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 when we're becoming something else (liabel)

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Enrôlé(e) depuis le : 02/06/2017
Camp : Compliants - le camp du ministère
Age du Personnage : 28 yo
Baguette : Bois de hêtre, écaille de dragon, vingt cinq centimètres, parfaite pour la défense.
Patronus : Un loup. L'ironie de la chose ne lui a pas échappé.
Epouvantard : Son père qui le fixe d'un air narquois, qui se penche et lui murmure qu'il est un monstre, comme Fenrir.

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MessageSujet: when we're becoming something else (liabel)   Dim 18 Juin - 18:09




it's funny how reflexions change when we're becoming something else

Isobel & Liam


 
Chez les Aurors, il y a une procédure. Un protocole que tout Auror se doit de suivre, à la fois pour sa propre sécurité, et pour celle des autres. La procédure en elle-même est très simple : s'en tenir à la mission en cours, et ne jamais partir appréhender une menace tout seul. Deux règles primordiales, et très simples. Deux règles, néanmoins, que Liam Greyback a décidé de ne pas suivre.

C'est un bon Auror, il le sait. Il a toujours bien fait son travail, malgré un côté un peu tête brûlée, voir désobéissant. Alors, forcément, lorsqu'il a appris qu'un mangemort en liberté se promenait dans le quartier, Liam ne pouvait pas passer à côté. Même si ce n'est pas sa mission. Même s'il est tout seul. Il a simplement attrapé sa baguette, et a transplané, là comme ça. Et, à vrai dire, tout aurait pu très bien se passer. Pour lui le plan était simple : arriver, appréhender le mangemort, le ramener au Ministère, et voilà. Peut-être que comme ça, le Chef de sa brigade serait enfin convaincu qu'il ne pouvait pas le laisser gâcher ses talents dans une quête sans fin, qu'il valait mieux que ça. Liam était déjà suffisamment frustré de ne pas pouvoir arrêter Fenrir, plus l'affaire Yaxley où il pataugeait et qui l'agaçait incroyablement. Alors, il avait au moins besoin de ça. Juste, ce mangemort à arrêter. Oui, le plan était simple. Pourtant, il se retrouve là, dans une ruelle mal éclairée, à grimacer de douleur en essayant de se relever. Il sait qu'il a fait une erreur. Quelque chose est allé de travers.

Il est arrivé, comme son plan l'avait prévu, assez discrètement pour constater que son indic avait raison. C'était un aspirant mangemort qui se trouvait là, un type nommé Hudson. Il n'avait jamais porté la marque, mais il y avait suffisamment de témoignages qui évoquaient ses liens avec les autre terroristes. Fournisseur de potions, d'objets magiques, et occasionnellement, il faisait le sale boulot. Tortures en pagailles, mais jamais de meurtre. Bref, un type que Liam serait heureux d'arrêter personnellement. Il tournait en rond, dans le fond de cette ruelle, comme s'il attendait quelqu'un, entre une boutique de meubles vieillots et un mur en brique. Liam avait souri et fait quelques pas vers lui, baguette au clair. « Hudson ! Pose ta baguette » avait-il ordonné en se montrant. Lorsque le dénommé s'était retourné pour se retrouver face à un Auror, il avait bien sûr essayé d'attaquer. Mais Liam était plus rapide, et un charme du bouclier se dressa entre eux, avant que l'Auror ne le désarme. Hudson, ainsi privé de sa baguette, avait craché aux pieds de Liam, avant de tenter de reculer. Liam avait confiance en lui. Hudson était pris au piège, c'était un cul de sac, son dos était contre le mur. C'était du gâteau, très facile, voir trop facile. Et l'erreur était là. Il aurait mieux fait d'être sur ses gardes. Hudson était incapable de bouger, certes, mais Liam n'avait pas prévu qu'il ne serait pas seul. Et lorsqu'il prit l'endoloris par derrière, Liam comprit son erreur.
Ce n'était malheureusement pas la première fois que cela lui arrivait, et pourtant, la douleur était toujours aussi insoutenable. Le jeune homme tomba a genoux, les yeux clos, incapable de bouger. Cela ne dura pas si longtemps que ça. Quelques minutes, tout au plus. Liam resta silencieux, incapable même de hurler, tant sa gorge le faisait autant souffrir que le reste de son corps. L'autre sorcier ne leva le sortilège que lorsqu'il fut arrivé auprès d'Hudson et qu'il lui eut rendu sa baguette. Mais même une fois le sort levé, les muscles de Liam restaient tendus et la sensation de douleur persistait. Il inspira une fois, deux fois, tandis qu'une voix d'homme le menaçait de recommencer. Bien sûr. Il se souvenait du dossier Hudson. La plupart du temps, il était avec un autre aspirant mangemort qui était considéré comme « menace mineure ». Benjamin. Benjamin et Hudson, oui, il aurait du se douter qu'il serait là aussi.
Mais Liam était plus fort que ça. Tout son corps continuait de trembler, mais il se releva, prêt à faire face aux deux sorciers. Heureusement qu'ils étaient seuls, pensait Liam, car la bataille qui suivit aurait pu faire de nombreux dégâts. Nombre de sorts furent échangés, et Liam parvint à blesser Hudson. L'ennui, c'est qu'il était seul, face à deux sorciers qui étaient prêts à tout. Alors qu'il tentait d'entraver de nouveau Hudson, Benjamin lança un sort qui toucha Liam en plein torse et le projeta en arrière, droit dans une vitrine. Liam traversa la devanture de la boutique, et perdit probablement connaissance.

Lorsqu'il ouvre les yeux de nouveau, il est tout seul, et le silence règne dans cette ruelle mal éclairée. En grimaçant, il tente de se relever, mais une douleur le plaque au sol immédiatement. Inspirer, expirer. Il ferme les yeux, et se force à se calmer. Hudson et Benjamin ont du partir, sinon, il les entendrait encore. Bien. Première chose, déterminer quelles sont les blessures. Au vu de la douleur, Liam sait qu'il doit avoir une ou deux côtes brisées. Il doit également avoir plusieurs coupures, puisqu'il est passé à travers une vitre. Et puis, il ressent encore les effets de l'endoloris. Liam serre les dents, et cette fois-ci, se force à se relever. Un léger gémissement de douleur lui échappe. Oui, d'accord, définitivement des côtes cassées. Il chancelle légèrement et enjambe les débris de verre. Il avait raison, les deux mangemorts sont partis. « Imbécile » murmure-t-il pour lui même. Il a vraiment échoué, et à tous les niveaux. Il sait qu'il ne pourra pas aller à Ste Mangouste, pas après ça. Il n'était même pas supposé être là ! Il soupire rageusement, et écarte du pied un morceau de verre. Debout mais vaguement en train de tanguer, Liam pointe sa baguette vers la vitrine brisée et d'un simple réparo, lui rend son apparence d'origine. Une colère sourde commence à monter, à faire battre son sang contre ses tempes. Cette colère est dirigée contre lui-même. Il sait que cet echec, il l'a cherché. Quelle idée de venir tout seul, sans rien dire à personne, sans demander de renforts ? Dans sa hâte de montrer qu'il peut bien faire, alors même qu'on ne lui a rien demandé, il a risqué sa vie. Et ce n'est pas la première fois. Par contre, si son chef l'apprend, ce sera la dernière fois, car il deviendra un ex-Auror.
Mais il n'arrête pas de trembler, à croire que l'attaque de Benjamin lui a fait plus de mal qu'il le croyait, à tel point qu'après quelques pas, ses jambes ont presque du mal à le supporter, et qu'il est obligé de s'appuyer contre un mur. Il sent qu'il glisse vers le sol. Okay, quelques minutes de repos, et après je rentre, okay ça peut le faire, se dit-il. D'un geste de la main, il essuie le sang qui coulait de sa joue et ferme les yeux. Il sait qu'il ne devrait pas rester là, comme ça, déjà parce qu'il a l'air de rien, mais en plus, parce qu'il risque d'être une cible facile. Rien ne garantit qu'Hudson et Benjamin ne reviendront pas. Mais il a beau se le répéter, ses jambes ne veulent plus faire d'efforts.

Il ne sait pas exactement combien de temps s'écoule. Peut-être dix minutes, peut-être plus. Mais il entend des pas. Ils ne sont pas si loin de lui, et son instinct lui murmure qu'il devrait vraiment se lever, se préparer au pire. Serrant un peu plus la main sur sa baguette, il se force à se redresser un peu, à se relever, mais tout en restant contre le mur. Liam ouvre les yeux, et il l'aperçoit. Il voit sa silhouette qui cesse de marcher, ses cheveux, il peut presque deviner la forme de son visage. Sa mâchoire se serre immédiatement, et il soupire. Pourvu qu'elle ne m'aie pas vu, pourvu qu'elle ne vienne pas ici, prie-t-il silencieusement à Merlin.
Non, Liam, à demi effondré contre un mur, blessé et furieux contre lui-même, n'a aucune envie de voir Miss Isobel Yaxley.

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Epouvantard : Le corps sans vie de Lucifer ; son aîné la laissant seule, terriblement seule
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⊹ Potionniste de génie elle s'est démarquée très tôt par sa maîtrise de cette matière et sa connaissance des ingrédients

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MessageSujet: Re: when we're becoming something else (liabel)   Dim 18 Juin - 21:39

when we're becoming something else
Liam
feat.
Isobel


 

 



 

 

Δ No pain, no gain

Dès l'instant où la porte de l'apothicairerie se referma derrière le dernier client de la journée, un grand sorcier portant une barbe particulièrement fournie, le sourire aimable d'Isobel disparu. Tout en tournant doucement la tête pour étirer sa nuque, la sorcière laissa la lassitude prendre place sur ses traits. Depuis les premières heures de la matinée les clients s'étaient bousculés dans la boutique et la sorcière n'avait pas eu un seul instant à elle, ou à consacrer à ses potions. Il lui avait fallu trouver des remèdes à bien des symptômes, conseiller des mélanges, préparer des échantillons en urgence et surtout expliquer à un nombre incalculable de sorciers que, non, il n'existait à ce jour pas de potion permettant de repousser la maladie des Mutes. Isobel comprenait l'inquiétude de ses clients, mais ça finissait par friser le ridicule, il était grand temps que le Ministère fasse une nouvelle annonce pour expliquer où ils en étaient sur la question des Mutes et rassurer la population. Mais l'apothicaire se doutait que ce n'était pas une priorité pour leur gouvernement, peut-être même que tenir les sorciers dans l'ignorance était un choix. En attendant, ça laissait tout loisir à la peur et à la méfiance de s'installer, et bientôt la panique gagnerait toute la population. Il serait alors trop tard. Isobel secoua la tête, chassant ces pensées de son esprit, elle avait déjà bien assez à faire avec ses propres problèmes, elle n'avait aucune intention de se laisser atteindre par ceux de son gouvernement. Pour le moment elle ne connaissait personne d'atteint par ce mystérieux mal et elle préférait prendre les choses comme elles venaient. Pour elle ce n'était pas de l'égoïsme de sa part, mais plus une forme d'auto-préservation, elle ne pouvait pas se permettre de se perdre dans les problèmes des autres. Pas alors que le Ministère refusait de la lâcher et qu'elle savait que Liam Greyback trainait toujours dans les environs de sa boutique dans l'espoir de démasquer des mangemorts. Pas alors que la mort de ses parents était toujours impunie et que son nom figurait toujours dans les registres du Ministère. Pas alors qu'elle avait l'impression que tout se fissurait autour d'elle sans qu'elle ne puisse faire le moindre geste pour éviter la catastrophe.

Avec un soupir, Isobel ferma à clé la porte de la boutique d'un mouvement de baguette. D'un sort, elle entreprit de remettre de l'ordre dans la pièce et de verrouiller la caisse pour que seuls elle et son supérieur y ait accès. Pendant que la boutique retrouvait son aspect immaculé, elle jeta un regard déçu aux énormes chaudrons qui reposaient, désespérément vides, dans l'arrière-boutique. Aujourd'hui avait été une de ces journées où elle n'avait pas trouvé la moindre minute pour se pencher sur la confection d'une potion et ça lui laissait un arrière-gout amer dans la bouche. Elle aimait son travail à l'apothicairerie, mais ce qu'elle préférait c'était faire des potions, mélanger les ingrédients avec soin et obtenir le résultat le plus parfait possible. Ça avait même été une condition importante lors de son embauche. Malheureusement malgré tous ses efforts ce n'était pas une activité qu'elle pouvait exercer en  continue, il lui fallait aussi s'occuper des clients et des fournisseurs divers. Elle aimait discuter avec ses fournisseurs des nouvelles plantes et ingrédients qu'ils lui ramenaient mais gérer la clientèle était une activité tout à fait différente pour elle. Isobel n'avait jamais été particulièrement douée avec les autres, elle était trop distante, trop froide, mais pour travailler à l'apothicairerie, elle avait dû prendre sur elle et apprendre à s'ouvrir aux autres. Ou du moins à faire semblant. Et si certains clients lui étaient franchement imbuvables, elle devait bien avouer qu'elle avait été satisfaite d'apprendre à connaitre certains sorciers qui avaient franchis le seuil de la boutique. Mais bien sûr, jamais elle ne l'avouerait. Après tout son amour premier était les potions, les autres venaient bien après. Habituellement elle parvenait à fractionner son temps pour pouvoir mettre quelques mélanges à bouillir ou se pencher sur l'invention d'une nouvelle potion, mais ça n'avait pas été le cas aujourd'hui. Avec une moue déçue, elle détourna le regard, se promettant que le lendemain elle pourrait consacrer du temps à sa passion. D'un geste, Isobel rassembla ses affaires et après avoir rangé sa baguette dans sa poche elle tourna sur elle-même et disparut dans un léger 'plop'.

L'instant d'après elle réapparaissait dans une ruelle isolée des environs de Grimmauld Street, non loin de la demeure familiale. Les sortilèges qui protégeaient la maison de sa famille lui interdisaient de transplaner plus près, mais elle avait cessé de s'en formaliser depuis longtemps, elle n'était qu'à quelques pas du manoir et l'air qui se rafraichissait lui ferait le plus grand bien. Tout en remettant ses cheveux en ordre, Isobel s'assura que la rue était déserte avant de sortir le plus naturellement possible de la ruelle. Elle se sentait fatiguée et elle n'avait qu'une envie, pouvoir se poser dans un fauteuil de son salon pour se reposer. Malgré la mort de ses parents, elle avait choisi de continuer à vivre au sein de leur demeure londonienne. L'endroit était rempli de souvenirs auxquels il lui était parfois encore difficile de faire face, mais elle ne se sentait pas prête à abandonner la maison qui l'avait vu grandir. Elle voulait s'y raccrocher, encore un peu, même si elle était consciente que cela n'allait pas restaurer sa famille. Alors que chaque nouveau pas l'approchait de son but, un bruit provenant d'une ruelle adjacente l'arrêté. Du coin de l’œil, elle eut l'impression de saisir un mouvement, de distinguer une forme qui n'aurait pas dû se trouver là. Elle hésita un instant, mais se décida en songeant que si quelqu'un rodait près de chez elle, elle devait faire quelque chose. Sa baguette à la main elle avança prudemment dans la ruelle sombre. Ses sens ne l'avaient pas trompés, elle ne tarda pas à distinguer une silhouette humaine adossée contre le mur à quelques pas de là. Encore un pas et la lumière qui filtrait à travers les bâtiments permis à la sorcière de distinguer les traits du visage de l'inconnu. Elle se stoppa de nouveau. « Greyback ? » Souffla-t-elle d'une voix incertaine. Par Merlin, pourquoi lui ? Pourquoi ça tombait sur elle ? Isobel hésita, depuis leur dernière entrevue dans la boutique elle n'avait pas revu l'auror et elle considérait que c'était très bien ainsi. Elle avait envie de faire demi-tour et d'ignorer sa présence dans les alentours de sa demeure mais quelque chose dans l'attitude du sorcier la poussa à rester. Elle l'observa un instant, réalisant peu à peu que quelque chose clochait. « Qu'est-ce que... » L'auror n'était pas simplement adossé au mur derrière lui, il y était plutôt affalé, comme s'il lui fallait le contact de la brique pour pouvoir tenir debout. Son visage était à moitié dans l'ombre mais la sorcière pouvait deviner la colère qu'il semblait exprimer et surtout elle pouvait distinguer les tâches sombre qui le maculait. Du sang. Non, décidément quelque chose clochait. Vu l'endroit sombre et reculé, Isobel devinait que l'auror s'était trouvé dans une situation fâcheuse, et qu'il s'en était sorti de justesse. Tout en sachant que c'était une précaution futile, elle lança un coup d’œil autour d'elle pour s'assurer que personne ne surgirait derrière elle. Elle soupira, elle n'avait aucune envie de faire face à l'auror, et elle l'aurait volontiers laissé se débrouiller seul, mais il paraissait vraiment en piteux état. Nul doute que si le Ministère apprenait qu'un de ses aurors s'était fait passé à tabac à deux pas du manoir Yaxley, il ne tarderait pas à venir frapper à sa porte. Comme si elle n'avait pas assez de problèmes comme ça en ce moment. Pendant un instant Isobel se demanda ce qui risquait de lui apporter le plus de problèmes : le Ministère s'il apprenait la présence de Greyback non loin de chez elle ou Greyback lui-même si elle décidait finalement de lui venir en aide. Elle pinça les lèvres, elle était coincée. Sans grand enthousiasme, elle se résigna et décida de laisser sa conscience gagner. « Par Merlin, qu'est-ce qu'il vous est arrivé ? Vous êtes blessés. » Lança-t-elle en avançant de nouveau. Tout en baissant sa baguette elle s'efforça d'ignorer que Greyback tenait toujours la sienne dans sa main et qu'elle n'avait rien à sa disposition pour le soigner. Enfin, déjà allait-il falloir qu'il accepte de la laisser approcher. Vu leurs rencontres précédentes, Isobel savait que rien n'était si sûr.
© Gasmask


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MessageSujet: Re: when we're becoming something else (liabel)   Lun 19 Juin - 11:11




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Isobel & Liam


 
Lorsqu'elle approche en baissant sa baguette – ce que Liam remarque et interprète comme une volonté de ne pas se montrer menaçante – Liam ne cherche même pas à retenir son soupir. La situation l'agace clairement. De toutes les personnes qui auraient pu le croiser, il faut que soit Isobel Yaxley. Non, vraiment, il aurait voulu mieux.

Ils se sont vus un peu moins d'une semaine auparavant, et Liam a fait son possible pour ne plus croiser la jeune femme après. Leur dernière entrevue lui laisse encore un goût amer dans la bouche. Quand il regarde ses longs cheveux noirs et ses lèvres pincées, ce sont ses derniers mots qui lui reviennent en mémoire. Ceux qu'elle lui crache avec mépris, ceux où elle lui rappelle que son frère est un monstre... Liam se mord légèrement la lèvre en y repensant. Et le goût du sang qui envahit sa bouche le surprend légèrement. Il prend soudain conscience qu'il ne doit vraiment pas être beau à voir. « Par Merlin, qu'est-ce qu'il vous est arrivé ? Vous êtes blessé. » Elle approche et Liam grimace légèrement. « Non, ca va, je vais bien » mais sa voix est rauque et rien qu'à sa façon de s'appuyer contre le mur, on peut voir qu'il ment. Liam, à l'inverse d'Isobel ne lâche pas sa baguette. Non pas pour attaquer la jeune femme – encore que – mais des fois que d'autres aspirants mangemorts n'arrivent. « J'ai juste besoin de rentrer chez moi. » reprend Liam, d'une voix un peu plus faible qu'il ne l'aurait voulue. Il ignore pourquoi il s'acharne à refuser l'aide de Miss Yaxley. Juste par fierté ? Parce que ses derniers mots résonnent encore dans son esprit ? Ou juste parce qu'il croit vraiment qu'avec un peu de sommeil, il ira mieux ? Probablement un mélange de tout ça.

Avec un effort qui lui paraît insurmontable – même s'il fait son possible pour ne pas le montrer – Liam se redresse. Il reste appuyé contre le mur, mais il n'est plus complètement avachi. « Merci de votre inquiétude, Miss Yaxley. » dit-il du ton le plus froid qu'il peut produire, en dépit de la faiblesse qu'il ressent. « Mais je vais bien. Vous pouvez rentrer chez vous. » Ou faire ce que vous voulez, mais loin de moi, pense-t-il sans l'ajouter. Il préfère encore rester dans cette ruelle à se vider de son sang plutôt que de lui montrer qu'il est faible. La confiance qu'il a en la jeune femme est très très limitée.

Un bruit un peu plus loin dans la rue le fait sursauter. D'un geste sûr, bien que légèrement tremblant, il tend sa baguette, avance de quelques pas pour se placer devant Isobel. Ses réflexes d'Auror ne le quittent pas, et protéger les civils est une priorité. Qui sait s'ils ne sont pas revenus finir le boulot ? Une chose est sûre, si Liam doit tomber, il entraînera les deux criminels dans sa chute ! Sauf que, ce ne sont pas les deux types louches qui apparaissent à quelques mètres de lui, mais un chat. Un malheureux chat roux qui miaule d'un air menaçant en direction des deux sorciers. Liam baisse le bras et se passe une main dans les cheveux. Un malheureux rire sans joie lui échappe. Il est tendu, beaucoup trop tendu. « Vous devriez vraiment rentrer chez vous » confie-t-il à Isobel, en se retournant et en la regardant enfin dans les yeux. Il a perdu de son timbre froid. « Ce n'était qu'un chat, je sais, mais les rues ne sont pas sûres en ce moment. » Elle le sait probablement mais le fait qu'elle soit encore là prouve qu'elle n'accorde pas assez d'importance à sa vie, selon Liam. Il lui adresse un léger sourire, une ombre de sourire à vrai dire, qui flotte un instant sur ses lèvres, avant qu'il ne soit secoué d'une légère quinte de toux. Ah, oui, ses côtes. Il les avait presque oubliées avec l'adrénaline que la présence du chat avait fait monter. Sauf qu'elles, elles ne l'avaient pas oublié. Et ce coup-ci, il n'a plus le mur pour l'aider à se maintenir.

Deux choses le frappent simultanément. La première, c'est qu'il se tient très près de Miss Yaxley. Dans sa tentative pour la protéger d'un chat il s'en est approché, et résultat, maintenant, il est trop près d'elle à son goût. Assez prêt pour remarquer la lassitude et la fatigue qu'elle ne parvient pas à effacer de son visage. Il se demande vaguement si elle a eu une longue journée, ou si elle a des problèmes. Non pas qu'il en ait quelque chose à faire.
La seconde chose qui le frappe, c'est que la rue se met à tourner autour de lui. Bon, plus exactement, il est pris d'un vertige qui le fait chanceler. Luttant contre son corps, la gravité, et l'impression qu'il va s'effondrer, Liam prend une courte inspiration, et fait un pas en arrière. Rassuré de ne pas être tombé, il se sent déjà mieux, de s'être un peu éloigné de Miss Yaxley. Enfin, il se sent mieux moralement, pas physiquement. Physiquement, ce n'est pas la joie, mais il veut à tout prix le cacher.

Il n'y parvient pas du tout. Son visage a pâli d'un coup, et ses côtes lui font extrêmement mal. Sans même s'en rendre compte, il porte une main à son flanc, là où il est sûr que ses os se sont brisés. Le sort l'a vraiment touché de plein fouet. La moindre inspiration trop forte menace de le faire tousser, et chaque fois qu'il tousse, il a l'impression que ses os se brisent un peu plus. Mais il en a vu d'autres. Durant ces dernières années en tant qu'Auror, il a déjà eu d'autres blessures, et des pires même. « Vraiment Miss Yaxley » souffle-t-il en essayant de se montrer convaincant, puisqu'elle est encore là. « Rentrez chez vous. » Mais rien n'y fait.
Quelque part, Liam se demande s'il n'est pas maudit.

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MessageSujet: Re: when we're becoming something else (liabel)   Lun 19 Juin - 20:32

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Δ No pain, no gain

Dès qu'elle s'était aperçue que le sorcier dans la ruelle n'était autre que Liam Greyback, Isobel n'avait eu qu'une envie : faire demi-tour et oublier ce qu'elle venait de voir. Elle aurait voulu que ce soit aussi simple que ça, tourner les talons et s'éloigner sans un mot pour laisser cette scène devenir un vague souvenir qu'elle ne tarderait pas à oublier. C'était vraiment ce qu'elle aurait voulu. Elle aurait tout donné pour ne pas être témoin de cette scène. Elle n'avait pas recroisé la route de l'auror depuis leur altercation dans l'apothicairerie, et elle considérait que c'était très bien ainsi. Il y avait eu trop de colère, trop de rancune et trop de mots lancés pour blesser lors de leur dernière rencontre. Trop de sentiments négatifs qui avaient bien failli les perdre tous les deux. Ils avaient flirté dangereusement avec les limites ce jour-là et quand elle y repensait, elle restait tétanisée face à son imprudence. Elle ignorait comment l'un ou l'autre réagirait s'ils devaient de nouveau se faire face, et une part d'elle n'avait pas très envie de le savoir. Alors quand elle avait reconnu les traits du sorcier, son instinct lui avait intimé de prendre la fuite, de ne pas chercher à se faire encore plus de mal en laissant à l'auror de nouvelles opportunités de la tourmenter. Pourtant, elle était restée, pire, elle s'était même approchée et au fond d'elle, elle savait qu'elle était prête à lui proposer son aide. Elle avait beau lui en vouloir, elle n'avait pas pu se résoudre à partir. Il était blessé, certainement assez sérieusement, et elle avait choisi de ne pas détourner le regard. Ce n'était pourtant pas l'envie d'abandonner Greyback à son sort qui lui manquait. Elle ignorait pourquoi elle avait suivi sa conscience plutôt que son instinct. Qu'est-ce qui l'avait poussé à agir et maintenant que c'était fait, elle s'efforçait de reléguer cette question au fin fond de son esprit. Elle n'avait pas envie d'y réfléchir et préférait mettre ça sur le compte de son impulsivité incontrôlable, celle qui la faisait agir avant même de réfléchir aux conséquences. Elle avait pris sa décision, aussi incompréhensible soit-elle, il serait grand temps de regretter plus tard. Enfin, pour cela, il fallait déjà que le sorcier accepte l'aide qu'elle lui proposait, ce qui semblait être une toute autre bataille.

À travers les traces de coups et de sang, elle pouvait lire un mélange d'agacement et de colère sur le visage de Greyback. Quelque part, elle pouvait le comprendre, elle aussi, elle aurait certainement détesté se retrouver en position de faiblesse face à lui. Elle pouvait comprendre le ressentiment qui le gagnait, mais en ce moment précis, elle était la seule capable de l'aider, alors elle choisit d'ignorer qu'il refusait de la regarder. « Non, ça va, je vais bien. » Isobel laissa une moue perplexe passer sur ses traits. Bien sûr que non, il n'allait pas bien et ce n'était pas avec tout ce sang sur le visage et sa voix cassée qu'il allait pouvoir la convaincre du contraire. Il pouvait à peine se tenir debout, qui croyait-il berner ? « J'ai juste besoin de rentrer chez moi. » Cette fois-ci, la sorcière acquiesça lentement, toujours sans un mot. Elle était d'accord, il avait besoin de rentrer chez lui se reposer. Mais dans son état, c'était une entreprise vouée à l'échec, une tentative de transplanage ne pourrait qu'empirer les choses, il avait d'abord besoin de soins, même s'il refusait de l'admettre. Elle se contenta donc de l'observer se redresser tant bien que mal. Il avait beau faire de son mieux pour camoufler ses émotions, l'apothicaire voyait bien qu'il souffrait. Elle savait reconnaitre la douleur, surtout que là, elle était particulièrement criante malgré tous les efforts de l'auror. « Merci de votre inquiétude, Miss Yaxley. » Contrairement à ses mots, son ton ne comportait pas la moindre trace de remerciements. Apparemment, ses blessures ne l'empêchaient pas de se montrer glacial envers elle. Isobel ne s'en formalisa pas, laissant glisser les paroles sur elle, refusant de leur accorder la moindre importance. Il ignorait à quel point elle était habituée à ce genre de ton. Sûrement l'avait-elle mérité après leur dernière rencontre. Sûrement aurait-elle réagi pareil à sa place. Elle ne pouvait pas le blâmer. « Mais je vais bien. Vous pouvez rentrer chez vous. » Face à son mensonge, elle secoua de nouveau la tête avec obstination et ignora royalement la seconde partie de sa phrase. Brièvement, elle se demanda jusqu'à où il était capable d'aller dans son refus de lui avouer qu'il n'allait pas bien. Se croyait-il vraiment capable de rentrer chez lui seul, dans cet état, simplement pour ne pas avoir à accepter son aide ? L'orgueil pouvait pousser les sorciers à agir bien sottement. « Vous devriez apprendre à mieux mentir Greyback. » Déclara-t-elle simplement avec détachement. C'était une excellente menteuse, Isobel, depuis toute petite, elle avait dû s'efforcer de porter un masque pour correspondre aux attentes sans fins de ses parents, pour rentrer dans le moule de la société des sang-purs et aujourd'hui, elle maîtrisait l'art du mensonge et des faux-semblants avec perfection. Et surtout, elle savait reconnaitre un mauvais menteur et là, elle était loin d'être dupe. De toute façon, avec autant de sang sur le visage, Greyback aurait bien été incapable de berner un enfant.

Un bruit retentit dans la ruelle, captant l'attention d'Isobel. Elle resserra sa prise sur sa baguette et se retourna pour voir de quoi il s'agissait, mais Greyback avait été plus rapide qu'elle et sa vue fut rapidement bouchée par la carrure de l'auror. Il fallut une seconde à la sorcière pour comprendre qu'il s'était placé devant elle pour la protéger, un instant, elle resta interdite. Même si l'auror nourrissait envers une aversion non dissimulée, il avait tout de même cherché à la protéger et Isobel ne savait qu'en penser. Elle choisit finalement de n'y apporter aucune importance, il ne faisait que son boulot d'auror, c'était assez simple. La sorcière se pencha pour voir ce qu'il se passait dans la rue et fini par apercevoir la source du bruit : un chat roux à l'aspect famélique apparu dans son champ de vision et détala presque aussitôt après avoir feulé dans leur direction. « Vous devriez vraiment rentrer chez vous. » Le rire qui s'échappa du sorcier la fit sursauter, elle releva les yeux découvrant que cette fois-ci, il ne cherchait pas à éviter son regard. Et qu'ils étaient proches, très proches. « Ce n'était qu'un chat, je sais, mais les rues ne sont pas sûres en ce moment. » Les paroles de l'auror firent lever un sourcil à la sorcière. Elle se retint de justesse de déclarer que c'était le monde magique dans son entièreté qui n'était plus sûr depuis quelques mois, mais elle parvint à se contenir. « Je suis ici chez moi. Et je sais me défendre. » Répliqua-t-elle à la place. Elle voulait croire qu'elle était toujours en sécurité dans son propre quartier, là où son nom lui avait toujours accordé une certaine protection. Et dans le cas contraire, elle voulait croire qu'elle pouvait se défendre seule, qu'elle n'avait pas besoin d'un sauveur. Surtout un qui manqua de s'effondrer, terrassé par une quinte de toux devant ses yeux. D'un pas en avant, Isobel s'était précipitée vers l'auror mais il était parvenu à se stabiliser et elle laissa retomber ses bras le long de son corps. Elle aurait pu lui offrir son épaule sur laquelle s'appuyer, mais elle pouvait deviner d'ici sa réaction. Elle resta donc à une distance respectable. Il avait le teint particulièrement pâle et sa manière de se tenir trahissait des côtes douloureuses, certainement cassées même. Isobel leva brièvement les yeux au ciel, l'attitude butée de l'auror commençait à l'exaspérer. A force de vouloir jouer les durs, il allait finir par empirer son état et Isobel espérait qu'il allait au moins avoir la décence de ne pas tourner de l’œil devant elle. « Vraiment Miss Yaxley » Isobel porta sur lui un regard blasé, elle pouvait déjà deviner quels mots allaient franchir ses lèvres. « Rentrez chez vous. » Par Merlin, il ne semblait avoir que ce refrain en tête. À tel point que l'apothicaire se demanda s'il ne souffrait pas d'une commotion cérébrale. Un soupir bruyant s'échappa de ses lèvres, Greyback devait pourtant savoir que sa patience était limitée. « Pour que le Ministère me mette votre état sur le dos ? Non merci. » Répondit-elle avec un rire amer. Elle n'était pas stupide Isobel. Même si d'autres familles de sang-pur vivaient dans cette rue, elle savait que son nom figurait en tête de certains dossiers du Ministère et qu'un bon nombre de ces agents ne seraient que trop heureux de pouvoir lui faire porter de nouvelles charges.

Elle regarda autour d'elle, jaugeant du regard les options qui s'offraient à elle, réalisant avec une pointe de déception qu'au final, elle n'avait pas vraiment de choix. Ils se trouvaient dans un cul-de-sac désert, à cette heure-ci les boutiques fermaient leurs portes et elle avait face à elle un auror en sale état et particulièrement têtu. Malgré ce qu'il affirmait, il avait besoin de soins et, à part sa baguette, Isobel n'avait rien sur elle pour l'aider. De plus, si elle avait une maitrise correcte des sortilèges de soin les plus basiques, elle avait toujours été plus adroite avec les potions de ce domaine. Or tout ce dont elle avait besoin pour fabriquer des potions se trouvait chez elle. Elle soupira de nouveau en réalisant que c'était là sa seule option. Elle ne pouvait pas prévenir un agent du Ministère tant qu'elle n'en savait pas plus sur ce qu'il était arrivé à Greyback et elle ne pouvait pas transplaner avec lui sans risquer qu'il ne se désartibule. Par Merlin, elle était coincée. Résignée, elle ferma un instant les paupières avant de fixer de nouveau ses prunelles sur l'auror et de faire un pas dans sa direction. « Venez, j'ai de quoi vous soigner chez moi. » Déclara-t-elle d'une voix qu'elle voulait naturelle en montrant la rue derrière eux pour souligner qu'elle ne vivait pas loin. Elle était pourtant consciente qu'elle ne trompait personne en offrant son aide de la sorte, encore moins en invitant un auror à pénétrer dans la demeure familiale des Yaxley. Ça n'avait rien de naturel. D'ailleurs, vu le regard que Greyback lui lançait, lui aussi avait l'air de trouver ça étrange. Avec un énième soupir, elle passa une main sur ses yeux. « Ne me regardez pas comme ça, Greyback, je ne compte pas vous empoisonner. Vous préférez peut-être croupir dans cette ruelle en attendant que quelqu'un de moins bien intentionné vous trouve ? » Lança-t-elle avec une pointe d'agacement. Elle ne voyait pas d'autre option et à moins que Greyback ne préfère agoniser dans cette ruelle plutôt que de lui accorder une once de confiance, il n'avait pas d'autre option non plus. Mais encore fallait-il qu'il accepte de regarder la vérité en face. Il était là, chancelant et pâle comme la mort, Isobel voyait mal comment il pouvait encore se permettre de jouer l'auror intouchable. « Par Merlin, rangez votre fierté, elle ne sert à rien. Je vois bien que vous n'êtes pas en état de transplaner, vous tenez à peine debout. » Elle le toisa, lucide sur le fait qu'elle ne voyait là que les blessures externes et qu'il en portait peut-être d'autre. Il vacilla de nouveau et sentant que cette fois-ci, il aurait du mal à se rattraper Isobel se précipita vers lui et agrippa ses avant-bras pour l'empêcher de basculer. Elle chancela une seconde avec lui, mais parvint à tenir bon. Leurs regards se rencontrèrent l'espace d'un instant qui lui parut durer une éternité. « Et franchement, vous avez une tête à faire peur. »
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MessageSujet: 663300 seagreen   Mar 20 Juin - 12:15




it's funny how reflexions change when we're becoming something else

Isobel & Liam


 
Liam peut être un bon menteur, à vrai dire. On arrive difficilement à devenir Auror sans pouvoir mentir. Prêcher le faux pour savoir le vrai, c'est un jeu pour lui, quelque chose où il excelle. Mentir pour protéger quelqu'un, ça aussi, il sait faire. Il ne retire pas particulièrement de fierté de ce petit talent. Par contre, mentir pour lui, que ce soit pour se protéger, ou simplement pour cacher ce qu'il ressent, ça, il faut admettre, Liam est nul. Ses émotions se voient souvent sur ses traits, il peut être un véritable livre ouvert. Et il lui en coûte de fermer son visage, de se composer un masque. Il a su le faire lors de sa dernière entrevue avec Miss Yaxley, pour cacher colère et douleur, mais là, il n'en est pas vraiment capable, occupé qu'il est à juste tenir debout. Tenir debout et protéger les sorcières des chats errants. « Je suis ici chez moi. Et je sais me défendre. » Liam n'a aucun doute là dessus. Il sait qu'Isobel Yaxley est plus forte que ne le suggère son apparence de jeune femme bien éduquée et qui aurait été protégée toute sa vie par son nom et le statut de son sang. Mais, il y a une sacré différence entre savoir se défendre et aller au devant du danger. Liam la connaît bien cette différence. Dans la théorie, seulement. Parce que dans la pratique... Disons simplement qu'il a tendance à se jeter dans la gueule du loup. Comme ce soir.

Il lui intime à nouveau de rentrer chez elle, et il ne loupe pas le soupir qu'elle pousse. Il commence à connaître quelques unes de ses réactions. Généralement, ça, ça signifie que la patience de la jeune femme est en train d'arriver à sa limite. Et très vite, constate-t-il pour lui même. Une petite voix au fond de son esprit lui murmure qu'il aurait plutôt intérêt à ne pas s'en faire une ennemie ce soir, car il n'est pas du tout de taille à la combattre. « Pour que le Ministère me mette votre état sur le dos ? Non merci. » Un reniflement de dédain lui échappe. « Hors de question que le Ministère apprenne que j'étais là ce soir. » Son ton est aussi amer que le rire de Miss Yaxley. A croire qu'en cet instant, ni l'une ni l'autre ne fait totalement confiance au Gouvernement. Ou ne veut le voir intervenir ici. Ça, c'est sa seule certitude. Le Ministère ne doit savoir sous aucun prétexte que Liam Greyback a tenté d'appréhender un sympathisant mangemort alors qu'il est sur une autre affaire. Déjà parce qu'il n'aurait pas dû y aller sans renfort, mais en plus parce que cette affaire est probablement tombée à l'eau à cause de lui. Moins le Ministère en saura, mieux ça vaudra pour lui.

Liam observe curieusement Miss Yaxley. Il n'a pas non plus manqué le pas qu'elle avait fait vers lui alors qu'il voyait la rue tourner autour de lui. Qu'est ce que ça signifie ? Est ce qu'elle est encore là, simplement parce qu'elle a peur que le Ministère lui reproche son état ? Il peut la rassurer à ce niveau là, le Ministère ne le saura pas, elle sera parfaitement à l'abri des répercussions. Lorsqu'elle soupire de nouveau, Liam penche légèrement la tête. Que se passe-t-il dans la sienne ? Il n'a rien dit du tout, rien qui puisse pousser encore un peu les limites de sa patience. La sorcière est un mystère pour lui. Mais il n'est pas sûr de vouloir la comprendre. « Venez, j'ai de quoi vous soigner chez moi. » Il est probable que Miss Yaxley ait voulu se montrer nonchalante en lui faisant pareille proposition. Mais Liam n'est pas dupe. Au vu de leurs précédentes rencontres, il serait plus logique qu'elle l'invite chez elle pour le tuer. L'Auror hausse les sourcils. Il ne répond rien, tant son expression parle pour lui. La jeune femme passe une main sur ses yeux avec un nouveau soupir – oui il l'agace, il l'aura compris. Ca ne lui donne vraiment pas envie de la suivre. « Ne me regardez pas comme ça, Greyback, je ne compte pas vous empoisonner. Vous préférez peut-être croupir dans cette ruelle en attendant que quelqu'un de moins bien intentionné vous trouve ? » Liam fronce les sourcils. A croire qu'elle sait très bien ce à quoi il pense. La partie rationnelle de sa personne lui conseille de se taire et de suivre Miss Yaxley. Parce qu'elle a parfaitement raison. Il n'est pas vraiment en sécurité s'il reste sur place. Son premier plan, celui de rentrer chez lui est encore très tentant, mais avant même qu'il puisse protester, Miss Yaxley l'interrompt. « Par Merlin, rangez votre fierté, elle ne sert à rien. Je vois bien que vous n'êtes pas en état de transplaner, vous tenez à peine debout. » Encore une fois, elle a raison, et même l'admettre en pensée le fait grimacer. Liam s'apprête à protester, que merci bien, mais il peut encore transplaner tout seul, il n'est pas si blessé, mais il n'en a pas le temps.

Sa vue s'obscurcit soudain lorsqu'un voile noir tombe devant ses yeux. Il n'entend plus que son sang battre à ses oreilles et sent vaguement qu'il recommence à vaciller. Une pensée lucide lui vient brutalement, il va tomber. Mais, à sa grande surprise, une prise ferme sur ses avants-bras le rattrape. Une seconde, il a l'impression que la prise sur ses avants bras n'est pas assez forte, et qu'il va l'entraîner dans sa chute, mais cela ne dure pas. Il reste debout, en place, légèrement tremblant. Et lorsqu'enfin le voile noir se lève et que sa vue lui revient, il se retrouve face à deux yeux ambrés. C'est la première fois qu'il fait vraiment attention à leur couleur. Vaguement, elle lui rappelle la couleur des vieux alcools précieux qui tourbillonnent dans des bouteilles de verre. La dernière fois qu'il s'est retrouvé face à eux d'aussi près lui revient en mémoire. Le feu qu'il y avait vu est toujours là, quelque part, pourtant cette fois-ci, il n'est pas prêt à l'embraser. Mais Liam se force à revenir à l'instant présent. Miss Yaxley le maintient en position verticale et il lui faut quelques secondes de plus pour vraiment s'en remettre.  « Et franchement, vous avez une tête à faire peur. » Liam ne peut empêcher un léger sourire en coin d'illuminer son visage pâle. « J'essaierai de ne pas me vexer, Miss Yaxley » dit-il d'un ton plus amusé que vexé. Elle a raison. Sur toute la ligne. Sa fierté ne lui sert à rien. Il faut qu'il accepte son aide. Il n'est pas capable de transplaner, pas comme ça. Si c'est pour laisser un bras derrière lui, non très mauvaise idée. « Très bien, je vous suis. » soupire-t-il las. Ce n'était pas son plan, mais bon, plus la soirée avance, moins ses plans fonctionnent, alors peut-être ferait-il mieux de tout abandonner dès maintenant.

Et, tout en restant assez proche d'elle au cas où il basculerait de nouveau, la paire de sorcier se met en route. « Vous savez, j'en ai vu d'autres. » précise-t-il d'un ton léger, comme s'il parlait du temps qu'il fait, histoire de montrer qu'il sait quand même un minimum ce qu'il fait. « Généralement, suite à un endoloris, le mieux à faire c'est encore de dormir. » Bon, il y a sûrement mieux à faire. Il ne doute pas qu'il existe sûrement un sort, ou une potion qui accélère un peu le processus de guérison. Mais jusque là, Liam a toujours fait comme ça. Quant à ses côtes brisées et ses coupures... Il a beau être assez mauvais en sorts de guérison, il pourra bien bricoler quelque chose une fois chez lui. Pourtant, il continue de suivre Miss Yaxley.

Ils débouchent enfin sur une rue un peu plus éclairée où plusieurs maisons sont alignées. Liam espère que personne ne passera la tête par la fenêtre, et ne les repérera. Il ose à peine imaginer le tableau qu'ils doivent dresser tous les deux. A vrai dire, lorsqu'il était apparu dans la ruelle pour coincer Hudson, il n'avait pas fait attention à l'endroit où il était. Il n'avait pas fait le rapprochement avec la demeure Yaxley. Pour une fois qu'il ne faisait pas exprès de la croiser ! Une fois arrivés devant la porte, Liam détaille un instant la maison imposante qui lui fait face. Il se mordille la lèvre un instant, pas sûr d'être dans son bon droit, et puis finalement, se dit que sa situation ne peut pas être pire et ouvre la bouche. « Ce n'est pas trop dur pour vous, de vivre ici ? » Ici, sous-entendu là où ses parents ont vécu, là où vivent encore ses souvenirs. Liam ne le précise pas, parce qu'il sait qu'elle va comprendre. Il continue de fixer la porte d'entrée, les moulures, tout sauf la jeune femme. La question ne se veut pas indiscrète, et son ton est bien différent de toutes les autres fois où il lui a posé des questions sur sa famille. Cette fois-ci, une vraie sollicitude s'y trouve, aussi un peu d'inquiétude, bien cachée au fond de ses intonations. Il ne sait pas comment elle fait. Lui, si ce n'était pour sa mère, il ne remettrait plus jamais les pieds chez ses parents. Depuis que son père est mort, à vrai dire, il y va le moins possible, tellement la maison lui rappelle des tonnes de choses. La plupart, qu'il souhaiterait oublier pour être honnête. Mais il imagine que la vie de Miss Yaxley a du être un peu plus douce que la sienne. Même les bons souvenirs peuvent s'avérer très douloureux lorsque l'on perd un être cher.  

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MessageSujet: Re: when we're becoming something else (liabel)   Aujourd'hui à 20:03

when we're becoming something else
Liam
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Δ No pain, no gain

Elle s'attendait à ce qu'il la repousse, qu'il exprime un refus clair et non-négociable. Qu'il lui montre que la main pleine de doutes qu'elle lui tendait n'était absolument pas la bienvenue. Ça ne l'aurait pas étonnée, bien au contraire. Après tout, Greyback avait toujours été clair sur le ressentiment qu'il éprouvait à l'égard d'Isobel et elle-même avait vite appris à ne rien attendre des autres pour ne pas être déçue. À ne rien attendre de lui. L'air amer qui s'était peint sur ses traits quand il l'avait reconnu ne l'avait pas surprise le moindre instant, surtout pas après la manière dont leur dernière entrevue s'était achevée. Alors, elle fut bien déconcertée de voir un sourire amusé illuminer ses traits, faisant presque oublier le sang qui s'accrochait à sa peau. Quand il ne cachait pas un rictus provocateur, son sourire était bien plus agréable à regarder. « J'essaierai de ne pas me vexer, Miss Yaxley » Il plaisantait. S'il y avait une réaction à laquelle elle ne s'était pas attendue, c'était bien celle-là. Elle l'observa, surprise de ce changement soudain, avant de laisser à son tour un léger sourire étirer ses lèvres. Quelque part, elle avait le sentiment qu'il venait de déclarer une trêve et elle en fut soulagée. Elle ignorait encore ce qui la poussait à l'aider de la sorte, et elle ne souhaitait pas y réfléchir, mais elle n'avait aucune envie de devoir se battre pour ça. Même si elle avait choisi d'écouter sa conscience, elle savait qu'elle serait parfaitement capable de l'abandonner là s'il la poussait trop. Peut-être était-il arrivé à la même conclusion. Peut-être s'était-il finalement rendu compte qu'il ne lui servait à rien de s'obstiner à se draper dans sa fierté. Car Isobel crut déceler un changement infime dans son attitude. « Très bien, je vous suis. » Ne sachant pas trop si elle devait se réjouir de cette décision ou non, la sorcière hocha lentement la tête. Comme souvent, elle avait obtenu ce qu'elle voulait, mais cette fois, elle espérait qu'elle ne faisait pas une erreur en laissant Greyback entrer dans le manoir familial. Dans d'autres circonstances, elle n'aurait jamais accepté de lui en donner l'accès, de peur qu'il n'en profite pour chercher des informations sur sa famille, mais dans son état actuel, il était bien incapable de fouiller le moindre tiroir, alors c'était un risque qu'elle était prête à courir.

Lorsqu'elle réalisa qu'elle n'avait toujours pas lâché l'auror alors qu'il semblait tenir debout, Isobel détourna le regard et recula prudemment d'un pas. D'un geste, elle l'invita à la suivre, la demeure des Yaxley se trouvaient à quelques maisons de là et avec un peu de chance, ils pourraient l'atteindre avant que l'auror ne tourne définitivement de l’œil. Même si cette rue était sorcière, Isobel ne pourrait pas prendre le risque d'utiliser un sort de lévitation sur lui et elle doutait fortement de pouvoir le trainer dans la rue sans se faire remarquer. Il était plus prudent qu'ils n'attirent pas l'attention. Tentant d'oublier que l'allure générale de l'auror était loin de jouer en leur faveur, la sorcière le guida dans Grimmauld street, croisant les doigts pour qu'ils ne rencontrent personne en chemin. Nul doutes que peu de sorciers de cette rue verraient d'un bon œil qu'elle laisse entrer un agent du Ministère chez les Yaxley. « Vous savez, j'en ai vu d'autres. » Tout en avançant, Isobel lui lança un rapide coup d’œil. Ils avançaient cote à cote dans la rue déserte, tout en restant assez proche de lui pour le retenir s'il vacillait de nouveau, l'apothicaire s'efforçait de maintenir une distance respectable entre eux. Elle n'aurait jamais imaginé se trouver dans une telle situation avec l'auror et elle ne savait pas ce qu'elle devait en penser. Alors elle se contentait de poser un pied devant l'autre, repoussant ses doutes dans un coin de son esprit, espérant ne pas avoir à les affronter plus tard. « Généralement, suite à un endoloris, le mieux à faire c'est encore de dormir. » Imaginer les effets d'un endoloris arracha un frisson à Isobel, elle n'avait jamais subi ce sortilège interdit, mais cette seule perspective l'emplissait d'horreur et elle dut se concentrer sur le moment présent pour ne pas se perdre en conjectures. Elle ne remettait pas la parole de Greyback en doute, il était un auror et par les temps qui couraient, il était facile de croire qu'il s'était déjà trouvé dans des situations bien plus dramatiques que celle-ci. Mais dans ces moments-là, il devait être entouré d'autres sorciers capables de le soigner dans la minute ou de l'emmener à Sainte Mangouste et non pas seul dans une ruelle sombre. « Vous avez l'air d'avoir reçu plus qu'un simple endoloris. » Fit-elle en référence à ses côtes qui semblaient cassées et aux coupures qui barraient son visage. Des blessures qui demandaient des soins. Elle sentait qu'il tentait de se dérober, de refuser son aide une nouvelle fois, mais il en fallait plus pour la duper. Pendant ses études, elle avait appris que les effets de l'endoloris s'estompaient seuls avec un peu de temps, mais elle avait également appris à concocter des potions qui accéléraient ce processus. Quelque chose lui disait que ça ne serait pas la dernière fois qu'elle préparerait un tel mélange.

Enfin, Isobel s'arrêta devant une imposante bâtisse qui se dressait au milieu de la rue, la demeure Yaxley. Une petite grille en fer forgé les séparait de la porte d'entrée, malgré son aspect imposant, la maison ne paraissait pas menaçante, mais ce n'était qu'une façade, l'endroit était en réalité saturé de sortilèges destinés à camoufler les lieux aux moldus et à assurer la sécurité de ses habitants. Encore une fois, les Yaxley prouvaient qu'il ne fallait pas se fier aux apparences. « Ce n'est pas trop dur pour vous, de vivre ici ? » Alors qu'Isobel allait poser la main sur la grille noire, elle se figea, laissant flotter ses doigts à quelques centimètres du métal. Elle regarda Greyback du coin de l’œil et elle fut soulagée de constater qu'il évitait de fixer ses prunelles sur elle. Sa question l'avait surprise et elle n'avait pu empêcher son cœur de se serrer ou l'expression de son visage de trahir la peine qui l'avait traversée. Elle le fixa un instant avant de poser également son regard sur le lieu qui représentait le plus sa famille à ses yeux. Après toutes les questions qu'il lui avait posées et les réponses qu'il avait exigées, elle était toujours méfiante, mais cette fois-ci, quelque chose paraissait différent. Le ton de sa voix n'était plus le même et cette fois, il ne la fixait pas avec insistance. Comme s'il se souciait réellement de ce qu'elle pouvait ressentir à chaque fois qu'elle franchissait le seuil de la demeure. Comme si cette fois c'était le sorcier qui parlait et non pas l'auror. Isobel hésita. « J'ai grandi ici, tous mes souvenirs sont dans cette maison. » Répondit-elle doucement. Quelque chose dans la voix et l'attitude du sorcier lui laissait croire qu'il n'agissait pas en tant qu'auror et même si elle n'était pas prête de lui raconter toute sa vie, elle avait choisi de s'ouvrir un peu. Juste un peu. Pendant de longues secondes, elle resta à ses côtés fixant la bâtisse en tentant de canaliser les émotions que cette vue provoquait en elle. C'était la maison qui l'avait vu grandir, évoluer, qui avait vu sa famille se former, se rapprocher, se déchirer. Toute sa vie lui semblait étalée là, sous ses yeux. Elle se revoyait parcourant l'immense bibliothèque de son géniteur ou explorant le grand jardin qui se cachait derrière. Elle se revoyait grandir sous les regards scrutateurs de ses parents et celui bienveillant de Lucifer. Et maintenant, cette demeure ne recelait plus que des souvenirs. « Certains jours sont plus simples que d'autres. » Souffla-t-elle en détournant le regard. En réalité, les jours difficiles étaient bien plus nombreux que les jours simples, mais Isobel refusait de l'admettre devant Greyback, ou même à elle-même. Les souvenirs qui vivaient toujours entre ces murs n'étaient pas tous joyeux, grandir ici n'avait pas toujours été aisé. Les Yaxley avaient toujours des exigences sans fin envers leurs enfants et Isobel s'y était toujours plié, multipliant les efforts pour plaire à ses parents, vivant sous une pression constante, pour ne recevoir en échange que peu d'amour. Elle était consciente que sa famille était bien loin de l'image parfaite qu'ils entretenaient à l'extérieur, mais elle restait sa famille et malgré le manque d'affection et d'attention, elle ne pouvait s'empêcher de l'aimer, d'un amour partagé entre l'amertume et la tendresse sincère. Un amour qui ne demandait qu'à en recevoir, mais qui se trouvait sans cesse déçu. Ça n'avait pas toujours été simple de se construire au sein du manoir, aujourd'hui, il était encore plus difficile d'y vivre. Pourtant, Isobel ne parvenait pas à s'imaginer abandonner un jour la maison familiale. Elle n'était pas prête et elle ignorait si elle serait un jour. Alors la douleur sourde que lui procuraient ces murs, elle devait apprendre à l'oublier, à l'enterrer au fond d'elle. À vivre avec s'il le fallait.

Après ce qui lui paru une éternité, Isobel releva la tête et, reprenant son geste précédent, elle effleura du bout des doigts la grille, activant le sortilège qui la protégeait. Dans un grincement, le portique s'ouvrit en même temps qu'un léger déclic retentissait au niveau de la porte d'entrée, indiquant que celle-ci était désormais ouverte. D'un geste, la sorcière invita l'auror à s'avancer. « Entrez. » Elle le suivit à l'intérieur, Lucifer ne viendrait pas ce soir et à cette heure-ci, l'elfe de maison de la famille était sans doute occupé dans la cuisine, elle n'avait donc pas à s'inquiéter que quelqu'un découvre qu'elle avait invité Greyback dans les lieux de son plein gré. Le hall d'entrée en partie occupé par un grand escalier, était décoré de tableaux de famille et divers meubles anciens, sur le côté une double porte menait au salon. Mais Isobel indiqua la direction opposée au sorcier et, s'efforçant d'ignorer les différentes peintures qui représentaient ses ancêtres ou sa propre famille, elle le mena dans un bureau percé de deux grandes fenêtres qu'elle s'était approprié au fil des ans. À l'origine, il s'agissait de la pièce où des précepteurs venaient lui faire cours quand elle était enfant, mais après son entrée à Poudlard, quand sa passion pour l'art des potions s'était pleinement révélée, son paternel avait accepté qu'elle face de cet endroit son propre bureau. D'année en année, elle y avait entassé tous les grimoires qu'elle trouvait sur les potions, les ingrédients ou les plantes magiques. Sur des étagères, elle avait stocké ses propres potions, de sa confection ou non et dans un grand meuble à tiroir se trouvait tous les ingrédients qu'elle avait récoltés. Enfin, l'espace de la pièce était partagé entre un bureau -qui croulait sous les notes- un canapé sombre et un petit chaudron installé dans un coin. « Vous pouvez vous asseoir. » Dit-elle à l'auror en lui indiquant le canapé d'un geste de la main. Le laisser entrer dans ce bureau lui laissait un goût étrange au fond de la gorge, comme si elle partageait avec lui une part d'elle alors qu'ils étaient loin de se connaître, et encore moins de s'apprécier. Après tout, c'était son endroit. Mais elle n'avait pas vraiment le choix, il avait besoin de soin et tout son nécessaire se trouvait là. Elle n'était pas médicomage, aussi ne pourrait-elle pas faire de miracle, mais avec les bonnes potions, elle pouvait grandement améliorer son état. Et en potions, elle était douée. Tournant le dos à Greyback, Isobel se dirigea vers sa réserve de potions qui, contrairement à son bureau, était rangé méticuleusement. Décidant de traiter les blessures de l'auror par ordre de gravité, elle sortit un flacon violet et le lui tendit. Sur la bouteille, une étiquette écrite de sa main indiquait qu'il s'agissait d'un dérivé du Poussos amélioré par ses soins. « Tenez, ça ne va pas être agréable, mais ça devrait ressouder vos côtes. » Elle aurait pu lui préciser de nouveau qu'il ne s'agissait pas de poison, mais à ce stade elle n'en voyait pas l'utilité. Elle n'allait tout de même pas avaler des potions inutiles pour lui prouver qu'elle ne comptait pas lui faire de mal. Liam Greyback allait devoir apprendre à mettre sa méfiance de côté, du moins pour le moment. « Je devrais pouvoir faire une potion pour dissiper les effets de l'endoloris. » Expliqua-t-elle tout en fouillant dans les tiroirs qui renfermaient ses ingrédients. Machinalement, elle sortit plusieurs pots et herbes nécessaire à sa potion et alluma un petit feu sous son chaudron d'un coup de baguette. Un second coup de baguette et ses longs cheveux noirs vinrent se rassembler en une queue-de-cheval. Tout en préparant le mélange, elle releva les yeux sur l'auror. « Vous avez d'autres blessures à déplorer ? » Elle ignorait ce qu'il lui était arrivé précisément, mais elle ne serait pas étonnée d'apprendre qu'il avait d'autres blessures à ajouter à sa liste. Enfin, encore fallait-il qu'il oublie son orgueil d'abord.
© Gasmask


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