elle se sentait de plus en plus prise au piège, à mener une vie de fuyarde. Une vie qui n’était pas la sienne. " Tu n’es pas obligée, sous peine de m’avoir croisée par le plus grand des hasards, de faire semblant de t’intéresser à moi. " Ses mains glissèrent nerveusement le long de sa cape, soudainement alarmée par l’absence de ce qu’elle était venue chercher. Où était la lettre de Lucius ? Il était hors de question qu’elle ait fait tout ça pour rien. Machinalement, elle rompit la distance qui la séparait de sa sœur, lui attrapant les mains, alors qu’elle réfutait tout contact physique avec elle quelques minutes plus tôt. " Andromeda, la lettre. " Elle avait dû la laisser échapper sous l’effet de surprise, alors qu’elle était traînée dehors par sa sœur. Elle plongea alors ses yeux bleus dans ceux de son aînée, incapable de formuler à haute voix le requête qui l’animait.


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MessageSujet: Re: You keep tearing me apart (Andy)   Lun 12 Juin - 19:58



Il est de ces mots capables de vous blesser plus sûrement – et durement – qu’une gifle. Le teint encore plus blême qu’à l’accoutumée, Andromeda se tenait là, debout, les bras ballants, incapable d’articuler le moins son. Aussi étrange que cela puisse paraître, elle avait toujours redouté les foudres de sa petite sœur, peut-être davantage encore que celles de son aînée. Les colères de Bellatrix étaient explosives, certes, mais non moins prévisibles. Être conscient de devoir se préparer au pire était déjà une information – précieuse – en soi. Narcissa, pour sa part, ne levait pas la voix – n’en avait pas besoin. En règle générale, il lui suffisait d’un mot ou d’un regard pour vous faire vous sentir plus petit qu’un botruc. A bien des égards, le mépris de Cissy était plus douloureux encore que la haine de Bella. Après toutes ces années, Andromeda n’avait rien oublié de la dureté du ton qu’avait employé sa cadette pour la prier de hâter son départ. Tu as fait un choix, il est temps pour toi de le respecter, lui avait-elle jeté au visage avec une froideur qui aurait aisément pu passer pour de l’indifférence. Au fond d’elle-même, Andy savait très bien qu’il ne s’agissait là que d’un mécanisme de défense comme un autre – et pour cause ! Elle-même avait appris, dès sa plus tendre enfance, à ravaler ses émotions, sous peine de se voir sévèrement punie. La Noble et très Ancienne Maison des Black ne laissait point de place aux sentiments. Le destin des trois sœurs aurait-il été différent si la vie les avait vues naître dans un autre berceau ? Nul ne le saurait jamais. Parfois, il lui semblait qu’une malédiction les condamnait à s’entre-déchirer jusqu’à la mort. Car de toute évidence, elles s’aimaient beaucoup trop pour ne pas se haïr.

« La lettre… ? » murmura-t-elle, du bout des lèvres, tel un lointain écho de la voix de sa sœur. Encore sonnée par les coups assénés par Cissy, Andromeda mit quelques longues secondes à se figurer ce à quoi sa cadette faisait allusion. Comme dans un songe, elle se remémora la scène qui venait de se dérouler dans la petite librairie. Alors qu’elle s’emparait fermement du poignet de Narcissa pour la tirer de ce pétrin, un morceau de parchemin était tombé au sol. Sur le moment, elle avait cru qu’il s’agissait d’une publicité pour Merlin savait trop quel nouveau livre. Mais à en juger par l’expression horrifiée qu’arborait présentement sa sœur, la missive était de la plus haute importance. Au terme de quelques secondes de silence, Andromeda ouvrit la bouche, pour finalement la refermer presque aussitôt. Il fallait avoir eu soi-même un lourd secret à porter pour ne pas succomber à la tentation de questionner les autres sur les leurs. Cissy était sa petite sœur, sa poupée, sa princesse. Elle ne pourrait jamais rien lui refuser. « Reste ici, je reviens. » Encore meurtrie par ce qu’elle venait d’entendre, Andromeda trouva néanmoins la force de tourner les talons pour entrer de nouveau dans la boutique. La foule était si dense qu’elle eut le plus grand mal à retrouver la lettre. Elle finit par la repérer, près du rayon des livres pour enfants, coincée sous la chaussure d’une vieille sorcière au dos voûtée. Comme elle esquissait quelques pas dans cette direction, elle ne tarda pas à repérer l’homme au visage rondouillet qui semblait, lui aussi, particulièrement intéressé par le morceau de parchemin. « Accio. » murmura Andy tout en sortant sa baguette. La vieille dame laissa échapper un petit cri de surprise lorsque la lettre s’envola brusquement de sous sa chaussure pour atterrir entre les mains d’Andromeda. « Milles gorgones, merci infiniment ! » s’exclama-t-elle en réponse au regard courroucé de la sorcière. « Je croyais avoir égaré cette lettre. Ma grand-tante Thabita ne me l’aurait jamais pardonné si je ne lui avais pas envoyé de photo du dernier anniversaire de la petite ! » Ce pieux mensonge suffit à détendre quelque peu l’atmosphère. Sentant le regard de l’homme au visage rondouillet lui brûler la nuque, Andy mit rapidement fin à un bref échange de politesses avec la vieille dame pour se ruer hors de la boutique – non sans jeter quelques regards frénétiques par-dessus son épaule pour s’assurer de ne pas avoir été suivie.
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Une fois dehors, Andromeda s’accorda quelques secondes de répit avant de rejoindre sa sœur. Comme elle faisait tourner l’enveloppe entre ses mains, elle esquissa un geste pour l’ouvrir avant de se raviser, à la dernière seconde. Du bout des doigts, elle effleura l’écriture masculine qui apparaissait deçà delà, par transparence. Nul besoin de chercher bien loin pour devenir l’identité de l’auteur de la lettre. De retour dans la ruelle, Andromeda finit par tendre le morceau de parchemin à sa sœur. « Je crois que c’est à toi. » souffla-t-elle à mi-voix. Ce faisant, elle ne put s’empêcher de remarquer combien le ton de sa voix était beaucoup plus froid que d’ordinaire. Elle s’en voulut, un peu. Quelques secondes filèrent encore, comme elle restait là, à sonder le regard de Cissy. Ses lèvres ne bougeaient plus mais ses deux grands yeux clairs, eux, semblaient crier ce qu’elle ne pouvait dire. Dans un soupir, elle finit par tourner les talons – encore. Les épaules voutées, elle resserra sa cape autour de ses épaules, s’apprêtant à transplaner. « C’est étrange. » finit-il par souffler, dans un murmure à peine audible. Et de préciser, sans pour autant se tourner de nouveau vers sa sœur : « L’indulgence que tu peux avoir vis-à-vis d’elle. » Elle n’avait pas besoin de prononcer son nom. Nul doute que Narcissa comprendrait l’allusion. « Elle t’arrache à celui que tu aimes, au père de ton enfant… Te condamne à une vie d’errance, comme une vulgaire fugitive… » Andy s’aventurait sur un terrain plus que dangereux, elle ne le savait que trop bien. Qu’importe. Des trois protagonistes de cette histoire, elle était peut-être celle dont l’avenir était le moins incertain ces temps-ci, contrairement à ce qui lui avait été prédit quelques quatorze ans plus tôt. « Et pourtant, elle a ton respect quand je n’ai droit à rien d’autre que ton mépris. » Sans trop savoir comment, Andromeda finit par trouver la force de se retourner pour affronter le regard de sa sœur. « Crois-le ou non, je n’ai jamais cessé de m’intéresser à toi. Je n’ai jamais cessé de m’inquiéter pour toi. Et si tu me le demandais, là, maintenant, je t’arracherais à elle et te protègerais de tout ça. » Et de rajouter, non sans un léger pincement au cœur : « Vous protègerais de tout ça. » Sa sœur, et son neveu, qu’elle n’avait jamais rencontré.
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MessageSujet: Re: You keep tearing me apart (Andy)   Jeu 29 Juin - 1:40



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Andromeda & Narcissa
Les quelques secondes de silence auxquelles Andromeda se livra, après la requête de Narcissa, semblèrent durer une éternité. Lèvres pincées, sourcils relevés en une moue inquiète, elle ouvrit la bouche avec l’idée de finalement se défiler et lui demander de laisser tomber – pourquoi lui avait-elle demandé ce service, au juste ? C’était ridicule. Elle ne l’aurait sans doute pas fait, à la place de son aînée. Pas après un regard aussi dédaigneux et de telles paroles, qu’au fond d’elle-même, elle avait voulu blessantes. Et surtout qui, à en voir le teint encore plus blême qu’Andy arborait d’ordinaire, avaient eu l’effet escompté. Parce que heurter autrui, c’était ce qu’un Black faisait de mieux, à en croire l’éducation que son père avait mis un point d’honneur à leur transmettre. Pourtant, si Bella était la plus impulsive et Narcissa la plus versatile, Andromeda était sans l’ombre d’un doute la plus humaine – et la moins rancunière du lot. Bien plus que ses deux sœurs réunies, visiblement et beaucoup s’accorderaient sur ces dires, elle y compris. Sans surprise, Andromeda était partie à la recherche de la missive. Elle avait laissé échapper quelques mots, puis avait tourné les talons en direction de la célèbre boutique de livres, bien avant que Narcissa n’ait le temps de l’en empêcher. Un sentiment de culpabilité, dont elle n’était pas souvent victime – c’était le genre d’émotions dont un enfant roi, commun à la descendance des sorciers au sang pur, n’avait cure et ne ressentait qu’en de rares occasions – ne lui saute à la gorge. C’était sa lettre, ses démons, son problème, et non pas celui de sa sœur, qu’elle n’avait pas hésité à repousser sans ménagement quelques minutes plus tôt, alors qu’elle tentait de... De quoi, au juste ? De soudainement s’intéresser à elle, après des années entières de silence ? Alors qu’en quatorze ans, elle n’avait pas été capable de lui écrire une seule lettre ou de chercher à la contacter de quelque manière que ce soit, alors qu’elle, même si elle préférait mourir que de l’avouer à haute voix, n’avait attendu que ça. Si la réciproque était tout aussi applicable, elle la chassa bien vite de ses pensées pour se concentrer sur son amertume, grossissant en même temps que les minutes s’écoulaient, et non plus sur la culpabilité. C’était d’autant plus facile et moins bouleversant. C’était surtout et avant tout d’autant plus hypocrite – mais ne l’avait-elle pas toujours été, en douce copie conforme de ces sorcières issues de l’élite ?


Quand la silhouette d’Andromeda se dessina à nouveau sous ses yeux étonnés, elle se contenta de saisir la lettre, la retournant entre ses fins doigts pour s’assurer qu’il s’agissait de la bonne, bien que persuadée que la jeune brune lui faisant face n’avait pu se tromper. En la voyant s’éterniser dans la boutique, quelques instants auparavant, elle s’était imaginé qu’elle ne parvenait pas à la retrouver. Avec la malchance qui lui collait à la peau ces derniers temps, elle avait même pensé que cet abruti à la solde de Rabastan était parvenu à mettre la main dessus, auquel cas Bellatrix l’aurait tuée pour une telle imprudence. Sauf si les manegmorts débusquaient le groupuscule qu’elle formait avec d’autres sorciers l’ayant suivie avant. Mais sa sœur était là et l’enveloppe en main, elle se sentit soudainement plus légère. Comme si le poids invisible qu’elle avait eu l’impression de porter sur ses épaules depuis tout ce temps venait de s’évaporer en moins de temps qu’il n’en fallait pour dire quidditch. Si elle n’avait pas été maîtresse dans l’art de dompter ses sentiments, elle lui aurait certainement sauté au cou pour la remercier, encore et encore. Après tout, ne le méritait-elle pas ? Un mot, cinq lettres. Ca ne semblait pas compliqué, à première vue et au fond, ça ne l’était pas tant que ça, comparé à ce qu’elle venait de faire pour elle, alors qu’elle ne le méritait pas le moins du monde. A nouveau, elle ouvrit la bouche, mais la referma tout aussi vite, l’observant lui tourner le dos sans qu’un mot ne soit capable de franchir le seuil de ses lèvres. Elle allait transplaner, lui filer entre les doigts, à nouveau et peut-être faudrait-il quelques quatorze années supplémentaires pour qu’un nouvel échange verbal ait à nouveau lieu entre elles. La fierté et les ordres d’une famille à laquelle elle ne se sentait plus réellement appartenir valaient-ils la peine de risquer une telle agonie, à nouveau ? Elle ne se souvenait que trop bien de ces longues nuits durant lesquelles Lucius s’était vu obligé de la rassurer, parfois même la consoler pour la perte de cette sœur qu’elle avait tant aimé, même des années après l’affront qu’elle avait estimé impardonnable au moment même. Alors, Narcissa s’avança d’un pas, mais se stoppa en plein élan quand la voix de son interlocutrice s’éleva à nouveau, rompant le silence. Un silence qu’elle regretta rapidement, lorsque le sujet se tourna vers Bellatrix. " Je ne pense pas que tu devrais aborder un sujet auquel tu ne connais rien. " Sa voix s’était adoucie, sans doute parce qu’elle avait souhaité la rattraper quelques secondes auparavant, même si elle n’avait pas réfléchi un seul instant à ce qu’elle pourrait lui dire. " J’ai choisi de la suivre. " Elle rajouta, peu certaine, cherchant bien plus à se convaincre elle-même qu’à convaincre sa sœur. " C’est moi qui ai pris cette décision. " Ou à moitié, du moins, mais ça n’avait aucune sorte d’importance. Leurs regards se croisèrent et elle secoua la tête, comme pour lui demander – la supplier, de s’arrêter là. C’était un sujet épuisant, qu’elle ne supportait plus d’aborder, entre les nombreuses disputes avec Lucius, celles avec Bellatrix qui lui donnait l’impression de l’étouffer sous ses intentions louables, et les demandes incessantes de Draco pour rentrer au manoir. Elle était fatiguée de cette situation qui s’enlisait, et dont elle ne voyait pas la fin. " C’est de ta faute, " murmura-t-elle, en s’approchant un peu plus, pour éviter à avoir à élever la voix. Elle détestait ça, et ne voulait pas attirer l’attention. " Tu es partie, elle est restée, là est toute la différence entre ce que je ressens pour vous deux. " Elle marqua une pause, avec cette terrible impression qu’un piège venait de se refermer sur elle. " Tu es partie ", répéta-t-elle à nouveau, en lui lançant un regard plein de reproches, cette fois-ci et ce, même si elle connaissait parfaitement la raison de cet abandon. Un vulgaire Sang-de-Bourbe et un enfant qu’ils considéraient tous comme un vulgaire bâtard, détails qu’elle se garda d’ajouter, dans un élan de clémence envers Andy, ou de sagesse. A nouveau, elle secoua la tête, un rictus contrarié sur les lèvres. " Nous protéger ? Tu voudrais nous protéger ? Ne sois pas naïve. " Elle arqua un sourcil, sentant à nouveau cette boule de colère grandir au sein de sa poitrine. " Alors que tu n’as même jamais été capable de m’écrire une seule lettre, en plus de dix ans ? " Nouvelle pause durant laquelle elle ferma les yeux et se pinça l’arrête du nez. Elle devait se calmer, pour s’éclaircir les idées. La colère ne résolvait rien et ne faisait qu’empirer la situation. Narcissa soupira doucement et planta ses yeux dans ceux d’Andromeda. " Quelle importance, de toute façon ? Je ne demande pas ton aide et ce n’est pas à toi de me protéger. " Elle rectifia, presque aussitôt : " ce n’est plus à toi de me protéger. Tu as perdu cette obligation quand tu as tourné le dos à notre famille. "


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MessageSujet: Re: You keep tearing me apart (Andy)   Jeu 17 Aoû - 17:57



Avec le temps, Andy avait compris que certaines blessures ne se refermeraient probablement jamais. Elle ne s’attendait pas à un merci – pas même à un sourire. Après tout, sa petite sœur n’était-elle pas la digne héritière de la Noble et très Ancienne Maison des Black – toujours durs ? Il faut vous dire, Monsieur, que chez ces gens-là, on ne pleure pas, Monsieur – on ne rit pas non plus. Dans un sourire amer, Andromeda constata qu’en dépit des efforts déployés par Cygnus et Druella pour que leurs deux aînées embrassent pleinement les préceptes de l’illustre lignée dont elles étaient issues, force était de constater que la benjamine de la fratrie était – et de loin – la plus conforme aux exigences qu’ils avaient fixé pour leurs enfants. Andromeda était bien trop rebelle, et Bellatrix imprévisible… ! Narcissa était douce et sage, froide et hautaine – lorsque la situation l’exigeait. Et, plus que tout, la jolie blonde avait le sens de l’honneur, et de la famille. Les liens du sang avaient toujours revêtu une importance particulière à ses yeux, bien plus qu’à ceux de ses sœurs. Au tournant de l’adolescence, au moment où la vie devait forger leur caractère, entériner leurs différences, elle avait été celle sans qui le trio infernal aurait brutalement explosé, le fragile pilier d’une fratrie pas comme les autres. Alors, Andromeda n’était pas réellement surprise par les accusations que sa cadette proférait à son encontre – blessée, sans doute, mais pas surprise. Car elle avait toujours su, au fond d’elle-même, que Narcissa la tenait responsable de la déliquescence de leur trio. A tort ou à raison ?

Frappée d’effroi, incapable d’articuler le moindre son, Andromeda se contentait de secouer lentement la tête, en signe de dénégation. Les yeux écarquillés d’horreur, elle observait silencieusement sa sœur, comme s’il lui était impossible de distinguer les traits enfantins de celle qu’elle avait eu coutume d’appeler sa poupée de porcelaine derrière le regard dur et froid de la femme – car elle était une femme, désormais – qui se tenait devant elle. Pendant toutes ces années, la culpabilité n’avait eu de cesse de dévorer Andy de l’intérieur, ne lui laissant aucun répit. Maintes fois, la jeune femme avait retourné la scène dans sa tête, encore et encore, espérant arriver à la conclusion qui, seule, lui permettrait de retrouver le sommeil : elle n’avait pas eu d’autre choix. Mais c’eût été mentir. Mille autres options s’étaient offert à elle, au cours de ces années-là. Ne pas adresser la parole à Ted Tonks. Rompre tout contact avec lui suite au premier avertissement délivré par leur père, à coups de sortilèges de torture. Résister à l’instinct qui l’avait inexorablement poussé dans ses bras par cette nuit de juin. Mais elle n’avait rien fait de tout cela. Les choses s’étaient déroulées ainsi pour de bonnes raisons. Nymphadora en était une, un rayon de soleil venu percer les nuages noirs de son quotidien. Elle n’était pas coupable, n’avait pas à se justifier. Elle avait fait ce qu’il y avait de mieux pour son enfant, comme n’importe quelle mère l’aurait fait à sa place.

You keep tearing me apart

« Tu es en colère. » souffla-t-elle à mi-voix, sans cesser de soutenir le regard de sa sœur. Ce n’était pas une question mais une information. « Je le comprends ». Dans le cadre de son métier, Andromeda avait appris à gérer bon nombre de situations critiques et émotionnellement chargées. Combien de parents furieux et inquiets avait-elle eu à affronter dans les couloirs de Sainte-Mangouste ? Chaque fois, elle avait adopté la même posture, celle d’une oreille attentive, capable d’écouter leur colère et leur chagrin, et de les comprendre. « Tu étais ma petite sœur. J’avais juré de te protéger et au lieu de cela, je t’ai abandonnée ». La voix de la jeune femme se brisa légèrement sur ce dernier mot. « Tu te sens trahie, et c’est bien normal. De nous trois, tu as toujours été le plus généreuse, la seule pour qui le mot « famille » signifiait encore quelque chose, à cette époque. Tu étais prête à tout pour protéger le clan, le Noble et très Ancienne Maison des Black. » Sans se soucier un seul instant de la réaction de sa sœur, Andromeda s’avança lentement vers elle, sans la quitter des yeux. « Et malgré cela, tu m’as protégée. Pendant toutes ces années, tu as gardé mon secret et je ne t’ai jamais remercié pour cela. » Andy ne le réalisa qu’en prononçant ces mots. Cette fois-ci, il n’y avait plus de posture, aucun discours préparé à l’avance. Aussi loin qu’elle s’en souvienne, la jeune femme n’avait jamais senti plus court chemin, de son cœur à ses lèvres.

« Je devais protéger mon enfant, quoi qu’il en coûte. » reprit-elle au terme d’une courte pause. « Je ne m’attendais pas à ce que tu le comprennes à l’époque. Mais tu es mère, aujourd’hui, toi aussi. Et je sais que tu ferais n’importe quoi pour protéger Draco. C’est ce que tu fais au quotidien. » Narcissa prétendait avoir suivi Bellatrix de son plein gré ? Soit. L’intérêt de son fils n’avait-il pas primé sur le reste au moment de prendre cette décision difficile ? « Crois-le ou non, j’ai voulu t’écrire. Plusieurs fois. J’ai entamé des dizaines de lettres qui ont toute fini dans la cheminée. » Tout en retenant son souffle, Andy vint poser une main légèrement tremblante sur l’épaule de sa sœur. « Je ne pouvais pas te faire courir ce risque. Rester en contact avec moi, c’était prendre les risques de t’attirer les foudres de Père. » Andromeda ne voyait pas ce que Narcissa trouverait à redire à cet argument. Les colères du patriarche étaient connues de tous. « Si j’avais pensé, ne serait-ce qu’un seul instant, que c’était ce que tu voulais, je t’aurais emmenée avec moi. Mais ta place était parmi les Black. J’ai toujours exécré cette existence que nous menions mais toi, tu la désirais ardemment. Et qui étais-je pour te priver de ton bonheur ? » Peut-être était-ce là la différence entre l’aînée et la cadette. Andromeda avait toujours respecté les choix de Narcissa. Contrairement à Bellatrix, elle avait admis que la définition qu'avait sa petite soeur pouvait différer de la sienne.

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