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 sorry i couldn't protect you (elea)

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Enrôlé(e) depuis le : 27/05/2017
Camp : sert ses propres intérêts, retourne sans cesse sa veste.
Age du Personnage : trente-six ans.
Particularité : lycanthrope, à l'origine de bon nombre de morsures. roi parmi les loups.
Baguette : bois de hêtre, poil d'acromentula, vingt-trois centimètres.
Patronus : incapable d'en former un.
Epouvantard : son père, cet enfoiré de moldu qu'il a fini par abattre mais qui continue de hanter ses nuits.

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MessageSujet: sorry i couldn't protect you (elea)   Mar 6 Juin - 23:55

SORRY I COULDN'T PROTECT YOU
eleanor & fenrir

Fenrir fulminait. Il avait des envies de meurtre. De tous les tuer les uns après les autres, d’abreuver les terres écossaises de leur sang, de les massacrer avec une violence qu’il contenait difficilement derrière un regard glacial et des poings obstinément fermés. Ses ongles étaient plantés si violemment dans la paume de ses mains qu’il n’était pas sûr qu’ils ne restent pas incrustés dans sa chair. Pourtant, il suivit calmement l’homme qui le conduisit jusqu’aux cachots où étaient retenus les Mutes. Il n’accorda pas un regard aux pauvres créatures qu’on torturait ici. La condition sorcière lui importait peu, et les lamentations ne lui firent ni chaud ni froid. S’il n’avait pas été si en colère, ça aurait même pu le faire rire. Non, il ne pensait qu’à une chose : Eleanor Glenmore. Après des mois et des mois de silence, il allait la revoir.

Le garde Ouroboros lui ouvrit la porte de la cellule en un bruit métallique tout à fait désagréable qui lui fit grincer les dents. « Laissez-nous. » lâcha-t-il d’une voix rauque en voyant que ce dernier traînait derrière lui. La porte se referma, et Fenrir eut tout le loisir de poser son regard clair sur la jeune femme, recroquevillée sur ce qui semblait faire office de lit. La pièce était plongée dans une semi-pénombre ; heureusement, ses sens bestiaux lui permettaient de distinguer correctement la pauvre chose sale et hirsute qu’était devenue la belle Eleanor Glenmore. La superbe créature aux courbes désirables et à la crinière soyeuse avait souffert. En la voyant ainsi, Fenrir sentit son cœur se briser dans sa poitrine. C’était étouffant, douloureux – il détestait avoir un cœur. Il baissa lentement la capuche noire qui cachait son visage, et s’accroupit, à l’autre bout de la pièce, pour ne pas lui faire peur du haut de son mètre quatre-vingt-dix. « Bonjour Eleanor. » murmura-t-il, en cherchant son regard du sien. Fenrir avait tout sauf envie de jouer les fanfarons, comme il le faisait d’ordinaire avec elle. En réalité, il était totalement désemparé face à ce petit bout de femme qui donnait l’impression qu’il aurait pu la briser s’il avait haussé un peu le ton. Comment était-on censé réconforter quelqu’un qui souffrait ? Fenrir ne faisait pas ce genre de choses. Il ne réconfortait pas, il blessait les gens. « Je suis sûrement la dernière personne que tu as envie de voir, mais j’ai apporté ça. Je crois que tu aimes bien ce livre. » Le loup déposa Les Contes de Beedle le Barde au bout du lit avec une lenteur mesurée, sans s’en approcher.   « A vrai dire, j’en suis sûr. C’est le tien que j’ai volé. » avoua-t-il, sourire discret mais réel aux lèvres. Lorsqu’il avait appris où elle se trouvait, Fenrir avait opéré une descente improvisée dans la chambre d’Eleanor pour dérober quelque chose de familier qui lui changerait peut-être les idées et lui permettrait de tenir momentanément le coup ici. Il y avait écrit quelques mots d’encouragement au fil des pages pour qu’elle garde la tête haute et sache qu’il la ferait sortir d’ici, mais elle aurait tout le loisir de le découvrir au fil de ses lectures.

Fenrir se tut pour la regarder. L’émotion le gagna, son cœur s’emballa. Comment est-ce qu’un autre être vivant pouvait avoir un tel pouvoir sur lui ? Comment le simple fait de la voir en vie pouvait-il le soulager ainsi, comme si on avait retiré un poids immense de ses épaules ? Eleanor provoquait en lui un flot d’émotions et de sensations qui lui étaient inconnues. « Est-ce que tu veux bien que je reste un moment avec toi, ou tu préfères que je m’en aille maintenant ? » demanda-t-il sans la brusquer. Elle devait avoir confiance en lui, pas avoir peur. Il devrait y aller plus doucement que jamais avec elle – et Dieu savait pourtant qu’il n’en pouvait plus d’attendre, ayant plus que jamais envie de la posséder. Il n’était pas là pour la briser mais pour la sauver. Alors si Eleanor jugeait que c’était assez, il s’en irait. Après tout, jamais ils n’avaient passé autant de temps ensemble depuis leur rencontre. D’habitude, il se contentait de l’effleurer et de disparaître. « Je ne suis pas là pour te forcer à faire ou dire quoi que ce soit, je ne suis pas comme eux. Je veux juste passer un moment avec toi. » Dans une cellule pourrie et vétuste, dans le cachot d’un hôtel, au beau milieu de nulle part. Mais Fenrir n’était pas ingrat, c’était déjà un miracle que Bellatrix ait accepté qu’il voie Eleanor et il le savait. Malgré tout, c’était à la mesure du sacrifice qu’il s’apprêtait à faire pour les beaux yeux d’une femme qui ne l’aimerait sûrement jamais comme lui la désirait, et Bellatrix pouvait bien accepter qu’il passe quelques instants en compagnie de l’un de ses « sujets d’observation ».

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Camp : Elle aurait aimé pouvoir répondre le bien (l'Ordre comme ses parents) mais la notion lui semble désormais abstraite.
Age du Personnage : Vingt-trois ans.
Baguette : Bois de noyer noir, vingt-six centimètres, un crin de licorne en son coeur.
Patronus : Autrefois une chouette effraie au plumage éclatant, désormais des filaments d'argent terne à peine bon à éloigner un détraqueur.
Epouvantard : Elle-même, les yeux livides, la peau blanche et froide, le feu de sa magie à jamais éteint.

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MessageSujet: Re: sorry i couldn't protect you (elea)   Mer 7 Juin - 18:10




sorry i couldn't protect you

Recroquevillée sur sa couche souillée, Eleanor tremblait. Elle n’avait jamais vivement éprouvé le froid, mais l’humidité des cellules s’attardait maintenant cruellement dans ses os et, accompagnée de la fatigue, accablait ses muscles. Elle demeura longtemps ainsi, allongée, recourbée sur elle-même, aussi longtemps qu’elle le pouvait, jusqu’à ce que son esprit ne sombre dans l’emprise de l’inconscience doucereuse. C’était un état entre l’endormissement et l’éveil ; elle flirtait avec les frontières, vivait entre deux mondes. Entre le rêve et la réalité. Et alors les jours, les semaines et les mois, peut-être, se confondaient tous. Les heures, elles, ne se mélangeait jamais véritablement, car elle avait appris, au fil de sa captivité, à étudier le rythme des cerbères. Elle savait qu’on la laisserait tranquille jusqu’à ce que le soleil ne se lève à nouveau le lendemain, les bourreaux l’avaient suffisamment sollicitée pour la journée. Elle ne lutta donc plus, se laissa partir, s’enliser dans la léthargie.

La prisonnière sursauta soudainement, ses oreilles agressées par le grincement strident de la lourde porte. Elle entendit une voix, qu’elle ne reconnut pas – ses sens réclamaient de plus en plus de temps pour émerger de leur inertie ; des pas lourds, puis le gémissement métallique à nouveau. Et le silence. Elle n’était pourtant pas seule, elle en avait la certitude. Elle sentait des yeux sur elle, partout sur elle, brûlants et inquisiteurs, perçut un bruit de cape froissée. La démarche sourde de l’intrus résonnait contre les murs froids, l’écho lui provoqua une émotion étrange dans le ventre, comme un sentiment de familiarité. L’homme fit doucement basculer sa capuche en avançant jusqu’à l’autre bout de la pièce. Là, il s’arrêta. Eleanor balaya la salle du regard, buta sur l’ombre, ses yeux clignèrent rapidement. Rêvait-elle ? Quand il parla, elle les referma brutalement, aussi fort qu’elle le put. Parce qu’elle rêvait. Cette voix était celle qui accompagnait toutes ses nuits, quand elle parvenait, enfin, à trouver le sommeil.

Mais ce n’était pas un songe cette fois, parce que quand ses paupières se rouvrirent à nouveau, l’ombre était toujours là. Le loup. Fenrir Greyback. Son palpitant s’affola contre sa poitrine. Elle inspira profondément, si profondément que l’oxygène gargouilla un instant dans sa gorge sèche, en proie à ces émotions violentes et paradoxales qu’elle connaissait si bien, et que lui seul savait provoquer en elle. Une crainte démesurée, une admiration lugubre, l’espoir, la frustration, l’impatience, la rancune. « Je suis sûrement la dernière personne que tu as envie de voir, mais j’ai apporté ça. Je crois que tu aimes bien ce livre. » Elle observa son mouvement lent, ses iris furent rapidement happés par la couverture de cuir et la reliure quelque peu abîmée, le temps et les maintes manipulations pour seuls responsables. « A vrai dire, j’en suis sûr. C’est le tien que j’ai volé. » avoua-t-il, et le ton doux qu’il employa fondit sur le silence qu’elle lui offrit en réponse. Sa précision avait néanmoins été inutile, elle aurait reconnu l’ouvrage les yeux fermés. Il avait le parfum de ses rêves d’enfant.

« Est-ce que tu veux bien que je reste un moment avec toi, ou tu préfères que je m’en aille maintenant ? » Il fit une pause, elle déglutit. « Je ne suis pas là pour te forcer à faire ou dire quoi que ce soit, je ne suis pas comme eux. Je veux juste passer un moment avec toi. » Comment osait-il ? Quelle espèce de torture était-ce là ? Et comment avait-elle pu être aussi naïve ? Il était derrière tout ça, bien sûr. Allié des Mangemorts depuis toujours, il avait suivi le mouvement et rejoint Bellatrix Black dans ses desseins cruels. Si elle en avait eu la force, et le courage –  parce qu’après tout, ce livre était le seul objet qui la liait encore à la personne qu’elle avait été – elle se serait levée vivement et le lui aurait lancé à la figure. « Qu’est-ce que vous voulez vraiment ? » Elle lâcha les dernières syllabes comme si elles avaient été du poison sur sa langue. Quand elle se redressa, dos contre le mur humide, elle frissonna et un léger vertige la prit. La soie de ses boucles avait disparu, laissant place à une matière poisseuse et désagréable qui les plaquait sur son visage. Redressant la tête, elle n’essaya pas même de les en décoller. Malgré les promesses et les menaces faites en cette nuit où elle n’avait alors que dix-sept ans, il ne lui avait jamais imposé sa présence aussi longuement. C’était la première fois, et elle en profita. Ses iris devinrent pressants, inquisiteurs, deux lumières scrutatrices. Il n’avait rien du loup en cet instant, tout de l’homme. Ses yeux avait la teinte qu’elle aimait, une lueur qu’elle ne leur connaissait pas cependant, son visage était marqué, blessé, comme enfermé dans une inquiétude infinie. Mais une inquiétude envers qui ? La réponse l’effraya et l’abasourdit à la fois, elle retint un sanglot qui menaça soudain de faire trembler son corps frêle à nouveau. « Qu’est-ce que vous voulez ? » répéta-t-elle alors, n’osant y croire. Mais c’était trop tard. Déjà, elle était retournée dans son rêve. Déjà, elle espérait. Espérait follement, vainement, vivement qu’il répèterait les mêmes mots, les mêmes mots exactement, qu’il avait prononcés quelques minutes auparavant.
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MessageSujet: Re: sorry i couldn't protect you (elea)   Jeu 8 Juin - 23:48

SORRY I COULDN'T PROTECT YOU
eleanor & fenrir

La détresse d’Eleanor était plus grande encore que Fenrir ne l’aurait cru. Il n’osait imaginer les tortures qu’elle avait pu subir, à l’instar des autres Mutes retenus prisonniers dans cet hôtel de malheur. Il savait qu’elle le détestait, mais la voir s’éloigner de lui – s’écraser contre le mur pour être le plus loin possible – et le regarder comme elle le faisait était tout bonnement insupportable. Son cœur acheva de se briser dans sa poitrine, sa rage ne fit qu’accroître. Quelqu’un, là dehors, paierait pour ça : n’importe qui. L’important était de ne pas s’énerver devant elle, même si elle était responsable de la douleur qui le clouait sur place. Mais Fenrir, malgré la colère, pouvait comprendre. Elle avait peur et ne faisait plus confiance à personne. Il déplia ses longues jambes pour se redresser et s’approcha d’elle lentement, là encore en essayant de ne pas le brusquer. « N’aie pas peur. » Le loup retira doucement la cape qu’il portait. « Approche. » souffla-t-il encore pour qu’elle se décolle du mur. Elle bougea à peine, et Fenrir fut obligé de la décoller lui-même de là en glissant une main dans son dos, qu’il retira aussi vite qu’il ne l’avait posée. Pas que le contact le dérange - même si elle était dégueulasse et qu’elle méritait une bonne douche - mais il risquait de la gêner, elle. L’homme glissa sa cape noire de geai sur les épaules frêles de la gamine frigorifiée qu’il enroula autour d’elle, avant de rabattre la capuche sur sa tête, comme il l’aurait fait avec une large serviette si elle était sortie de la douche. Elle était beaucoup trop grande, bien sûr, mais elle ferait largement rempart contre le froid. Fenrir aurait donné n’importe quoi pour pouvoir l’enlacer et la bercer contre son cœur, rien qu’un instant. Lui dire que tout irait bien, qu’elle connaitrait à nouveau les joies du monde qui n’attendait que son retour. Qu’elle sortirait de cette cage et échapperait à ses bourreaux. Qu’il était même prêt à la laisser choisir la décoration de la maison – si tenté qu’elle accepte de le suivre à Thornvault – mais jamais il ne le dirait, de peur qu’elle lui rit au nez. « Tu sens le vieux troll des cavernes. » constata-t-il en reniflant calmement, ce qui était assez ironique venant de celui qu’on traitait de « chien mouillé puant » à longueur de temps. Il croisa ses bras sur son pull noir et tenta de sourire à nouveau. Ce n’était pas quelque chose qu’il faisait souvent et n’était pas très à l’aise avec les muscles de ses joues. Surtout dans l’état de nerfs dans lequel il se trouvait.

« Ce n’est pas très précis, comme question. Il y a beaucoup de choses que je veux Eleanor, » reprit-il finalement, pour revenir sur sa question précédente. Bien sûr, il omettrait d’ajouter qu’il venait de sacrifier sa liberté au profit de la sienne. Fenrir n’était pas là pour la faire culpabiliser. « Je veux le démantèlement de l’Ordre du Phoenix, la disparition des Mangemorts, mais aussi des Ouroboros. Je veux un monde où les lycanthropes sont craints de ceux qui les oppressent aujourd’hui, et que le registre de recensement des loups-garous soit détruit. J’aimerais également que ma tête ne soit pas mise à prix à une somme aussi dérisoire, j’espérais valoir plus que cela. Je ne dirais pas non à un bon whisky pur-feu, aussi. » Il glissa ses doigts dans sa barbe pensivement. Fenrir savait qu’Eleanor ne parlait pas de tout ça en posant sa question, mais qu’elle demandait ce qu’il attendait d’elle. Sauf que, Fenrir n’était pas très doué avec les mots et les sentiments, surtout à l’égard d’une personne qu’il appréciait. Mépriser, railler, humilier, terrifier, ça il savait faire. Mais aimer, c’était plus difficile que tout ce qu’il avait pu vivre au cours de sa vie. Plus difficile encore que ces nuits de pleine lune qu’il avait passées attaché aux poutres de la cave de la demeure Greyback, tabassé par un père intolérant et violent. Parce qu’alors, il savait à quoi s’attendre ; avec Eleanor, il avançait dans le brouillard sans savoir ni où il allait, ni comment se comporter avec elle. Et quelle en serait l’issue ? Elle le rejetterait sûrement comme le faisaient tous les gens de cette foutue planète à un moment où un autre, et il se serait battu de toutes ses forces pour perdre à la fin. S’il était assez fort pour faire le mal autour de lui, en revanche Fenrir ne l’était pas assez pour supporter qu’elle lui brise le cœur. « Je suis là pour toi. Juste pour toi. » finit-il pourtant par dire. De toute façon, il était trop tard pour faire demi-tour. Il s’était engagé dans cette histoire au moment-même où il avait posé les yeux sur elle six ans plus tôt. « J’ai cru que tu m’avais filé entre les doigts. Ça m’a rendu fou de rage. Et puis, je me suis rappelé ô combien tu aimes ton frère, et que tu ne l’aurais jamais laissé en sachant que je me retournerais contre lui. J’ai compris qu’il t’était arrivé quelque chose, et je t’ai cherchée partout pendant des semaines. Et te voilà. » Fenrir avala sa salive avec difficulté et tourna les talons. Il enfonça ses mains dans les poches de son pantalon aussi noir que ne l’étaient son pull et ses chaussures et soupira en inspectant la cellule, minuscule et humide. Un vrai cachot crasseux. Le loup serait sûrement devenu fou s’il avait été enfermé ici. C’était plus facile de lui tourner le dos après avoir prononcé de tels mots. Il ne s’ouvrait pas facilement. Il ne l’avait jamais fait à ce point, en réalité.

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MessageSujet: Re: sorry i couldn't protect you (elea)   Dim 11 Juin - 19:59




sorry i couldn't protect you

La cape sombre l’avalait toute entière, une protection bienvenue contre le froid et l’humidité qui lui perçait la peau et les os. Eleanor huma discrètement le parfum doucereusement musqué de la capuche. S’il avait longtemps provoqué en elle un sentiment troublant, mêlant panique, désespoir et frénésie, elle l’accueillait aujourd’hui les bras ouverts, les paupières closes. Devant elle ne se dressait plus la Menace, celle de ses cauchemars, mais bien celui qu’elle avait attendu et espéré si violemment. Le lycanthrope était plus grand encore que dans ses souvenirs, et irradiait une aura nouvelle, qu’elle découvrait au fil que ses iris valsaient sur les traits de son visage et que les mots passaient la barrière de ses lèvres. Elle reconnut l’assurance, l’arrogance mesurée avec laquelle il détournait la réponse à son interrogation, mais Eleanor y décela une sincérité dont elle ne se doutait pas, y découvrit un sourire (éphémère) qui la surprit tant qu’elle détourna le regard. Tandis que ses yeux se perdaient sur la couverture des Contes de Beedle le Barde, à l’autre bout du lit crasseux, elle s’imagina un instant dans la peau du troisième frère, gobée par l’invisibilité d’une cape enchantée. Il lui serait aisé, alors, de passer la lourde porte du cachot, d’éviter la ronde des gardes, de retrouver ses amis, sa famille, son petit frère. Ce petit frère qu'elle aimait profondément, si intensément que les larmes emperlaient ses longs cils noirs lorsqu’elle imaginait ses traits.

Enfermée entre quatre murs impénétrables, la sorcière avait craint pour sa vie, mais plus encore pour celle de ses proches. Elle avait compris la rage et la frustration qui avaient pu animés Fenrir Greyback lors de sa disparition, s’était demandée combien de temps il la chercherait avant de s’en prendre, par pur esprit de vengeance, aux siens. Et voilà qu’il se dressait, prunelles dénuées de toute colère, devant elle. Qu’il lui parlait doucement, la rassurait. Un soulagement immense glissa sur elle et mit fin à ses tremblements incontrôlés, quand elle imagina la silhouette de son frère évoluer librement dans la maison familiale, jusqu’à ce qu’un poids, plus immense encore, n’écrase son palpitant, quand elle songe à l’inquiétude qui devait régner dans leurs esprits. « Vous l’avez vu, alors ? Mon frère ? Comment va-t-il ? » Les questions se précipitaient dans son crâne, se bousculaient à ses lèvres, mais elle en retint quelques-unes de crainte qu’il n’ait pas toutes les réponses. Elle voulait savoir comment se portaient sa mère, son père, ses amis, ses acolytes, Albus Dumbledore et Minerva McGonagall également. Si d’autres avaient été touchés par son Mal, s’ils pensaient à une solution, si sa disparition avait été au centre d’une, au moins d’une, réunion de l’Ordre du Phoenix. S’ils étaient partis à sa recherche. Elle en connaissait cependant la réponse et celle-ci lui nouait les entrailles : ils ne l’avaient pas cherchée. Ou comment expliquer qu’il l’avait retrouvée avant eux, tous ces sorciers de talent ? Brusquement ramenée à la réalité par l’agitation de son esprit, elle déplia ses jambes engourdies et quitta la couche poisseuse. La cape suivit ses mouvements, les pans s’écrasant sur le sol dur, quand elle se leva. La sensation était étrange, comme si son corps avait été dissimulé dans un étau trop serré et qu'il recouvrait enfin sa liberté. C'était pourtant loin d'être le cas ; partout où elle posait ses yeux, ils rencontraient un mur, une porte, de la pierre grise et froide. Mais la présence de l’homme-loup, à quelques pas d’elle, l’enivrait et l’exhortait. Déjà, elle s’imaginait dehors.

« Je ne me souviens pas de tout, » fit-elle en passant une main sur ses tempes endolories. « De rien, en fait. Ils ont dit que j’avais disparu pendant deux mois, peut-être plus, et puis j’ai été placée dans un de ces horribles camps. Ils prétendent être préoccupés par la sécurité du monde magique, mais tout ça n’est qu’un prétexte pour donner libre cours à leur barbarie. Personne ne peut imaginer... » Personne ou tous les visages torturés qu’elle y croisa. Personne, ou peut-être bien Fenrir, dont les yeux croisèrent des dizaines – des centaines ? – de regards effrayés alors qu’il fondait sur ses victimes. Elle chassa la pensée d’un geste lent de la tête. « La nuit était tombée quand ils ont pénétré le camp. Et me voilà, » conclut-elle en reprenant les mots de son vis-à-vis, passant sous silence les trop nombreuses séances de torture. Elle était tombée entre les mains d’êtres plus viles encore que les membres du Ministère. Eleanor marqua une courte pause, entrouvrit les lèvres, les referma. La question lui brûlait la gorge, elle n’était cependant pas certaine que l’entrevue fût réellement privée et la folie n’avait pas encore rongé sa prudence légendaire. « Comment, » commença-t-elle en faisant un pas, mais ses jambes menacèrent de se dérober sous elle et elle s’immobilisa. « Comment avez-vous pu me retrouver ? Je ne comprends pas. Cette porte s’ouvre inlassablement sur les mêmes personnes, tous les jours. Comment les avez-vous convaincus ? » Au fond d’elle, une voix frêle l’intimait de ne pas lui accorder sa confiance – le doute s’insinuait pernicieusement sous sa peau – et pourtant il était trop tard. Elle s’était abandonnée à l’idée qu’il était celui qui la tirerait des Enfers. Ce qu’elle ne saisissait pas, en revanche, c’était son immobilité. Là, devant elle, il lui tournait le dos, figé sur ses deux jambes, et ne semblait pas prêt à quitter la cellule. Comment, se répétait-t-elle, silencieusement, en boucle, comment prévoyait-il de la faire sortir de là ?
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MessageSujet: Re: sorry i couldn't protect you (elea)   Mar 13 Juin - 1:29

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« Il va bien, oui. En apparence en tout cas. » répondit Fenrir d’un air absent. Après tout, il ne savait de son frère que ce qu’il voyait : un gamin qui grandissait à vue d’œil. Il n’avait ni cherché à s’en approcher plus que cela, ni à l’aborder. Il ignorait s’il souffrait de l’absence de son aînée, s’il était satisfait de sa vie ou non, et il s’en fichait pas mal. Il n’avait aucune affection pour ce garçon, qui n’avait finalement pas rejoint sa meute comme il était prévu qu’il le fasse. Le loup sentit Eleanor bouger dans son dos. Un sourire bref fendit son visage quand il comprit qu’elle était en train de se lever et d’approcher de lui. Aborder un sujet qui la mettait en confiance était une bonne idée après tout – il n’y a que comme ça qu’il parviendrait à l’apprivoiser. Il ne se retourna pas vers la jeune femme pour autant, afin de la laisser prendre possession de l’espace, de continuer d’approcher, de se mouvoir dans son horrible prison sans la pression imposée par la présence d’un monstre. La jeune femme trouva assez de force en elle pour conter ce qui lui était arrivé ces dernières semaines, ou du moins ce dont elle se souvenait malgré sa mémoire défaillante. Bon Dieu, que leur avait-on fait ? Sa respiration accéléra tandis que la colère grandissait à nouveau en son cœur. C’était une bonne chose que Fenrir tourne le dos à Eleanor – la fureur se lisait sur les traits de son visage, et personne n’aimait voir Greyback en colère. Ce ne fut que lorsqu’elle l’aborda à nouveau qu’il consentit à se détendre et se tourner vers elle avec lenteur. Son visage avait retrouvé sa froideur habituelle.

« Hmf, comme si j’allais laisser quelqu’un qui a une dette envers moi disparaître ! » railla-t-il en croisant à nouveau les bras sur sa poitrine. Il la toisa de toute sa hauteur, ce petit être qui représentait la plus belle dette qu’on n’ait jamais eue à son égard. Le pisteur enchaîna : « Retrouver les gens, c’est mon travail. Tu m’as donné du fil à retordre, mais je t’aurais retrouvée n’importe où, quoi qu’il arrive. » Mais devait-il dire toute la vérité ? Fenrir devait-il se montrer faible devant elle, en avouant qu’il était désormais le chien de garde des Ouroboros ? Pas qu’il n’ait pas l’habitude, après tout Fenrir avait passé sa vie à travailler pour d’autres. Mais devant elle … L’idée de paraître faible aux yeux d’Elea était insupportable. Il voulait qu’elle le craigne, l’admire, le désire, comme lui la craignait, l’admirait et la désirait. « J’ai fait ce que j’avais à faire pour avoir le droit de te voir régulièrement, tu n’as pas besoin d’en savoir plus pour l’instant. » Fenrir fit un pas dans sa direction, puis un autre. Il avait peur qu’elle ne le fuie à nouveau, et espérait qu’elle comprenne qu’il ne lui ferait jamais volontairement de mal. Eleanor était un trésor à ses yeux, plus précieuse que n’importe quoi d’autre en ce monde. L’idée de la blesser lui était insupportable. Lentement, il leva sa main pour caresser sa joue et effleura ses superbes lèvres de son pouce, presque imperceptiblement. Ce simple contact suffit à l’enflammer, aussi laissa-t-il retomber sa main pour se concentrer sur l’essentiel.

« Toi et moi, on a aujourd’hui plus en commun que tu ne le penses. J’ai un jour été à ta place. C’était il y a longtemps, dans d’autres circonstances, mais j’ai aussi été la victime. Mon père m’attachait dans la cave et me donnait des coups de poings et des coups de pieds pendant que je me transformais. J’avais … Sept ou huit ans. Je sais ce que tu ressens, ce que tu vis. Je sais à quel point tu souffres. Alors, si jamais tu ressens le besoin de te confier … » Fenrir posa ses prunelles azur sur l’une des mains d’Eleanor. Son rythme cardiaque accéléra et ses joues prirent une teinte rosée – brièvement – alors qu’il l’effleurait d’un doigt en un geste affectueux, plus tendre que sensuel. Se confier lui avait fait un bien fou, alors qu’il était censé la faire parler elle. Mais peut-être qu’en le connaissant un peu plus, elle l’accepterait plus facilement et baisserait la garde. « Il y aura toujours des injustices commises contre les minorités, comme les elfes de maison, les lycanthropes ou les Mutes. Il n’y a pas de gentils et de méchants : ils veulent tous se débarrasser de ce qui les dérange ou leur fait peur. » Sinon, comment expliquer que tous aient laissé leur précieuse Elea dans les mains dans du Ministère et son camp de concentration déguisé en île paradisiaque, puis des Ouroboros ? Tant qu’ils ne savaient pas de quoi il s’agissait, ils préféraient la laisser pourrir là, parce que c’était moins de problèmes à gérer. Oh certes ils ne les connaissaient pas, les Glenmore et autres bons samaritains des quartiers plus aisés de Londres, mais Fenrir ne pouvait concevoir qu’ils laissent leur fille moisir dans ce trou à rat. Jamais il ne laisserait l’une de ses filles dans les mains de qui que ce soit – et pourtant, aucune de ses filles n’était de sa chair et de son sang. Non, les sorciers lambdas le dépassaient vraiment, et Fenrir ne les détestait que plus ardemment. « Ils regretteront de s’être attaqués à toi. Un jour, je t’emmènerai loin d’ici et ferai payer tous ceux qui t’ont fait du mal. » L’un de ses doigts se referma autour d’un des siens. Fenrir pria pour qu’elle ne le repousse pas. « Il y a six ans, tu n’es pas la seule à t’être engagée dans cette histoire – moi aussi, et je te dois loyauté et protection. Mais tu dois me faire confiance. » souffla-t-il d’une voix rauque. C’était son rôle en tant que mâle loup, mais aussi d’homme, de faire tout ce qui était de son ressort pour la protéger et la sortir de là. Son regard plongea dans le sien. Elle était si près de lui, et si loin à la fois !

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Patronus : Autrefois une chouette effraie au plumage éclatant, désormais des filaments d'argent terne à peine bon à éloigner un détraqueur.
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MessageSujet: Re: sorry i couldn't protect you (elea)   Mar 13 Juin - 22:11




sorry i couldn't protect you

S’il existait bien un comportement que la jeune sorcière n’avait jamais apprécié, c’était celui de se dérober aux questions, de les laisser en suspend ou, pire, sans réponse aucune. C’était ainsi depuis qu’elle était enfant et s’interrogeait sur les mystères du monde qui l’entourait : si elle n’obtenait pas une explication, une énorme frustration l’inondait et elle tapait du pied, exigeait et récidivait, inlassablement. Son esprit analytique refusait les pirouettes et autres tactiques et, une fois envoyée à Poudlard, il fut évident qu’elle avait été répartie dans la bonne maison chez les Bleu et Argent. Or, face à elle, Fenrir Greyback semblait maître en la matière. Ce qui la troubla davantage fut le fait qu’il n’essaya pas même de masquer ses desseins, il avoua lui-même ne pas vouloir lui répondre, que cela ne la regardait pas – du moins, pas pour l’instant. Avec une sensation familière, l’insatisfaction s’insinua sous ses veines et Eleanor ouvrit la bouche pour répliquer qu’elle avait, au contraire, tous les droits d’être mise au courant puisque cela la concernait plus que quiconque. Mais les mots moururent dans sa gorge, étouffés, quand elle s’aperçut de la proximité du loup. Doucement, il avait réduit le gouffre physique entre elle et lui et, quand il brisa les dernières barrières en effleurant sa peau, ses lèvres, elle n’imposa aucune résistance. Ne bougea pas. Parfaite incarnation d’une statue de marbre, sa respiration s’étant néanmoins si parfaitement accélérée qu’elle en devenait presque honteusement perçante, la sorcière ne broncha pas. Ses yeux papillonnèrent, glissèrent sur le visage qui l’observait d’une intensité nouvelle, photographièrent chaque contour, chaque teinte, chaque ombre, notèrent le voile sombre et lascif qui passa dans les yeux azur. Le contact ne dura qu’un infime instant, si bref qu’elle se demanda ensuite s’il avait été réel ou un fruit de son imagination. D’un geste las, le bras du loup retomba le long de son corps. Une demi-seconde plus tard, Eleanor éprouva le froid plus intensément encore ; là où il l’avait si brièvement touchée, une empreinte tiède et persistante.

Quelques minutes plus tôt, la prisonnière s’était abandonnée aux confidences et, pourtant, elle n’avait pas prévu de laisser ses maux quitter les plaies et se muer en syllabes. Tout s’était articulé naturellement, les palabres avaient franchi la barrière de ses lèvres, se contentant de suggérer les sévices, d’en sous-entendre la réalité. Rien, par contre, ne l’avait préparée au récit du loup, à une souffrance lointaine et qu’elle devinait, dissimulée, loin derrière les pupilles sombres. Elle imagina l'enfant, le pauvre enfant, enfermée dans une cave obscure, les suppliques et les cris déformant ses traits ; peu à peu, dans son esprit, ceux-ci s'étiraient, s'allongeaient et formaient le visage qu'elle avait désormais en face d'elle. Au fond, cela faisait sens, cette obsession fiévreuse pour les enfants. Peut-être tentait-il désespérément, et vainement, de réparer le mal qui lui avait été causé autrefois. C'était maladroit – et ce mot était faible, ô si faible – bestial et féroce, mais l'esprit des Hommes était tortueux et évoluait en mystère. Sinon, comment expliquer qu'au nom du Plus Grand Bien, l'on provoque aujourd'hui le Plus Grand Mal ? Ses pensées en étaient là, décousues et désabusées, quand elle s'aperçut de la caresse aérienne sur le dos de sa main. En un geste inconscient, elle porta l'autre à ses lèvres, effleura l'endroit qu'il avait fait sien un peu plus tôt, et qu'elle lui réserverait désormais ; rien qu'à lui. « Ils regretteront de s’être attaqués à toi. Un jour, je t’emmènerai loin d’ici et ferai payer tous ceux qui t’ont fait du mal, » promit-il, et sa voix, ferme, lui parut lointaine, à elle qui s'appliquait à enregistrer le rythme lent de ses doigts sur sa peau. Mais si l'intonation lui parvint d'ailleurs, les mots, eux, la fouettèrent si pleinement qu'elle en retint sa respiration un instant. Pourquoi lui parlait-il de loyauté, protection et confiance, alors qu'il venait d'avouer qu'il la laisserait dépérir, plus longtemps, entre ces quatre murs ?

Elle recula, incisa l'étreinte de leurs doigts, un peu plus sèchement qu'elle ne l'aurait souhaité. Ses bras retombèrent mollement contre son corps sale. « Un jour ? » répéta-t-elle, médusée. Fenrir ne l'emmenait nullement avec lui aujourd'hui, ses plans n'étaient pas ceux qu'elle avait imaginés. Cette nuit encore, elle fermerait les yeux sur une pièce glacée, noire comme un ciel sans lune, funeste. Elle serait seule, tremblante, abandonnée à elle-même, ou plutôt aux mains de ses bourreaux qui, alors, auraient tout le loisir de jouer à nouveau avec elle. Fougueusement, elle hocha la tête, comme pour y déloger les pensées polluées qui s'infiltraient déjà partout dans ses veines. Son imagination était un poison qui pénétrait chacune de ses cellules. Le sel humide perlant déjà sur ses longs cils, Eleanor ferma les paupières pour retenir les larmes qui menaçaient de s'écouler. « Nous ne partons pas. » Ce n'était pas une question, une simple affirmation, comme elle aurait énoncé que le ciel était bleu et non vert. Quand elle rouvrit les yeux, ceux-ci butèrent contre la pierre grise des murs et s'y accrocha, vide et désespéré. Une crise d'hystérie la guettait peut-être, elle en sentait les symptômes sous sa peau. « Alors, je suis condamnée, » lâcha-t-elle sans l'ombre d'un sourcillement. Une promesse macabre. « Si je reste, ils me briseront. Ils ne me tueront pas, non. Mais ils tueront mon esprit, petit bout par petit bout, souvenir par souvenir. Ils retireront tout ce que j'aime, tout ce que je déteste, tout ce qui fait que je suis moi. Jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien de l'Eleanor que vous connaissez. » De l'Eleanor qu'il aimait. Parce qu'elle le savait. A sa façon inadaptée et inconsidérée, il l'aimait ; elle l'avait lu dans ses gestes et dans le bleu de ses yeux.
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MessageSujet: Re: sorry i couldn't protect you (elea)   Mer 14 Juin - 0:14

SORRY I COULDN'T PROTECT YOU
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Fenrir sursauta quand Eleanor retira vivement sa main de la sienne et s’éloigna de lui. Décidément, c’était plus douloureux qu’il ne l’aurait cru d’être rejeté d’elle quand tout ce qu’il voulait, c’était l’enlacer, et l’entendre rire, se perdre dans son regard des heures durant et lui faire l’amour jusqu’à plus de souffle. Il serra les poings de toutes ses forces pour garder son calme, calme qu’elle mettait rudement à l’épreuve. Eleanor avait une tendance terrible à le faire sortir de ses gonds, en bien comme en mal. En réalité, Fenrir ne se connaissait pas autant de patience. C’était un miracle. Elle était un miracle. « Arrête immédiatement. » gronda-t-il, le regard dur. Il s’approcha d’elle à nouveau, l’obligeant à reculer jusqu’au mur – pas loin derrière, vu l’étroitesse de la cellule, et la bloqua là, à la merci des mots qu’il s’apprêtait à proférer sans les mâcher. « Si tu parles comme ça, c’est qu’ils ont déjà gagné. La femme que j’ai choisie se dresse seule face à un loup-garou un soir de pleine lune pour protéger une personne qu’elle aime. Elle est belle, elle est forte, elle est invincible. » Il attrapa son menton pour l’obliger à relever la tête vers lui et le regarder, irrité qu’elle le fuie, physiquement ou du regard. Jamais il n’avait été pressant avec elle, l’ayant toujours beaucoup respectée, or cette proximité avec elle le rendait fou et il était bien plus entreprenant que d’habitude. Mais Eleanor était au bord des larmes et semblait plus fragile que jamais, alors puisque lui apporter de la douceur ne semblait pas fonctionner, c’était un coup de pied au cul qu’il allait lui mettre. Qu’elle reprenne confiance, courage, qu’elle n’abandonne pas. Pas maintenant. Pas alors qu’il avait trouvé un moyen de la libérer de l’emprise du Ministère et des Ouroboros. « Je t’interdis de baisser les bras, tu m’entends ?! Tu as le droit d’avoir peur, mais pas d’abandonner le combat. Jamais ! » Fenrir criait presque, animé par une rage qu’il n’arrivait plus à contenir. Pas tant qu’elle l’agace, mais il était terrifié. Terrifié qu’ils arrivent effectivement à la briser, et que son charmant petit trésor ne soit plus que l’ombre de lui-même, pas même capable d’aimer encore ce qu’elle avait de plus cher au monde : son petit frère. Qu’elle n’arrive plus à trouver goût à la vie, ne s’intéresse pas même à la mort, et qu’ils aient encore gagné. Mais Eleanor n’était pas tout le monde. C’était une guerrière, une reine – cette épreuve n’en ferait qu’une meilleure chef de meute.

« Accroche-toi à ce que tu as de plus précieux. A l’amour et à la colère, à l’espoir et à la vengeance. Ils peuvent ébranler tes souvenirs, mais ça, ils ne pourront jamais te l’enlever. Tu pourras oublier, mais ton cœur ne te trahira jamais. Ce que tu ressens, là, c’est ce qui fait de toi ce que tu es. C’est comme ça qu’on survit. » continua-t-il de sa voix rauque des mauvais jours, en posant la main sur ce cœur qui battait trop vite. Lentement, le loup se pencha vers elle. Il attrapa son visage rond dans ses mains, et déposa ses lèvres sur sa joue. « Accroche-toi à ça. Aux sensations dont tu te souviendras toujours. Quand tu voudras abandonner, rappelle-toi mes lèvres sur ta peau, accroche-toi à cette réalité – je serai toujours ici avec toi. » Ses lèvres continuèrent leur périple sur l’arrête de sa mâchoire, remontèrent derrière son oreille, pour se poser ensuite dans son cou. Sa respiration se fit haletante et irrégulière, tandis que le désir augmentait en flèche. Ses bras se refermèrent sur son corps frêle qu’il écrasa contre le sien en une étreinte arrogante et possessive, mais aussi protectrice. Et puis, ce fut son front qu’il baisa avec tendresse, de façon plus paternelle. « Je veux que tu me promettes que tu ne baisseras pas les bras. Je veux l’entendre de ta bouche. » Avant de partir. Parce qu’ils n’avaient plus beaucoup de temps, et que bientôt Fenrir devrait l’abandonner à son sort, seule ici. Il aurait donné n’importe quoi pour l’emmener avec lui, s’il avait pu. Sauf que les choses n’étaient pas si simples, et que Bellatrix n’avait aucun intérêt à laisser Eleanor partir avec lui si elle pouvait se servir de Greyback pour faire le sale boulot. Evidemment. Mais il savait aussi que Bellatrix pouvait être étonnamment intelligente, pertinente aussi, voire surprenante. Cette femme avait su gagner son respect dès le début, contrairement à bien des Sang-Pur qu’il détestait de manière générale. « Et surtout, par pitié, arrête de me vouvoyer. Je me sens vieux. » ajouta-t-il sur une note plus légère, en priant pour qu’elle se détende ne serait-ce qu’un peu. Il y avait peu de chances que ça marche bien sûr, l’heure était grave et pas aux plaisanteries. Mais ça non plus, son humour, elle ne devait pas le perdre si elle voulait survivre. « Je ne peux pas t’emmener maintenant, mais ce jour arrivera le plus vite possible. Tu as ma parole. Tu es tout ce dont … Je … Je ne les laisserai pas te briser. D’accord ? Je t’en prie, arrête de me repousser. » murmura-t-il en posant son front contre le sien.


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MessageSujet: Re: sorry i couldn't protect you (elea)   Jeu 15 Juin - 19:41




sorry i couldn't protect you

Les mots étaient durs, tranchants, dans l’atmosphère pesante de la petite cellule, ils résonnèrent longtemps contre les pierres grises, éclatèrent dans l’esprit émoussé de la jeune sorcière, provoquèrent un sentiment qu’Eleanor ne saisit pas immédiatement. Pendant quelques secondes, elle demeura apathique, plaquée entre la flamme de ce corps bouillonnant et la glace d’une paroi humide. Sa respiration devint erratique, elle s’appliqua à en suivre le rythme césuré, à étudier ce qui la submergeait soudainement. Son visage s’était empourpré, aux endroits mêmes où s’étaient déposés les doigts du loup, ses lèvres. Ses entrailles s’étaient nouées et, là où leurs fronts se joignaient présentement, une brûlure exquise rougeoyait. La vérité la heurta plus tard, quand elle saisit toute l'ampleur des provocations, et alors les protections hissées tout autour d'elle, autour de cet esprit que l'on cherchait à déchiffrer et déchirer, cédèrent une à une. Les plaies à vif, la colère, la souffrance, la haine, la peine, le besoin de vengeance, elle s'en était écartés en dressant des barrières, en enfermant les émotions, en les compartimentant. Sa façon à elle de survivre. Mais l'ambivalence de ses sentiments pour ce corps pressé contre le sien, la justesse et la brutalité des mots, avaient ouvert les vannes. Tout s'infiltrait désormais en elle comme un poison et déchainait une fureur démente contre ses assaillants, contre elle-même, mais surtout contre la seule personne qui était là, présente, lui promettant l'impossible. « Ne pas baisser les bras et attendre ? C'est ce que je suis censée faire ? Ne pas abandonner le combat ? » éructa-t-elle en essayant de se dérober à son étreinte. Il était beaucoup plus fort qu'elle néanmoins, Eleanor se plaqua plus fermement contre le mur. « La femme que vous avez choisie... » Le mot avait été craché, le vouvoiement utilisé pour blesser. Elle n'était alors pas une femme, mais une fille, une adolescente, naïve, insouciante, à qui l'on n'avait pas laissé le choix et qui ne savait rien des batailles qu'elle devrait livrer. « Oh, je peux encore me dresser face à un loup-garou et combattre, » asséna-t-elle, et cette fois, comme une preuve à l'appui, ses poings avaient martelés, s'abattant sur le torse à chaque syllabe pour qu'il s'écarte et la laisse respirer.

Eleanor haletait, avait l'impression d'étouffer sous les bourrasques des contradictions qui l'envahissaient. Elle n'était pas en colère contre lui, pas réellement, et s'en voulait, en un sens, de le rendre coupable de la sorte, mais elle n'était plus maîtresse de ses gestes ni de ses mots. Tout s'échappait d'elle comme une bête monstrueuse trop longuement réfrénée. Elle voulait hurler et blesser, frapper, si bien que s'il n'avait pas eu le réflexe d'immobiliser ses bras, elle l'aurait très certainement giflé sous une impulsion inconsciente. Elle le repoussa et recula brusquement, massant ses poignets comme si le contact l'avait brûlée. L'orage était passé rapidement cependant, le tonnerre avait grondé quelques secondes, les éclairs déchiré ses entrailles et l'avait, paradoxalement, calmée. Apaisée.

Quand elle s'aperçut de la distance qu'elle avait imposée entre eux, elle se sentit lasse et triste, soudainement horriblement seule. Qu'avait-elle fait ? La culpabilité imprégna chacune des cellule de son corps, tandis que ses yeux évitaient ceux de son vis-à-vis, craignant ce qu'elle pourrait y lire. Elle tenta un pas dans sa direction, s'arrêta, mal assurée – après tout, il s'agissait bien de Fenrir Greyback, celui dont on utilisait le nom et la réputation pour effrayer et elle l'avait sciemment provoqué, même cogné. Elle déglutit, avança doucement vers lui en hochant la tête et soulevant les bras, comme l'aurait fait un ennemi en reddition. « Je suis désolée. Tellement désolée, » souffla-t-elle en le rejoignant, et son corps pressé contre le sien fut une sensation familière et bienvenue. Partout où ses coups avaient frappés, elle apposa ses mains – son torse, ses bras, ses paumes – et bientôt ils partirent en reconnaissance sur son visage. Sa peau était tiède et douce, ce qu'elle n'aurait pas imaginé, ses doigts glissèrent sur l'arête de son nez, effleurèrent le carré de sa mâchoire. Son cœur manqua un battement quand leurs yeux se rencontrèrent. Elle ne sut interpréter ce qu'elle y découvrit. « Est-ce que je t'ai blessé ? » Au vu de leur carrure respective, elle douta que la douleur pût être physique. Sûrement avait-elle provoqué plus de colère que de peine. Ainsi, elle hésita encore quelques secondes, de crainte d'être à son tour repoussée violemment, puis déposa sa tête contre son torse et huma son parfum, ferma les yeux. La proximité mettait son palpitant et sa respiration à rude épreuve, mais elle ne s'écarta pas cette fois. Au contraire. « Je n'abandonnerai pas, j'attendrai et je serai forte. J'ai confiance en toi, » lâcha-t-elle en articulant chaque mot comme si sa vie en dépendait. Parce qu'en plus de vouloir le convaincre lui, Eleanor essayait surtout de se convaincre elle-même.
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MessageSujet: Re: sorry i couldn't protect you (elea)   Mar 20 Juin - 0:04

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Eleanor fit preuve d’une agressivité insoupçonnée. Fenrir la savait courageuse, mais pas aussi brutale. Il l’avait poussée à ça – à se révolter, à exploser, à montrer l’étendue de sa colère. Pourtant, les coups qu’elle porta sur son torse eurent pour seul effet de ranimer en lui des sensations désagréables qu’il avait enfouies dans son cœur pour, l’espérait-il, le restant de ses jours. Il ferma les yeux et attendit que la tempête s’éloigne. Lui revinrent en mémoire les moments où son père mettait cette même ferveur à le cogner, dans leur cave puante et humide, alors qu’il n’était qu’un gosse avec des boucles blondes qui lui tombaient sur le front et un regard froid.

« T’es un sale monstre Fenrir, abomination de la nature ! Tu ferais mieux de baisser les yeux … Baisse les yeux, t’entends, sale con ?! Qu’est-ce que j’ai fait au bon Dieu pour avoir une saloperie pareille comme fils ? Oh non, t’es pas mon fils, c’est ta salope de mère, cette sorcière, qui t’a refilé ces gênes pourris […] » Et puis les mots paraissaient lointains, et Fenrir encaissait les coups. Dans la mâchoire, dans les côtes, et la douleur due à la transformation le submergeait en même temps. Parfois, il apercevait la silhouette de sa jeune sœur qui pleurait dans l’encadrement de la porte et fuyait quand elle se savait repérée. Jamais il ne parlait, silencieux une tombe, celle-là même dans laquelle il priait pour atterrir avant que ne vienne l’aube.

Et puis, plus rien. Le silence, le calme absolu ; à l’endroit où elle avait frappé, sa peau brûlait – pas suffisamment pour lui faire mal, mais assez pour lui rappeler les moments les plus douloureux de son existence. L’homme rouvrit lentement les yeux. Eleanor avait l’air calmée. Sans doute cet excès de rage l’avait-il défoulée, ce qui était une bonne chose. Pour elle, en tout cas. Lorsqu’elle approcha de lui, un vent de panique l’envahit et Fenrir se tendit ostensiblement. Mais, au lieu de coups, Eleanor lui offrit des caresses tant espérées, l’affection qu’il désirait d’elle ; comme le bon chien galleux en attente d’amour qu’il était. Simplement, il était trop chamboulé pour le supporter pour l’instant. Le loup ne bougea pas, se contentant de la laisser reposer contre lui sans la repousser. S’il la repoussait maintenant, jamais ils n’arriveraient à avancer. « Personne ne peut me blesser. » répondit-il plus froidement qu’il ne l’aurait voulu, trahissant ainsi son état d’esprit tourmenté, et surtout le honteux mensonge proféré. Fenrir resta un moment immobile, pétrifié par la colère et la douleur, la tristesse et la terreur, puis finit par poser la main sur la tête d’Eleanor, à travers la capuche. « Nourris cette fougue et cette rage dont tu viens de faire preuve. Mais fais ce qu’ils te demandent. Si tu coopères, ils seront plus cléments. Surtout Bellatrix Lestrange. C’est dans ton cœur que tu dois être en colère. » Un bref coup d’œil en direction de la porte lui apprit que le garde s’impatientait. Fenrir relâcha Eleanor tout en douceur pour ne pas la brusquer, un peu froidement tout de même, et s’écarta d’elle. Il tira sa baguette du passant de sa ceinture, dans son dos et souffla en désignant la pièce : « Tergeo. » Aussitôt, la poussière de la pièce disparut, tout comme les tâches de moisissure et d’humidité qui parsemaient les murs, le sol et le simili-matelas. Ce n’était pas du grand luxe, c’était à peine plus propre. Fenrir se tourna ensuite vers Eleanor vers qui il pointa sa baguette, et murmura : « Si tu as confiance en moi, n’aie pas peur. Tergeo. »  Cette fois, ce fut Eleanor qui vit son hygiène s’améliorer considérablement. Ses cheveux retrouvèrent un peu de souplesse, et son aspect général une certaine décence. Fenrir n’avait que peu utilisé ce sort auparavant, aussi n’était-il pas aussi radical qu’il l’avait espéré, mais il avait fait de son mieux. « Revigor. » lança-t-il, cette fois, pour lui redonner un peu d’énergie. C’était tout ce qu’il pouvait faire pour la jeune femme qu’il s’apprêtait à laisser derrière lui, dans les mains des Ouroboros. Fenrir aurait aimé en faire beaucoup plus, bien sûr. L’emmener avec lui loin d’ici. « Orchideus. » Un sourire fugace se dessina sur ses lèvres lorsqu’une orchidée apparut au bout de sa baguette. La pauvre fleur était vouée à mourir vite ici – sans doute ne passerait-elle pas même la nuit, mais il espérait qu’elle y voit l’acte romantique d’un idiot qui n’y comprenait rien aux femmes. Il lui tendit la fleur et rangea sa baguette, qu’il cacha sous son pull noir. Planté à bonne distance d'elle, Fenrir dansa d'un pied à l'autre, pas du tout impatient de dire ce qu'il s'apprêtait à formuler. Ils avaient eu plus du temps qu'il ne l'aurait cru, et il était dangereux de jouer avec la générosité de Bella. « Il faut que j’y aille. Garde la cape, elle te tiendra chaud la nuit. Je reviendrai le plus vite possible. » Mais quand ? Il n’en savait rien lui-même. Fenrir ferait son possible pour avoir droit de la voir bientôt, avant qu’elle ne craque.

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