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 when we're becoming something else (liabel)

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Camp : Compliants - le camp du ministère
Age du Personnage : 28 yo
Baguette : Bois de hêtre, écaille de dragon, vingt cinq centimètres, parfaite pour la défense.
Patronus : Un loup. L'ironie de la chose ne lui a pas échappé.
Epouvantard : Son père qui le fixe d'un air narquois, qui se penche et lui murmure qu'il est un monstre, comme Fenrir.

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MessageSujet: when we're becoming something else (liabel)   Dim 18 Juin - 18:09




it's funny how reflexions change when we're becoming something else

Isobel & Liam


 
Chez les Aurors, il y a une procédure. Un protocole que tout Auror se doit de suivre, à la fois pour sa propre sécurité, et pour celle des autres. La procédure en elle-même est très simple : s'en tenir à la mission en cours, et ne jamais partir appréhender une menace tout seul. Deux règles primordiales, et très simples. Deux règles, néanmoins, que Liam Greyback a décidé de ne pas suivre.

C'est un bon Auror, il le sait. Il a toujours bien fait son travail, malgré un côté un peu tête brûlée, voir désobéissant. Alors, forcément, lorsqu'il a appris qu'un mangemort en liberté se promenait dans le quartier, Liam ne pouvait pas passer à côté. Même si ce n'est pas sa mission. Même s'il est tout seul. Il a simplement attrapé sa baguette, et a transplané, là comme ça. Et, à vrai dire, tout aurait pu très bien se passer. Pour lui le plan était simple : arriver, appréhender le mangemort, le ramener au Ministère, et voilà. Peut-être que comme ça, le Chef de sa brigade serait enfin convaincu qu'il ne pouvait pas le laisser gâcher ses talents dans une quête sans fin, qu'il valait mieux que ça. Liam était déjà suffisamment frustré de ne pas pouvoir arrêter Fenrir, plus l'affaire Yaxley où il pataugeait et qui l'agaçait incroyablement. Alors, il avait au moins besoin de ça. Juste, ce mangemort à arrêter. Oui, le plan était simple. Pourtant, il se retrouve là, dans une ruelle mal éclairée, à grimacer de douleur en essayant de se relever. Il sait qu'il a fait une erreur. Quelque chose est allé de travers.

Il est arrivé, comme son plan l'avait prévu, assez discrètement pour constater que son indic avait raison. C'était un aspirant mangemort qui se trouvait là, un type nommé Hudson. Il n'avait jamais porté la marque, mais il y avait suffisamment de témoignages qui évoquaient ses liens avec les autre terroristes. Fournisseur de potions, d'objets magiques, et occasionnellement, il faisait le sale boulot. Tortures en pagailles, mais jamais de meurtre. Bref, un type que Liam serait heureux d'arrêter personnellement. Il tournait en rond, dans le fond de cette ruelle, comme s'il attendait quelqu'un, entre une boutique de meubles vieillots et un mur en brique. Liam avait souri et fait quelques pas vers lui, baguette au clair. « Hudson ! Pose ta baguette » avait-il ordonné en se montrant. Lorsque le dénommé s'était retourné pour se retrouver face à un Auror, il avait bien sûr essayé d'attaquer. Mais Liam était plus rapide, et un charme du bouclier se dressa entre eux, avant que l'Auror ne le désarme. Hudson, ainsi privé de sa baguette, avait craché aux pieds de Liam, avant de tenter de reculer. Liam avait confiance en lui. Hudson était pris au piège, c'était un cul de sac, son dos était contre le mur. C'était du gâteau, très facile, voir trop facile. Et l'erreur était là. Il aurait mieux fait d'être sur ses gardes. Hudson était incapable de bouger, certes, mais Liam n'avait pas prévu qu'il ne serait pas seul. Et lorsqu'il prit l'endoloris par derrière, Liam comprit son erreur.
Ce n'était malheureusement pas la première fois que cela lui arrivait, et pourtant, la douleur était toujours aussi insoutenable. Le jeune homme tomba a genoux, les yeux clos, incapable de bouger. Cela ne dura pas si longtemps que ça. Quelques minutes, tout au plus. Liam resta silencieux, incapable même de hurler, tant sa gorge le faisait autant souffrir que le reste de son corps. L'autre sorcier ne leva le sortilège que lorsqu'il fut arrivé auprès d'Hudson et qu'il lui eut rendu sa baguette. Mais même une fois le sort levé, les muscles de Liam restaient tendus et la sensation de douleur persistait. Il inspira une fois, deux fois, tandis qu'une voix d'homme le menaçait de recommencer. Bien sûr. Il se souvenait du dossier Hudson. La plupart du temps, il était avec un autre aspirant mangemort qui était considéré comme « menace mineure ». Benjamin. Benjamin et Hudson, oui, il aurait du se douter qu'il serait là aussi.
Mais Liam était plus fort que ça. Tout son corps continuait de trembler, mais il se releva, prêt à faire face aux deux sorciers. Heureusement qu'ils étaient seuls, pensait Liam, car la bataille qui suivit aurait pu faire de nombreux dégâts. Nombre de sorts furent échangés, et Liam parvint à blesser Hudson. L'ennui, c'est qu'il était seul, face à deux sorciers qui étaient prêts à tout. Alors qu'il tentait d'entraver de nouveau Hudson, Benjamin lança un sort qui toucha Liam en plein torse et le projeta en arrière, droit dans une vitrine. Liam traversa la devanture de la boutique, et perdit probablement connaissance.

Lorsqu'il ouvre les yeux de nouveau, il est tout seul, et le silence règne dans cette ruelle mal éclairée. En grimaçant, il tente de se relever, mais une douleur le plaque au sol immédiatement. Inspirer, expirer. Il ferme les yeux, et se force à se calmer. Hudson et Benjamin ont du partir, sinon, il les entendrait encore. Bien. Première chose, déterminer quelles sont les blessures. Au vu de la douleur, Liam sait qu'il doit avoir une ou deux côtes brisées. Il doit également avoir plusieurs coupures, puisqu'il est passé à travers une vitre. Et puis, il ressent encore les effets de l'endoloris. Liam serre les dents, et cette fois-ci, se force à se relever. Un léger gémissement de douleur lui échappe. Oui, d'accord, définitivement des côtes cassées. Il chancelle légèrement et enjambe les débris de verre. Il avait raison, les deux mangemorts sont partis. « Imbécile » murmure-t-il pour lui même. Il a vraiment échoué, et à tous les niveaux. Il sait qu'il ne pourra pas aller à Ste Mangouste, pas après ça. Il n'était même pas supposé être là ! Il soupire rageusement, et écarte du pied un morceau de verre. Debout mais vaguement en train de tanguer, Liam pointe sa baguette vers la vitrine brisée et d'un simple réparo, lui rend son apparence d'origine. Une colère sourde commence à monter, à faire battre son sang contre ses tempes. Cette colère est dirigée contre lui-même. Il sait que cet echec, il l'a cherché. Quelle idée de venir tout seul, sans rien dire à personne, sans demander de renforts ? Dans sa hâte de montrer qu'il peut bien faire, alors même qu'on ne lui a rien demandé, il a risqué sa vie. Et ce n'est pas la première fois. Par contre, si son chef l'apprend, ce sera la dernière fois, car il deviendra un ex-Auror.
Mais il n'arrête pas de trembler, à croire que l'attaque de Benjamin lui a fait plus de mal qu'il le croyait, à tel point qu'après quelques pas, ses jambes ont presque du mal à le supporter, et qu'il est obligé de s'appuyer contre un mur. Il sent qu'il glisse vers le sol. Okay, quelques minutes de repos, et après je rentre, okay ça peut le faire, se dit-il. D'un geste de la main, il essuie le sang qui coulait de sa joue et ferme les yeux. Il sait qu'il ne devrait pas rester là, comme ça, déjà parce qu'il a l'air de rien, mais en plus, parce qu'il risque d'être une cible facile. Rien ne garantit qu'Hudson et Benjamin ne reviendront pas. Mais il a beau se le répéter, ses jambes ne veulent plus faire d'efforts.

Il ne sait pas exactement combien de temps s'écoule. Peut-être dix minutes, peut-être plus. Mais il entend des pas. Ils ne sont pas si loin de lui, et son instinct lui murmure qu'il devrait vraiment se lever, se préparer au pire. Serrant un peu plus la main sur sa baguette, il se force à se redresser un peu, à se relever, mais tout en restant contre le mur. Liam ouvre les yeux, et il l'aperçoit. Il voit sa silhouette qui cesse de marcher, ses cheveux, il peut presque deviner la forme de son visage. Sa mâchoire se serre immédiatement, et il soupire. Pourvu qu'elle ne m'aie pas vu, pourvu qu'elle ne vienne pas ici, prie-t-il silencieusement à Merlin.
Non, Liam, à demi effondré contre un mur, blessé et furieux contre lui-même, n'a aucune envie de voir Miss Isobel Yaxley.

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⊹ Potionniste de génie elle s'est démarquée très tôt par sa maîtrise de cette matière et sa connaissance des ingrédients

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MessageSujet: Re: when we're becoming something else (liabel)   Dim 18 Juin - 21:39

when we're becoming something else
Liam
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Isobel


 

 



 

 

Δ No pain, no gain

Dès l'instant où la porte de l'apothicairerie se referma derrière le dernier client de la journée, un grand sorcier portant une barbe particulièrement fournie, le sourire aimable d'Isobel disparu. Tout en tournant doucement la tête pour étirer sa nuque, la sorcière laissa la lassitude prendre place sur ses traits. Depuis les premières heures de la matinée les clients s'étaient bousculés dans la boutique et la sorcière n'avait pas eu un seul instant à elle, ou à consacrer à ses potions. Il lui avait fallu trouver des remèdes à bien des symptômes, conseiller des mélanges, préparer des échantillons en urgence et surtout expliquer à un nombre incalculable de sorciers que, non, il n'existait à ce jour pas de potion permettant de repousser la maladie des Mutes. Isobel comprenait l'inquiétude de ses clients, mais ça finissait par friser le ridicule, il était grand temps que le Ministère fasse une nouvelle annonce pour expliquer où ils en étaient sur la question des Mutes et rassurer la population. Mais l'apothicaire se doutait que ce n'était pas une priorité pour leur gouvernement, peut-être même que tenir les sorciers dans l'ignorance était un choix. En attendant, ça laissait tout loisir à la peur et à la méfiance de s'installer, et bientôt la panique gagnerait toute la population. Il serait alors trop tard. Isobel secoua la tête, chassant ces pensées de son esprit, elle avait déjà bien assez à faire avec ses propres problèmes, elle n'avait aucune intention de se laisser atteindre par ceux de son gouvernement. Pour le moment elle ne connaissait personne d'atteint par ce mystérieux mal et elle préférait prendre les choses comme elles venaient. Pour elle ce n'était pas de l'égoïsme de sa part, mais plus une forme d'auto-préservation, elle ne pouvait pas se permettre de se perdre dans les problèmes des autres. Pas alors que le Ministère refusait de la lâcher et qu'elle savait que Liam Greyback trainait toujours dans les environs de sa boutique dans l'espoir de démasquer des mangemorts. Pas alors que la mort de ses parents était toujours impunie et que son nom figurait toujours dans les registres du Ministère. Pas alors qu'elle avait l'impression que tout se fissurait autour d'elle sans qu'elle ne puisse faire le moindre geste pour éviter la catastrophe.

Avec un soupir, Isobel ferma à clé la porte de la boutique d'un mouvement de baguette. D'un sort, elle entreprit de remettre de l'ordre dans la pièce et de verrouiller la caisse pour que seuls elle et son supérieur y ait accès. Pendant que la boutique retrouvait son aspect immaculé, elle jeta un regard déçu aux énormes chaudrons qui reposaient, désespérément vides, dans l'arrière-boutique. Aujourd'hui avait été une de ces journées où elle n'avait pas trouvé la moindre minute pour se pencher sur la confection d'une potion et ça lui laissait un arrière-gout amer dans la bouche. Elle aimait son travail à l'apothicairerie, mais ce qu'elle préférait c'était faire des potions, mélanger les ingrédients avec soin et obtenir le résultat le plus parfait possible. Ça avait même été une condition importante lors de son embauche. Malheureusement malgré tous ses efforts ce n'était pas une activité qu'elle pouvait exercer en  continue, il lui fallait aussi s'occuper des clients et des fournisseurs divers. Elle aimait discuter avec ses fournisseurs des nouvelles plantes et ingrédients qu'ils lui ramenaient mais gérer la clientèle était une activité tout à fait différente pour elle. Isobel n'avait jamais été particulièrement douée avec les autres, elle était trop distante, trop froide, mais pour travailler à l'apothicairerie, elle avait dû prendre sur elle et apprendre à s'ouvrir aux autres. Ou du moins à faire semblant. Et si certains clients lui étaient franchement imbuvables, elle devait bien avouer qu'elle avait été satisfaite d'apprendre à connaitre certains sorciers qui avaient franchis le seuil de la boutique. Mais bien sûr, jamais elle ne l'avouerait. Après tout son amour premier était les potions, les autres venaient bien après. Habituellement elle parvenait à fractionner son temps pour pouvoir mettre quelques mélanges à bouillir ou se pencher sur l'invention d'une nouvelle potion, mais ça n'avait pas été le cas aujourd'hui. Avec une moue déçue, elle détourna le regard, se promettant que le lendemain elle pourrait consacrer du temps à sa passion. D'un geste, Isobel rassembla ses affaires et après avoir rangé sa baguette dans sa poche elle tourna sur elle-même et disparut dans un léger 'plop'.

L'instant d'après elle réapparaissait dans une ruelle isolée des environs de Grimmauld Street, non loin de la demeure familiale. Les sortilèges qui protégeaient la maison de sa famille lui interdisaient de transplaner plus près, mais elle avait cessé de s'en formaliser depuis longtemps, elle n'était qu'à quelques pas du manoir et l'air qui se rafraichissait lui ferait le plus grand bien. Tout en remettant ses cheveux en ordre, Isobel s'assura que la rue était déserte avant de sortir le plus naturellement possible de la ruelle. Elle se sentait fatiguée et elle n'avait qu'une envie, pouvoir se poser dans un fauteuil de son salon pour se reposer. Malgré la mort de ses parents, elle avait choisi de continuer à vivre au sein de leur demeure londonienne. L'endroit était rempli de souvenirs auxquels il lui était parfois encore difficile de faire face, mais elle ne se sentait pas prête à abandonner la maison qui l'avait vu grandir. Elle voulait s'y raccrocher, encore un peu, même si elle était consciente que cela n'allait pas restaurer sa famille. Alors que chaque nouveau pas l'approchait de son but, un bruit provenant d'une ruelle adjacente l'arrêté. Du coin de l’œil, elle eut l'impression de saisir un mouvement, de distinguer une forme qui n'aurait pas dû se trouver là. Elle hésita un instant, mais se décida en songeant que si quelqu'un rodait près de chez elle, elle devait faire quelque chose. Sa baguette à la main elle avança prudemment dans la ruelle sombre. Ses sens ne l'avaient pas trompés, elle ne tarda pas à distinguer une silhouette humaine adossée contre le mur à quelques pas de là. Encore un pas et la lumière qui filtrait à travers les bâtiments permis à la sorcière de distinguer les traits du visage de l'inconnu. Elle se stoppa de nouveau. « Greyback ? » Souffla-t-elle d'une voix incertaine. Par Merlin, pourquoi lui ? Pourquoi ça tombait sur elle ? Isobel hésita, depuis leur dernière entrevue dans la boutique elle n'avait pas revu l'auror et elle considérait que c'était très bien ainsi. Elle avait envie de faire demi-tour et d'ignorer sa présence dans les alentours de sa demeure mais quelque chose dans l'attitude du sorcier la poussa à rester. Elle l'observa un instant, réalisant peu à peu que quelque chose clochait. « Qu'est-ce que... » L'auror n'était pas simplement adossé au mur derrière lui, il y était plutôt affalé, comme s'il lui fallait le contact de la brique pour pouvoir tenir debout. Son visage était à moitié dans l'ombre mais la sorcière pouvait deviner la colère qu'il semblait exprimer et surtout elle pouvait distinguer les tâches sombre qui le maculait. Du sang. Non, décidément quelque chose clochait. Vu l'endroit sombre et reculé, Isobel devinait que l'auror s'était trouvé dans une situation fâcheuse, et qu'il s'en était sorti de justesse. Tout en sachant que c'était une précaution futile, elle lança un coup d’œil autour d'elle pour s'assurer que personne ne surgirait derrière elle. Elle soupira, elle n'avait aucune envie de faire face à l'auror, et elle l'aurait volontiers laissé se débrouiller seul, mais il paraissait vraiment en piteux état. Nul doute que si le Ministère apprenait qu'un de ses aurors s'était fait passé à tabac à deux pas du manoir Yaxley, il ne tarderait pas à venir frapper à sa porte. Comme si elle n'avait pas assez de problèmes comme ça en ce moment. Pendant un instant Isobel se demanda ce qui risquait de lui apporter le plus de problèmes : le Ministère s'il apprenait la présence de Greyback non loin de chez elle ou Greyback lui-même si elle décidait finalement de lui venir en aide. Elle pinça les lèvres, elle était coincée. Sans grand enthousiasme, elle se résigna et décida de laisser sa conscience gagner. « Par Merlin, qu'est-ce qu'il vous est arrivé ? Vous êtes blessés. » Lança-t-elle en avançant de nouveau. Tout en baissant sa baguette elle s'efforça d'ignorer que Greyback tenait toujours la sienne dans sa main et qu'elle n'avait rien à sa disposition pour le soigner. Enfin, déjà allait-il falloir qu'il accepte de la laisser approcher. Vu leurs rencontres précédentes, Isobel savait que rien n'était si sûr.
© Gasmask


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MessageSujet: Re: when we're becoming something else (liabel)   Lun 19 Juin - 11:11




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Isobel & Liam


 
Lorsqu'elle approche en baissant sa baguette – ce que Liam remarque et interprète comme une volonté de ne pas se montrer menaçante – Liam ne cherche même pas à retenir son soupir. La situation l'agace clairement. De toutes les personnes qui auraient pu le croiser, il faut que soit Isobel Yaxley. Non, vraiment, il aurait voulu mieux.

Ils se sont vus un peu moins d'une semaine auparavant, et Liam a fait son possible pour ne plus croiser la jeune femme après. Leur dernière entrevue lui laisse encore un goût amer dans la bouche. Quand il regarde ses longs cheveux noirs et ses lèvres pincées, ce sont ses derniers mots qui lui reviennent en mémoire. Ceux qu'elle lui crache avec mépris, ceux où elle lui rappelle que son frère est un monstre... Liam se mord légèrement la lèvre en y repensant. Et le goût du sang qui envahit sa bouche le surprend légèrement. Il prend soudain conscience qu'il ne doit vraiment pas être beau à voir. « Par Merlin, qu'est-ce qu'il vous est arrivé ? Vous êtes blessé. » Elle approche et Liam grimace légèrement. « Non, ca va, je vais bien » mais sa voix est rauque et rien qu'à sa façon de s'appuyer contre le mur, on peut voir qu'il ment. Liam, à l'inverse d'Isobel ne lâche pas sa baguette. Non pas pour attaquer la jeune femme – encore que – mais des fois que d'autres aspirants mangemorts n'arrivent. « J'ai juste besoin de rentrer chez moi. » reprend Liam, d'une voix un peu plus faible qu'il ne l'aurait voulue. Il ignore pourquoi il s'acharne à refuser l'aide de Miss Yaxley. Juste par fierté ? Parce que ses derniers mots résonnent encore dans son esprit ? Ou juste parce qu'il croit vraiment qu'avec un peu de sommeil, il ira mieux ? Probablement un mélange de tout ça.

Avec un effort qui lui paraît insurmontable – même s'il fait son possible pour ne pas le montrer – Liam se redresse. Il reste appuyé contre le mur, mais il n'est plus complètement avachi. « Merci de votre inquiétude, Miss Yaxley. » dit-il du ton le plus froid qu'il peut produire, en dépit de la faiblesse qu'il ressent. « Mais je vais bien. Vous pouvez rentrer chez vous. » Ou faire ce que vous voulez, mais loin de moi, pense-t-il sans l'ajouter. Il préfère encore rester dans cette ruelle à se vider de son sang plutôt que de lui montrer qu'il est faible. La confiance qu'il a en la jeune femme est très très limitée.

Un bruit un peu plus loin dans la rue le fait sursauter. D'un geste sûr, bien que légèrement tremblant, il tend sa baguette, avance de quelques pas pour se placer devant Isobel. Ses réflexes d'Auror ne le quittent pas, et protéger les civils est une priorité. Qui sait s'ils ne sont pas revenus finir le boulot ? Une chose est sûre, si Liam doit tomber, il entraînera les deux criminels dans sa chute ! Sauf que, ce ne sont pas les deux types louches qui apparaissent à quelques mètres de lui, mais un chat. Un malheureux chat roux qui miaule d'un air menaçant en direction des deux sorciers. Liam baisse le bras et se passe une main dans les cheveux. Un malheureux rire sans joie lui échappe. Il est tendu, beaucoup trop tendu. « Vous devriez vraiment rentrer chez vous » confie-t-il à Isobel, en se retournant et en la regardant enfin dans les yeux. Il a perdu de son timbre froid. « Ce n'était qu'un chat, je sais, mais les rues ne sont pas sûres en ce moment. » Elle le sait probablement mais le fait qu'elle soit encore là prouve qu'elle n'accorde pas assez d'importance à sa vie, selon Liam. Il lui adresse un léger sourire, une ombre de sourire à vrai dire, qui flotte un instant sur ses lèvres, avant qu'il ne soit secoué d'une légère quinte de toux. Ah, oui, ses côtes. Il les avait presque oubliées avec l'adrénaline que la présence du chat avait fait monter. Sauf qu'elles, elles ne l'avaient pas oublié. Et ce coup-ci, il n'a plus le mur pour l'aider à se maintenir.

Deux choses le frappent simultanément. La première, c'est qu'il se tient très près de Miss Yaxley. Dans sa tentative pour la protéger d'un chat il s'en est approché, et résultat, maintenant, il est trop près d'elle à son goût. Assez prêt pour remarquer la lassitude et la fatigue qu'elle ne parvient pas à effacer de son visage. Il se demande vaguement si elle a eu une longue journée, ou si elle a des problèmes. Non pas qu'il en ait quelque chose à faire.
La seconde chose qui le frappe, c'est que la rue se met à tourner autour de lui. Bon, plus exactement, il est pris d'un vertige qui le fait chanceler. Luttant contre son corps, la gravité, et l'impression qu'il va s'effondrer, Liam prend une courte inspiration, et fait un pas en arrière. Rassuré de ne pas être tombé, il se sent déjà mieux, de s'être un peu éloigné de Miss Yaxley. Enfin, il se sent mieux moralement, pas physiquement. Physiquement, ce n'est pas la joie, mais il veut à tout prix le cacher.

Il n'y parvient pas du tout. Son visage a pâli d'un coup, et ses côtes lui font extrêmement mal. Sans même s'en rendre compte, il porte une main à son flanc, là où il est sûr que ses os se sont brisés. Le sort l'a vraiment touché de plein fouet. La moindre inspiration trop forte menace de le faire tousser, et chaque fois qu'il tousse, il a l'impression que ses os se brisent un peu plus. Mais il en a vu d'autres. Durant ces dernières années en tant qu'Auror, il a déjà eu d'autres blessures, et des pires même. « Vraiment Miss Yaxley » souffle-t-il en essayant de se montrer convaincant, puisqu'elle est encore là. « Rentrez chez vous. » Mais rien n'y fait.
Quelque part, Liam se demande s'il n'est pas maudit.

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MessageSujet: Re: when we're becoming something else (liabel)   Lun 19 Juin - 20:32

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Δ No pain, no gain

Dès qu'elle s'était aperçue que le sorcier dans la ruelle n'était autre que Liam Greyback, Isobel n'avait eu qu'une envie : faire demi-tour et oublier ce qu'elle venait de voir. Elle aurait voulu que ce soit aussi simple que ça, tourner les talons et s'éloigner sans un mot pour laisser cette scène devenir un vague souvenir qu'elle ne tarderait pas à oublier. C'était vraiment ce qu'elle aurait voulu. Elle aurait tout donné pour ne pas être témoin de cette scène. Elle n'avait pas recroisé la route de l'auror depuis leur altercation dans l'apothicairerie, et elle considérait que c'était très bien ainsi. Il y avait eu trop de colère, trop de rancune et trop de mots lancés pour blesser lors de leur dernière rencontre. Trop de sentiments négatifs qui avaient bien failli les perdre tous les deux. Ils avaient flirté dangereusement avec les limites ce jour-là et quand elle y repensait, elle restait tétanisée face à son imprudence. Elle ignorait comment l'un ou l'autre réagirait s'ils devaient de nouveau se faire face, et une part d'elle n'avait pas très envie de le savoir. Alors quand elle avait reconnu les traits du sorcier, son instinct lui avait intimé de prendre la fuite, de ne pas chercher à se faire encore plus de mal en laissant à l'auror de nouvelles opportunités de la tourmenter. Pourtant, elle était restée, pire, elle s'était même approchée et au fond d'elle, elle savait qu'elle était prête à lui proposer son aide. Elle avait beau lui en vouloir, elle n'avait pas pu se résoudre à partir. Il était blessé, certainement assez sérieusement, et elle avait choisi de ne pas détourner le regard. Ce n'était pourtant pas l'envie d'abandonner Greyback à son sort qui lui manquait. Elle ignorait pourquoi elle avait suivi sa conscience plutôt que son instinct. Qu'est-ce qui l'avait poussé à agir et maintenant que c'était fait, elle s'efforçait de reléguer cette question au fin fond de son esprit. Elle n'avait pas envie d'y réfléchir et préférait mettre ça sur le compte de son impulsivité incontrôlable, celle qui la faisait agir avant même de réfléchir aux conséquences. Elle avait pris sa décision, aussi incompréhensible soit-elle, il serait grand temps de regretter plus tard. Enfin, pour cela, il fallait déjà que le sorcier accepte l'aide qu'elle lui proposait, ce qui semblait être une toute autre bataille.

À travers les traces de coups et de sang, elle pouvait lire un mélange d'agacement et de colère sur le visage de Greyback. Quelque part, elle pouvait le comprendre, elle aussi, elle aurait certainement détesté se retrouver en position de faiblesse face à lui. Elle pouvait comprendre le ressentiment qui le gagnait, mais en ce moment précis, elle était la seule capable de l'aider, alors elle choisit d'ignorer qu'il refusait de la regarder. « Non, ça va, je vais bien. » Isobel laissa une moue perplexe passer sur ses traits. Bien sûr que non, il n'allait pas bien et ce n'était pas avec tout ce sang sur le visage et sa voix cassée qu'il allait pouvoir la convaincre du contraire. Il pouvait à peine se tenir debout, qui croyait-il berner ? « J'ai juste besoin de rentrer chez moi. » Cette fois-ci, la sorcière acquiesça lentement, toujours sans un mot. Elle était d'accord, il avait besoin de rentrer chez lui se reposer. Mais dans son état, c'était une entreprise vouée à l'échec, une tentative de transplanage ne pourrait qu'empirer les choses, il avait d'abord besoin de soins, même s'il refusait de l'admettre. Elle se contenta donc de l'observer se redresser tant bien que mal. Il avait beau faire de son mieux pour camoufler ses émotions, l'apothicaire voyait bien qu'il souffrait. Elle savait reconnaitre la douleur, surtout que là, elle était particulièrement criante malgré tous les efforts de l'auror. « Merci de votre inquiétude, Miss Yaxley. » Contrairement à ses mots, son ton ne comportait pas la moindre trace de remerciements. Apparemment, ses blessures ne l'empêchaient pas de se montrer glacial envers elle. Isobel ne s'en formalisa pas, laissant glisser les paroles sur elle, refusant de leur accorder la moindre importance. Il ignorait à quel point elle était habituée à ce genre de ton. Sûrement l'avait-elle mérité après leur dernière rencontre. Sûrement aurait-elle réagi pareil à sa place. Elle ne pouvait pas le blâmer. « Mais je vais bien. Vous pouvez rentrer chez vous. » Face à son mensonge, elle secoua de nouveau la tête avec obstination et ignora royalement la seconde partie de sa phrase. Brièvement, elle se demanda jusqu'à où il était capable d'aller dans son refus de lui avouer qu'il n'allait pas bien. Se croyait-il vraiment capable de rentrer chez lui seul, dans cet état, simplement pour ne pas avoir à accepter son aide ? L'orgueil pouvait pousser les sorciers à agir bien sottement. « Vous devriez apprendre à mieux mentir Greyback. » Déclara-t-elle simplement avec détachement. C'était une excellente menteuse, Isobel, depuis toute petite, elle avait dû s'efforcer de porter un masque pour correspondre aux attentes sans fins de ses parents, pour rentrer dans le moule de la société des sang-purs et aujourd'hui, elle maîtrisait l'art du mensonge et des faux-semblants avec perfection. Et surtout, elle savait reconnaitre un mauvais menteur et là, elle était loin d'être dupe. De toute façon, avec autant de sang sur le visage, Greyback aurait bien été incapable de berner un enfant.

Un bruit retentit dans la ruelle, captant l'attention d'Isobel. Elle resserra sa prise sur sa baguette et se retourna pour voir de quoi il s'agissait, mais Greyback avait été plus rapide qu'elle et sa vue fut rapidement bouchée par la carrure de l'auror. Il fallut une seconde à la sorcière pour comprendre qu'il s'était placé devant elle pour la protéger, un instant, elle resta interdite. Même si l'auror nourrissait envers une aversion non dissimulée, il avait tout de même cherché à la protéger et Isobel ne savait qu'en penser. Elle choisit finalement de n'y apporter aucune importance, il ne faisait que son boulot d'auror, c'était assez simple. La sorcière se pencha pour voir ce qu'il se passait dans la rue et fini par apercevoir la source du bruit : un chat roux à l'aspect famélique apparu dans son champ de vision et détala presque aussitôt après avoir feulé dans leur direction. « Vous devriez vraiment rentrer chez vous. » Le rire qui s'échappa du sorcier la fit sursauter, elle releva les yeux découvrant que cette fois-ci, il ne cherchait pas à éviter son regard. Et qu'ils étaient proches, très proches. « Ce n'était qu'un chat, je sais, mais les rues ne sont pas sûres en ce moment. » Les paroles de l'auror firent lever un sourcil à la sorcière. Elle se retint de justesse de déclarer que c'était le monde magique dans son entièreté qui n'était plus sûr depuis quelques mois, mais elle parvint à se contenir. « Je suis ici chez moi. Et je sais me défendre. » Répliqua-t-elle à la place. Elle voulait croire qu'elle était toujours en sécurité dans son propre quartier, là où son nom lui avait toujours accordé une certaine protection. Et dans le cas contraire, elle voulait croire qu'elle pouvait se défendre seule, qu'elle n'avait pas besoin d'un sauveur. Surtout un qui manqua de s'effondrer, terrassé par une quinte de toux devant ses yeux. D'un pas en avant, Isobel s'était précipitée vers l'auror mais il était parvenu à se stabiliser et elle laissa retomber ses bras le long de son corps. Elle aurait pu lui offrir son épaule sur laquelle s'appuyer, mais elle pouvait deviner d'ici sa réaction. Elle resta donc à une distance respectable. Il avait le teint particulièrement pâle et sa manière de se tenir trahissait des côtes douloureuses, certainement cassées même. Isobel leva brièvement les yeux au ciel, l'attitude butée de l'auror commençait à l'exaspérer. A force de vouloir jouer les durs, il allait finir par empirer son état et Isobel espérait qu'il allait au moins avoir la décence de ne pas tourner de l’œil devant elle. « Vraiment Miss Yaxley » Isobel porta sur lui un regard blasé, elle pouvait déjà deviner quels mots allaient franchir ses lèvres. « Rentrez chez vous. » Par Merlin, il ne semblait avoir que ce refrain en tête. À tel point que l'apothicaire se demanda s'il ne souffrait pas d'une commotion cérébrale. Un soupir bruyant s'échappa de ses lèvres, Greyback devait pourtant savoir que sa patience était limitée. « Pour que le Ministère me mette votre état sur le dos ? Non merci. » Répondit-elle avec un rire amer. Elle n'était pas stupide Isobel. Même si d'autres familles de sang-pur vivaient dans cette rue, elle savait que son nom figurait en tête de certains dossiers du Ministère et qu'un bon nombre de ces agents ne seraient que trop heureux de pouvoir lui faire porter de nouvelles charges.

Elle regarda autour d'elle, jaugeant du regard les options qui s'offraient à elle, réalisant avec une pointe de déception qu'au final, elle n'avait pas vraiment de choix. Ils se trouvaient dans un cul-de-sac désert, à cette heure-ci les boutiques fermaient leurs portes et elle avait face à elle un auror en sale état et particulièrement têtu. Malgré ce qu'il affirmait, il avait besoin de soins et, à part sa baguette, Isobel n'avait rien sur elle pour l'aider. De plus, si elle avait une maitrise correcte des sortilèges de soin les plus basiques, elle avait toujours été plus adroite avec les potions de ce domaine. Or tout ce dont elle avait besoin pour fabriquer des potions se trouvait chez elle. Elle soupira de nouveau en réalisant que c'était là sa seule option. Elle ne pouvait pas prévenir un agent du Ministère tant qu'elle n'en savait pas plus sur ce qu'il était arrivé à Greyback et elle ne pouvait pas transplaner avec lui sans risquer qu'il ne se désartibule. Par Merlin, elle était coincée. Résignée, elle ferma un instant les paupières avant de fixer de nouveau ses prunelles sur l'auror et de faire un pas dans sa direction. « Venez, j'ai de quoi vous soigner chez moi. » Déclara-t-elle d'une voix qu'elle voulait naturelle en montrant la rue derrière eux pour souligner qu'elle ne vivait pas loin. Elle était pourtant consciente qu'elle ne trompait personne en offrant son aide de la sorte, encore moins en invitant un auror à pénétrer dans la demeure familiale des Yaxley. Ça n'avait rien de naturel. D'ailleurs, vu le regard que Greyback lui lançait, lui aussi avait l'air de trouver ça étrange. Avec un énième soupir, elle passa une main sur ses yeux. « Ne me regardez pas comme ça, Greyback, je ne compte pas vous empoisonner. Vous préférez peut-être croupir dans cette ruelle en attendant que quelqu'un de moins bien intentionné vous trouve ? » Lança-t-elle avec une pointe d'agacement. Elle ne voyait pas d'autre option et à moins que Greyback ne préfère agoniser dans cette ruelle plutôt que de lui accorder une once de confiance, il n'avait pas d'autre option non plus. Mais encore fallait-il qu'il accepte de regarder la vérité en face. Il était là, chancelant et pâle comme la mort, Isobel voyait mal comment il pouvait encore se permettre de jouer l'auror intouchable. « Par Merlin, rangez votre fierté, elle ne sert à rien. Je vois bien que vous n'êtes pas en état de transplaner, vous tenez à peine debout. » Elle le toisa, lucide sur le fait qu'elle ne voyait là que les blessures externes et qu'il en portait peut-être d'autre. Il vacilla de nouveau et sentant que cette fois-ci, il aurait du mal à se rattraper Isobel se précipita vers lui et agrippa ses avant-bras pour l'empêcher de basculer. Elle chancela une seconde avec lui, mais parvint à tenir bon. Leurs regards se rencontrèrent l'espace d'un instant qui lui parut durer une éternité. « Et franchement, vous avez une tête à faire peur. »
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MessageSujet: 663300 seagreen   Mar 20 Juin - 12:15




it's funny how reflexions change when we're becoming something else

Isobel & Liam


 
Liam peut être un bon menteur, à vrai dire. On arrive difficilement à devenir Auror sans pouvoir mentir. Prêcher le faux pour savoir le vrai, c'est un jeu pour lui, quelque chose où il excelle. Mentir pour protéger quelqu'un, ça aussi, il sait faire. Il ne retire pas particulièrement de fierté de ce petit talent. Par contre, mentir pour lui, que ce soit pour se protéger, ou simplement pour cacher ce qu'il ressent, ça, il faut admettre, Liam est nul. Ses émotions se voient souvent sur ses traits, il peut être un véritable livre ouvert. Et il lui en coûte de fermer son visage, de se composer un masque. Il a su le faire lors de sa dernière entrevue avec Miss Yaxley, pour cacher colère et douleur, mais là, il n'en est pas vraiment capable, occupé qu'il est à juste tenir debout. Tenir debout et protéger les sorcières des chats errants. « Je suis ici chez moi. Et je sais me défendre. » Liam n'a aucun doute là dessus. Il sait qu'Isobel Yaxley est plus forte que ne le suggère son apparence de jeune femme bien éduquée et qui aurait été protégée toute sa vie par son nom et le statut de son sang. Mais, il y a une sacré différence entre savoir se défendre et aller au devant du danger. Liam la connaît bien cette différence. Dans la théorie, seulement. Parce que dans la pratique... Disons simplement qu'il a tendance à se jeter dans la gueule du loup. Comme ce soir.

Il lui intime à nouveau de rentrer chez elle, et il ne loupe pas le soupir qu'elle pousse. Il commence à connaître quelques unes de ses réactions. Généralement, ça, ça signifie que la patience de la jeune femme est en train d'arriver à sa limite. Et très vite, constate-t-il pour lui même. Une petite voix au fond de son esprit lui murmure qu'il aurait plutôt intérêt à ne pas s'en faire une ennemie ce soir, car il n'est pas du tout de taille à la combattre. « Pour que le Ministère me mette votre état sur le dos ? Non merci. » Un reniflement de dédain lui échappe. « Hors de question que le Ministère apprenne que j'étais là ce soir. » Son ton est aussi amer que le rire de Miss Yaxley. A croire qu'en cet instant, ni l'une ni l'autre ne fait totalement confiance au Gouvernement. Ou ne veut le voir intervenir ici. Ça, c'est sa seule certitude. Le Ministère ne doit savoir sous aucun prétexte que Liam Greyback a tenté d'appréhender un sympathisant mangemort alors qu'il est sur une autre affaire. Déjà parce qu'il n'aurait pas dû y aller sans renfort, mais en plus parce que cette affaire est probablement tombée à l'eau à cause de lui. Moins le Ministère en saura, mieux ça vaudra pour lui.

Liam observe curieusement Miss Yaxley. Il n'a pas non plus manqué le pas qu'elle avait fait vers lui alors qu'il voyait la rue tourner autour de lui. Qu'est ce que ça signifie ? Est ce qu'elle est encore là, simplement parce qu'elle a peur que le Ministère lui reproche son état ? Il peut la rassurer à ce niveau là, le Ministère ne le saura pas, elle sera parfaitement à l'abri des répercussions. Lorsqu'elle soupire de nouveau, Liam penche légèrement la tête. Que se passe-t-il dans la sienne ? Il n'a rien dit du tout, rien qui puisse pousser encore un peu les limites de sa patience. La sorcière est un mystère pour lui. Mais il n'est pas sûr de vouloir la comprendre. « Venez, j'ai de quoi vous soigner chez moi. » Il est probable que Miss Yaxley ait voulu se montrer nonchalante en lui faisant pareille proposition. Mais Liam n'est pas dupe. Au vu de leurs précédentes rencontres, il serait plus logique qu'elle l'invite chez elle pour le tuer. L'Auror hausse les sourcils. Il ne répond rien, tant son expression parle pour lui. La jeune femme passe une main sur ses yeux avec un nouveau soupir – oui il l'agace, il l'aura compris. Ca ne lui donne vraiment pas envie de la suivre. « Ne me regardez pas comme ça, Greyback, je ne compte pas vous empoisonner. Vous préférez peut-être croupir dans cette ruelle en attendant que quelqu'un de moins bien intentionné vous trouve ? » Liam fronce les sourcils. A croire qu'elle sait très bien ce à quoi il pense. La partie rationnelle de sa personne lui conseille de se taire et de suivre Miss Yaxley. Parce qu'elle a parfaitement raison. Il n'est pas vraiment en sécurité s'il reste sur place. Son premier plan, celui de rentrer chez lui est encore très tentant, mais avant même qu'il puisse protester, Miss Yaxley l'interrompt. « Par Merlin, rangez votre fierté, elle ne sert à rien. Je vois bien que vous n'êtes pas en état de transplaner, vous tenez à peine debout. » Encore une fois, elle a raison, et même l'admettre en pensée le fait grimacer. Liam s'apprête à protester, que merci bien, mais il peut encore transplaner tout seul, il n'est pas si blessé, mais il n'en a pas le temps.

Sa vue s'obscurcit soudain lorsqu'un voile noir tombe devant ses yeux. Il n'entend plus que son sang battre à ses oreilles et sent vaguement qu'il recommence à vaciller. Une pensée lucide lui vient brutalement, il va tomber. Mais, à sa grande surprise, une prise ferme sur ses avants-bras le rattrape. Une seconde, il a l'impression que la prise sur ses avants bras n'est pas assez forte, et qu'il va l'entraîner dans sa chute, mais cela ne dure pas. Il reste debout, en place, légèrement tremblant. Et lorsqu'enfin le voile noir se lève et que sa vue lui revient, il se retrouve face à deux yeux ambrés. C'est la première fois qu'il fait vraiment attention à leur couleur. Vaguement, elle lui rappelle la couleur des vieux alcools précieux qui tourbillonnent dans des bouteilles de verre. La dernière fois qu'il s'est retrouvé face à eux d'aussi près lui revient en mémoire. Le feu qu'il y avait vu est toujours là, quelque part, pourtant cette fois-ci, il n'est pas prêt à l'embraser. Mais Liam se force à revenir à l'instant présent. Miss Yaxley le maintient en position verticale et il lui faut quelques secondes de plus pour vraiment s'en remettre.  « Et franchement, vous avez une tête à faire peur. » Liam ne peut empêcher un léger sourire en coin d'illuminer son visage pâle. « J'essaierai de ne pas me vexer, Miss Yaxley » dit-il d'un ton plus amusé que vexé. Elle a raison. Sur toute la ligne. Sa fierté ne lui sert à rien. Il faut qu'il accepte son aide. Il n'est pas capable de transplaner, pas comme ça. Si c'est pour laisser un bras derrière lui, non très mauvaise idée. « Très bien, je vous suis. » soupire-t-il las. Ce n'était pas son plan, mais bon, plus la soirée avance, moins ses plans fonctionnent, alors peut-être ferait-il mieux de tout abandonner dès maintenant.

Et, tout en restant assez proche d'elle au cas où il basculerait de nouveau, la paire de sorcier se met en route. « Vous savez, j'en ai vu d'autres. » précise-t-il d'un ton léger, comme s'il parlait du temps qu'il fait, histoire de montrer qu'il sait quand même un minimum ce qu'il fait. « Généralement, suite à un endoloris, le mieux à faire c'est encore de dormir. » Bon, il y a sûrement mieux à faire. Il ne doute pas qu'il existe sûrement un sort, ou une potion qui accélère un peu le processus de guérison. Mais jusque là, Liam a toujours fait comme ça. Quant à ses côtes brisées et ses coupures... Il a beau être assez mauvais en sorts de guérison, il pourra bien bricoler quelque chose une fois chez lui. Pourtant, il continue de suivre Miss Yaxley.

Ils débouchent enfin sur une rue un peu plus éclairée où plusieurs maisons sont alignées. Liam espère que personne ne passera la tête par la fenêtre, et ne les repérera. Il ose à peine imaginer le tableau qu'ils doivent dresser tous les deux. A vrai dire, lorsqu'il était apparu dans la ruelle pour coincer Hudson, il n'avait pas fait attention à l'endroit où il était. Il n'avait pas fait le rapprochement avec la demeure Yaxley. Pour une fois qu'il ne faisait pas exprès de la croiser ! Une fois arrivés devant la porte, Liam détaille un instant la maison imposante qui lui fait face. Il se mordille la lèvre un instant, pas sûr d'être dans son bon droit, et puis finalement, se dit que sa situation ne peut pas être pire et ouvre la bouche. « Ce n'est pas trop dur pour vous, de vivre ici ? » Ici, sous-entendu là où ses parents ont vécu, là où vivent encore ses souvenirs. Liam ne le précise pas, parce qu'il sait qu'elle va comprendre. Il continue de fixer la porte d'entrée, les moulures, tout sauf la jeune femme. La question ne se veut pas indiscrète, et son ton est bien différent de toutes les autres fois où il lui a posé des questions sur sa famille. Cette fois-ci, une vraie sollicitude s'y trouve, aussi un peu d'inquiétude, bien cachée au fond de ses intonations. Il ne sait pas comment elle fait. Lui, si ce n'était pour sa mère, il ne remettrait plus jamais les pieds chez ses parents. Depuis que son père est mort, à vrai dire, il y va le moins possible, tellement la maison lui rappelle des tonnes de choses. La plupart, qu'il souhaiterait oublier pour être honnête. Mais il imagine que la vie de Miss Yaxley a du être un peu plus douce que la sienne. Même les bons souvenirs peuvent s'avérer très douloureux lorsque l'on perd un être cher.  

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MessageSujet: Re: when we're becoming something else (liabel)   Jeu 22 Juin - 20:03

when we're becoming something else
Liam
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Isobel


 

 



 

 

Δ No pain, no gain

Elle s'attendait à ce qu'il la repousse, qu'il exprime un refus clair et non-négociable. Qu'il lui montre que la main pleine de doutes qu'elle lui tendait n'était absolument pas la bienvenue. Ça ne l'aurait pas étonnée, bien au contraire. Après tout, Greyback avait toujours été clair sur le ressentiment qu'il éprouvait à l'égard d'Isobel et elle-même avait vite appris à ne rien attendre des autres pour ne pas être déçue. À ne rien attendre de lui. L'air amer qui s'était peint sur ses traits quand il l'avait reconnu ne l'avait pas surprise le moindre instant, surtout pas après la manière dont leur dernière entrevue s'était achevée. Alors, elle fut bien déconcertée de voir un sourire amusé illuminer ses traits, faisant presque oublier le sang qui s'accrochait à sa peau. Quand il ne cachait pas un rictus provocateur, son sourire était bien plus agréable à regarder. « J'essaierai de ne pas me vexer, Miss Yaxley » Il plaisantait. S'il y avait une réaction à laquelle elle ne s'était pas attendue, c'était bien celle-là. Elle l'observa, surprise de ce changement soudain, avant de laisser à son tour un léger sourire étirer ses lèvres. Quelque part, elle avait le sentiment qu'il venait de déclarer une trêve et elle en fut soulagée. Elle ignorait encore ce qui la poussait à l'aider de la sorte, et elle ne souhaitait pas y réfléchir, mais elle n'avait aucune envie de devoir se battre pour ça. Même si elle avait choisi d'écouter sa conscience, elle savait qu'elle serait parfaitement capable de l'abandonner là s'il la poussait trop. Peut-être était-il arrivé à la même conclusion. Peut-être s'était-il finalement rendu compte qu'il ne lui servait à rien de s'obstiner à se draper dans sa fierté. Car Isobel crut déceler un changement infime dans son attitude. « Très bien, je vous suis. » Ne sachant pas trop si elle devait se réjouir de cette décision ou non, la sorcière hocha lentement la tête. Comme souvent, elle avait obtenu ce qu'elle voulait, mais cette fois, elle espérait qu'elle ne faisait pas une erreur en laissant Greyback entrer dans le manoir familial. Dans d'autres circonstances, elle n'aurait jamais accepté de lui en donner l'accès, de peur qu'il n'en profite pour chercher des informations sur sa famille, mais dans son état actuel, il était bien incapable de fouiller le moindre tiroir, alors c'était un risque qu'elle était prête à courir.

Lorsqu'elle réalisa qu'elle n'avait toujours pas lâché l'auror alors qu'il semblait tenir debout, Isobel détourna le regard et recula prudemment d'un pas. D'un geste, elle l'invita à la suivre, la demeure des Yaxley se trouvaient à quelques maisons de là et avec un peu de chance, ils pourraient l'atteindre avant que l'auror ne tourne définitivement de l’œil. Même si cette rue était sorcière, Isobel ne pourrait pas prendre le risque d'utiliser un sort de lévitation sur lui et elle doutait fortement de pouvoir le trainer dans la rue sans se faire remarquer. Il était plus prudent qu'ils n'attirent pas l'attention. Tentant d'oublier que l'allure générale de l'auror était loin de jouer en leur faveur, la sorcière le guida dans Grimmauld street, croisant les doigts pour qu'ils ne rencontrent personne en chemin. Nul doutes que peu de sorciers de cette rue verraient d'un bon œil qu'elle laisse entrer un agent du Ministère chez les Yaxley. « Vous savez, j'en ai vu d'autres. » Tout en avançant, Isobel lui lança un rapide coup d’œil. Ils avançaient cote à cote dans la rue déserte, tout en restant assez proche de lui pour le retenir s'il vacillait de nouveau, l'apothicaire s'efforçait de maintenir une distance respectable entre eux. Elle n'aurait jamais imaginé se trouver dans une telle situation avec l'auror et elle ne savait pas ce qu'elle devait en penser. Alors elle se contentait de poser un pied devant l'autre, repoussant ses doutes dans un coin de son esprit, espérant ne pas avoir à les affronter plus tard. « Généralement, suite à un endoloris, le mieux à faire c'est encore de dormir. » Imaginer les effets d'un endoloris arracha un frisson à Isobel, elle n'avait jamais subi ce sortilège interdit, mais cette seule perspective l'emplissait d'horreur et elle dut se concentrer sur le moment présent pour ne pas se perdre en conjectures. Elle ne remettait pas la parole de Greyback en doute, il était un auror et par les temps qui couraient, il était facile de croire qu'il s'était déjà trouvé dans des situations bien plus dramatiques que celle-ci. Mais dans ces moments-là, il devait être entouré d'autres sorciers capables de le soigner dans la minute ou de l'emmener à Sainte Mangouste et non pas seul dans une ruelle sombre. « Vous avez l'air d'avoir reçu plus qu'un simple endoloris. » Fit-elle en référence à ses côtes qui semblaient cassées et aux coupures qui barraient son visage. Des blessures qui demandaient des soins. Elle sentait qu'il tentait de se dérober, de refuser son aide une nouvelle fois, mais il en fallait plus pour la duper. Pendant ses études, elle avait appris que les effets de l'endoloris s'estompaient seuls avec un peu de temps, mais elle avait également appris à concocter des potions qui accéléraient ce processus. Quelque chose lui disait que ça ne serait pas la dernière fois qu'elle préparerait un tel mélange.

Enfin, Isobel s'arrêta devant une imposante bâtisse qui se dressait au milieu de la rue, la demeure Yaxley. Une petite grille en fer forgé les séparait de la porte d'entrée, malgré son aspect imposant, la maison ne paraissait pas menaçante, mais ce n'était qu'une façade, l'endroit était en réalité saturé de sortilèges destinés à camoufler les lieux aux moldus et à assurer la sécurité de ses habitants. Encore une fois, les Yaxley prouvaient qu'il ne fallait pas se fier aux apparences. « Ce n'est pas trop dur pour vous, de vivre ici ? » Alors qu'Isobel allait poser la main sur la grille noire, elle se figea, laissant flotter ses doigts à quelques centimètres du métal. Elle regarda Greyback du coin de l’œil et elle fut soulagée de constater qu'il évitait de fixer ses prunelles sur elle. Sa question l'avait surprise et elle n'avait pu empêcher son cœur de se serrer ou l'expression de son visage de trahir la peine qui l'avait traversée. Elle le fixa un instant avant de poser également son regard sur le lieu qui représentait le plus sa famille à ses yeux. Après toutes les questions qu'il lui avait posées et les réponses qu'il avait exigées, elle était toujours méfiante, mais cette fois-ci, quelque chose paraissait différent. Le ton de sa voix n'était plus le même et cette fois, il ne la fixait pas avec insistance. Comme s'il se souciait réellement de ce qu'elle pouvait ressentir à chaque fois qu'elle franchissait le seuil de la demeure. Comme si cette fois c'était le sorcier qui parlait et non pas l'auror. Isobel hésita. « J'ai grandi ici, tous mes souvenirs sont dans cette maison. » Répondit-elle doucement. Quelque chose dans la voix et l'attitude du sorcier lui laissait croire qu'il n'agissait pas en tant qu'auror et même si elle n'était pas prête de lui raconter toute sa vie, elle avait choisi de s'ouvrir un peu. Juste un peu. Pendant de longues secondes, elle resta à ses côtés fixant la bâtisse en tentant de canaliser les émotions que cette vue provoquait en elle. C'était la maison qui l'avait vu grandir, évoluer, qui avait vu sa famille se former, se rapprocher, se déchirer. Toute sa vie lui semblait étalée là, sous ses yeux. Elle se revoyait parcourant l'immense bibliothèque de son géniteur ou explorant le grand jardin qui se cachait derrière. Elle se revoyait grandir sous les regards scrutateurs de ses parents et celui bienveillant de Lucifer. Et maintenant, cette demeure ne recelait plus que des souvenirs. « Certains jours sont plus simples que d'autres. » Souffla-t-elle en détournant le regard. En réalité, les jours difficiles étaient bien plus nombreux que les jours simples, mais Isobel refusait de l'admettre devant Greyback, ou même à elle-même. Les souvenirs qui vivaient toujours entre ces murs n'étaient pas tous joyeux, grandir ici n'avait pas toujours été aisé. Les Yaxley avaient toujours des exigences sans fin envers leurs enfants et Isobel s'y était toujours plié, multipliant les efforts pour plaire à ses parents, vivant sous une pression constante, pour ne recevoir en échange que peu d'amour. Elle était consciente que sa famille était bien loin de l'image parfaite qu'ils entretenaient à l'extérieur, mais elle restait sa famille et malgré le manque d'affection et d'attention, elle ne pouvait s'empêcher de l'aimer, d'un amour partagé entre l'amertume et la tendresse sincère. Un amour qui ne demandait qu'à en recevoir, mais qui se trouvait sans cesse déçu. Ça n'avait pas toujours été simple de se construire au sein du manoir, aujourd'hui, il était encore plus difficile d'y vivre. Pourtant, Isobel ne parvenait pas à s'imaginer abandonner un jour la maison familiale. Elle n'était pas prête et elle ignorait si elle serait un jour. Alors la douleur sourde que lui procuraient ces murs, elle devait apprendre à l'oublier, à l'enterrer au fond d'elle. À vivre avec s'il le fallait.

Après ce qui lui paru une éternité, Isobel releva la tête et, reprenant son geste précédent, elle effleura du bout des doigts la grille, activant le sortilège qui la protégeait. Dans un grincement, le portique s'ouvrit en même temps qu'un léger déclic retentissait au niveau de la porte d'entrée, indiquant que celle-ci était désormais ouverte. D'un geste, la sorcière invita l'auror à s'avancer. « Entrez. » Elle le suivit à l'intérieur, Lucifer ne viendrait pas ce soir et à cette heure-ci, l'elfe de maison de la famille était sans doute occupé dans la cuisine, elle n'avait donc pas à s'inquiéter que quelqu'un découvre qu'elle avait invité Greyback dans les lieux de son plein gré. Le hall d'entrée en partie occupé par un grand escalier, était décoré de tableaux de famille et divers meubles anciens, sur le côté une double porte menait au salon. Mais Isobel indiqua la direction opposée au sorcier et, s'efforçant d'ignorer les différentes peintures qui représentaient ses ancêtres ou sa propre famille, elle le mena dans un bureau percé de deux grandes fenêtres qu'elle s'était approprié au fil des ans. À l'origine, il s'agissait de la pièce où des précepteurs venaient lui faire cours quand elle était enfant, mais après son entrée à Poudlard, quand sa passion pour l'art des potions s'était pleinement révélée, son paternel avait accepté qu'elle face de cet endroit son propre bureau. D'année en année, elle y avait entassé tous les grimoires qu'elle trouvait sur les potions, les ingrédients ou les plantes magiques. Sur des étagères, elle avait stocké ses propres potions, de sa confection ou non et dans un grand meuble à tiroir se trouvait tous les ingrédients qu'elle avait récoltés. Enfin, l'espace de la pièce était partagé entre un bureau -qui croulait sous les notes- un canapé sombre et un petit chaudron installé dans un coin. « Vous pouvez vous asseoir. » Dit-elle à l'auror en lui indiquant le canapé d'un geste de la main. Le laisser entrer dans ce bureau lui laissait un goût étrange au fond de la gorge, comme si elle partageait avec lui une part d'elle alors qu'ils étaient loin de se connaître, et encore moins de s'apprécier. Après tout, c'était son endroit. Mais elle n'avait pas vraiment le choix, il avait besoin de soin et tout son nécessaire se trouvait là. Elle n'était pas médicomage, aussi ne pourrait-elle pas faire de miracle, mais avec les bonnes potions, elle pouvait grandement améliorer son état. Et en potions, elle était douée. Tournant le dos à Greyback, Isobel se dirigea vers sa réserve de potions qui, contrairement à son bureau, était rangé méticuleusement. Décidant de traiter les blessures de l'auror par ordre de gravité, elle sortit un flacon violet et le lui tendit. Sur la bouteille, une étiquette écrite de sa main indiquait qu'il s'agissait d'un dérivé du Poussos amélioré par ses soins. « Tenez, ça ne va pas être agréable, mais ça devrait ressouder vos côtes. » Elle aurait pu lui préciser de nouveau qu'il ne s'agissait pas de poison, mais à ce stade elle n'en voyait pas l'utilité. Elle n'allait tout de même pas avaler des potions inutiles pour lui prouver qu'elle ne comptait pas lui faire de mal. Liam Greyback allait devoir apprendre à mettre sa méfiance de côté, du moins pour le moment. « Je devrais pouvoir faire une potion pour dissiper les effets de l'endoloris. » Expliqua-t-elle tout en fouillant dans les tiroirs qui renfermaient ses ingrédients. Machinalement, elle sortit plusieurs pots et herbes nécessaire à sa potion et alluma un petit feu sous son chaudron d'un coup de baguette. Un second coup de baguette et ses longs cheveux noirs vinrent se rassembler en une queue-de-cheval. Tout en préparant le mélange, elle releva les yeux sur l'auror. « Vous avez d'autres blessures à déplorer ? » Elle ignorait ce qu'il lui était arrivé précisément, mais elle ne serait pas étonnée d'apprendre qu'il avait d'autres blessures à ajouter à sa liste. Enfin, encore fallait-il qu'il oublie son orgueil d'abord.
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MessageSujet: Re: when we're becoming something else (liabel)   Lun 26 Juin - 15:39




it's funny how reflexions change when we're becoming something else

Isobel & Liam


 
 « J'ai grandi ici, tous mes souvenirs sont dans cette maison. » répond Miss Yaxley après un léger instant d'hésitation. Liam acquiesce, sans rien ajouter. La voix de la jeune femme est différente, comme la sienne. Comme si ces deux là sortent de leurs habitudes. Plus un Auror et un témoin agaçant, mais deux sorciers qui ont peut-être plus en commun qu'ils ne veulent le reconnaître. « Certains jours sont plus simples que d'autres. » C'est dans un souffle qu'elle finit. A nouveau, Liam se contente d'acquiescer, un simple signe de tête parce qu'il réalise que cet instant est ténu, que c'est la première fois qu'elle semble être moins sur la défensive... Et lui aussi, à vrai dire. Mais il comprend. Il comprend pourquoi elle reste là, et aussi que parfois le poids des souvenirs soit trop lourd à porter. Tout ça, il le comprend. Mais lui a pris la décision de s'enfuir, de s'échapper et de vivre seul, du côté moldu de la ville. Une décision motivée par le besoin de s'éloigner de ses souvenirs, qui étaient reflétés sur les visages de ses propres voisins dans le Londres sorcier. Même si la famille Yaxley s'est mêlée aux mauvaises personnes, Liam sait qu'Isobel souffre d'un peu moins de préjugés.

Un déclic sort Liam de ses pensées. « Entrez. » La porte d'entrée est ouverte, et l'Auror ne peut que saluer les efforts pour protéger la demeure. Il fait quelques pas dans un hall d'entrée qui lui paraît immense, et laisse traîner son regard sur les portraits qui se trouvent aux murs. Aucun d'entre eux ne semble ravi de le voir là. Il n'a pas le temps de s'attarder plus sur les personnes représentées là, que Miss Yaxley lui indique une porte qui mène à un bureau. Il n'est pas vraiment surpris de voir plusieurs étagères emplies de fioles, et un chaudron dans un coin.  « Vous pouvez vous asseoir. » l'informe-t-elle en désignant un canapé sombre. Liam s'y installe sans un mot, et étire un instant ses longues jambes. Il veille à ne pas faire de mouvements brusques, histoire de ne pas empirer l'état de ses côtes. Il laisse promener un regard curieux sur le reste de la pièce, notamment sur le bureau qu'il aperçoit sous une tonne de parchemins. Mais il est vite interrompu dans son inspection du lieu par Miss Yaxley qui lui tend un flacon violet. « Tenez, ça ne va pas être agréable, mais ça devrait ressouder vos côtes. »  Liam saisit le flacon et jette un œil à l'étiquette. Du Poussos. Ecrite de la main de Miss Yaxley – il commence à reconnaître cette façon qu'elle a de tracer ses « o » à cause des papiers qu'il lui a fait signer et remplir. Il sait que ce n'est probablement pas un poussos classique, qu'il a probablement été modifié par Miss Yaxley. Et il décide de faire ce pari. Liam, en cet instant, se dit qu'il n'a vraiment plus rien à perdre et qu'il peut bien faire confiance à Miss Yaxley. Après tout, il se trouve chez elle. Et un Auror mort dans sa demeure n'aiderait pas à faire croire à son innocence. Alors, Liam dé-bouchonne le petit flacon et en avale le contenu. Une nouvelle quinte de toux le secoue, mais cette fois-ci c'est parce que sa gorge, et son œsophage sont en feu. Littéralement, il a l'impression d'avoir avalé une flamme. Pas agréable, c'est un euphémisme, pense-t-il en respirant une grande bouffée d'air. Mais il sent que quelque chose craque au niveau de ses côtes et quand il y porte la main, il ressent nettement moins de douleur qu'auparavant. Il se doute que les os sont déjà ressoudés. Peut-être encore un peu fragiles, mais au moins, il ne risque plus de se perforer un poumon simplement en respirant. « Je devrais pouvoir faire une potion pour dissiper les effets de l'endoloris. » reprend la sorcière sans lui laisser le temps de la remercier pour ses côtes. Il acquiesce – non pas qu'elle puisse le remarquer, concentrée comme elle l'est sur les bocaux qu'elle sort et le feu qu'elle allume d'un coup de baguette. D'un autre coup, elle attache ses cheveux, et Liam l'observe faire. Il observe comment les cheveux sombres de Miss Yaxley remontent le long de sa nuque pour se rassembler. Il l'observe et une part de son esprit se perd à se dire que oui, elle est plutôt jolie quand même. Puis ses yeux remontent sur Liam, et elle le sort brutalement de ses pensées  « Vous avez d'autres blessures à déplorer ? ». Liam cligne plusieurs fois des yeux, comme s'il se réveillait à peine, essayant de remettre de l'ordre dans ses pensées. « Non je... » Et puis, il se ravise. Autant être honnête. « Je... Je crois que ma tête a cogné assez fort. Je pense que j'ai perdu connaissance un moment. » Ca expliquerait les pensées qu'il vient d'avoir. Liam baisse les yeux sur ses mains.

Il n'est pas à l'aise. Tout d'un coup, il réalise qu'il a probablement fait rater une enquête, juste parce qu'il est trop têtu, et trop fier. La tête penchée ainsi, il passe une main dans ses cheveux, tout en continuant de fixer ses pieds. « Miss Yaxley ? » appelle-t-il d'une petite voix. Il voudrait avoir l'air plus fort, plus fier, comme à son habitude, mais ça lui semble insurmontable. Il n'ose pas relever la tête, il n'ose pas la regarder. « J'ai une faveur à vous demander. » Il sait que ça doit faire beaucoup pour la même soirée. « S'il vous plait, il ne faut pas que qui que ce soit apprenne que j'étais là ce soir. » Il a l'impression de s'écraser devant elle, et ses dents se serrent à cette idée. Il donne le bâton pour se faire battre, et maintenant, elle peut le faire chanter si l'envie lui en prend. Mais Liam aime son métier, plus que tout, et s'il faut mettre de côté sa fierté pour le garder, alors c'est ce qu'il fera.
Finalement, il finit par relever la tête vers elle, par oser affronter son regard. Ce soir, ils ne sont pas sur les mêmes rapports qu'à leur habitude. Et les yeux bleus rencontrent les yeux ambrés à nouveau, et pour la seconde fois ce soir, il pense qu'ils sont beaux, lorsqu'ils ne dégoulinent pas de colère et de mépris à son égard. Liam prend une inspiration, et fronce légèrement les sourcils, tiraillés entre deux sentiments. Sa fierté et tout son caractère, ou l'honnêteté et son métier. « J'ai fait une erreur. » Et bien, ce sera l'honnêteté. Et rien qu'admettre qu'il a fait une erreur, Merlin sait que cela lui en coûte. « J'ai peut-être une chance de la rattraper. Mais il ne faut pas que le Ministère soit au courant. »
Sous entendu : si je me lance encore une fois tout seul à la poursuite de ceux que je cherchais tout à l'heure, je pourrais peut-être les arrêter. Une idée stupide, et dangereuse, mais là, il ne voit pas d'alternative. A nouveau, il passe une main dans ses cheveux, toujours aussi mal à l'aise – quoique peut-être encore un peu plus – mais aussi soudainement un peu plus agité. « Miss Yaxley, merci pour votre aide. » Il se lève d'un seul coup – et heureusement que ses côtes sont réparées – et fait quelques pas vers la porte. « Je devrais probablement y aller maintenant. » C'est une très très mauvaise idée. Il n'est pas entièrement remis. Mais il est très rare que Liam réfléchisse avant d'agir.  

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MessageSujet: Re: when we're becoming something else (liabel)   Mer 28 Juin - 11:48

when we're becoming something else
Liam
feat.
Isobel


 

 



 

 

Δ No pain, no gain

Une quinte de toux soudaine déchira le silence qui s'était installé dans le bureau, indiquant à Isobel que Greyback avait finalement choisi de mettre sa méfiance de côté pour avaler la potion qu'elle lui avait donnée un instant plus tôt. Tournée vers son chaudron, la sorcière ignorait s'il avait hésité à boire le mélange et c'était certainement mieux ainsi. Les suspicions infondées que l'auror nourrissait envers elle l'exaspéraient au plus haut point, elle n'avait pas à justifier chacun de ses gestes, pas chez elle et encore moins avec une de ses propres potions. Si elle avait voulu lui faire du mal, elle n'aurait pas cherché à le conduire chez elle, la ruelle déserte aurait été un endroit parfait. Peut-être était-ce de telles conclusions qui l'avaient finalement poussé à vider le flacon. La notion de confiance avait toujours été plus que compliquée pour Isobel, maintenant plus que jamais. D'un mouvement de baguette, elle fit venir à elle plusieurs bocaux d'ingrédients, qu'elle disposa autour de son chaudron et tout en les mêlant avec soin, elle lança un coup d’œil au sorcier. Les traits de son visage prouvaient qu'il n'avait pas l'air d'apprécier sa version améliorée du Poussos, rien de plus normal, l'efficacité de cette potion était redoutable, mais elle avait un coût. Même si Isobel considérait que c'était un faible prix à payer pour voir ses os se ressouder en quelques minutes seulement. Reportant son attention sur sa potion, l'apothicaire s'efforça d'occulter la présence de l'auror dans la pièce et la brûlure causée par le regard qu'il portait sur elle. Même si c'était elle qui lui avait proposé son aide, et même si elle n'avait aucune intention de revenir sur ses paroles, elle ne pouvait se défaire de l'impression que quelque chose n'allait pas. Cette situation n'avait rien de normale. L'auror n'avait cessé de la suspecter d'avoir des liens avec des mangemorts et de cacher des informations au Ministère, il la considérait comme l'ennemie. Sa présence dans le manoir Yaxley ne suivait aucune logique. Mais Isobel détestait obéir aux normes qu'on lui imposait, alors sa notion de logique s'en trouvait souvent différente de celle des autres. « Non je... » Les paroles de l'auror la firent sortir de ses pensées. Elle haussa un sourcil, étonnée qu'il affirme n'avoir reçu aucune autre blessure. Rien que le sang qui maculait toujours son visage pouvait affirmer le contraire. « Je... Je crois que ma tête a cogné assez fort. Je pense que j'ai perdu connaissance un moment. » Elle hocha lentement la tête, ça ne l'étonnait pas vraiment, il tenait à peine sur ses jambes quand elle l'avait trouvé. Elle réfléchit un instant, s'il avait une commotion son discours ne serait certainement pas aussi clair. Finalement, elle fit venir un énième bocal dans sa direction, elle n'était pas médicomage, mais elle pouvait toujours ajouter à sa potion le nécessaire pour qu'il garde les idées claires.

Enfermée dans sa bulle de concentration, Isobel parvint enfin à ne plus se laisser distraire par la présence de Greyback dans la demeure. Elle coupait ses ingrédients, les pesait avec soin, les incorporait à son mélange sans même avoir l'air d'y penser, ses gestes étaient fluides, naturels. Comme si elle était faite pour ça. Et c'était sûrement le cas d'ailleurs. Dès l'enfance, elle avait été fascinée par l'art des potions, par les résultats infinis qu'elle pouvait obtenir en faisant de simples mélanges. Elle avait été hypnotisée par le pouvoir et la beauté de cet art. Elle s'y était abandonnée corps et âme, trop heureuse d'enfin trouver un moment où elle se sentait en maîtrise, ou elle était elle-même, ou elle se sentait entière. Cette pièce pleine de flacons, de potions diverses et de morceaux de parchemins tâchés de ces notes n'en était que la traduction tangible. Les fioles rangées avec le plus grand soin contrastaient avec l'anarchie de son bureau, comme si elle était incapable de trancher entre deux états. C'était comme le miroir de son âme. Et si elle n'était pas aussi concentrée par la potion qu'elle confectionnait, elle aurait certainement éprouvé une certaine gêne à l'idée d'y avoir laissé entrer Greyback aussi librement. « Miss Yaxley ? » Ce fut une nouvelle fois la voix du sorcier qui la ramena à la réalité. Surprise de son ton hésitant, elle s'arrêta dans son geste, laissant sa baguette remuer machinalement le liquide. Il l'avait appelé, mais il gardait ses prunelles ancrées au sol. Son attitude la désorienta, à chaque fois qu'elle avait été en présence de l'auror elle l'avait vu en contrôle et sûr de lui. Elle l'avait vu en colère, elle l'avait vu inflexible. Mais c'était bien la première fois qu'elle le voyait si hésitant, presque perdu. Même quand elle avait croisé son chemin dans la ruelle, alors qu'il était blessé et vacillant, il ne s'était pas départi de sa hargne. Sans qu'elle ne puisse s'expliquer pourquoi, Isobel sentit son cœur se serrer devant la détresse de l'auror et elle fut incapable de trouver les mots pour lui répondre. « S'il vous plait, il ne faut pas que qui que ce soit apprenne que j'étais là ce soir. » Elle le regarda, surprise. Elle ne s'étonnait pas de sa demande, plus tôt, il lui avait clairement fait comprendre que le Ministère n'était pas au courant de sa présence dans le quartier et que ça ne devait pas changer, aussi s'était-elle attendue à une telle requête à un moment ou à un autre. Ce qui la surprenait, c'était la manière dont il l'avait formulé. Il aurait pu exiger d'elle qu'elle se taise, il aurait pu manipuler la situation et jouer de son rôle d'auror pour lui arracher la promesse de son silence. Mais il n'en avait rien fait. Jusqu'à maintenant leur relation avait toujours été dans le rapport de force, dans l'affrontement et le voir agir ainsi, presque la supplier, était particulièrement déstabilisant. Toutes les lignes qui avaient jusque-là régi leur relation devenaient floues. Et soudainement, Isobel ne savait plus comment elle devait se comporter. Ou même comment elle devait le considérer. Même s'il refusait toujours de la regarder, la sorcière posa ses prunelles sur l'auror. « Ne vous en faites pas, je n'ai aucun intérêt à ce que quiconque apprenne votre présence dans cette maison. » Finit-elle par répondre lentement. Si l'auror fait certainement référence aux agents du Ministère, Isobel, elle, avait une toute autre catégorie de sorciers en tête. Nombres de sang-purs porteraient sur elle un regard suspicieux s'ils venaient à apprendre qu'elle avait sciemment fait entrer un auror chez les Yaxley. Pire, si des mangemorts venaient à l'apprendre, elle ne doutait pas qu'elle finirait par se retrouver tôt ou tard avec une cible dans le dos. Et elle n'osait imaginer ce que Lucifer pourrait penser de tout ça. Non, il était bien mieux que personne n'apprenne la présence de Greyback dans la maison.

Enfin, l'auror releva les yeux, acceptant finalement de laisser leurs regards se rencontrer. Pour une fois qu'ils ne s'échangeaient pas des regards noirs, Isobel remarqua que les prunelles de Greyback étaient d'un bleu captivant, et surtout d'une expressivité étonnante. Pendant un moment, elle fut incapable de détacher son regard du sien, presque hypnotisé par les émotions qu'elle voyait tournoyer en leur cœur. La douleur, le doute et une agitation nouvelle qu'elle n'avait pas décelée un instant plus tôt. Soudainement, le sorcier sembla prendre une décision, Isobel pouvait presque le lire sur les différentes expressions qui passaient sur ses traits. « J'ai fait une erreur. » Ce fut au tour de l'apothicaire de froncer les sourcils. Elle se demandait ce qu'il voulait dire par là. S'il parlait de la raison de ses blessures ou de sa présence entre ces murs. « J'ai peut-être une chance de la rattraper. Mais il ne faut pas que le Ministère soit au courant. » La surprise laissa une nouvelle fois Isobel sans voix. Finalement, Greyback était peut-être le plus borné d'eux deux. Même dans son état actuel, il ne pouvait détacher son esprit des sorciers qu'il avait traqué et qui s'étaient échappés. Même blessé, il était prêt à repartir immédiatement sur le terrain pour rattraper son erreur. Isobel ignorait si elle devait admirer son obstination ou au contraire s'en affliger. « Miss Yaxley, merci pour votre aide. » Avant qu'elle n'ait pu dire un mot, le sorcier s'était levé pour se diriger vers la porte. « Je devrais probablement y aller maintenant. » L'apothicaire soupira. Réalisait-il l'inconscience dont il faisait preuve ? Si Isobel ne voyait pas de mal à jouer avec les limites, Greyback, lui, semblait prêt à les ignorer royalement comme si cela n'allait avoir aucune conséquence. Reportant son regard sur la potion qui mijotait tranquillement devant elle, Isobel se contenta d'un bref geste de sa baguette. Aussitôt la porte du bureau, qui était restée entrouverte, se referma en silence, la poignée momentanément hors de portée de l'auror.

« Dites-moi, Greyback. » Commença-t-elle calmement de nouveau absorbée par la confection de sa potion, comme si le sorcier n'avait pas bougé du canapé. « Souhaitez-vous mourir ? » Continua-t-elle d'une voix douce, toujours imperturbable. Elle agissait comme si sa question n'avait rien d'exceptionnel et pourtant, elle sentait que cela suffirait à attirer l'attention de l'auror. D'un geste, elle ajouta le dernier ingrédient à sa potion et baissa l'intensité des flammes sous le chaudron pour la laisser reposer, plus que quelques minutes et le mélange serait prêt. Enfin, elle se tourna vers le sorcier, toujours debout et prêt à partir. Elle le jaugea du regard quelques instants en silence, laissant ses dernières paroles imprégner l'atmosphère de la pièce. S'il ne semblait plus au bord du malaise, il était toujours clair aux yeux de la sorcière qu'il n'était pas en état de parcourir les rues de Londres. Et encore moins de se battre. « Parce que c'est ce qu'il va vous arriver si vous franchissez le seuil de cette porte pour retrouver ceux qui vous ont fait ça. Et cette fois-ci, je doute qu'ils vous laissent simplement assommé dans une ruelle. » Reprit-elle en plantant son regard dans le sien. Elle aurait pu s'énerver, lui montrer à quel point son attitude l'exaspérait et le forcer, d'un sort, à rester. Mais elle n'en avait aucune envie. De toute manière, elle se doutait que ça ne la mènerait à rien. Si elle pouvait se montrer têtue, l'auror semblait au-delà de toute raison. D'un côté, Isobel pouvait comprendre ce besoin de rattraper son erreur, d'aller au bout de ce qu'il avait commencé. Elle comprenait ce besoin impérieux de ne pas rester sur une défaite, de ne surtout pas s'avouer vaincu, elle aussi pouvait être animée de la même force, la même rage. Mais elle savait que c'était une entreprise perdue d'avance pour le Greyback et contrairement à lui, Isobel était dotée d'un instinct de survie bien plus développé. À ses yeux, mourir pour ses erreurs était stupide. Mais l'auror ne semblait pas voir les choses de la même façon. Il ne voyait pas qu'il n'y avait qu'une issue possible à un nouvel affrontement. « Vous n'êtes pas en état de vous battre, et eux n'auront certainement aucun scrupule à s'en prendre à un auror déjà blessé. » Reprit-elle avec plus de fermeté. Elle ignorait ce qui avait justifié sa présence dans la ruelle ou même s'il recherchait des mangemorts ou de simples sorciers dangereux, mais pour la Yaxley il allait de soit qu'il ne s'agissait pas d'enfants de cœur. S'il ne voulait pas que le Ministère apprenne ce qu'il s'était passé ça voulait dire qu'il n'était pas en mission officielle pour le gouvernement et qu'il ne pourrait compter sur aucun renfort. Il ne pourrait compter que sur lui-même, or, il ne semblait pas réaliser qu'en agissant ainsi, il ne ferait que courir à sa perte. Isobel n'avait aucun doute sur ses capacités magiques, ou même en tant qu'auror, si elle devait être honnête même sa carrure pouvait imposer le respect, mais ça ne changeait rien à son état. « On ne répare pas ses erreurs quand on est mort. » Assena-t-elle finalement après une pause. Les paroles d'Isobel raisonnèrent dans la pièce et en elle. Elle baissa les yeux pour les poser sur sa potion. Des erreurs, sa famille en avait fait, elle le savait, mais maintenant ses parents n'étaient plus là pour les réparer et elle allait devoir vivre avec. Si le Greyback voulait à tout prix retrouver les sorciers, il en aurait la possibilité plus tard, quand il sera en état de leur faire face. À se précipiter dans son état le sorcier allait simplement réussir à se faire tuer et ses adversaires seraient toujours en fuite. Pire, s'il atterrissait à Sainte-Mangouste ou perdait la vie le Ministère serait forcément mis au courant de ses agissements. Il n'avait rien à gagner. Tout à perdre. Isobel secoua la tête. Elle qui éprouvait déjà du mal à adopter le bon comportement face aux gens qu'elle aimait ne savait pas comment elle devait agir face à Greyback. Ils étaient toujours des inconnus, s'il voulait partir, elle n'avait aucun droit de l'en empêcher. Mais étrangement, cette idée ne l'enchantait pas. « Si vous êtes assez stupide pour vous croire capable de vous battre dans un tel état, allez-y, je ne vous retiens pas. Mais je n'ai pas envie de vous retrouver mort dans une ruelle. » Elle se tut, surprise de la sincérité de ses derniers mots. Il n'était pas rare que l'auror la mette hors d'elle et encore plus fréquent qu'il l'agace au plus haut point, pourtant l'idée qu'il meure lui était insupportable. Elle ignorait ce qui l'avait poussé à prononcer cette dernière phrase. Trop de gens étaient déjà morts autour d'elle, elle n'avait pas envie que le sorcier s'ajoute à la liste. Un peu gênée, elle détourna les yeux réalisant que sa potion avait adopté une teinté bleutée, signe qu'elle était enfin prête. Une seconde, l'apothicaire songea que cette couleur était similaire à celle des prunelles de l'auror, mais elle s'empressa de chasser cette pensée. Pour se redonner une contenance, elle attrapa une fiole vide dans une boite et y versa un peu du liquide d'un simple sort. Poussés par de nouveaux sortilèges, le feu qui crépitait sous le chaudron s'éteint, le reste de la potion se réparti dans plusieurs flacons et les bocaux qu'elle avait sortis retrouvèrent leur place sur les étagères. Isobel fit un pas dans la direction du sorcier. « Ne me faites pas gâcher mes potions, Greyback, je déteste ça. » Lui lança-t-elle alors qu'elle lui tendait la fiole destinée à effacer les effets de l'endoloris. Elle laissa son regard ambré rencontrer ses prunelles bleutées. Elle avait dit ce qu'elle avait à lui dire maintenant, il ne tenait qu'à lui de prendre la bonne décision.
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MessageSujet: 663300 seagreen   Mer 28 Juin - 13:57




it's funny how reflexions change when we're becoming something else

Isobel & Liam


 
Dans un premier temps, seul un soupir répond à Liam. Il croit discerner un peu d'agacement dans un souffle, mais il suppose qu'il est un peu paranoïaque aussi. Puis, alors qu'il arrive enfin à la porte du bureau, elle se referme devant lui. Il reste là, planté, une main tendue vers la poignée. La surprise. « Dites-moi, Greyback. » Il tourne légèrement la tête vers elle. Le calme de la voix de la jeune femme est une autre partie de la surprise. Comme si rien ne s'était passé, comme si elle ne venait pas de fermer la porte d'un simple coup de baguette. Comme si elle ne venait pas d'empêcher Liam de partir. « Souhaitez-vous mourir ? » Le ton ne correspond pas à la question, et Liam grimace légèrement. Cette fois-ci, il pivote complètement, incertain. Est ce une menace ? Ou une vraie question ? « Non, j'avais d'autres plans pour la soirée. » répond-t-il, sans pouvoir s'en empêcher. Une pointe d'humour mais qui n'atteint pas sa cible, il le voit. Il le voit quand elle se tourne, et qu'elle le dévisage. La gène le gagne un instant, ainsi scruté. Il passe une nouvelle fois sa main dans ses cheveux, et certaines mèches restent cette fois-ci en l'air, signe qu'il l'a trop fait déjà. Ce n'est pas tellement d'être jaugé par Miss Yaxley qui le gène, mais la façon dont elle le fait. Il y a quelque chose, là, qu'il ne parvient pas à identifier. Et Liam n'aime pas ne pas savoir. « Parce que c'est ce qu'il va vous arriver si vous franchissez le seuil de cette porte pour retrouver ceux qui vous ont fait ça. Et cette fois-ci, je doute qu'ils vous laissent simplement assommé dans une ruelle. » Liam laisse retomber sa main, et fixe Miss Yaxley, les sourcils levés. « Vous me sous-estimez. » C'est un simple constat, d'une voix sourde, presque légèrement vexée. Liam est peut-être en fait celui qui se surestime, qui se persuade qu'il peut le faire. Peut-être est-il celui qui se berce le plus d'illusions dans cette pièce. Mais tout ce qu'il voit, c'est que Miss Yaxley le trouve faible. Et oui, c'est vexant. Même un peu blessant. Non pas qu'il accorde la moindre importance à ce que pense la sorcière, non et puis quoi encore ! (ou alors, un peu ?) Simplement, c'est vexant, voilà. Liam connaît ses limites. Il ne les a pas encore atteintes. Oh, non. Il faut plus que quelques coups pour le mettre hors d'état de nuire, il le sait.  « Vous n'êtes pas en état de vous battre, et eux n'auront certainement aucun scrupule à s'en prendre à un auror déjà blessé. » Sa fermeté le ferait presque grimacer encore une fois. Et cette fois, une petite voix qui ressemble beaucoup trop à celle de la raison s'élève dans l'esprit de l'Auror Greyback. Une petite voix qui dit que Yaxley a raison. « On ne répare pas ses erreurs quand on est mort. »

Liam a vaguement l'impression qu'elle vient de lâcher un seau d'eau sur son crâne. Les mots lui sont tombés dessus, et lui ont fait la sensation d'une douche froide. Sa bouche s'ouvre légèrement, à la fois sous le coup de la surprise, et sous l'envie de lui répondre, mais il la referme sans rien ajouter. La sorcière se détourne de lui pour contempler sa potion. Et puis, tout d'un coup, il comprend. Il comprend ce qu'elle veut dire, parce que c'est ce qu'il aurait voulu dire à quelqu'un d'autre. Si cette personne n'était pas morte avant d'avoir pu réparer ses torts... Peut-être que les choses auraient été différentes. Mais Liam sait que c'est naïf de sa part. Il sait que son père n'aurait jamais voulu réparer tout ce qu'il a brisé. Liam penche légèrement la tête en étudiant Miss Yaxley un peu plus en détail. Maintenant qu'il comprend où elle veut en venir, il sent que cette phrase lourde de sens n'était pas seulement pour lui. Son instinct le pousse à croire qu'elle en veut à ses parents plus qu'elle ne l'admet. Qu'elle leur en veut d'être morts et de l'avoir laissée avec cette galère à gérer, avec les Aurors à sa porte, avec la menace des mangemorts. Il se mord la lèvre en réalisant soudain qu'il fait partie du problème. Qu'il a été injuste avec elle, beaucoup trop injuste. Qu'elle n'a rien demandé de tout ça. Pour la première fois, Liam réalise que Miss Yaxley est tout autant une victime dans cette affaire. Et il soupire, de nouveau incertain de ce qu'il doit faire. Par Merlin, il n'est même plus sûr de ce qu'il ressent en cet instant ! Est ce qu'il veut toujours partir à la poursuite des malfrats ? Est ce qu'il veut rester dans cette maison ? Est ce qu'il se méfie toujours d'Isobel ? Est ce qu'il a envie de la serrer dans ses bras pour lui dire que tout ira bien ? Par le slip de Merlin, qu'est ce qu'il lui prend ?!
Elle secoue la tête puis, « Si vous êtes assez stupide pour vous croire capable de vous battre dans un tel état, allez-y, je ne vous retiens pas. Mais je n'ai pas envie de vous retrouver mort dans une ruelle. » Un instant, ils se regardent, aussi surpris l'un que l'autre. Surpris de l'honnêteté dont elle fait preuve, et du contenu aussi. Et elle tourne les yeux, s'affairant avec ses fioles tandis qu'un sourire vaguement amusé étire les lèvres de Liam. Ca, il ne l'avait pas vu venir. Elle s'inquiète ? Une part de lui était sûre qu'elle aurait préféré le trouver mort, au moins elle aurait eu la paix. Après tout, à chaque fois qu'ils se voient, ils s'agacent mutuellement, et la dernière fois, ils se sont tellement montés l'un contre l'autre qu'ils auraient pu en venir aux mains. « Ca, c'est surprenant. » murmure-t-il si bas, qu'il n'est pas sûre qu'elle l'entende. Une fois le feu éteint, elle fait un pas vers lui et lui tend la potion bleue.  « Ne me faites pas gâcher mes potions, Greyback, je déteste ça. » Sans effacer son sourire, Liam fait également un pas vers elle, s'éloignant de la porte et prend délicatement la fiole qu'elle lui propose. « Merci Miss Yaxley. » Il l'avale d'une traite, et il est assez surpris du goût. Il s'attendait à quelque chose du même acabit que le Poussos, mais il ne sent qu'un goût de plantes, presque aromatiques. Puis, il lui rend la fiole vide. « Vous avez raison. »

Un léger rire secoue ses épaules, et il détourne le regard. « Ca fait deux fois ce soir. Ne prenez pas l'habitude. » Mais il n'y a que de l'amusement dans son ton. Quelque chose a changé, il peut le sentir. Il lui semble que leur relation évolue. Ils n'ont pas essayé de se sauter à la gorge comme deux chiens enragés ce soir, et c'est un progrès notable. Non à la place, Miss Yaxley l'a aidé, l'a soigné. Elle a même accepté de ne pas dire où il se trouvait ce soir. A ce niveau, il ne se fait aucune illusion : se taire sert autant ses intérêts à elle qu'à lui. Nul doute que le Ministère trouverait ça très intéressant un Auror blessé près de chez les Yaxley. Mais une part de lui comprend et est d'accord. Il ne veut pas non plus attirer d'ennuis à Miss Yaxley. Pas après ce soir. Sans aller jusqu'à dire qu'avant il l'aurait mise dans l'embarras sans y réfléchir à deux fois, il aurait pu aller loin pour la faire réagir. Comme venir pour un interrogatoire surprise sur son lieu de travail. Mais là... Maintenant qu'il y réfléchit... Non, il veut changer sa méthode. Il croit de plus en plus que Miss Yaxley est la victime dans l'histoire, et non pas le témoin qu'il croyait. Pourtant, il sait qu'elle ne lui a pas tout dit, qu'elle cache quelque chose... Elle lui fait penser à lui, à la façon dont il a pu protéger sa sœur dans le passé. Mais il est presque prêt à laisser tomber cette piste, à respecter son silence.

Liam lève une main et la passe encore dans ses cheveux de plus en plus ébouriffés. A sa surprise, il a moins mal en faisant ce simple geste. Les douleurs rémanentes de l'endoloris s'effacent pour laisser place à de simples courbatures. Il se doute qu'elles disparaîtront elles mêmes très bientôt. « Vous êtes réellement douée. » admet-il sans cacher son admiration. « En potion, je veux dire. » Il précise, mais il ne sait pas vraiment pourquoi. A nouveau, il baisse les yeux vers Miss Yaxley, connectant leurs regards. Est-ce la proximité avec la jeune femme qui le gène ainsi ? Parce qu'elle a admit qu'elle ne voulait pas le trouver mort dans une ruelle ? Et que au vu de leur passé, ça équivaut presque à une déclaration d'amitié. Pourtant, ils se connaissent à peine, et ils viennent tous deux de mondes si différents... « J'ai une dette envers vous, je crois. » Sa voix s'est faite plus basse. Il ne sait pas encore comment il pourra lui rendre ça. « Après tout, j'imagine que sans vous, je... » Il quoi ? Il serait rentré chez lui en se désartibulant ? Il serait encore dans cette ruelle ? « Vous m'évitez plusieurs heures de douleur. » Oui, voilà, ça c'est vrai, et il n'a pas l'impression d'être trop faible en l'avouant. Même si le mal est probablement fait. Ah, Liam Greyback, le fleuron des Auror, il fait bien moins peur maintenant ! Il est sûr que Miss Yaxley ne doit pas être impressionnée le moins du monde. Mais en même temps, il ne veut pas du tout l'impressionner, c'est pas le but ! (ou alors, un peu?)

Et il se dit qu'il pourrait partir, maintenant qu'il va mieux, qu'il a avalé ces deux potions qui lui permettront de s'en remettre plus vite, et en même temps, il est comme paralysé. Il la regarde, comme jamais il ne l'a regardée. Pas comme un mystère qui lui cache quelque chose, mais comme une sorcière à part entière. Ses traits délicats, ses petits cheveux qui s'échappent et reviennent sur son visage... Il la voit, et il lui semble que c'est la première fois. Ca ne dure peut-être que quelques secondes, et pendant cet instant, vraiment, il prend conscience qu'Isobel Yaxley peut être quelqu'un de bien. Quelqu'un d'intéressant. Quelqu'un qu'il aurait pu apprécier, dans une autre vie. Dans une vie où elle n'aurait pas été une sang-pur dont la famille a fait de mauvais choix, dans une vie où il n'aurait pas été un sang-mêlé dont le frère aîné est un meurtrier. Et puis, il fait un pas en arrière, se sortant de ce cheminement de pensée où il refuse de se rendre. Parce qu'il n'a pas à apprécier Miss Yaxley. Et qu'il doit sûrement confondre gratitude et appréciation. Oui, voilà. Il est fatigué, et il se sent redevable, et ça mélange un peu ses sentiments. Rien de plus.

Et parce que Liam Greyback est très doué pour se convaincre lui-même, il y croit presque, lorsqu'il détourne le regard.
Oui, il croit presque qu'il ne ressent qu'un peu de gratitude, et rien de plus. 


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MessageSujet: Re: when we're becoming something else (liabel)   Dim 2 Juil - 13:03

when we're becoming something else
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Δ No pain, no gain

Même si elle ne lui faisait plus face, il suffit d'un regard en coin à Isobel pour discerner le sourire amusé qui avait pris place sur les traits de l'auror. Elle se mordit la lèvre, se maudissant d'avoir laissé ces paroles lui échapper. Ils ne se connaissaient pas et vu leurs précédentes rencontres, ils étaient loin de s'apprécier, alors pourquoi n'avait-elle pas pu retenir ces mots ? Elle aurait voulu les lancer avec ironie, en une nouvelle, une énième, provocation dont elle avait le secret pour faire réagir l'auror. Car depuis leur première rencontre au Ministère, elle semblait avoir un don pour ça, le provoquer, le pousser dans ses derniers retranchements avec juste quelques paroles. Ça aurait pu être un moyen de manipulation comme un autre, simplement destiné à le mener là où elle voulait. Manier les mots pour pousser les autres à agir en son sens était quelque chose qu'Isobel avait dû apprendre très jeune et que désormais, elle maîtrisait sur le bout des doigts. Ces mots auraient dû être vides, un simple moyen d'appuyer son propos et de convaincre Greyback de ne pas agir de manière aussi irréfléchie. Ils n'auraient pas dû avoir le moindre sens. Mais alors pourquoi avaient-ils traduit une réelle sincérité ? Elle qui avait toujours maitrisée la moindre de ses paroles se retrouvait bien incapable de s'expliquer comment elle avait pu laisser s'échapper de tels propos. Elle avait beau être impulsive, dès qu'il s'agissait de s'ouvrir Isobel vivait dans le contrôle le plus permanent. Elle ne laissait personne voir à travers son masque de glace, elle refusait même parfois ce privilège à Lucifer, et il aurait dû en être de même en cet instant. Elle ne devait pas laisser aux autres la moindre opportunité de l'atteindre, et Greyback en faisait partie. Même si cette rencontre était plus apaisée que les deux précédentes, elle n'avait aucune preuve que l'auror ne reprendrait pas son petit harcèlement constant par la suite et elle ne pouvait se permettre de baisser ses défenses. Pourtant, elle avait le sentiment que ses paroles avaient traduit bien plus de choses qu'elle ne l'avait voulues et l'air de contentement qu'affichait le sorcier lui prouvait qu'il l'avait bien compris. Elle se maudit une nouvelle fois, s'efforçant de ne pas accorder la moindre importance à ce qui, elle l'espérait, ne serait qu'un détail. Le regard obstinément fixé sur la fiole qu'elle tendait à l'auror elle se demanda pendant un instant s'il allait réellement lui tourner le dos et partir à la recherche des sorciers, simplement pour lui montrer qu'elle avait tort sur son état. Mais finalement le sorcier fit un pas vers elle pour attraper la potion qu'elle venait de lui préparer. « Merci Miss Yaxley. » Elle hocha la tête en un geste presque imperceptible. Ses prunelles se tintèrent de surprise quand elle le vit avaler d'un trait le contenu bleuté du flacon sans manifester la moindre hésitation. Elle n'avait pas vu s'il avait examiné la première potion qu'elle lui avait fournie un peu plus tôt, mais elle ne s'attendait certainement pas à ce qu'il fasse preuve d'une telle marque de confiance. Peut-être était-ce parce que ladite première potion s'était révélée parfaitement inoffensive, pourtant même si Isobel avait concocté la seconde sous ses yeux, elle aurait pu y ajouter ce qu'elle voulait. Soudainement, leur violente altercation de la semaine passée lui sembla bien lointaine. « Vous avez raison. » Enfin, il retrouvait un peu de bon sens et mettait de côté son idée suicidaire. De toute manière, Isobel doutait qu'il aurait pu remettre la main sur les sorciers qu'il cherchait sans l'aide des agents du Ministère. Les sorciers qui n'avaient pas peur de passer à tabac un auror avaient certainement des cachettes où se terrer, et surtout de nombreux renforts à disposition pour le cas où des agents trop curieux viendraient mettre le nez dans leurs affaires. « Ça fait deux fois ce soir. Ne prenez pas l'habitude. » Isobel ne pu s'empêcher de mêler son rire au sien. Pour la première fois, ils ne semblaient pas agir sous l'influence de la méfiance ou de la colère, pour la première fois, ils semblaient être eux même et Isobel se surprit à penser que Greyback n'était peut-être pas aussi détestable qu'elle n'en avait été persuadée. Que si elle lui en laissait la chance, elle pourrait lui découvrir une toute autre facette. Sous l'autorité et la hargne qui avaient animé jusque-là leurs rencontres, elle avait l'impression de deviner une personnalité plus plaisante, plus ouverte. Peut-être que dans d'autres circonstances, elle aurait pu sincèrement apprécier le sorcier. Ou peut être que sa personnalité de glace aurait pris le dessus et qu'elle l'aurait repoussé comme elle le faisait avec tous les autres. Mais les choses étaient ainsi et il ne servait à rien de regretter le passé. « Oh, il est bien trop tard pour ça. » Répliqua-t-elle avec un léger sourire. En réalité, Isobel prenait bien peu de choses pour acquises, surtout depuis la mort brutale de ses parents. Il lui semblait avancer sur un chemin chaque jour un peu plus instable. Même sa relation avec Greyback -enfin, si l'on pouvait appeler ça une relation- paraissait prendre un chemin qui la surprenait elle-même. Depuis leur première entrevue au Ministère, elle avait appris à mépriser l'auror et à redouter leurs confrontations, pourtant ce face-à-face n'avait rien à voir avec leurs rencontres précédentes. Et elle devait bien s'avouer qu'elle appréciait bien plus ce moment que tous ceux où elle avait eu envie de lui coller des gifles.

Du coin de l’œil, Isobel observa l'auror porter la main à ses cheveux, ça semblait être un tic chez lui, mais elle ignorait si c'était un geste qui camouflait quelque chose ou s'il agissait machinalement sans même s'en rendre compte. Elle remarqua que ses mouvements étaient plus fluides et qu'ils avaient cessé de lui arracher des grimaces de douleur, signe manifeste que les potions faisaient leurs effets. « Vous êtes réellement douée. » Elle haussa un sourcil, peu sûre de voir où il voulait en venir. Et puis elle devait bien avouer qu'elle ne s'attendait pas à un quelconque compliment de la part du sorcier. Les remerciements étaient une chose, les compliments étaient totalement différents. Et elle ne s'attendait pas à ce que Greyback lui en fasse, pas après la façon dont ils s'étaient sautés à la gorge la dernière fois. « En potion, je veux dire. » Isobel sentit ses épaules se détendre et un fin sourire se dessiner lentement sur ses lèvres. Elle appréciait le compliment, et la sensation de voir son travail reconnu. « Parce que vous en doutiez ? » Lança-t-elle au Greyback avec une pointe d'humour. Elle était douée en potions Isobel, particulièrement douée. Et elle le savait. Si elle ne se surestimait pas, elle savait très bien que ses talents en potions étaient réels. Ce n'était pas de la prétention de sa part, elle ne s'en vantait pas sur tous les toits, mais elle était consciente de son potentiel et surtout de tout le travail qu'elle avait fourni pour en arriver là. Elle avait été passionnée par l'art des potions, mais pour atteindre son niveau de maitrise, elle avait dû travailler comme une forcenée. Elle s'était mis une pression folle pour réussir et encore maintenant elle portait le poids de ses propres attentes -et de sa famille- sur les épaules. Aujourd'hui, elle récolait les fruits de toutes ces nuits passées le nez plongé dans d'énormes grimoires ou penché sur des chaudrons tout aussi imposants. « Merci. » Ajouta-t-elle finalement en se demandant s'il avait compris que ses paroles précédentes n'étaient qu'une petite provocation de plus. Elle s'était démenée pour en arriver là où elle en était alors chaque compliment était gratifiant pour elle. Surtout quand ils venaient d'un sorcier qui, à peine une heure plus tôt, semblait préférer croupir dans une ruelle déserte que de subir sa compagnie. « J'ai une dette envers vous, je crois. » Alors ça c'était quelque chose à laquelle Isobel ne s'était pas attendue. L'auror était orgueilleux, certainement autant qu'elle, et vu la manière dont il avait refusé plusieurs fois son aide, elle ne s'était absolument pas attendu à ce qu'il se sente redevable. Et d'ailleurs, Isobel ne se serait pas formalisée qu'il ne le soit pas. Ça ne faisait que les lier un peu plus, et elle ne savait pas vraiment ce qu'elle devait en penser. Devait-elle lui faire confiance ou toujours se méfier de lui ? Elle qui aurait répondu sans hésiter quelques jours plus tôt se voyait maintenant hésiter. Elle choisit d'y réfléchir plus tard, quand l'auror ne serait plus là à la déstabiliser avec le bleu de ses yeux. « C'est toujours bon à savoir. » Répondit-elle en sentant un sourire malicieux étirer ses lèvres.

« Après tout, j'imagine que sans vous, je... » Il hésita, mais l'apothicaire ne fit rien pour l'aider, curieuse de voir comment il allait traduire le fond de sa pensée. « Vous m'évitez plusieurs heures de douleur. » Oh, elle lui évitait bien plus que ça. Le risque de se perforer un poumon simplement en respirant pour commencer. Celui d'une hémorragie interne si ses côtes brisées avaient trouvé le chemin de veines. Une possible commotion cérébrale, ensuite. Quelques infections aussi, pourquoi pas. Et bien sûr, une longue et pénible souffrance comme il le soulignait si bien. Mais si Isobel pensait tout ça elle n'en dit rien, pour une fois, elle choisit de ménager l'ego déjà bien chiffonné du sorcier. Il en avait certainement assez vu pour ce soir, elle n'avait pas besoin de le tourmenter davantage. Elle aurait pu balayer ses paroles d'un geste et lui dire qu'il en aurait fait de même si les rôles avaient été inversés. Mais très franchement, vu leur état d'esprit quand elle avait croisé sa route, elle ne pouvait rien avancer de tel. Alors elle préféra simplement hocher la tête, signe qu'elle acceptait les remerciements qui se cachaient derrière ses mots. Elle sentait le regard du regard se poser sur elle et s'y attarder. S'efforçant de camoufler son trouble de se sentir observée de la sorte, Isobel posa à son tour ses prunelles ambrées sur lui. Elle aussi pouvait jouer à ce petit jeu. Elle se demanda ce qu'il pouvait voir d'elle. La poupée de sang-pur si parfaite et hypocrite façonnée longuement par les Yaxley ? La carapace de froideur et de mépris qu'elle s'était construite au fil du temps pour se protéger du monde ? Ou la sorcière qui se cachait derrière et qu'elle s'efforçait férocement de préserver ? Que pouvait-il voir quand elle-même avait parfois du mal à se reconnaître dans le miroir ? Brièvement, elle se demanda ce qu'elle-même voyait de lui. À ses yeux était-il toujours le chien de garde du Ministère, uniquement animé par le désir de lui arracher des informations ? L'auror blessé dans sa fierté qui avait bien failli se laisser emporter par sa rage et franchir toutes les limites ? Ou un sorcier qui tentait de faire de son mieux dans des circonstances bien compliquées ? Au fond, elle ignorait qui était Liam Greyback, quelle était la personnalité qui se cachait derrière ces traits toujours maculés de sang. Et pour la première fois, elle se disait qu'elle avait peut-être, peut-être, envie de découvrir qui il était vraiment. Qu'elle pourrait apprécier ce qu'elle découvrirait. Ce ne fut que quand le sorcier recula d'un pas qu'Isobel réalisa que ses prunelles étaient restées plongées dans les siennes pendant tout ce temps et qu'elle ignorait si seulement quelques secondes étaient passées ou bien une éternité. Elle avait été happée par son regard et maintenant, elle avait l'impression que le recul de Greyback avait brisé un lien entre eux. Déstabilisée par cette sensation dont elle ignorait la nature, l'apothicaire détourna à son tour le regard et alla s'appuyer contre son bureau. Ses yeux restèrent un instant fixé sur le sol à ses pieds avant qu'elle ne finisse par relever la tête. Des questions lui brûlaient les lèvres, mais elle hésitait à les formuler à voix haute. Elle n'avait pas envie de réveiller les suspicions que l'auror nourrissait à son égard. Finalement, elle se décida. « Je peux vous demander ce que vous faisiez dans les parages ? Qui... Qui vous cherchiez ? » Elle détesta aussitôt son ton las et hésitant. Ses questions ne traduisaient qu'à demi-mots le fond de sa pensée. La vérité, c'était qu'elle n'osait les prononcer à voix haute. La vérité, c'était qu'elle aurait voulu l'interroger sur l'enquête que le Ministère menait sur la mort de ses parents. Elle aurait voulu lui demander s'il se trouvait dans son quartier parce qu'ils avaient une nouvelle piste. Si les sorciers qui s'en étaient pris à lui pouvaient avoir un quelconque lien avec le meurtre de ses géniteurs. Si, enfin, elle allait pouvoir obtenir de nouvelles informations, une preuve que le Ministère n'était pas aussi incompétent qu'elle ne le craignait. Elle voulait des réponses à ses questions, Isobel, pour pouvoir tourner la page, pour enfin tenter de panser ses plaies au cœur et recommencer à vivre. Elle en avait besoin. Mais elle avait aussi peur que Liam Greyback piétine ses maigres espoirs.
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MessageSujet: Re: when we're becoming something else (liabel)   Lun 3 Juil - 14:26




it's funny how reflexions change when we're becoming something else

Isobel & Liam


 
De la gratitude, oui, ce n'est que ça. De la reconnaissance. Liam s'est convaincu tout seul. Mais alors... Alors, pourquoi le simple fait de détourner le regard provoque en lui une vague de regrets ? Pourquoi décrocher des yeux ambrés de miss Yaxley lui donne-t-il envie d'y revenir de plus belle ? Son regard se fixe sur la porte du bureau, soudain persuadé qu'il doit partir, vite, maintenant. Fuir cet endroit, fuir Miss Yaxley. Non pas comme la dernière fois, parce qu'il sent qu'il est proche de l'attaquer. Cette fois-ci, c'est parce que la fatigue fait qu'il commence à tout mélanger. Pour la énième fois en quelques secondes, il se répète qu'il est juste reconnaissant, et qu'il n'a pas à vouloir que Miss Yaxley l'apprécie... Et pourtant, une part de lui le veut.
Et ça, il ne se s'explique pas. Et il n'en a pas envie, pour être honnête. Il veut juste, poser un tissus là dessus, et enfouir cette idée le plus loin possible pour ne plus jamais y penser.

Un instant, il contemple l'idée de partir, de mettre fin à cette soirée qui a tourné d'une façon qu'il n'avait vraiment pas prévue. Mais l'expression sur le visage de Miss Yaxley l'en dissuade, et il l'observe de nouveau, les sourcils légèrement froncés. Appuyée sur son bureau, elle le regarde, et quelque chose en elle, semble peser le pour et le contre. Il peut presque sentir qu'elle se demande si elle va lui poser une question. Liam se demande vaguement s'il veut qu'elle pose cette question. Rien de ce qu'elle pourra lui demander ne sera facile à répondre, il le sait. Il marche sur des œufs, ici. Miss Yaxley est imprévisible. Et si ce soir, les petites provocations de la sorcière n'ont pas été méchantes, et en tout cas, ne l'ont pas énervé, il n'est pas à l'abri que tout recommence. Pourtant, il souhaite l'éviter. Et Liam se retrouve à craindre que Miss Yaxley n'ouvre la bouche.

« Je peux vous demander ce que vous faisiez dans les parages ? Qui... Qui vous cherchiez ? » Les sourcils froncés de l'Auror se lèvent, signe de surprise. Il ne s'attendait pas à ce qu'elle en ait quelque chose à faire. A moins qu'il ne s'agisse de le faire chanter plus tard ? Non, vraiment, Liam n'aurait pas parié que la raison de sa présence ici intéresse la demoiselle. « C'était un sympathisant mangemort. » Il ne sait pas pourquoi il le lui dit. « Impliqué dans divers trafics, il est recherché depuis... » Et puis, tout d'un coup, ça le frappe. Tout d'un coup, il comprend pourquoi Miss Yaxley a demandé. Son expression surprise s'efface, laisse place à quelque chose de plus doux, et il baisse les yeux. Bien sûr. Ce n'est pas celui qu'il poursuit qui l’intéresse. C'est qu'elle a fait un lien entre, un Auror en traque, et le quartier où ses parents vivaient. Il voudrait lui offrir une bonne nouvelle. Il le voudrait vraiment. Mais quand il relève la tête, et fait un pas vers elle, il sait que ce qu'il s'apprête à annoncer, ne lui plaira pas. « Pour être tout à fait honnête avec vous, » commence-t-il. C'est une nouvelle base, il lui semble. L'honnêteté. Plusieurs fois ce soir, il en a fait preuve, et il ne veut plus lui mentir. Il veut juste jouer cartes sur table, et vraiment dire le fond de sa pensée. Plus de jeux, plus de mensonges. « Je ne suis plus sur l'affaire. » Pas besoin de préciser de quelle affaire il s'agit, Miss Yaxley sait de quoi ils parlent sans qu'ils n'aient à le dire. « Mon chef m'a mis sur une autre mission, et je devrais y consacrer tout mon temps. » Cette fois, les mots se sont fait plus durs sans qu'il ne puisse s'en empêcher, et ses poings se serrent. La décision le met en colère, il est furieux rien qu'en y repensant, et il n'essaie pas vraiment de le cacher. « J'ai du abandonner toutes les autres missions sur lesquelles j'étais, pour me consacrer à une cause perdue. » Un rire sans joie secoue ses épaules. Il déteste cette situation. Et il la voit vraiment comme une punition. « Je crains de ne rien pouvoir vous offrir de tangible, Miss Yaxley. Et j'en suis le premier désolé. » Il veut l'approcher, lui demander pardon, lui faire comprendre que vraiment, il veut trouver ceux qui ont tué sa famille.

Au lieu de ça, Liam recule de nouveau, et s'appuie contre la porte. Il ne pense plus à partir, pour le moment. « Je n'aurais pas du être là ce soir, car j'ai été relevé de toutes ces missions. Si le Ministère l'apprend, je ne serai plus Auror très longtemps. » Sa mâchoire se serre rien qu'à cette idée. Son travail, c'est toute sa vie. « Ceci étant, j'ai essayé de garder un œil sur cette affaire. » admet-il, en baissant légèrement la tête. Culpabilité. Il n'aurait pas du, il le sait. Mais Liam n'a jamais eu aucun scrupule à surveiller les dossiers de ses collègues sans leur dire, et cette fois-ci ne diffère pas vraiment. Pourtant, il se sent comme un gamin pris en faute. Peu-être parce qu'il ne parvient pas à justifier son action ? Lorsqu'il s'agit des dossiers de sa famille, c'est facile, il suffit de se dire que c'est pour protéger sa sœur, ou pour retrouver son frère plus facilement. Mais dans le cas Yaxley... Rien ne justifie son zèle. A part son mécontentement en voyant à quel point l'enquête est bâclée. Mais quand bien même, ce n'est pas la première fois. Liam ne parvient pas à s'expliquer pourquoi il veut à tout prix retrouver les meurtriers de la famille Yaxley, quitte à mettre à mal sa carrière. Et Liam n'aime pas ne pas comprendre. « Je n'ai pas l'impression que l'enquête progresse beaucoup. » Sa voix est plus basse. « Je suis désolé, Miss Yaxley », répète-t-il. Et il est sincère. Même Miss Yaxley doit le savoir, tant sa voix est différente. Il n'est plus l'Auror sûr de lui, avec une fierté débordante. Il est simplement un sorcier, qui constate les limites du système et qui se sent terriblement impuissant face à la machine bien huilée qu'est le Ministère. « Je voudrais faire plus. »

Et puis, une idée commence à germer. L'Auror relève la tête, et ses yeux sont pointés sur Miss Yaxley, mais ils ne la regardent plus vraiment. Peut-être qu'il peut faire plus. Après tout... Il a failli avoir ces deux mangemorts dans ce quartier. Il n'y a qu'une infime chance pour qu'il y ait un rapport, de l'ordre de un ou deux pour-cents peut-être. Beaucoup plus de probabilités qu'il s'agisse alors d'un hasard. Mais ce n'est pas rien. « Miss Yaxley, je peux, peut-être, poursuivre l'enquête. Mais je n'aurai pas la puissance du Ministère pour me soutenir. Je devrai le faire seul. » Et en secret aussi. Il connaît son chef, il sait comme il peut se mettre en colère. Et il n'a pas envie de le provoquer plus que nécessaire. Mais ce serait le moyen de payer sa dette à la sorcière qui l'a sauvé ce soir.
Encore une fois, il ignore ce qui le pousse à mettre en péril sa carrière. Mais quelque chose lui dit que Miss Isobel Yaxley pourrait en valoir le coup. Et enquêter ne l'engage à rien.


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MessageSujet: Re: when we're becoming something else (liabel)   Ven 7 Juil - 10:45

when we're becoming something else
Liam
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Isobel


 

 



 

 

Δ No pain, no gain

Elle voulait la vérité Isobel, c'était aussi simple et aussi complexe que cela. Une simple information. Des noms. Une raison. Elle voulait quelque chose à se raccrocher, n'importe quoi qui pouvait lui montrer que le Ministère avançait sur son enquête et que bientôt, elle comprendrait pourquoi sa famille avait implosé aussi abruptement. Dès l'instant où la mort de ses parents lui avait été annoncée, c'était devenu une nécessité. Elle avait besoin de savoir pour accepter, pour achever son deuil et pouvoir tourner la page. Au fond, elle le savait, elle aurait tout donné pour se complaire dans l'ignorance. Elle aurait voulu se montrer aussi détaché que pouvait l'être Lucifer et accepter les choses telles qu'elles étaient. Accepter qu'elle ne pouvait rien faire et qu'elle devait avancer avant que le monde n'avance sans elle. Mais elle n'en avait pas la force. Ou peut être qu'elle en avait trop justement et qu'elle ne pouvait fermer les yeux sur ce Gouvernement qui s'enfonçait dans son enquête et qui ne semblait y mettre aucune bonne volonté. Plus les jours passaient et moins elle avait de contact avec les agents du Ministère. Depuis son altercation avec Greyback dans l'apothicairerie, Isobel n'avait même pas eu de nouvelles des aurors et ce silence menaçait de la rendre folle. Elle était loin d'être naïve et elle savait que si ce mutisme pouvait provenir d'un manque de temps de la part des agents du Ministère, elle savait aussi qu'il n'augurait rien de bon. Elle se sentait impuissante, une simple spectatrice incapable d'influer sur la situation, et ça lui était insupportable. La présence de l'auror dans la demeure Yaxley représentait sa seule chance d'en apprendre un peu plus sur la situation. Du moins si lui-même avait des informations à lui fournir. « C'était un sympathisant mangemort. » Malgré la surprise qu'Isobel avait pu lire sur son visage, il avait choisi de lui répondre et l'apothicaire ne savait pas si elle devait s'en réjouir. « Impliqué dans divers trafics, il est recherché depuis... » La sorcière sentit son cœur s'alourdir alors que les paroles de Greyback prenaient tout leur sens. Sa présence près du manoir Yaxley n'avait rien à voir avec le meurtre de ses parents et encore moins avec l'enquête que menait le ministère. Il recherchait un mangemort coupable d'autres crimes, il ne savait rien de plus. La gorge d'Isobel se serra et elle pinça les lèvres pour camoufler la déception qu'elle ne parvenait pas à repousser. Voyant que l'auror ne continuait pas son explication, Isobel releva finalement le regard vers lui. Elle vit la surprise s'effacer de ses traits pour laisser place à une forme de compréhension. Il venait de toute évidence de s'apercevoir que ses questions n'étaient pas innocentes et vu l'air qui s'afficha sur son visage Isobel comprit aussitôt que ses espoirs allaient être réduits à néant. Elle détourna le regard, refusant de croiser les prunelles de l'auror. Elle se sentait idiote de s'être laissé aller à espérer et elle ne voulait ni de sa pitié ni même de sa bienveillance. Il fit un pas vers elle, mais elle ne bougea pas, seules ses mains posées à ses côtés sur son bureau s'étaient contractées. « Pour être tout à fait honnête avec vous, » Elle inspira lentement, elle appréciait la sincérité de l'auror mais soudainement, elle n'avait plus envie de l'entendre. Elle savait déjà ce qu'il avait à lui dire et ce n'était pas ce dont elle avait besoin. « Je ne suis plus sur l'affaire. » Mais elle ne s'attendait certainement pas à une cette révélation-là. « Mon chef m'a mis sur une autre mission, et je devrais y consacrer tout mon temps. J'ai dû abandonner toutes les autres missions sur lesquelles j'étais, pour me consacrer à une cause perdue. » L'amertume dans la voix de l'auror était palpable et son rire ne trompait pas. Cette nouvelle mission semblait être loin de lui plaire et Isobel se demanda brièvement si lui aussi se sentait trahi par le Ministère. Elle ne savait quoi penser des paroles de l'auror. Isobel avait l'impression que jusqu'à maintenant son rôle dans l'enquête avait surtout été de la tourmenter pour obtenir des informations, mais il lui semblait que lui au moins avait tout mis en œuvre pour découvrir l'identité du coupable. Qu'il était le seul qui n'hésiterait pas à lui dire la vérité sur l'avancée de l'enquête du meurtre de ses parents. Contrairement aux autres aurors qu'elle pourrait chercher à interroger. Elle n'aurait jamais cru se dire ça un jour, mais peut être venait-elle de perdre son seul soutient du Ministère dans cette affaire. « Je crains de ne rien pouvoir vous offrir de tangible, Miss Yaxley. Et j'en suis le premier désolé. » Lentement, elle secoua la tête. Ses excuses n'avaient aucun sens, il ne faisait qu'obéir à des ordres auxquels il n'avait aucune possibilité de dire non. Lui n'avait aucune attache envers cette enquête, aucune raison d'être désolé.

Même si elle ne le regardait toujours pas, un mouvement indiqua à Isobel qu'il avait reculé pour s'adosser contre la porte fermée. « Je n'aurais pas du être là ce soir, car j'ai été relevé de toutes ces missions. Si le Ministère l'apprend, je ne serai plus Auror très longtemps. » Isobel lança un bref coup d’œil au sorcier, c'était déjà la deuxième fois qu'il lui exposait les risques qu'il encourait pour ses actions de la soirée. Apparemment, l'idée de perdre son poste d'auror à cause de cette erreur semblait le tourmenter. « Le Ministère n'apprendra rien. » Souffla-t-elle impulsivement, répétant la promesse qu'elle lui avait faite plus tôt. Elle se demanda s'il la croyait. Quelques semaines plus tôt Isobel aurait sûrement profité de ces informations pour le forcer à la laisser en paix, mais maintenant cette idée lui paraissait complètement absurde. Et elle ne se l'expliquait pas. « Ceci étant, j'ai essayé de garder un œil sur cette affaire. » Tout comme ses excuses précédentes, Isobel ne s'expliquait pas les paroles de l'auror. Pourquoi voudrait-il suivre l'affaire de la mort de ses parents maintenant qu'il n'y était plus affecté ? Pourquoi est-ce que ça lui importait ? Isobel se sentait complètement perdue. « Je n'ai pas l'impression que l'enquête progresse beaucoup. » Elle encaisse la nouvelle. En fait, ce n'était pas vraiment étonnant, vu le peu d'informations qu'elle avait des aurors depuis plusieurs semaines, Isobel ne devrait pas être surprise. Elle aurait du s'y attendre, si l'affaire avait connu une avancée, elle aurait certainement été la première mise au courant. Lucifer qui travaillait au Ministère lui en aurait parlé. Pourtant elle ne pu empêcher son cœur de se serrer. Quelle puisse un jour tourner la page lui semblait de plus en plus improbable. Elle n'aurait jamais dû s'autoriser le moindre espoir. « Je vois. » Répondit-elle lentement d'une voix rauque qu'elle haït sur le champ. Elle n'en dit pas plus et s'efforça de réguler sa respiration pour reprendre le contrôle de ses émotions. Pour remettre en place son masque qui l'aidait à se sentir insensible, intouchable. Ou du moins qui lui permettait de le croire. « Je suis désolé, Miss Yaxley » Ce fut la douceur dans la voix de l'auror qui poussa Isobel à relever les yeux vers lui. Elle l'observa, surprise, c'était bien la première fois qu'elle l'entendait lui parler avec un tel ton. Elle était plus habituée à l'entendre proférer des menaces à son encontre ou utiliser un ton hargneux, le voir soudainement si prévenant était particulièrement déstabilisant pour la sorcière. Il semblait las, mais aussi particulièrement sincère et elle se sentit touchée par ses paroles. Au moins il ne cherchait pas à lui mentir, à la mener en bateau et c’était quelque chose qu’elle savait apprécier. Isobel aurait voulu lui dire qu'il n'avait pas à s'excuser de quoi que ce soit, qu'il avait certainement fait de son mieux malgré les circonstances, mais elle ne parvint pas à prononcer le moindre mot. « Je voudrais faire plus. » Un fin sourire sans joie étira ses lèvres, elle aurait aimé pouvoir faire plus, mais de toute évidence, ça n'arriverait pas.

« Miss Yaxley, je peux, peut-être, poursuivre l'enquête. Mais je n'aurai pas la puissance du Ministère pour me soutenir. Je devrai le faire seul. » Isobel ouvrit de grands yeux. Elle s'était certainement attendue à tout sauf à ça. Après l'avoir harcelé pendant des semaines, Greyback venait-il réellement de lui proposer son aide ? Décidément, ce soir, l'auror ne cessait de la surprendre. Sa stupeur passée, Isobel fini par relever le regard et plonger ses prunelles dans celles de l'auror. Cette fois, elle ne fut pas vraiment surprise d'y découvrir une sincérité et une détermination qu'elle avait déjà pu deviner dans sa voix. Elle aurait aimé pouvoir lire dans son regard bleuté, savoir ce qu'il pensait réellement, derrière ces mots qu'il lançait comme un rien. Elle aurait voulu comprendre ce qui le poussait à agir ainsi alors que jusqu'à maintenant, il n'avait éprouvé que du ressentiment à son égard. Il n'avait cessé de l'accuser à demi-mot depuis deux mois déjà, alors pourquoi semblait-il avoir tiré un trait sur ces convictions ? Cela voulait-il dire qu'il cessait de la considérer comme suspecte ? Pourquoi courir un tel risque pour une fille de mangemort, une inconnue ? Isobel n'y voyait aucun sens. Elle était touchée, elle devait bien se l'avouer, mais elle ne comprenait pas. « Pourquoi feriez-vous ça ? » Finit-elle par demander sur une impulsion. Elle se mordit presque aussitôt la lèvre, consciente que sa réaction pouvait passer pour une insulte ou une énième provocation. Pourtant, ça n'avait pas été son but. Ça avait été plus fort qu'elle. Que devait-elle en conclure ? Qu'elle n'était plus suspecte ? Qu'il allait cesser de la harceler ? Qu'enfin il la croyait quand elle affirmait ne posséder aucune information utile ? Une part d'elle aurait voulu accepter sans réfléchir, s'en remettre entièrement à lui et lui accorder une confiance aveugle. Se reposer sur son épaule et le laisser porter ce poids avec lequel elle vivait depuis la mort de sa famille. Comme il aurait été simple de lui demander de tout mettre en œuvre pour retrouver les meurtriers de ses parents. Cela aurait été tellement facile. Mais ça lui était impossible. « Non. » Finit-elle par souffler doucement après un silence qui lui parut éternel. Sa voix lui sembla étrangement triste, presque mélancolique. Elle ne pouvait pas accepter, elle ne pouvait pas lui en demander autant alors qu'ils ignoraient tout l'un de l'autre. Ça n'aurait pas été juste, ça aurait été égoïste de sa part. Isobel avait beau être froide et hautaine, elle restait humaine et elle n'exigeait rien que les autres ne pouvaient lui donner. « C'est une offre généreuse de votre part, mais vous l'avez dit, vous avez déjà bien assez à faire et vous ne pouvez pas risquer votre poste pour ma famille. » Reprit-elle lentement en espérant ne pas avoir à regretter ce choix par la suite. Elle avait le sentiment d'avoir pris la bonne décision, mais par les temps qui courraient rien ne lui paraissait sûr. Elle passa une main sur son visage et détacha ses longs cheveux noirs. Ainsi, elle se sentait plus elle-même, comme si leur présence de chaque côté de son visage la protégeait. Soudainement, face au vide de l'enquête, elle en ressentait le besoin. Elle regarda à nouveau Greyback. Il avait beau affirmer qu'il avait désormais une dette envers elle, elle ne pouvait pas lui demander de risquer son poste d'auror pour sa famille. Pour elle. Ça n'en valait pas la peine. Elle n'en valait pas la peine. « Simplement, promettez-moi de me tenir au courant si le Ministère a de nouvelles informations. » Ça c'était une demande raisonnable qu'elle pouvait lui faire. Quelque chose qu'elle pouvait accepter de sa part sans avoir le sentiment de lui mettre des chaînes aux pieds et une cible dans le dos. « S'il-vous-plaît. » Ajouta-t-elle finalement en laissant son regard dériver vers le sien. Elle prit le temps d'inspirer lentement pour tenter d'oublier le goût amer que la déception avait laissé dans sa bouche et s'efforça de se composer un visage neutre. Pour s'empêcher de trop réfléchir, elle se redressa et alla fouiller dans le meuble qui contenait tous ses ustensiles de potion. Elle en sortit un linge blanc qu'elle humidifia d'un coup de baguette avant de s'avancer vers l'auror. « Vous avez toujours le visage plein de sang. » Expliqua-t-elle en lui tendant le tissu. Maintenant que les potions commençaient à faire effet et que le visage de l'auror n'était plus déformé par la douleur, il ne faisait plus vraiment peur à voir. Mais le sang qui maculait toujours ses traits n'était pas pour lui rendre justice, Isobel devait bien se l'avouer.
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Epouvantard : Son père qui le fixe d'un air narquois, qui se penche et lui murmure qu'il est un monstre, comme Fenrir.

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MessageSujet: Re: when we're becoming something else (liabel)   Ven 7 Juil - 20:01




it's funny how reflexions change when we're becoming something else

Isobel & Liam


 
Liam n'a jamais été quelqu'un de très raisonnable. Il fonctionne au cœur et à l'instinct. Généralement, c'est ce qui lui permet d'obtenir de bons résultats. Il suit ses tripes, et il va toujours à fond dans ce en quoi il croit. Il se donne toujours. Mais sa raison laisse vraiment à désirer. Bien sûr, il sait être logique, il sait réfléchir. Mais Liam, c'est le cœur qui parle avant tout, en toutes circonstances. Et c'est pourquoi le comportement du Ministère le laisse de plus en plus perplexe. Et c'est sûrement pourquoi il a proposé son aide à Miss Yaxley. Liam a toujours suivi le Ministère, depuis le jour où il a commencé sa formation pour devenir Auror. Parce que le Ministère, c'est la justice, le Ministère sait ce qui est bon, et il est là pour protéger le peuple. Sauf que... Sauf que quand il voit comment est traitée l'affaire Yaxley, Liam ne comprend pas. Il ne comprend pas que l'on ne fasse rien de plus. Sous prétexte que les époux Yaxley étaient affiliés aux mangemorts, on devrait laisser leur crime impuni ? Sous prétexte qu'il y a plus urgent en ce moment, on ne devrait pas chercher les meurtriers ? Non, Liam ne comprend pas. Où est passée la justice ici ? Ou est la protection qu'il met un point d'honneur à défendre ? Que devient le Ministère qui sait ce qui est bon et que Liam érige en étendard lorsqu'il se défend de la mauvaise foi des autres ? Et son cœur lui murmure que le Ministère se détourne un peu trop de ses valeurs en ce moment, mais Liam l'ignore. Il prétend que c'est sa raison qui parle lorsqu'il ignore les avertissements de son cœur. Mais il ne pourrait pas se tromper plus. Et il lui suffit de voir le visage d'Isobel pour se dire que peut-être, peut-être que quand son instinct lui murmure de se méfier de ce en quoi il croit, il a raison. Mais Liam fonctionne au cœur. Et son cœur veut croire en la justice. En l'égalité. Même s'il sait au fond de lui qu'il les trouvera de moins en moins au Ministère, il veut continuer d'y croire, avec l'innocence et la ferveur d'un enfant.

Mais il a des doutes, et ça, même en le voulant, il ne peut pas se le cacher plus longtemps. Il fait face, au moins à ça. Parce que sinon, il ne serait jamais venu dans cette ruelle ce soir, il n'aurait jamais désobéi à un ordre direct. Et quand Miss Yaxley réitère sa promesse dans un souffle, que le Ministère ne saura pas qu'il était là, il la croit. Un instant, la vérité lui tombe dessus, brutale et froide. Mais là, maintenant, il fait plus confiance à Isobel Yaxley qu'au Ministère. Il fait plus confiance à celle qui lui a fait perdre les pédales, qui a failli le pousser à bout, qu'à ceux qui l'emploient et qui partagent pourtant ses idéaux. L'idée lui donnerait presque le tournis tant elle est inconcevable, irréaliste et même un peu stupide. Pourquoi, mais pourquoi fait-il confiance à Isobel ? Depuis qu'ils se connaissent, elle n'a cessé de lui prouver qu'elle ne l'appréciait pas le moins du monde, et même que si elle pouvait lui nuire, elle n'aurait probablement pas hésité.

Mais elle l'a sauvé.
Et ça, ça doit bien compter pour quelque chose.

Isobel Yaxley lui apparaît sous un tout autre jour. Pas seulement par son acte hautement surprenant, de ne pas le laisser mourir comme un chien dans une ruelle (quoiqu'il continue de penser qu'il aurait bien pu s'en sortir tout seul, parce que sa fierté est encore là, quelque part). Mais parce qu'il a l'impression qu'il commence à la comprendre. Parce qu'il se dit que peut-être, leurs cœurs ne sont pas si différents. Et quand elle lui répond seulement « Je vois. », d'une voix rauque qui laisse imaginer à Liam ses sentiments, il a l'envie de la serrer contre lui. Pour la première fois, elle lui semble presque fragile. Elle encaisse, mais c'est difficile, il le voit. Il a entendu la douleur dans ses mots. Alors, certes, cette impulsion disparaît aussi vite qu'elle était apparue, et rien dans sa posture ne laisse imaginer qu'il a pu penser à ça. A vrai dire, ses pensées ne l'ont même pas formulé. Un impulsion qui a duré peu de temps, juste pour effacer la peine de la jeune femme. Comme si ça pouvait fonctionner.
Et puis, ses grands yeux ambrés qui s'écarquillent, sous le coup de la surprise. Pourtant, pas un instant Liam ne se demande s'il a eu tort. Il a proposé son aide sans même y réfléchir plus longtemps, parce que c'est naturel. C'est ce qu'il fait. Il aide les gens. C'est ce que le Ministère est supposé faire. Et il n'est pas encore prêt à laisser tomber ses illusions, à se dire que le Ministère qu'il considère comme une bouée, est en fait une ancre qui va finir par le noyer. Alors il veut aider, il veut faire ce qu'il fait le mieux. Traquer. « Pourquoi feriez-vous ça ? » C'est brutal, et il sent que le masque glacial qu'elle arbore habituellement s'est craqué, qu'il voit la vraie Isobel, celle qui est bien cachée dessous habituellement. Il aime bien cette Isobel. Et il ne sait pas comment lui répondre. Elle se mord la lèvre. Est ce qu'elle regrette ? Liam fronce les sourcils, cherche une réponse. « Parce que c'est ce que je suis supposé faire. » admet-il à mi-voix. Il est lui-même surpris des mots qui sortent. A nouveau, il a le sentiment qu'il a perdu le contrôle, mais ce n'est pas comme la dernière fois. Au lieu de la colère, ce soir, c'est une honnêteté et une sincérité qui ont pris le contrôle. Il ne sait pas s'il peut, ni si il veut élaborer un peu plus. Il n'est même pas sûr de vraiment être capable de démêler tout ce qu'il ressent en cet instant. Ce n'est plus seulement parce qu'il lui doit quelque chose. C'est parce que c'est ce qu'il est, c'est qui il est. Liam Greyback, l'Auror qui ne croit qu'en la justice. Et qu'Isobel Yaxley n'est pas un témoin qui ment, mais une simple victime. Et parce qu'elle a besoin de lui. Elle a besoin de la vérité, il le voit. Et il semble qu'il soit le seul à accepter de la lui offrir.
Un silence flotte un temps, les deux sorciers totalement absorbés par leurs pensées. L'une pesant probablement le pour et le contre l'autre, tentant de démêler les raisons qui le poussent à agir de la sorte. « Non. » finit par souffler Isobel. Liam la regarde, sourcils levés, comme s'il n'en croyait pas ses oreilles. « Qu'est ce que... » mais elle l'interrompt, parlant d'une voix plus lente « C'est une offre généreuse de votre part, mais vous l'avez dit, vous avez déjà bien assez à faire et vous ne pouvez pas risquer votre poste pour ma famille. » Liam se décolle à nouveau de la porte, et s'approche doucement d'elle, sans geste brusques, parce qu'il veut s'assurer qu'elle est sérieuse. Qu'elle ne va pas le regretter, qu'elle ne lui ment pas. Puis, quand elle détache ses cheveux, il cesse d'avancer. « Simplement, promettez-moi de me tenir au courant si le Ministère a de nouvelles informations. » Il baisse les yeux sur elle, étonné. « S'il vous plait. » Il acquiesce doucement. « D'accord. Je vous le promets. » C'est le moins qu'il puisse faire. Il voudrait faire plus, mais il ne peut pas la forcer. S'il avait été à sa place, il aurait probablement demandé la tête des coupables, il le sait. Mais encore une fois, si Liam est le cœur, il semble qu'Isobel tienne plus de sa raison. Mais la frustration le gagne peu à peu, et ce n'est que lorsqu'elle se redresse, et retourne chercher quelque chose dans un meuble que Liam cesse de remâcher son refus. Évidemment, il ne lui tient pas rigueur de refuser. C'est juste que la raison dudit refus lui échappe. « Vous avez toujours le visage plein de sang. » dit-elle en lui tendant un tissus blanc. Il en avait presque oublié ce à quoi il ressemble. Avec un signe de tête, il prend l’étoffe, mais ne fait rien pour essuyer son visage. A la place, il continue d'observer Miss Yaxley. « Je n'insisterai pas. Vous savez ce qui est le mieux pour vous. Mais Miss Yaxley, si vous changez d'avis... Sachez que la proposition tient toujours. » C'est important, aux yeux de l'Auror, qu'elle sache qu'elle peut compter sur lui. Liam est un imbécile parfois, mais il ne revient jamais sur ses promesses, ni sur l'aide qu'il peut proposer. Doucement, il lui sourit, comme pour montrer qu'il est sincère, et qu'il ne s'agit pas de paroles en l'air.
Et en attendant, il n'essuie toujours pas le sang sur son visage.
« Je me renseignerai sur ce que font les autres Auror, et j'essaierai de vous tenir au courant aussi souvent que je le pourrai. » Et comme ça, il croisera Isobel Yaxley encore plus souvent. Il ne sait pas d'où vient cette pensée, mais elle est vraie. Et surtout, l'idée de la recroiser (sans qu'ils ne se sautent dessus) lui ferait presque plaisir. « Mais vous savez » cette fois, sans le sourire, d'un air un peu plus sombre « si par malheur ils ne trouvaient rien » ils savent l'un comme l'autre que ça peut arriver, mais à croire qu'aucun des deux n'a envie de faire complètement face à l'hypothèse pour le moment « j'espère que vous parviendrez à passer à autre chose. Ce ne sera pas facile, mais vous êtes forte. » Il n'est pas sûr de parler d'elle ou de lui-même, pendant un instant. Comment a-t-il fait, déjà ? Il est hanté par des victimes qui ne sont pas de sa famille, et pourtant, elles pourraient l'être, vu comme il réagit à chaque fois. Il fait le deuil d'inconnus, et le meurtrier est toujours en liberté. Une seconde, il a l'impression de se voir par le prisme d'Isobel, puis la sensation passe sans qu'il n'ait pu mettre un mot dessus. Il veut lui proposer son aide, il veut lui dire qu'il peut être là pour elle, si elle en a besoin... Mais il a peur que les mots sonnent creux. Et puis, leurs yeux se rencontrent à nouveau, et un instant, il perd le fil de ses pensées. La seule chose qui lui revient alors, est qu'il doit être repoussant avec le sang qui macule son visage. Avec un soupir infime, il finit par utiliser le tissus pour frotter là où il lui a semblé sentir les coupures un peu plus tôt.
Encore une fois, Liam se sent presque écrasé par son incapacité à faire plus, par ses doutes qui sont nouveaux et ne lui plaisent pas du tout, par l'obstination de Miss Yaxley qui aujourd'hui, après avoir refusé de l'aider, se retrouve à refuser son aide. Il ne comprend pas, mais n'ose presque pas argumenter, pas ce soir. Pas alors qu'ils semblent trouver un nouvel équilibre, qui n'implique pas de se massacrer mutuellement. Et au milieu de tout ça, lui vient l'idée, alors qu'il frotte distraitement sa joue avec un linge mouillé (sans toucher à la trace de sang pourtant), que Miss Yaxley a vraiment de beaux yeux.


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MessageSujet: Re: when we're becoming something else (liabel)   Mar 18 Juil - 1:37

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Δ No pain, no gain

Il ne comprenait pas. Bien sûr qu'il ne comprenait pas. Au fonds ça ne surprenait pas Isobel, elle s'en était même doutée. Tout, de ses sourcils haussés, au regard étonné qu'il posait sur elle traduisait la surprise provoqué par sa réponse. Il ne s'attendait pas à ce qu'elle refuse son offre. Du moins pas aussi purement et simplement. Et il était certainement incapable de s'expliquer cette décision. Isobel ne pouvait pas le blâmer. Comment pouvait-il comprendre quand elle-même s'en trouvait parfois incapable ? Elle avait toujours été impulsive, tiraillée entre ce que l'on attendait d'elle et ce qu'elle voulait être. Entre son besoin de reconnaissance et son désir de liberté. Au fonds, elle se demandait parfois qui elle était, où s'arrêtait la poupée de porcelaine façonnée par ses parents et où commençait la véritable Isobel. Elle avait toujours évolué à tâtons, tentant de composer au mieux entre les exigences de son nom et ses propres envies, au risque de se perdre. Alors parfois ses décisions n'avaient aucun sens. Parfois, elle laissait parler son instinct pour agir sans penser aux conséquences de ses actes. Elle reléguait toute raison au fin fonds de son esprit, refusant d'écouter son bon sens et étouffant sa conscience. C'était peut-être ça qu'elle lisait dans les prunelles de Greyback, une incompréhension profonde, une crainte de la voir se perdre dans des décisions irréfléchies qu'elle ne manquerait pas de regretter.

Pourtant il en était tout autre. Parfois ces choix n'avaient aucun sens, mais ce n'était pas le cas en cet instant. Aussi surprenant que cela puisse paraitre aux yeux de l'auror, Isobel était parfaitement consciente de la réponse qu'elle venait de lui donner et de ses conséquences. Elle avait refusé son aide, elle était reconnaissante, elle ne voulait pas qu'il en doute, mais elle ne pouvait pas accepter. Il n'y avait eu aucune impulsivité dans sa réponse, simplement une résolution inébranlable. Elle savait qu'en déclinant sa proposition elle s'éloignait d'une aide qui aurait pu lui être précieuse. Qu'elle s'en remettait entièrement aux mains d'un Ministère qui ne cessait de la décevoir. Mais elle ne pouvait lui demander ça. Elle ne pouvait exiger de lui qu'il mette sa carrière en danger pour son besoin de réponses. Pour elle. Il n'avait rien à y gagner d'autre que des ennuis. Elle n'était qu'une inconnue pour le Greyback, pourquoi voulait-il l'aider ? Qu'est-ce que cela lui apportait ? A part des problèmes et un prix trop élevé à payer ? Et si son regard traduisait une profonde incompréhension, elle espérait silencieusement qu'il ne chercherait pas en savoir plus. Malgré sa résolution ça n'avait pas été une décision facile à prendre, elle se demandait s'il le comprenait, et elle ne voulait pas avoir à batailler pour faire entendre sa voix. « D'accord. Je vous le promets. » Un soupir presque imperceptible s'échappa des lèvres de la sorcière. Il paraissait déçu mais elle avait le sentiment qu'il respecterait son choix. Ce n'était pas à lui de porter le poids des erreurs de ses parents, c'était son rôle, son fardeau. Après tout c'était son nom, son héritage empoisonné. Il avait certainement bien assez à faire avec son propre nom, et il ne lui devait rien. Elle ne lui avait donc pas apporté assez de problèmes comme ça ? Elle ne pouvait pas lui demander de risquer sa carrière en interférant dans les affaires du Ministère, en revanche garder une oreille attentive aux bruits qui courraient dans les couloirs du Gouvernement était une faveur qu'elle pouvait lui demander et elle fut soulagée de le voir accepter aussi aisément. Elle répondit à son signe de tête par un léger sourire qui se figea quand elle vit qu'il n'entreprenait pas d'effacer le sang sur son visage malgré le linge qu'elle lui avait tendu. De toute évidence, il avait encore des choses à lui dire sur le sujet, alors elle garda le silence, lui laissant l'occasion d'exprimer le fonds de sa pensée. Elle lui devait bien ça. « Je n'insisterai pas. Vous savez ce qui est le mieux pour vous. Mais Miss Yaxley, si vous changez d'avis... Sachez que la proposition tient toujours. » Isobel hocha lentement la tête, elle ne prononça pas un mot mais laissa les paroles de l'auror s'inscrire dans son esprit. Pour le moment elle était sûre d'elle, du moins elle s'efforçait de le croire, mais il viendrait peut être un temps où elle serait prête à reconsidérer l'offre de Greyback. Par Merlin, jamais elle n’aurait pu deviner en arriver à une telle situation avec l’auror. Elle aurait pu parier sa baguette que Greyback s’était juré de lui pourrir la vie, qu’elle passerait son temps à contrer ses attaques jusqu’à ce qu’il trouve une preuve quelconque mais suffisante pour enfin pouvoir l’inculper pour la première raison qui lui passerait par la tête. Elle avait été persuadée de s’être fait un ennemi du sorcier, le genre de relation condamnée dès les premiers instants qui finirait par les mener à leur perte. Et pourtant ce soir les choses avaient pris un tournant totalement inattendu. Isobel ne s’était jamais attendu à apporter une aide désintéressée à Greyback un jour et pourtant c’était ce qu’elle avait fait. Elle n’avait certainement jamais imaginé que l’auror puisse un jour lui tendre la main sans hésitation ni arrière-pensée et pourtant c’était ce qu’il venait de faire. Soudainement, c’était comme si le monde tournait à l’envers. Si Isobel devait bien s’avouer que la tournure que prenait son lien avec Greyback était plaisante, elle était aussi particulièrement déstabilisante et elle ne savait pas ce qu’elle devait en penser. Encore moins ce que cela allait donner dans le futur. Jusqu’à maintenant la simple idée que leur lien ait un futur ne l’avait même jamais effleuré. « Je me renseignerai sur ce que font les autres Auror, et j'essaierai de vous tenir au courant aussi souvent que je le pourrai. » Mais de toute évidence il y aurait bien un futur à cette relation étrange qui les liait. C’était du moins ce qu’impliquaient les paroles du sorcier. Isobel s’était toujours doutée qu’elle finirait par recroiser sa route, mais elle avait toujours cru que ce serait dans des circonstances bien plus désagréables pour l’un comme pour l’autre. Pour une fois ça ne la dérangeait pas de s’être trompée. « Merci. » Souffla-t-elle doucement en lui adressant un regard emplit d'une reconnaissance sincère. Encore une fois elle fut sur le point de lui demander ce qui le poussait à agir ainsi. Si ce n'était véritablement que l'auror en lui qui parlait. Mais elle choisit de ne rien dire. Pour une fois, Isobel sentit que c'était une de ces situations où les réponses étaient inutiles, où, pour une fois, l'ignorance n'était peut être pas une mauvaise chose. Elle se contenta donc d'être reconnaissante.

« Mais vous savez » Quelque chose dans le ton de l'auror poussa Isobel à relever le regard vers lui. Sa voix et son attitude semblaient différentes, la sorcière n'y lisait plus seulement une incompréhension profonde, mais également quelque chose de plus sombre, comme de la préoccupation. Aussitôt, Isobel su qu'elle ne voulait pas écouter ce qu'il avait à lui dire. Quelle avait toutes les raisons du monde de craindre ses prochaines paroles. Quelles n'allaient lui apporter que des tourments qu'elle connaissait déjà bien assez. Pendant un instant, elle eut l'envie fugace de plaquer ses mains sur ses oreilles pour ne pas avoir à entendre les mots de l'auror ou de lui lancer un sort pour qu'aucun son ne puisse franchir la barrière de ses lèvres et venir se heurter contre elle. Quelque chose lui disait que ce n'était plus dans les intentions de Greyback de lui faire du mal, mais cela ne la rassura en rien. Pourtant elle ne fit pas un geste, elle se contenta de détourner le regard et de sentir ses épaules se crisper dans l'attente du mal que ses paroles ne manqueraient pas de lui faire. « si par malheur ils ne trouvaient rien » Isobel sentit sa gorge se serrer. Elle avait vu juste. Le ton de l'auror avait beau montrer qu'il ne souhaitait pas lui faire de mal ça m'empêcha pas ses paroles de se ficher douloureusement dans son cœur. En silence, elle pinça les lèvres. Ce qu'il disait était une hypothèse parfaitement valable. En fait, elle était même plus que probable et Isobel savait que plus les jours passaient, moins le Gouvernement n'avait de chance d'avancer sur l'enquête de ses parents. Elle était consciente que la possibilité de trouver le meurtrier de ses géniteur s'amenuisait de jour en jour. Que le Ministère n'apportait de toute façon que peu de ressources pour cette enquête. Mais elle ne voulait pas le savoir. Elle n'était pas du genre à se bercer d'illusions, Isobel, bien au contraire, mais cette fois-ci, seulement cette fois-ci elle voulait s'autoriser à espérer. Même si elle savait que la chute n'en serait que plus difficile. « j'espère que vous parviendrez à passer à autre chose. Ce ne sera pas facile, mais vous êtes forte. » Si elle s'était attendu aux paroles précédentes de l'auror, ces mots-là la prirent par surprise. Elle releva brièvement ses prunelles pour les poser sur le sorcier. Un instant elle se demanda si c'était bien d'elle dont il parlait. L'auror paraissait perdu dans ses pensées, comme déconnecté du moment présent. Forte, Elle ? Était-ce réellement ce qu'il pensait ? Était-ce réellement d'elle qu'il parlait ? Ne voyait-il pas le masque dont elle se parait ? N'en comprenait-il pas l'intérêt ? Elle pouvait être forte Isobel, elle n'hésitait pas à se défendre, à attaquer, à montrer les crocs s'il le fallait. Elle n'était pas une sorcière sans défense qui attendait que l'on vienne la sauver, elle l'avait toujours refusé avec force. Elle était celle qui se jetait sur ses adversaires toutes griffes dehors, celle que quelques coups ou quelques bleus n'effrayaient pas. Pourtant parfois ça ne suffisait pas. Il y avait des situations où sa force vacillait et où son masque de froideur lui était bien utile pour faire semblant. Pour mentir encore et toujours. La question de la mort de ses parents était une de ces situations. Mais nul ne pouvait le savoir, elle n'autorisait personne à voir à travers les brèches de son masque, tout comme elle ne laissait personne l'approcher de trop près. Ce furent ces raisons qui poussèrent Isobel à camoufler son trouble sous un fin sourire ironique. « Êtes-vous en train d'affirmer que vous me connaissez Greyback ? » Lâcha-t-elle après une seconde d'hésitation alors qu'il tentait vainement d'ôter le sang de son visage. Isobel se doutait qu'au fond il n'avait peut être pas été uniquement question d'elle dans les paroles de l'auror. Elle se demandait ce qu'il avait vraiment voulu dire, qu'est-ce qu'il lui était arrivé pour que ces mots raisonnent aussi en lui. Pourquoi il lui avait donné l'impression de les avoir expérimenté lui-même, comme s'il les connaissait par cœur. Mais une fois de plus elle garda ses interrogations pour elle, reculant vivement devant toute action qui pourrait pousser les autres à s'ouvrir à elle, et qui finirait invariablement par exiger la même chose de son côté. Elle fuyait, comme toujours quand les relations qu'elle tissait menaçaient de prendre un chemin compliqué qu'elle n'avait jamais appris à gérer. « Vous êtes bien sûr de vous. » Ajouta-t-elle doucement alors que leurs regards se rencontraient de nouveau.

Le silence retomba entre les deux sorciers et une nouvelle fois l'étrangeté de la situation frappa Isobel. Une semaine plus tôt, elle se trouvait à hurler sur l'auror et à multiplier les provocations destinées à la faire réagir. Une semaine plus tôt, elle ne supportait pas la présence du sorcier et il était clair que l'inverse était également vrai. Leurs regards étaient alors remplis d'une hargne féroce, loin de celui qu'ils échangeaient en cet instant. Plongée dans les iris bleutés de l'auror, Isobel se dit vaguement que leur rencontre forcée de la semaine précédente lui paraissait bien lointaine. Si on lui avait dit qu'elle tendait la main à Greyback de son propre chef et qu'elle l'inviterait au sein du manoir familial pour lui apporter son aide elle aurait bien rigolé. Elle aurait balayé cette simple pensée avec un air dédaigneux et serait rapidement passée à autre chose. Pourtant les faits étaient là, même si elle avait été réticente au début elle n'avait été ni contrainte ni forcée quand elle avait choisi d'aider le sorcier et de lui ouvrir -même momentanément- les portes de la demeure des Yaxley. Elle qui s'était jurée de ne jamais plus le laisser l'approcher se trouvait maintenant bien incapable de détacher ses prunelles des siennes. Son regard était tellement différent de celui auquel il l'avait habituée qu'elle ne pouvait s'empêcher de se sentir désorientée. Quand il n'était pas assombri par la colère le bleu des prunelles de l'auror était tout autre. Il laissait transparaitre un calme étonnant, une sincérité presque hypnotisante. L'espace d'un instant Isobel eut l'impression qu'il pourrait la comprendre, qu'elle pourrait tout lui dévoiler, s'ouvrir entièrement à lui sans secrets ni masques et qu'il pourrait réellement la comprendre et trouver les mots justes pour apaiser les blessures qu'elle portait. C'était une pensée déstabilisante, c'était une pensée dangereuse. Après ce qui lui parut une éternité, l'apothicaire cligna finalement des yeux, rompant le contact hypnotique de leurs prunelles. Elle déglutit, étrangement gênée. « Vous permettez ? Vous êtes loin d'arranger les choses. » Lança-t-elle finalement après un nouveau silence. D'un geste un peu hésitant, elle désigna le linge humide avec lequel l'auror se frottait le visage pour en effacer le sang, sans pour autant l'atteindre. Elle aurait pu utiliser un simple sortilège pour ôter le liquide carmin de ses traits, mais elle doutait qu'il apprécie de la voir pointer sa baguette sur son visage alors elle se décida à faire quelques pas vers lui pour attraper le tissus. Tout en faisant de son mieux pour ne pas croiser son regard, elle entreprit d'effacer le sang qui maculait le côté de son visage. Elle s'efforça de procéder avec des gestes doux pour ne pas rouvrir ses plaies. Et surtout, surtout, elle s'efforça de ne pas penser à leur proximité.
© Gasmask


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