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 « Guilt sometimes feeds on our unconfessed desires. » — ft. Andromeda Tonks

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Crédit(s) : Avatars : Aeryn & Fenrir & milles rêves & savage. • Signature : BEYLIN (Bazzart) • Avatar fiche : Freesia (Bazzart)
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Disponibilité RP : ∞ Bellatrix Black • Andromeda Tonks • Nathanaël de Valmont • Rita Skeeter • Jared Nightingal • Sirius Black • Sigismond Rosier — 0/7
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Enrôlé(e) depuis le : 05/02/2016
Camp : Order of the Phoenix — Depuis presque 3 ans, depuis qu'elle a fui les méthodes du Ministry et qu'elle a décidé de prendre part à cette guerre qui la touche malgré tout.
Age du Personnage : 31 yo
Particularité : Psychométrie — Elle a une maitrise avancée de ce don qu'elle considère pourtant plus comme une malédiction.
Baguette : Tout droit sortie d'une manufacture française, la baguette de Mélusine, taillée dans du bois de Cèdre, mesure 29,8 cm et renferme en son coeur un Cristallin de Basilic. Fine et semi-flexible, elle a tout d'une extension parfaite.
Patronus : Une Hermine Blanche — Lointain souvenir d'une rencontre fugace lors d'une nuit d'Hiver dans les Vosges. Plus tard, elle apprit qu'il s'agissait de l'animagus de son frère aîné.
Epouvantard : Feu son mari, revenant d'outre-tombe en Death Eater pour prendre ce fils « impur » qui n’est pas sien.
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MessageSujet: « Guilt sometimes feeds on our unconfessed desires. » — ft. Andromeda Tonks   Mar 6 Juin - 19:34

Guilty Desires
Andy
feat.
Mélusine


 

 



 

 


You want a revelation, ou wanna get it right but it's a conversation I just can't have tonight, you want a revelation some kind of resolution, you want a revelation. Δ Florence and the Machines

L’angoisse se lisait très clairement sur ses traits. La de Valmont avait presque la nausée tant ses tripes semblaient être prises dans un impitoyable étau. La culpabilité avait cet effet, sur la blonde, mais cela ne datait certainement pas d’hier. A la voir déambuler dans les couloirs de l’hôpital, l’on aurait pu se demander si elle venait pour se faire soigner ou encore pour rendre visite à une amie. Amie. C’était bien par respect pour ce titre que la jeune femme avait pris la décision de venir en ces lieux, aujourd’hui. La démarche n’était pas simple et les retombées faisaient frissonner la française tant elle les craignait. Mais, ne pas le faire aurait été la pire des choses, pour Andromeda, et Mélusine ne se voyait pas lui faire ce coup bas, de toute évidence. Car, si l’Order allait réagir avec frénésie et colère à ce qu’elle aurait à leur dire, Andy n’allait certainement pas laisser entendre le même son de cloche. Elle pouvait déjà imaginer ce que Minerva pourrait lui demander, les questions dont on l’accablerait, mais cela n’importait pas, ou peu, pour l’heure ; en cet instant, c’était Andy qui occupait toutes ses pensées, et le devoir dont elle s’était investie, sans le vouloir…

La Phoenix avait peur de la froisser, de voir en ses yeux une panique sourde mais bien présente dont elle ne saurait quoi faire. Elle avait tellement envie de percer le mystère de leur relation, avec Bellatrix, pourtant, elle n’avait jamais eu – jusque là -  ni le cran, ni l’occasion de le lui demander de vive-voix. La panique d’un enfant, elle savait la gérer, celle de son fils, surtout, mais celle d’un adulte, celle d’Andy, comment ferait-elle ? Elle ne savait pas consoler, pas quand elle n’avait aucune connaissance du mal qui se jouait. Qu’à cela ne tienne, il semblait qu’aujourd’hui soit le bon moment, ou en tout cas le plus propice, pour en savoir plus.

Jouant avec sa paire de gants qu’elle avait retirée, Mélusine attendit que l’on revienne avec Andromeda. Elle l’avait faite chercher, prétextant une urgence personnelle, presque honteuse d’avoir du faire usage du nom de son fils pour que cela ait l’air pressant. Depuis quelques – interminables – minutes, elle faisait les cents pas, dans le couloir, devant cette porte qu’elle n’avait pas le droit de passer. L’hôpital était-il si grand pour qu’on dusse laisser sa culpabilité la bouffer de l’intérieur ? Autour d’elle, une douce effervescence animait les lieux, contrastant presque avec la fébrilité de la jeune femme. Elle était pourtant à deux doigts de partir, de tourner les talons pour cavaler ailleurs, loin d’ici, loin d’Andromeda. C’était bête, dans le fond, si bête ; elle n’avait rien fait de mal, la française, elle n’avait rien à se reprocher. Prise d’un rire nerveux, presque hystérique, elle prit place sur un siège, jugeant finalement bon de se calmer un peu avant la venue de la fallen Black. Elle réenfila ses gants avant de s’accouder. Bien. Rien que ça, rien que cet écrin autour de ses doigts la soulageait et la tranquillisait. C’était déjà un bon début, une bouée à laquelle elle devrait s’accrocher pour ne pas imploser devant Andromeda.

D’ailleurs, elle pouvait entendre sa voix, de l’autre côté de la porte à laquelle elle faisait face. Masque d’ivoire, posture de soldat, Mélusine devait se tenir prête à la confronter. Poussant sur les accoudoirs, elle se leva bien vite, trop vite, avant que le pan de bois ne s’ouvre finalement. L’ivoire se brisait, les yeux se voilaient. « Andy… » - la gorge nouée, elle avait l’impression de devoir lui annoncer la mort de sa fille, mais enfin, non, NON. C’était peu, si peu que de lui annoncer qu’elle avait croisée son aînée, en comparaison, non ? « Andromeda. Thibalt is fine, I’m sorry, hmm… » Elle jouait avec ses gants, nerveuse, le regard fuyant au travers d’une fenêtre. Elle se rassit alors, soupirant, ses dextres glissées entre ses mèches blondes. Un rire nerveux quitta ses lippes avant qu’elle ne finisse par se lancer. « Okay. I… I need to tell you something. » - elle braquait ses mirettes sur la brune, l’air sombre. – « I saw your sister… Bellatrix. I saw Bellatrix. » - elle avait murmuré, sa voix prise dans sa gorge. Finalement, pour qui faisait-elle cela, pour Andromeda, ou pour elle même ? Dès l’instant ou ses mots l’avaient quittée, elle sentit de nouveau cette culpabilité l’écraser un peu plus. « I had to tell you before I went to tell the others, Andy. » Elle soupirait, maintenant, attendant comme une sentence ce que son amie aurait à lui dire.

« Pourquoi », serait sûrement la façon dont la plupart des questions de l’Order allaient commencer tandis qu’elle s’attendait peut-être à ce que celles d’Andy commencent par « Comment ? ». Ah, elle aurait bien peu de réponses à donner et tant de questions à poser, en fin de compte, la de Valmont. Mais le plus triste fut sûrement que si Andromeda craignait de revoir sa sœur un jour, Mélusine devait se faire une raison : leurs routes ne se croiseraient sûrement plus jamais, à son plus grand regret. Elle lui avait tant appris, après tout. Oui, Mélusine pouvait se convaincre qu'il ne s'agissait que de ça, qu'il n'y avait que pour cette raison - valable, somme toute - qu'elle voulait revoir la fugitive. Foutaises.
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MessageSujet: Re: « Guilt sometimes feeds on our unconfessed desires. » — ft. Andromeda Tonks   Mer 7 Juin - 23:32



« Sèche tes larmes, mon bonhomme, ça ne prendra que trois petites secondes… » murmura-t-elle d’une voix douce. Mais le garçon était inconsolable. Âgé de quatre ans à peine, ils tenaient ses deux petites mains tremblantes sur son nez ensanglanté. Avec les beaux jours s’annonçait l’ouverture de la saison de Quidditch. Il s’agissait déjà du cinquième accident de mini balais de la journée. Ces petites choses-là se vendaient comme des petits pains sur le Chemin de Traverse. Andy se souvenait parfaitement de la vague de panique qui l’avait submergée quelques dix ans plus tôt, lorsque Ted était rentré à la maison avec le dernier modèle pour les trois ans de leur fille adorée. Au terme d’interminable tractations, Dora avait finalement gagné le droit d’enfourcher son bolide, à condition que son père ne la lâche pas d’une semelle. Visiblement, les parents du petit garçon n’avaient pas fait preuve d’autant de vigilance. « Tu ne me crois pas ?! » s’exclama Andy en arborant un air faussement vexé, les mains posées sur ses hanches. « Compte jusqu’à trois. » Et de se tourner vers la mère du garçon, en quête de soutien. « Un… » Elle tira sa baguette magique de sa blouse. « Deux… » pleurnicha le garçon en retirant ses mains de son visage. « Trois. Episkey. » Il y eut un petit craquement, juste avant que le nez du gamin ne retrouve sa forme originelle. « On va le garder ici cette nuit. Une infirmière passera lui donner du Poussos dans la soirée, pour son bras. Je vais aussi lui prescrire un philtre de paix mais ce sera douloureux, quoi qu’il arrive. Il faudra être fort, petit monsieur ! » s’exclama-t-elle en ébouriffant affectueusement les cheveux du garçon avant de s’emparer de son dossier médical pour y inscrire quelques notes. C’est alors que la porte s’ouvrit pour laisser apparaître le visage de l’un de ses collègues. « Andromeda ? On te demande dans le couloir. C’est personnel… et assez urgent. » Le sorcier se tortilla sur lui-même, visiblement mal à l’aise. Andy, quant à elle, sentit son cœur tomber comme une pierre au fond de son estomac. Les visages de Ted et de Nymphadora se dessinèrent dans son esprit. Lorsque le nom de Thibalt résonna dans la petite salle d’examen, sa jauge de stress ne désemplit pas, bien au contraire.
Guilty conscience
En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, Andy se rua hors de la pièce. De l’autre côté de la porte l’attendait Mélusine, assise sur l’une des chaises de la salle d’attente. Le cœur battant, Andromeda ouvrit la bouche sans qu’aucun mot ne lui vienne, tandis que ses deux grands yeux clairs voilés de panique balayaient le couloir, guettant la silhouette familière de Thibalt. Thibalt n’était pas là. Thibalt allait bien. L’information mit un temps infini à gagner son cerveau engourdi par le stress. « Par Merlin, Mélusine ! J’ai cru que… » commença-t-elle, d’un ton lourd de reproches, avant de s’interrompre aussitôt. Il avait suffi d’un mot pour qu’elle sente le sol s’effondrer littéralement sous ses pieds, neuf petites lettres qui la virent traversée d’un long frisson d’horreur. Comme par réflexe, Andy vint apposer une main tremblante contre son cœur, là où nichait cette terrible cicatrice. Avec le temps, la plaie avait fini par cicatriser par endroits mais ces rares instants de répit était généralement de courte durée. Car tôt ou tard, les lettres tracées par le poignard magique finissaient par saigner de nouveau, apportant avec elles leur lot de colère, de honte et de frustration.

Comme en proie à une lutte intérieure particulièrement douloureuse, Andromeda observa quelques longues minutes de silence. Le cœur en marmelade, elle finit par venir glisser une main tremblante sur son visage perlée de sueur, dans l’espoir de recouvrer ses esprits. Encore incapable d’articuler le moindre son, la jeune femme se contenta de balayer une nouvelle fois le couloir du regard. Elle n’avait pas la moindre idée de la tournure que risquait de prendre cette conversation. Quoiqu’il en soit, il n’était pas prudent de rester dans un espace aussi exposé aux oreilles indiscrètes. « Suis-moi. » parvint-elle à articuler d’une voix rocailleuse, tandis qu’elle poussait une porte battante sur laquelle il était inscrit, en lettres rouges : Authorized personnel only. Sans perdre un seul instant, elle vira à droite pour s’engouffrer dans la petite salle café réservée aux employés de l’hôpital qui, par chance, était déserte. D’un geste de la main, Andromeda invita Mélusine à prendre place sur l’une trois chaises branlantes que comptait cette minuscule cuisine. Sans doute aurait-elle mieux fait de s’asseoir, elle aussi, tant elle semblait au bord du malaise, mais elle ne pouvait résister au besoin de faire les cent pas – ce qui, étant donné la superficie de la pièce, n’était pas chaise aisée. Dans un soupir, elle finit par s’arrêter devant l’évier, le temps de passer un peu d’eau glacée sur son visage. « Où était-ce… ? » finit-elle par demander, d’une voix tremblante, comme elle guettait la réaction de Mélusine à travers le petit miroir fendu qui surmontait le robinet. « Quand était-ce… ? Comment… ? » Mais cette ultime question ne trouva pas de fin. Nauséeuse, Andy glissa une main dans son chignon pour lâcher ses cheveux bruns sur ses épaules, ce qui, aux dires de tous, ne rendait la ressemblance avec son aînée que plus troublante. L’instant d’après, elle appuyait son pouce et son index aux coins de ses yeux et se raclait bruyamment la gorge. « Peu importe. Tu devrais en parler à Minerva. Elle saura quoi faire. » conclut-elle enfin, d’un ton qu’elle voulait indifférent.
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MessageSujet: Re: « Guilt sometimes feeds on our unconfessed desires. » — ft. Andromeda Tonks   Mar 13 Juin - 17:58

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Tel le poison qui se répand dans les veines ou le cancer qui s’étend et pourrit les êtres en dedans, la culpabilité bouffait maintenant Mélusine, sans répit aucun. Elle avait regardé, impuissante, l’expression d’Andromeda qui s’était figée dans l’horreur et l’effroi. Ah, et c’était elle qui en était la cause… Jamais elle n’avait souhaité ça, jamais elle ne s’était imaginé un jour être la cause de la souffrance de son amie. En aidant la fugitive, Mélusine n’avait pas pensé aux conséquences. Pas à celle-là, en tout cas. Car si elle savait quoi dire à l’Order, comment justifier son acte ou enjoliver les faits, elle n’avait pas un seul instant pensé à Andromeda, pas jusqu’au moment où elle avait du faire face au château avant de fuir dans le confinement de son appartement. Elle savait la relation entre les deux sœurs destructrice et pour le moins mauvaise – au bas mot -, mais elle ne savait pas jusqu’où cela pouvait bien aller. Et, la bouche entrouverte pour balbutier de fades excuses, la française n’eut pourtant pas le temps de s’étendre, se relevant pour suivre la brune là où elles seraient sûrement tranquilles et isolées d’un potentiel ‘public’.

Et elle la voyait enfin, cette supposé ressemblance entre les deux Black, celle dont tout le monde parlait… Fuyant alors la silhouette de son amie, ses pupilles se posèrent partout, sur les gens qu’elles croisaient, sur les fissurent dans les murs ou les tâches sur les vitres. Puis, pénétrant à la suite d’Andromeda dans une petite pièce, Mélusine garda le silence tout en choisissant une chaise pas trop défraichie, en attendant que son amie prenne une nouvelle fois la parole ; elle n’avait pas confiance en sa voix, ni même en ce qu’elle pourrait bien trouver à dire. Et enfin, les questions. Enfin, Andy réagissait, semblant prête à discuter de cette bombe qu’on venait de lui lancer au visage. Pourtant, cela ne dura pas, et, Mélusine, perdue dans sa contemplation, ne dit rien, pour l’heure, se contentant de regarder les cheveux de la brune cascader sur ses épaules et rehausser cette ressemblance qui lui collait à la peau. Les deux Black, bien que semblables en de nombreux points, tiraient leur beauté bien différemment. Si l’une était d’une douceur légendaire et savait sourire sans mal, l’autre puisait sa grâce dans la colère, la froideur et la folie… Les joues rosies, la française détourna une nouvelle fois le regard, ailleurs, pour dissimuler le trouble qui l’habitait. Ah ! Elle se sentait presque plus mal à l’aise auprès de son amie qu’auprès de cette femme qui semblait faire tant de mal à son entourage. Et puis, le nom de leur leader vint briser la transe de la blonde. Non, non, il n’était pas encore l’heure de braver les grands de l’Order, non, elle n’était pas encore prête à se dresser devant une tribune ou de subir son tribunal.

Alors, Mélusine croisa ses jambes, ancrant ses coudes sur les appuis de sa chaise ; elle n’était certainement pas prête à se relever pour partir, fuir, et tourner le dos à son amie. « Wait. » - le ton, pourtant pas autoritaire pour un sou ne souffrait aucune discussion possible. – « It was yesterday, in the Highlands. She was dying, Andy… I had to… » Elle avait murmuré, comme pour essayer d’atténuer sa responsabilité dans les faits. Elle avait peur, et c’était indéniable, peur d’avouer qu’elle avait peut-être sauvé la peau de l’ennemie public numéro un. « I had to save her. There were so much blood, everywhere… She was bleeding, she was unconscious and… What was I supposed to do ?! » - se relevant d’un geste brusque, Mélusine semblait perdue dans sa tête, trouvant nécessaire de se justifier, peut-être – « I couldn’t let her die despite who she is or what she has done before, I’m not like that Andy, I’m not… » - A murderer. Le mot n’avait pas passé ses lippes, mais le sens de sa phrase ne pouvait être plus clair.

Se rasseyant finalement, Mélusine passa sa dextre sur son visage, puisant dans ses forces pour se calmer. Il le fallait, pour Andy, au moins. Pour le reste, pour elle-même, elle pouvait bien attendre et laisser, plus tard, la culpabilité continuer de la bouffer. « She shared some informations… She seemed so… » - elle soupira, s’adossant, presque avachie sur sa chaise, à présent – « Small. She seemed so very small and fragile. She was almost nice and I think… I think she feels lonely, Andy. » Ses mains tremblaient, sans trop qu’elle sache pourquoi. Glissant finalement sa main dans sa poche, elle en retira son livre pour jouer avec et occuper ses dextres. « She was drinking that potion. I don’t know what it was, but it was soothing her… »

Enfin, quand ses yeux se reposèrent sur la silhouette de l’autre jeune femme, Mélusine sembla gonflée d’un nouveau courage, d’une assurance qui n’était pas là l’instant d’avant. « Tell me, Andy… » - Elle se releva doucement pour se placer juste derrière Andromeda. « I told her you were fine and safe and she just… Shut me down. » - posant sa main contre l’épaule de l’anglaise, elle la força doucement à lui faire face. « What happened ? Why do you hate her that much, Andy, and why does she hate you ? » Et, alors qu’elle pouvait enfin voir Andromeda, il était indéniable qu’elle ressemblait encore plus à sa sœur, maintenant ; il lui avait semblé voir au fond des yeux de la benjamine, la même expression furtive et timide d’une tristesse sans nom que l'ainée avait arborée, la veille.
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MessageSujet: Re: « Guilt sometimes feeds on our unconfessed desires. » — ft. Andromeda Tonks   Mer 16 Aoû - 12:05



Accoudée à l’évier de la petite salle de repos, Andromeda pouvait sentir son propre sang bourdonner furieusement à ses oreilles, si bien que les explications de Mélusine ne lui parvenaient que par bribes. Dying. Save her. Blood. Murderer. Le cœur au bord des lèvres, Andie porta une main à son cou pour tirer légèrement sur le col de sa blouse blanche frappée du logo de l’hôpital. Elle se sentait terriblement fébrile, si bien qu’il lui fallut fermer les yeux quelques secondes, le temps de se débarrasser de cette étrange sensation de vertige. Lorsqu’elle les rouvrit, elle constata que ses prunelles, habituellement d’un bleu profond, avaient subitement viré au vert, sous l’action de ses larmes, qu’elle s’efforçait tant bien que mal de refouler. Un nouveau coup d’œil dans le reflet du miroir lui permet de constater qu’elle n’était manifestement pas la seule que cette conversation mettait franchement mal à l’aise. Mélusine semblait littéralement pétrifiée, comme si elle craignait à chaque instant de voir Andie sortir de ses gonds. Aussi étrange que cela puisse paraître, Andromeda ne ressentait aucune colère. Après tout, son amie n’avait-elle pas fait preuve d’une grande honnêteté à son égard en venant la trouver pour lui conter la vérité, moins de vingt-quatre heures après sa rencontre avec Bellatrix ? Non, vraiment, seuls le chagrin, la peur et la détresse, déformaient les traits de la brune à cet instant.

Perdue dans ses pensées, Andromeda ne put réprimer un violent sursaut lorsqu’elle sentit la main de Mélusine se poser brusquement sur son épaule. A contrecœur, elle daigna se tourner légèrement, pour croiser le regard de son amie – enfin.  « Sérieusement, Mélusine… ? » demanda-t-elle du bout des lèvres, dans un murmure presque inaudible. La question posée par sa collègue lui paraissait pour le moins incongrue. De mémoire d’homme, personne ne lui avait jamais demandé une telle chose. Avec le temps, chacun avait fini par se faire un avis sur les raisons profondes de ce drame familial, sans qu’il ne soit plus nécessaire d’interroger ses principaux protagonistes. « J’ai trahi notre nom, épousé un sang-de-bourbe et donné naissance à une bâtarde de sang mêlé. » énuméra-t-elle finalement, la mine sombre. Et de conclure, dans un sourire amer : « Voilà qui suffit largement à déclencher la fureur de ma sœur, tu ne crois pas ? » Andromeda avait conscience de ne pas répondre à la question – pas dans sa globalité, en tout cas. Les bras croisés sur sa poitrine, elle se refusait pourtant à s’emparer pleinement de cet épineux sujet qu’elle n’avait pas l’habitude d’aborder si librement – pas même avec son mari, ce qui n’était pas peu dire.

Guilty conscience
« Je ne l’ai pas revu depuis des années… » finit-elle par souffler. « Depuis que… » Mais la fin de sa phrase se perdit quelque part au fond de sa gorge. De nouveau, Andromeda leva une main tremblante vers son cou, laissa ses ongles peints glisser jusqu’à son cœur. Avec le temps, elle avait fini par mémoriser le moindre détail de la blessure infligée il y a des années de cela par sa sœur, si bien qu’elle pouvait presque en dessiner chaque contour à travers ses vêtements. « Tu n’as pas la moindre idée de ce dont elle est capable. Tu n’as pas la moindre idée de ce qu’elle m’a fait subir. » reprit-elle les dents serrées, d’un ton presque mécanique. « Je suis sa sœur, sa petite sœur et elle… Elle… » Cette fois-ci, Andie ne put réprimer un sanglot étouffée. Les poings serrés, elle se tourna de nouveau vers le miroir, le temps de balayer ses larmes d’un geste rageur. « Par la barbe de Merlin, pourquoi faut-il toujours quelqu’un pour prendre sa défense ? » s’exclama-t-elle enfin, comme elle songeait au différend qui l’avait opposé à Narcissa quelques jours plus tôt. « Pense à ce qu’elle a fait, à ces hommes, à ces femmes, à ces enfants qu’elle a assassiné, à ces familles qu’elle a brisé. Crois-tu vraiment qu’elle mérite ta pitié ? »

Les mots d’Andromeda pouvaient paraître durs. Plus encore, ils étaient en décalage complet avec ses actes. Car en dépit de l’intransigeance dont la jeune femme semblait faire preuve à l’égard de sa sœur, elle n’avait jamais cessé d’espérer la voir échapper aux griffes du Ministry et de l’Order – délicieux paradoxe. « J’ai essayé. » reprit-elle enfin, le regard perdu dans le vague, comme plongée dans ses souvenirs. « Pendant toutes ces années, j’ai essayé de la comprendre, de l’aimer, de l’aider. » Le teint blême, elle se revit, âgée d’une dizaine d’années, épier les moindres faits et gestes de son aînée, d’un bout à l’autre du manoir familial. Le cœur en marmelade, elle revoyait sa sœur déambuler dans le parc, répondant à des voix qu’elle était la seule à entendre. Au fond d’elle-même, Andromeda savait que c’était à son époque que tout avait commencé.  « J’étais si jeune – pas assez pour ne pas voir que quelque chose clochait. » Il y eut un court silence avant qu’elle ne finisse par conclure, d’un ton grave : « La vérité, c’est que nous sommes tous complices. Moi. Mes parents. Narcissa. »

Andromeda n’essayait plus de contenir ses larmes. « J’ai essayé, Mélusine. » Au prix d’un effort qui lui parut surhumain, la jeune femme parvint à relever la tête pour affronter le regard de son amie. « J’ai vraiment essayé. » De nouveau, et sans même s’en rendre compte, Andie porta une main contre sa blessure. « Il y a une dizaine d’années, je l’ai fait admettre dans le service de psychomagie de Sainte-Mangouste. Pour son propre bien. Pour notre bien à tous. » Puis, enfin, la réponse à la question de Mélusine, la vérité nue, cruelle – celle qu’Andromeda n’avait jamais osé prononcer à haute voix. « Je l’ai abandonnée – deux fois. Elle ne me l’a toujours pas pardonné. »

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MessageSujet: Re: « Guilt sometimes feeds on our unconfessed desires. » — ft. Andromeda Tonks   Mar 29 Aoû - 19:52

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You want a revelation, ou wanna get it right but it's a conversation I just can't have tonight, you want a revelation some kind of resolution, you want a revelation. Δ Florence and the Machines

Si l’une était affolante et insinuait la peur dans le sang, l’autre avait le don de rassurer et de calmer les gens autour d’elle par sa simple présence. C’était étrange que deux jeunes femmes ayant porté le même nom, partageant le même sang et partageant presque les mêmes traits, puissent être si diamétralement opposées. Mélusine arrivait enfin à se calmer à sentir son corps de détendre, se vider de cette angoisse qui l’avait animée jusqu’au moment où elle avait retrouvée son amie. Elle avait un sourire et presque désolée, alors qu’elle cherchait à reprendre place dans sa chaise. Elle pensait à Nymphadora, à son affiliation avec Bellatrix et à cette rage que cette femme entretenait pour tout ce qui n’était pas pur. Et c’était dommage, tellement dommage de voir des vies, trop de vies gâchées par les idéaux obsolètes  et stupides d’une poignée de sorciers. « Oh, dear… One may have thought that love could conquer everything… »  - elle se demandait comment l’on pouvait ne pas aimer quelqu’un de sa famille, comme l’on ne pouvait pas aimer Andromeda, ou encore sa fille – « I’m so sorry you grew up in a so closed-minded family Andy. »  Elle ne pouvait faire rien de plus, rien à part exprimer sa compassion, elle, elle qui avait tout traversé avec son frère avec qui elle avait des liens indéfectibles et fusionnels.

Dans un coin de sa tête, pourtant, il y avait cette – agaçante – voix qui lui faisait comprendre qu’il y avait bien une façon de respecter un peu plus son amie. Le désir de revoir Bellatrix n’avait pas quitté la française depuis qu’elle l’avait laissé quelque part – elle ne savait plus où – entre les mains de ceux de son clans. Elle aurait aimé savoir où la retrouver, lui parler encore et comprendre, assouvir cette obsession. Bellatrix lui semblait être trop complexe, trop brisée pour que l’on comprenne tout à fait les raisons de son comportement ou sa façon de voir les choses. Et, en bon ‘chevalier blanc’, Mélusine avait envie plus que tout envie de comprendre. Pourtant, cela risquait de mettre en péril de relation, son amitié avec Andromeda, et ça, elle n’y était absolument pas prête… Fallait-il ne rien lui dire, lui cacher cet étrange désir, ou au contraire lui en faire part pour qu’elle force sa raison à reprendre le dessus ? Ah, et puis… « Since when… ? »  - elle avait murmuré, de peur de faire sursauter Andy ou de la faire sortir trop violemment de la transe dans laquelle elle semblait se trouver – « I-I can imagine what she’s capable of… She tried to strangle me but then I feel it’s nothing compared to what she did to you… »  - elle na la quittait pas des yeux, cherchant dans le reflet du miroir à capter son regard – « Tell me… What has she done to you Andy ? Please tell me… »  Elle ne pouvait s’empêcher de savoir. Elle sentait que ce devait être quelque chose d’affreux ; tout dans le langage corporel de son amie traduisait un traumatisme, les stigmates d’une douleur qui semblait encore l’habiter. « I’m not defending her… »  - dit-elle bien mollement et cela parut faux, même à ses propres oreilles – « She deserves her reputation but… But I can’t stop thinking that she’s misguided. She has been for the most part of her life and now, NOW we have a chance to help her, to show her how wrong she is, how wrong your parents and Voldemort were. She’s struggling, she’s tired and one may say she could be weak. »  Elle soupirait, s’appuyant sur ses genoux et cachant son visage entre ses mains. « You know me Andy. You know I want to help everyone, including those who cannot be helped sometimes… Your sister is someone I wish I could help. »

Elle regardait Andromeda se battre intérieurement, elle la regardait se plonger, sûrement, dans des souvenirs qui n’avaient rien pour lui rendre le sourire. Elle l’écoutait en silence, respectant ce moment qu’elle sentait comme douloureux et important pour Andromeda. Petit à petit, les choses se tissaient presque sous les yeux de la française qui arrivait à déceler un début, une esquisse de cette histoire, de leur histoire qui lui semblait bien sombre et chaotique. « You still love her. » , affirma-t-elle alors. Parce qu’il n’y avait aucun doute que derrière la rancœur, derrière la culpabilité se cachait encore de l’amour. Mélusine avait de toute façon bien du mal à s’imaginer Andromeda capable de haïr quelqu’un… « Wouldn’t want you to try again one last time ? Wouldn’t want you to… To make it up for those times you couldn’t help her ? You were too young before, but now you’ve grown to be a strong woman. »  - elle soupirait encore et regardait ses mains, maintenant, riant alors cyniquement – « I think she’s in desperate need of help. Of love. »  Elle s’adossait maintenant à sa chaise, accablée par la fatigue – contre coup de sa nuit sans sommeil et de l’angoisse. « I will not force you, Andy. And if you don’t want to try, be assured that I will if I can. »

Et, il y avait dans la dernière confession d’Andromeda tout le poids d’une culpabilité qui l’écrasait encore, malgré les années passées. « This was not, this is not your fault. Your parents and later Voldemort have led her to that dark path. You did your best Andy. » La blonde se releva alors, se postant derrière Andromeda et posa une nouvelle fois sa main contre son épaule. « And if you don’t want to hear about her again, I’ll respect that. »

Embuée dans sa naïveté, dans sa foi en l’humanité, Mélusine ne pouvait pourtant pas s’empêcher de vouloir aider le monstre qui avait blessé son amie. Elle espérait juste, au fond, ne pas trahir Andy comme elle se sentait déjà presque trahir l’Order.
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MessageSujet: Re: « Guilt sometimes feeds on our unconfessed desires. » — ft. Andromeda Tonks   Jeu 31 Aoû - 12:48



Qui s’excuse, s’accuse, dit-on souvent. Adossée au petit évier de la salle de repos, les bras croisés sur sa poitrine, Andromeda regardait son amie s’enliser inexorablement dans les sables mouvants de sa propre culpabilité. A mesure que les secondes s’égrainaient, lentement, il lui apparaissait de plus en plus évident que les efforts déployés par Mélusine pour la convaincre du fait qu’elle ne cherchait en aucun cas à se faire l’avocat de Bella étaient a minima proportionnels à la compassion – l’affection ? – qu’elle éprouvait pour cette dernière. Une fois encore, l’aura de force et de mystère qui entourait l’ainée des trois sœurs Black semblait avoir fait son œuvre. Bellatrix avait ce don, celui de déstabiliser son adversaire – de quelque manière que ce soit. Qu’il s’agisse d’employer la force, de susciter la peur, ou d’user de ce charme si particulier qu’était le sien – inconnu de la plupart, mais bien visible pour quiconque l’avait côtoyée de près pendant plusieurs années. Cette allégorie de la manipulation – parfois même inconsciente – parvenait toujours à ses fins, tôt ou tard. Qu’il s’agisse d’inspirer la peur, la colère, ou bien la compassion, Bellatrix excellait dans l’art de ne laisser personne indifférent. Petite, Andromeda l’avait longtemps jalousée pour cela, elle qui restait condamnée à endosser le rôle insignifiant de l’enfant du milieu, celui qu’on ne voit pas, qu’on n’entend pas, et dont personne ne se préoccupe.

Loin de ne faire que glisser sur elle comme de l’eau de pluie, les mots de Mélusine creusaient quelques profonds sillons, lentement mais sûrement, dans l’esprit embrumé d’Andromeda. You still love her. A l’écoute de ces mots, la jeune femme sentit une unique larme rouler lentement sur sa joue. Elle ne chercha pas à l’effacer, pas plus qu’elle ne chercha à nier cette cruelle vérité. Bien sûr qu’elle l’aimait encore. Elle était sa sœur, de toute éternité et pour toujours. Maudites par leur nom, liées par leur sang, Bellatrix et Andromeda formaient, avec Narcissa, une sorte de créature mythique, monstre mythologique à trois têtes, condamnées qu’elles étaient à s’entre-déchirer mais sans possibilité aucune de se détacher les unes des autres – l’avaient-elles seulement désiré un jour ? Il y avait quelque chose d’inavouable dans cet état de fait – pour Andromeda en particulier. Comment admettre à haute et intelligible voix qu’en dépit de tout ce qu’elle et ses sœurs avaient de différent, qu’en dépit des menaces proférées contre Ted, contre Nymphadora surtout, elle ne pouvait totalement se résoudre à ce que l’Order -ni même le Ministry – ne finisse par mettre la main sur les deux autres composantes de leur trio. Avec le temps, elle avait fini par accepter cette étonnante ambivalence – faute d’avoir une autre option.

Guilty conscience
Perdue dans ses pensées, Andromeda se raidit légèrement au contact de la main de Mélusine contre son épaule. « Tu ne comprends pas. » finit-elle par souffler, à mi-voix. Ce n’était pas un reproche. Comment son amie aurait-elle pu comprendre ce qui échappait encore à son propre mari, après plus de dix ans de vie commune – et bien plus d’éléments en sa possession sur le passé de la jeune femme ? « Tu ne la connais pas. Pas comme moi je la connais. » poursuivit-elle enfin. C’était comme si la relation pour le moins tumultueuse qui unissait les trois sœurs Black demeureraient à tout jamais au-delà de la compréhension de ceux qui en étaient exclus. Il y eut quelques secondes de silence, avant qu’Andromeda ne consente à desserrer les lèvres pour se livrer à une métaphore qui, à mesure qu’elle en tirerait le fil, sonnerait de moins en moins étrange aux oreilles de Mélusine. « Tu connais cette histoire ? Celle du scorpion et de la grenouille ? » Il s’agissait d’une fable que la plupart des parents racontaient à leurs enfants, qu’ils soient sorciers ou moldus. Andromeda avait déjà entendu une variante mettant en scène une manticore et un hippogriffe mais là n’était pas le débat du jour. « Le scorpion demande à la grenouille de le transporter sur l’autre rive d’une rivière. La grenouille hésite mais finit par accepter. Au milieu de la traversée, le scorpion pique la grenouille qui s’exclame : ‘Mais pourquoi as-tu fait ça ? Nous allons mourir tous les deux !’ ». Andy marqua une courte pause, comme pour mieux souligner la chute de cette étrange histoire. « Et le scorpion de lui répondre : ‘C’est dans ma nature, je ne peux pas m’en empêcher.’ ». Le parallèle lui était apparu soudainement, sans qu’elle ait même besoin d’y réfléchir. « Elle, est le scorpion, Mélusine. » conclut-elle finalement, comme elle levait les yeux vers son amie. « Ni toi ni moi n’y pourrons rien changer. » Peut-être Mélusine la jugerait-elle cruelle ou insensible. A cette pensée, un sourire désabusé s’étira lentement sur les lèvres d’Andromeda. Les bras toujours croisés sur sa poitrine, le regard perdu dans le vague, elle semblait tout bonnement désorientée, en lutte avec quelques sombres pensées qui la brûlaient littéralement de l’intérieur. « J’ai essayé. » reprit-elle d’une voix qui paraissait de plus en plus faible. « J’ai vraiment essayé. Pendant toutes ces années, j’ai cru qu’elle pouvait changer, je n’ai jamais cessé d’espérer. » C’était vrai. « Mais j’avais tort. » observa-t-elle enfin.

Comme elle fermait les yeux, le souvenir de cette nuit d’horreur passée sur le Chemin de Traverse lui sauta violemment à la gorge. Cette fois-ci, elle ne chercha pas à refouler ses larmes, qui coulaient sans retenue sur ses joues. « Tu crois qu’elle est seulement perdue, désorientée ? Qu’elle a été manipulée pendant toutes ces années ? Qu’elle ne partage pas vraiment les idéaux des Black ? De Voldemort ? » demanda-t-elle dans un sanglot. Elle n’avait pas coutume de prononcer si librement le nom de celui qui, à l’origine, lui avait été présenté comme le Seigneur des Ténèbres, alors qu’elle n’était encore qu’une adolescente. Aussi, elle ne put réprimer un léger frisson. « Dis-moi, Mélusine. Crois-tu que la femme que tu me décris, celle que tu crois connaître après avoir passé seulement quelques heures avec elle, celle qui, selon toi, est capable de remords et de pitié… » énuméra-t-elle d’une voix tremblante, comme elle rouvrait les yeux pour sonder ceux de son amie de son regard clair et humide. Lentement, Andromeda porta une main au col de sa blouse dont elle défit lentement les trois premiers boutons pression. « Crois-tu que cette femme soit capable d’une telle chose ? » Au terme d’une fraction de seconde d’hésitation, Andy tira brusquement sur le col du chemisier qu’elle portait sous son uniforme, emportant par la même la bretelle gauche de son soutien-gorge. Ce faisant, elle dévoila la cicatrice encore rougeâtre qui la hantait chaque jour depuis bientôt dix ans. Mudwhore. « Dis-moi ! » s’exclama-t-elle encore, avec plus de force cette fois-ci, avant d’éclater en sanglots désespérés – ce qui, de mémoire d’homme, ne lui était encore jamais arrivé en public tant elle mettait un point d’honneur à paraître impassible en toutes occasions. La tête dans les mains, Andy se laissa glisser lentement le long de l’évier pour s’effondrer sur le sol, crachant enfin la honte, le chagrin et la colère qu’elle avait porté seule, comme un fardeau, pendant toutes ces années. Personne n’avait jamais su – à l’exception de Ted, bien sûr. Personne ne devait savoir. Et surtout pas Dora. Jamais.

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MessageSujet: Re: « Guilt sometimes feeds on our unconfessed desires. » — ft. Andromeda Tonks   Mar 19 Sep - 16:02

Guilty Desires
Andy
feat.
Mélusine


 

 



 

 


You want a revelation, ou wanna get it right but it's a conversation I just can't have tonight, you want a revelation some kind of resolution, you want a revelation. Δ Florence and the Machines

Sans un mot, elle avait écouté, sans un geste de plus, elle s’était laissée happée par les mots de son amie, par son histoire, par cette histoire qui expliquait à elle seule comment Bellatrix pouvait être décrite aux yeux du commun des sorciers.  L’analogie – bien que cruelle – sonnait juste aux oreilles de la française. Il y avait, dans les yeux de l’aînée des Black, une folie, une bestialité qui ne se cachait plus, quand on avait l’audace de la regarder droit dans les yeux. Toute sa beauté s’effaçait alors, quand la folie prenait le dessus et qu’elle n’était plus que le bras armé de toute une idéologie obsolète et barbare. Devant quiconque ne la connaissait pas vraiment, Bellatrix n’était plus qu’une arme tendue, prête à condamner à mort celui ou celle qui osait dire un mot contre celui, pourtant, qu’elle avait tué de ses propres mains. Mais Mélusine se tenait encore debout, elle, et respirait encore alors qu’elle n’avait pas eu peur de cracher sur cet homme, cet imbécile qui avait brisé plus de vie qu’on pouvait en compter. Elle ne regrettait pas ses mots, non, ne regrettait pas non plus leur effet sur la Black, mais elle se rendait bien compte qu’Andromeda portait en son cœur des blessures que mille corps ne pouvaient supporter.

Et c’est ainsi que Mélusine, naïve et idéaliste se rendit compte qu’effectivement, elle ne connaissait rien de cette femme. Pourtant, elle voulait creuser, creuser encore pour aller chercher l’enfant qui se tapissait peut-être encore en elle, celui qui garde encore cette innocence, cette étincelle d’humanité – chez certains – et qui ne demandait qu’à être révélé. La française avait voulu croire que Bellatrix était de ceux qui demandent de l’aide, mais l’anglaise voulait-elle seulement qu’on lui rappelle ce que c’était, que d’être encore bercé par l’innocence, elle, qui semblait l’avoir perdue à jamais ? Et elle était perdue, Mélusine, perdue, tiraillée entre ce besoin presque compulsif de venir en aide aux gens, et celui, nauséeux, de fuir, de fuir cette femme, et même sa cadette, en cet instant. Elle tremblait légèrement et ne cessait de passer ses mains sur son visage, entre ses cheveux blonds et décoiffés. Sa curiosité – et elle la sentait battre dans son corps, grossir, grandir majestueusement pour avaler tout son être et toute sa raison – la poussait encore à se poser tant de questions. Ah, si elle pouvait avoir un autre face-à-face avec cette fugitive, si elle pouvait encore sentir la froideur de son regard sur elle, et la chaleur presque affolante de sa peau… Mélusine eut envie de vomir tant elle se dégoûtait. Elle se mettait en danger, mettait son fils en danger, et plus encore, elle voyait tout le mal que cette seule discussion pouvait faire à son amie. Elle s’en voulait terriblement, maintenant, espérant presque pouvoir remonter dans le temps pour ne rien dire à Andromeda, ou pour, presque, ne pas avoir eu à rencontrer cette femme, cette nuisance et ce cancer qui à elle seule pouvait encore lacérer le monde sorcier comme elle l’avait déjà si bien fait, sous le règne belliqueux de feu-son-maître.

A mesure qu’Andy parlait, Mélusine semblait avoir conscience de ce Bellatrix pouvait encore faire. Le monde aurait-il été plus beau, plus simple aussi, si elle l’avait laissée mourir ? C’était une question qu’elle poserait à son amie, à un moment ou à un autre, se dit-elle. Toujours avachie sur sa chaise, Mélusine ravalait des larmes qui menaçaient de glisser à chaque fois qu’elle portait son regard sur Andromeda. Elle n’arrivait pas à comprendre ce lien qui l’unissait à ses sœurs mais devinait assez bien, imaginait la complexité qui se tramait, derrière les quelques mots de l’infirmière. Et, trop en demander, poser trop de questions aurait été peu respectueux de sa part, de toute évidence ; il y avait un temps pour tout. Quand le nom du lord déchu avait résonné, la française s’était lentement relevée, voulant répondre à son amie. Pourtant, elle ne put qu’ouvrir sa bouche sans que le moindre mot ne sorte : Andy semblait vibrer de colère et de rage, alors que sur ses joues, les témoins de sa souffrance creusaient leurs tranchées.

Un pas en avant et Mélusine voulut réconforter son amie, le bras tendu vers elle, et déjà l’uniforme de St-Mungo’ s’écartait, révélant sur une peau opaline les traits presque sanguinolents d‘une plaie qui semblait avoir été faite le jour d’avant. Les traits de la françaises trahissaient sa surprise, son horreur et autre chose qu’elle-même n’aurait su décrire. « Wh-what… » MUDWHORE. Le mot était simple et sa signification tellement évidente. « Putain… » La blonde porta la main à sa bouche et regardait son amie glisser vers le sol, les sanglots plus forts que jamais et plus enfantins, peut-être, que ceux d’une Nymphadora de 12 ans. « I’m so sorry. » - elle avait murmuré, avant de se jeter aux côtés de son amie, l’attirant contre elle dans une étreinte réconfortante. « I-I didn’t know… » Évidemment qu’elle ne savait pas. Et de toute façon, qui savait ? « When did she do that to you…? » Elle ne pouvait plus regarder cette plaie, dans leurs positions, mais l’image lui restait gravée dans la rétine et resterait, sans aucun doute, gravée dans sa mémoire, come le rappel constant de ce dont Bellatrix était finalement capable de faire. « How ? How can someone hurt their siblings like that ? How could she torture her own blood ?! » Le réveil était brutal. Brutal, mais nécessaire. Mélusine continuait de bercer Andromeda, lentement, alors que ses propres larmes se joignaient à celles de la jeune femme. « I-I had no idea, Andy… »

Dans ses tripes, une bataille faisait rage : celle de la raison et de la curiosité. Ces révélations - bien loin de lui faire assez peur pour lui faire abandonner son entreprise - la poussaient encore vers cette inébranlable quête de la vérité. Mélusine brûlait de savoir comment et pourquoi une femme comme Bellatrix pouvait avoir perdu la raison. Comment Andromeda, douce et aimante, avait pu grandir auprès d’une sœur si corrosive et être si différente d’elle ? Après tout, elles avaient eu – à peu de choses près ? – la même éducation. Mélusine ne comprenait pas… Et ça la rendait malade. Elle soupirait, déposant contre le crâne de la jeune femme des baisers sans s’en rendre compte, comme si c’étai son fils qu’elle réconfortait… Elles devaient être belles, tiens, assises sur le sol, à pleurer comme deux enfants abandonnés. « I’m so sorry, Andy. Had I known, I would’ve let her… No. No… » - elle riait nerveusement entre ses sanglots – « What if I came here to tell you that I let her die, Andy ? I don’t… Did I make a mistake ? » Elle s’en voulait et c’était évident dans sa voix. « I don’t think it would’ve been better for you, but… » [/color] Pauvre enfant qu’elle était, âme miséricordieuse et naïve, Mélusine ne savait plus si elle avait fait plus de mal que de bien, finalement, à avoir laissé la vie sauve à pareille tortionnaire.

Parce qu’au delà de la douleur infligée à Andy, la de Valmont entrevoyait dans cet ‘acte manqué’ toutes les retombées sur leur monde : la guerre ferait encore rage, et pour combien de temps encore ? Et quel avenir pour Mélusine ? Elle savait qu’elle s’en mordrait les doigts, tôt ou tard, mais elle ne voyait qu’une seule option possible : elle qui avait laissé leur monde aux mains d’un chaos au visage d’ange, elle devait tout faire pour réparer son erreur. Même si cela impliquait de revoir cette femme et de souffrir sous son joug pour essayer, encore et encore, de lui faire perdre ce venin qui empoisonnait toujours son esprit. Voldemort enterré, son plus fidèle lieutenant restait encore à neutraliser et cela semblait être plus laborieux : l’on peut parler à un homme ambitieux, mais il est tellement plus ardu de parlementer avec un fou.  
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