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 Bellatrix Black — l'Espoir,
 Vaincu, pleure, et l'Angoisse atroce, despotique,
 Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir.

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Crédit(s) : Eden Memories
Disponibilité RP : Mélusine de Valmont ; Narcissa Malfoy ; Decima Carrow ; Ravenna Potter ; Eleanor Glenmore (0/5)
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Enrôlé(e) depuis le : 16/02/2016
Camp : A snake biting its own tail, she wants to save the magical world from itself, no matter the means to do so or the consequences.
Age du Personnage : 34 yo
Particularité : Legilimens and Occlumens, she's mentally ill, result of an explosion of unrestrained magic when she was younger. She is the patient zero, first of the Mutes, the only one who remembers.
Baguette : Walnut, 12 3/4'' long, dragon heartstring core, unyielding. Her wand is an unwanted ally, it doesn't obey her, doesn't want to, but she is utterly lost without it.
Patronus : Her magic is too unstable to produce any kind of patronus, and even if she could, her mind is too broken to find the will or the power.
Epouvantard : A small, white room. A bed. Restrains. Needles and the hum of electricity. People watching her. Every night she's there again, in her dreams, until she wakes up screaming. She doesn't sleep anymore.
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MessageSujet: Bellatrix Black — l'Espoir,
 Vaincu, pleure, et l'Angoisse atroce, despotique,
 Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir.   Ven 14 Avr - 21:54

Bellatrix Black
I always prefered the quiet, untameable force of the ocean
Pseudo/Prénom • Mister D. ; Âge/Lieu de résidence • Sud de la France ; Fréquence de connexion • Eeuurh, disons généralement au moins une fois par jour ; Nature du Personnage • Personnage de la saga remasterisé ; Crédit • Avatar : Eden Memories Gifs : Tumblr ; Comment avez-vous trouvé le forum ? le retour ; Que pensez-vous du forum ? le retour le retour ; Un mot pour la fin ? I WILL DIE FOR THIS SHIP levi lpb
Nom • The Noble and Most Ancient House of Black. Son nom est un gage de reconnaissance à travers la population magique. Les Black ont toujours été affiliés aux histoires les plus sombres : des sorciers malades, fous, sanguinaires, et adeptes de magie noire. Certains pensent que les lignées sont maudites, et vouée à tomber dans la folie. Elle est fière d’être une Black, c’est tout ce qu’elle est, aujourd’hui, tout ce qu’elle sait être. Son dernier point de repère, pour le meilleur et pour le pire ; Prénom • Bellatrix, dans la tradition des Black, a été nommée après une étoile. Celle-là même qui brille le plus, dans la constellation d’Orion. Bellatrix, cela vient du latin Bellum, qui veut dire guerre. Elle est à l’image de son nom : unique, terrifiante, guerrière. Elle ne s’épanouit que lorsque l’adrénaline sature ses veines, et qu’elle est éclaboussée du sang de ses ennemis. Elle ne s’arrêtera que lorsque la menace sera anéantie. ; Date de naissance • 28 Août 1951. Lourde journée d’orage, sa venue fut une déception pour son père, Cygnus, qui attendait un héritier mâle. Sa mère était juste heureuse d’en avoir fini avec l’accouchement. Plus tard, elle continuera d’être la déception de son père, et elle souffrira de l’indifférence de sa mère. Mais pour l’instant, elle est encore pure, innocente, et son nom sera Bellatrix ; Lieu de naissance • Elle est née comme les autres Black, à Grimmauld Place, au cœur de Londres. Elle passa une partie de son enfance dans cette maison sombre, qu’elle ne saurait aujourd’hui souffrir. Les murs froids ont également vu la naissance de ses sœurs, puis plus tard, de ses cousins. Les couloirs empestent de souvenirs à oublier ; Statut sanguin • Toujours Pur, telle est la loi des Black. Depuis des générations, les sorciers ne respectant pas cette règle sont bannis de la famille. Bellatrix est le parfait enfant sang-pur, et cette loi qui dicte l’avenir de sa famille est la sienne. Aujourd’hui, elle a tendance à relativiser un peu plus, même s’il est encore trop présent dans son esprit qu’une relation avec un né-moldu est une abomination. Elle a renié sa sœur, pour cette raison, et elle n’est pas prête de changer d’avis ; Maison à Hogwarts • Slytherin, comme le reste de sa famille avant elle. Le Sortinghat hésitera pourtant avec Ravenclaw, pendant une seconde, détail que Bellatrix n’a jamais jugé bon de révéler à quiconque. Elève plutôt réservée, quoique brillante, Bellatrix rendit Minerva McGonagall misérable, et fut la plus grande fierté de leur professeur de Défense contre les Forces du Mal. Son tempérament explosif lui valut de nombreuses heures de colle, et son instabilité chronique coûta cher à quelques éléments d’ameublement du Château. ; Patronus • Bellatrix n’a jamais été capable de réussir le patronus charm. Elle le blâma longtemps sur son absence de souvenirs véritablement heureux, mais elle sait que c’est également dû à sa condition. L’instabilité de son cœur magique l’empêche de concentrer sa magie dans un sort qui exprime physiquement la joie. Aujourd’hui, elle doute encore être capable d’y arriver ; Epouvantard • Son épouvantard est une chambre blanche, capitonnée, dans laquelle elle est attachée sur lit. Les liens emprisonnent chaque poignet, et cheville, et autour d’elle, une multitude de silhouettes en blouse blanche. Elle voit des seringues, entend le murmure de l’électricité. Son épouvantard est formé de ses souvenirs, déverrouillés par un séjour à St Mungo’s, et elle en rêve chaque nuit ; Amortentia • Il y a longtemps que Bellatrix n’a pas eu l’occasion de sentir une potion d’amortentia, mais elle y sentirait la douce odeur du sang, d’une nuit orageuse du mois d’Août, et de l’encre séchée sur un parchemin ; Allégeance • Bellatrix n’a aujourd’hui d’allégeance que pour elle-même, et pour le petit groupe d’individus qu’elle dirige bon gré mal gré : les Ouroboros. Elle n’a qu’un but, faire à nouveau disparaître la communauté magique aux yeux des moldus. ; Baguette • La baguette de Bellatrix est faite de noyer, avec un cœur en ventricule de dragon. Elle mesure 31,8 centimètres, et est rigide. Sa baguette est sa plus grande alliée, mais également sa pire ennemie. Bellatrix a toujours du mal à canalyser sa magie à l’intérieur, malgré des jours entiers passés à s’entraîner à Hogwarts, puis avec le Dark Lord. Pour réaliser ses sorts, elle se concentre jusqu’à la migraine, forçant une stabilité qui n’existe pas ; Particularité • Bellatrix s’est vu enseigner l’art de l’Occlumency par son père, puis par Voldemort lui-même, qui lui permit d’être particulièrement douée à ce sort. Elle est parfaitement capable de compartimenter son cerveau afin d’en empêcher l’infiltration extérieure. L’esprit de Bellatrix est comme un coffre, impénétrable, et gare à ceux qui tenteraient l’expérience. Suite à un accident magique pendant son enfance, son esprit est gardé par des murmures vicieux, comparables à des délusions de schizophrène, qui ont la particularité d’attaquer les présences étrangères à son esprit. Ici, la legilimency pratiquée sur Bellatrix peut s’avérer douloureuse.
Bellatrix a également appris, grâce à Voldemort, la Legilimency. Elle y est moins douée, elle n’a pas la finesse nécessaire à une intrusion discrète. L’utilisation de ce sort s’avère très douloureuse pour la personne visée. Bellatrix est vicieuse dans ses attaques, et ne s’inquiète pas de laisser intact ou non l’esprit de sa victime. Elle n’a également pas la patience d’essayer de venir à bout de fortes défenses mentales : elle jettera contre elles toute sa colère, et toute sa haine ; si ça ne suffit pas, elle trouvera un moyen physique de briser l’esprit de sa victime.

Ouroboros

Eva Green
Brillante, Instable, Parfois tendre, Colérique, Stratège, Impatiente, Enfantine, Vicieuse, Loyale

Que pensez-vous de l’existence des Mutes ? (minimum 5 lignes)
Bellatrix ne sait que trop bien ce qui cause les symptômes des Mutes, et pour cause : elle est l’une d’entre eux. Sa disparition fut si jeune qu’elle passa inaperçue aux yeux du monde ; mais depuis peu, elle sait. Elle sait que son instabilité a été créée par le traitement des moldus, par l’électricité qu’ils ont envoyé dans son corps, par le traumatisme qu’ils lui ont fait subir. Les Mutes sont un fléau, une abomination, la preuve que les sorciers ne devraient jamais se laisser aller à fréquenter des moldus. Le traitement des sorciers par les moldus l’a même renforcée dans ses convictions : personne ne devrait fréquenter ces monstres. Aujourd’hui, les Mutes sont pour elle un moyen de traquer ses agresseurs ; du moins l’espère-t-elle. Alors, elle les étudie, et elle ne lésine pas sur les moyens. Les méthodes qu’elle emploie sont tout aussi barbares que ce qu’on lui a fait subir, mais elle s’en fiche. Elle sait que la clef des intentions des moldus est cachée dans un de ces cerveaux, et elle compte bien les débloquer, même si elle doit détruire leur esprit en le faisant.


Êtes-vous inquiété par la guerre faisant rage entre l’Order of the Phoenix et les Death Eaters ? (minimum 5 lignes)
Bellatrix a toujours trouvé que l’Order était un peu trop peuplé d’hypocrites moralisateurs. Lorsqu’elle les combattait exclusivement, elle s’était toujours amusée de leur volonté à régler le conflit pacifiquement, d’essayer de paraître le plus grand homme entre les deux. Clairement, leurs méthodes ne fonctionnaient pas puisque les Death Eaters étaient en train de gagner. Mais depuis qu’elle s’est détachée des Death Eaters, l’existence renouvelée de ce conflit l’arrange énormément. Parce qu’ils sont occupés à se combattre, une partie de leurs troupes n’ont pas leurs attentions braquées sur elle, et c’est tant mieux. Elle est libre de faire ce qu’elle veut, pour le moment, sans être trop inquiétée de se faire capturer. Elle se demande d’ailleurs si sa possible capture pourrait amener les Death Eaters et l’Order sur un terrain d’entente, mais elle en doute vraiment.

Que pensez-vous de la mort de Voldemort, avez-vous été affecté par cette dernière ? (minimum 5 lignes)
Bellatrix l’a tué, massacré, de la plus moldue des façons. Elle en a honte, et cette mort la hante. Voldemort, c’était son sauveur, l’homme qui l’a libérée de sa famille et qui lui a enfin donné l’attention qu’elle méritait. Voldemort connaissait sa valeur, et avec elle, elle était devenue quelqu’un. Qu’importe s’il était cruel, s’il était arrogant, et égoïste ; il était tout ce qu’elle avait attendu. Alors pourquoi le tuer ? Il courait à sa perte, et Bellatrix ne pouvait pas le regarder faire. Elle ne pouvait pas voir l’homme qu’elle admirait tant faire autant d’erreurs, elle ne pouvait pas le laisser s’attaquer aux moldus. Il ne savait pas, il ne savait rien, et lorsqu’elle avait essayé de lui parler, il ne l’avait pas écoutée. Elle avait peur, avait-il dit, et il avait raison ; elle avait vu ce que pouvaient faire les moldus : elle savait qu’ils pourraient un jour éradiquer les sorciers. Elle ne pouvait plus le laisser faire, le laisser poser une cible sur la communauté sorcière.
Son geste la ronge chaque jour. Même si l’homme était détestable, elle l’aimait, à sa façon. Le tuer lui brisa le cœur, et lorsque le moment de rage fut passé, elle resta prostrée pendant de longues heures, puis des jours entiers. Mais si c’était à refaire, elle recommencerait.

Connaissez-vous les Ouroboros, que pensez-vous de leur action ? (pas de minimum de lignes)
Les Ouroboros, c’est elle qui les a créés. En rassemblant ceux qui partageaient ses inquiétudes, elle monta un groupe dont le but était principalement de surveiller les moldus, et de craquer le mystère des Mutes. Ils sont discrets, manipulateurs, et surtout, invisibles. Les moldus ne doivent pas savoir qu’ils sont observés ; le monde magique ne doit se douter de rien. Elle sait que si peu la croiraient qu’on chercherait à l’arrêter, et elle ne peut pas courir ce risque. Alors, lentement mais sûrement, elle est en train de créer le chaos dans la société sorcière. Elle préfère que la guerre fasse rage dans leur communauté, plutôt que de risquer l’intervention des moldus si l’on venait à s’en prendre à eux.

Pensez-vous que l’action du Ministry est appropriée pour traiter des crises en cours ? (minimum 5 lignes)
Le Ministry a toujours été un synonyme d’incompétence, pour Bellatrix. La politique ne l’a jamais intéressée, pas plus que le pouvoir. Le Ministry a toujours été relativement aveugle face aux crises secouant leur monde, et ça a tendance à particulièrement irriter l’aînée des Black. Evidemment, le fait que les yeux de la Ministre soient braqués sur l’Order et les Death Eaters arrange grandement Bellatrix, mais elle sait que Dorcas Meadowes a de plus grands problèmes à régler. D’ailleurs, l’action de cette dernière est terriblement semblable à celle d’un despote, et l’hypocrisie rend Bellatrix malade. Elle aimerait, éventuellement, mettre le Ministry à genoux, et le forcer à regarder la vérité dans les yeux : les Mutes ne sont pas malades, et les responsables sont les moldus. Plus que tout, elle aimerait que le Ministry se rende compte que le monde magique est en danger.



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MessageSujet: Re: Bellatrix Black — l'Espoir,
 Vaincu, pleure, et l'Angoisse atroce, despotique,
 Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir.   Dim 7 Mai - 11:07

Hell is empty and all the Devils are here
Et de longs corbillards, sans tambours ni musique,
 Défilent lentement dans mon âme
Les murs étaient blanc, toujours blanc, quelque soit la pièce. C’était l’un de ses seuls souvenirs, tellement récurrent, de sa captivité. Elle ne savait pas même pourquoi elle avait disparu, ni où. Elle avait treize ans, et lorsqu’elle était revenue, elle avait changé. Le problème, c’était qu’elle ne se souvenait pas pourquoi. Parfois, dans ses rêves, elle imaginait une espèce de lit, très froid et très inquiétant, mais cela n’allait jamais plus loin. La seule différence, avec avant, c’était qu’elle n’était plus seule. Ils l’avaient tous remarqué, et elle ne pouvait ignorer les regards que les autres Black, ses parents, ses sœurs même, lui lançaient. Parce qu’elle voyait des choses qui n’étaient pas là, et elle répondait à des voix qui n’existaient pas. Ils étaient inquiets, énervés même, mais elle ne s’en rendait pas compte. Lors de ses rares moments de lucidité, sa soudaine folie lui glaçait le sang. Mais les murmures dans son oreille avaient bien vite fait de la distraire, et elle fixait le néant à nouveau, perdue dans l’immensité de ses illusions.

« Bellatrix ! »

Elle sursauta, et se força à glisser son regard sur son père. Instinctivement, elle se recula vers le mur. L’homme, depuis sa disparition, semblait moins violent avec elle. Il l’observait souvent, et elle pouvait lire de l’inquiétude dans son regard, parfois. Elle ne comprenait pas bien ce que cela voulait dire, mais elle devait bien avouer qu’elle était soulagée de ne pas avoir à souffrir autant. Bien sûr, cela voulait dire que la colère du patriarche était déchargée sur ses sœurs, et ça ne lui plaisait guère.

« Yes, Papa ? »

Elle attrapa ses mains, et se concentra sur l’homme. Elle essayait de ne pas se laisser distraire par les voix, qui lui disaient qu’elle était en danger, qu’elle devait fuir, ne jamais revenir. Ils lui voulaient tous du mal, et lui le premier.

« Come with me. »

Elle savait qu’elle ne devait pas lui désobéir, et malgré les protestations dans sa tête, elle se releva immédiatement, et le suivit à travers le Manoir. Ils arrivent bien vite devant la cave, et elle fronça les sourcils, prenant instinctivement un pas en arrière. Elle n’avait pas confiance, et le chaos permanent ne l’aidait pas. Cygnus n’attendit pas, pourtant, et attrapant son poignet avec impatience, força Bellatrix à le suivre. La cave, le cellier, était immense, et il l’attira jusqu’à une petite pièce — une cellule, murmurait son esprit. Elle se débattit alors, de toute la force de ses treize ans, pour s’échapper, pour lui échapper, mais sa poigne était trop forte et elle ne fit que se faire mal. Sans aucune considération, il la força à l’intérieur de la pièce, et elle découvrit avec froideur qu’il y avait déjà un homme. Elle chercha à se retourner, à sortir, mais la porte était fermée. Elle s’y plaqua, paniquée, et fixa l’homme, qui s’approchait d’elle, avec un léger sourire, l’expression confuse.

« Miss Black. I’m only here to help. »

Elle déglutit et secoua la tête, la panique saisissant son corps. Il continuait à avancer, pourtant, inconscient du danger. Les murmures s’agitaient dans son crâne, harcelant ses pensées de tendances paranoïaques.

« Stay away ! »

Il s’arrêta un instant, fronçant les sourcils, et tendit la main vers elle, lentement. Il avait un air gentil, aimable, mais pour la jeune femme, il respirait le danger. Il voulait lui faire du mal, sinon pourquoi est-ce que Cygnus l’aurait amenée là ? Ce n’était pas comme lui de l’aider. Il voulait se débarrasser d’elle, la fille gênante, la folle, l’incapable. Ses sœurs étaient tellement mieux qu’elle.

« Miss Black, please. »

Et il reprit son avancée.

Il y eu une vague d’énergie magique, quelque chose d’assez puissant pour faire trembler les murs, et soudainement, la peau de Bellatrix était humide. Elle pouvait sentir que ses vêtements étaient mouillés, mais elle ne savait pas pourquoi. Elle avait fermé les yeux, et paniquée, elle avait souhaité qu’il disparaisse. Elle sortit de sa torpeur lorsque la porte derrière elle s’ouvrit à la volée, et elle rouvrit les yeux soudainement, fixant son père avec un regard effrayé. Il s’était figé, et elle pouvait voir que son visage était plus blanc qu’à l’accoutumée. Elle se lécha les lèvres, et fronça les sourcils, lorsque le goût du sang parvint à son palet.

« What did you do ? »

La voix du patriarche était tremblante, et elle se tourna vers la salle à nouveau, ne comprenant pas de quoi il parlait. La vue qui s’offrait à elle la fit trembler, et elle fit un pas en arrière. L’homme avait bien disparu, et les murs étaient maintenant éclaboussés de sang, et de chair. Elle se regarda alors, le corps trempé de sang, et sans plus de résistance, elle s’évanouit.

*****

Sa magie était devenue instable, et Cygnus en était terrifié. Plus jamais il n’essaya de forcer Bellatrix à faire quoi que ce soit, effrayé que la surcharge d’émotion ne crée une nouvelle explosion magique. Il l’ignorait la plupart du temps, et elle s’en contentait parfaitement. Elle se renfermait dans sa solitude, elle-même terrifiée par l’étendue de ce qu’elle pouvait faire. Le dernier acte parental de Cygnus fut de la forcer à prendre des calming draught, au moins trois fois par jour, pour éviter ses sautes d’humeur. Car s’il y avait bien une chose qui n’avait pas changé, c’était son tempérament excessif et désastreux.

Il faisait chaud, ce jour-là. C’était le dernier jour de l’été, et demain, Narcissa ferait enfin sa rentrée à Poudlard. La jeune fille avait terriblement hâte, bien sûr, cela voulait dire échapper à l’indifférence de la mère et à la violence du père. De plus, il s’agissait de Poudlard, et tous les enfants — même ceux issus des familles les plus snob — étaient excités à l’idée d’enfin arpenter les couloirs du château Ecossais. Bellatrix, pour sa part, n’avait aucune envie d’y retourner. Elle ne s’y sentait plus à sa place, depuis l’été de ses treize ans, où elle avait disparu pour merlin sait quelle raison. Parfois, elle essayait encore de se souvenir, mais à part les murs blancs, rien ne lui venait en tête. Quoi qu’il en soit, Poudlard n’était plus amusant. Elle qui avait auparavant tant de facilités à manier sa baguette, tout était drastiquement différent aujourd’hui. Il lui fallait une concentration tellement importante pour réaliser les sorts qu’elle était épuisée après une simple matinée de cours. Elle n’arrivait à faire les sorts les plus simples qu’avec grande difficulté, et elle ne se l’expliquait pas. Les autres, par contre, les difficiles, ceux qu’elle avait tant détestés étant plus jeune, ceux-là lui venaient avec une facilité déconcertante. Elle savait ce que cela voulait dire, elle l’avait lu, son cœur magique était instable.

Elle prit une gorgée de sa flasque, en permanence garnie de calming draught, et elle glissa son regard sur ses sœurs. Un léger sourire vint éclairer son visage, alors qu’elle les observait jouer dans l’herbe, vivantes d’une inconscience tout à fait rafraîchissante. Elle aimait les voir ainsi, heureuses, enfantines, simplement satisfaites. Elle s’était détachée d’elles, et elle s’en voulait. Mais elle ne voulait pas les effrayer, avec ses crises de colère qui détruisaient sa chambre en l’espace d’une seconde, avec ses discussions murmurées avec les voix. Elle était instable, folle — et douloureusement consciente de ce fait — et elle ne voulait pas les mettre en danger. Lorsqu’elle les voyait encore, au Manoir, c’était pour les protéger de leur père. Elle n’hésitait jamais à souffrir les punitions à leur place, parce qu’elle savait que Cygnus n’irait jamais trop loin avec elle ; il ne pouvait pas le risquer. Elle s’accusait de tout, tout pour épargner l’innocence de ses deux cadettes.

Il y avait Andromeda, pourtant, et elle fronça les sourcils en glissant son regard sur elle. Lorsqu’elle pardonnait tout à Narcissa, elle était beaucoup plus exigeante avec sa copie conforme, et elle ne savait pourquoi. Andromeda se devait d’être parfaite, pensait-elle, parce que viendrait le moment où Bellatrix ne pourrait plus être l’aînée, et elle devait compter sur Andy pour continuer à croire aux valeurs familiales. Mais elle l’avait observée trop souvent à Poudlard, à fricoter avec les mauvaises personnes. Rien de cela ne lui plaisait, et elle ne savait pas trop quoi penser de sa cadette. Alors elle continuait de la provoquer, encore et toujours, tout en espérant qu’au fond, elle se trompait, et que ce n’était que la rébellion de la jeunesse.

Il faisait trop beau pour avoir des pensées aussi moroses. Demain, elles iraient toutes à Poudlard, et Bellatrix aurait d’autres préoccupations, comme les OWLS. Elle tremblait déjà à l’idée du travail qu’elle devrait fournir pour avoir des notes acceptables. Elle était extrêmement intelligente, lorsqu’elle n’était pas trop perturbée par toutes les voix qui occupaient sa tête, lorsqu’elle n’était pas rongée par la paranoïa, et elle savait qu’elle pouvait réussir haut la main si elle le souhaitait. Ses doigts caressèrent sa baguette et elle se rappela en grimaçant qu’elle n’arrivait plus à la contrôler normalement. L’année allait être plus difficile que prévu.

*****

« Where are you going Bella ? »

L’adolescente fit volte face, baguette pointée sur la forme qui l’a interrompue. Elle fronça les sourcils en voyant Andy, et se força à baisser son bras, et à ranger sa baguette dans sa manche, refusant d’écouter les voix qui insistaient sur la malveillance de sa sœur.

« None of your business. »

Elle était sur la défensive, et elle tourna les talons à nouveau, se dirigeant vers l’entrée de la Forêt Interdite sans attendre. Elle entendit la jeune femme courir après elle, et elle roula des yeux, se retournant à nouveau, lui faisant face sa flancher.

« What ?! »

Andromeda s’arrêta également, et Bellatrix la fixa avec un sourcil haussé, attendant ses explications.

« You’re not supposed to be out of bed at this time during the night. »

L’aînée roula des yeux à nouveau, exaspérée, et secoua légèrement la tête.

« Sod off. »

Elle tourna les talons à nouveau, et pénétra dans la Forêt, sans attendre de voir si sa sœur la suivait ou pas. Parcourant les bois avec une aise désarmante, elle aurait de toute façon bien vite de la perdre.

« You’re late, Bellatrix. »

La voix était étrangement douce, mais elle contenait une menace certaine. Instantanément, la brune se tourna vers l’homme entrant la clairière, et elle s’inclina légèrement, se mordillant la lèvre.

« I’m sorry, my Lord. »

Il ne dit rien de plus, et elle avança vers lui, le pas lent et l’expression neutre. Il y avait toujours cette petite voix, ce petit élan paranoïaque qui lui disait qu’elle ne devrait pas être ici, qu’elle ne devrait pas s’associer avec quelqu’un d’aussi dangereux, mais elle ne l’écoutait pas. L’homme, aussi cruel qu’il puisse être, l’aidait à regagner le contrôle sur sa magie — ou pensait-elle. Il lui apprenait d’autres sorts, plus sombres, plus efficaces, qu’elle parvenait à réaliser sans trop de difficulté. De nombreuses fois, il lui avait demandé d’arrêter de boire ses potions, mais c’était le seul ordre qu’elle n’acceptait pas — et un jour, elle savait qu’il perdrait patience. Mais elle avait vu ce qui arrivait lorsqu’elle était en colère, lorsqu’elle perdait le contrôle de ses émotions, et elle ne voulait pas que cela se reproduise. Il avait beau lui répéter qu’elle n’était pas assez forte pour le blesser, elle ne le croyait pas. Ces explosions magiques étaient faites de magie la plus pure, directement puisée de son cœur magique, et elle doutait sérieusement que l’on puisse lutter contre elles.

« You doubt me, Bellatrix. »

Elle se figea, la réponse bloquée dans sa gorge. Elle se demanda un instant comment il pouvait savoir, et elle se rappela soudainement d’ériger toutes ses barrières mentales, l’empêchant d’observer son esprit si facilement. Elle déglutit.

« Come, now. »

Elle avança vers lui, n’hésitant pas une seconde, et attrapa le bras qu’il lui tendait, sentant par la suite la désagréable impression d’avoir son nombril aspiré. Ils étaient dans une salle, à présent, et il s’écarta d’elle souplement, lui tournant autour, baguette entre les doigts. Elle ravala sa peur et attrapa sa propre baguette, le suivant des yeux. Le bois sous ses doigts lui semblait étranger, comme toujours depuis ce fameux été, et elle resserra sa prise, se concentrant jusqu’à la migraine.

« Fienfyre ! »

Et l’entraînement ne s’arrêterait qu’au petit matin, lorsqu’elle ne pourrait plus tenir debout.

*****

Pouvait-on mourir d’un cœur brisé ? C’était le milieu de la nuit, et Bellatrix ne pouvait s’empêcher de fixer la silhouette qui franchissait les portes du Manoir, et qui s’élançait sur le chemin de gravier jusqu’aux grilles. Distraitement, elle porta la flasque à ses lèvres, et avala la gorgée habituelle de potion. Elle n’en avait pas besoin, pas aujourd’hui, pas maintenant. Elle se sentait froide, vide de toute émotion, alors qu’elle contemplait la forme de sa sœur, Andromeda, transporter des valises jusqu’au bord du domaine. Elle ne voulait pas y croire, elle ne pensait pas que sa jeune sœur serait capable de les abandonner, de partir ainsi. Et pourtant, elle devait se rendre à l’évidence. Elle savait qu’Andromeda avait l’habitude de fréquenter des impurs à Hogwarts, mais elle n’aurait jamais pensé que cela suffirait à leur arracher ; à lui arracher. Lentement, ses doigts tracèrent contre la vitre la silhouette qui tentait de disparaître à l’horizon. Mais la Lune était pleine, ce soir-là, et Bellatrix put la voir jusqu’au dernier moment. Elle put voir les grilles se refermer derrière elle, et Andromeda quitter leur vie définitivement.

Elle aurait voulu rager, s’entraîner elle-même dans un épisode hystérique, mais la potion l’en empêchait. Ses émotions, revenues comme une vague déferlante, étaient limitées : un bruit de fond, une brise, loin des tempêtes habituelles. C’était pour le mieux ; pour sûr. Elle ne savait pas de quoi elle aurait été capable, si elle s’était laissée emporter par sa colère. Peut-être l’aurait-elle ramenée par les cheveux, sans montrer la moindre once de gentillesse. Andromeda était sa sœur, oui, mais elle l’avait abandonnée, elle avait abandonné Narcissa. Bellatrix avait tout fait pour elle, tout ; certes parfois elle était un peu brusque, trop dure, elle avait trop d’attentes. Mais elle la protégeait, l’avait protégée, coûte que coûte, contre la cruauté paternelle et l’indifférence maternelle. Et pourtant, Andromeda osait partir comme si tout cela ne voulait rien dire, comme si ces années passées dans le sang et les cris pouvaient être effacées par la lâcheté de sa fuite.

Elle pleurait, se rendit-elle soudainement compte. Elle pleurait, et les larmes, froides, coulaient sans merci vers le sol, humidifiant ses joues de leur passage honteux. Derrière elle, elle entendit des pas, et elle se tourna, confrontée à la silhouette fresque, parfaite, de sa cadette.

« What’s wrong ? » Demanda-t-elle, et Bellatrix essuya rageusement ses larmes. Le sourire qu’elle offrit à sa cadette était tremblant, et elle regarda une dernière fois par la fenêtre, avant de refermer les rideaux.

« Nothing. » Répondit-elle alors, et elle resta silencieuse si longtemps par la suite que Narcissa quitta la pièce.


*****

Le corps tremblait devant elle, criait, suppliait. Ca la fit rire. Elle ne pouvait plus s’arrêter, emportée dans une folie temporaire. Elle riait, le visage vers les cieux. Derrière elle, la maison des moldus était en feu. Elle pouvait déjà sentir l’odeur de la chair brûlée, et ça la fit rire de plus belle ; et à ses rires se mêlaient les cris d’agonie. Elle ne pouvait pas arrêter, elle ne savait pas comment. La sensation était addictive. Infliger tant de souffrance était une drogue. Ca la libérait, ça faisait taire les voix. Enfin, elles étaient repues par le sang, par les cris, par la douleur ; douleur d’un autre qu’elle. Elle savait qu’elle ne pourrait plus s’arrêter.

Lorsqu’il lui dit ce qu’elle avait à faire pour obtenir sa marque, elle n’avait pas hésité l’espace d’une seconde. Torturer, tuer, tant pis. Elle deviendrait une meurtrière. Pour lui. Il avait trop de pouvoir sur elle, mais elle s’en fichait. L’on pouvait la comparer à un chien priant pour recevoir une caresse de la part de son maître, et la vérité n’était pas très loin ; mais elle s’en fichait. L’avis des autres ne lui avait jamais importé ; sauf celui du Maître. Elle prononçait le sort avec de plus en plus de conviction, observant comment le corps se cambrait jusqu’à l’impossible, du sang s’échappant de la bouche et du nez de la victime. Un fort ‘crack’ se fit entendre et elle sut qu’elle venait de lui casser les côtes. Mais elle ne se sentait pas mal, elle exultait. Elle était seule dans sa tête, seule avec la satisfaction d’avoir enfin fait taire les voix. La victime abandonnait, la gorge en sang d’avoir trop crié, et Lord Voldemort prononça les deux mots fatidiques, qui terminèrent sa souffrance. Elle n’avait pas tué mais elle avait mérité sa marque. Silencieusement, elle tomba à genoux devant son Maître et lui présenta son bras gauche. Il y apposa sa baguette, et la douleur fut insurmontable. Mais elle serra les dents et lutta pour ne pas verser les larmes qui piquaient ses yeux. Lorsque la marque fut enfin là, elle s’inclina, s’accrochant aux jambes du Seigneur, laissant enfin ses larmes couler.

« Thank you, my Lord, thank you. »

Elle était libre, libre des voix ; mais pourtant n’avait jamais été aussi enfermée. La marque sur son bras deviendrait sa cage, aussi dorée fût-elle.

*****

« It is time, daughter. »

Cela ne s’était pas passé comme elle l’avait imaginé. Elle avait repoussé l’échéance le plus longtemps possible, mais elle ne pouvait plus. Elle devait l’épouser, pour le meilleur et pour le pire — surtout le pire. Elle ne le souhaitait pas, mais le Maître avait approuvé, et pour cette raison, elle avait enfin accepté que les préparations du mariage commencent. Elle était vêtue d’une robe noire comme son âme, n’ayant que faire des codes. L’idée qu’elle pût être vierge la fit sourire. Bien sûr, techniquement parlant son hymen avait été resté intouché. Elle s’était abandonnée de très rares fois dans les bras de femme, après trop de verres pour le regretter, et elle n’était plus vierge. Elle redoutait particulièrement le moment venu de constater sa pureté, mais elle essayait de ne pas y penser

La cérémonie était passée dans un flou artistique. Lord Voldemort lui-même les avaient mariés, et c’était le seul point bénéfique de la journée. Maintenant, elle était dans la chambre de son … époux, et elle attendait qu’il vienne réclamer ce qui lui appartenait. Elle n’avait jamais autant détesté les préceptes sang-pur. Elle n’était rien de plus qu’un objet, pour les hommes ; mais elle ferait en sorte que cela change. Déjà, elle surpassait en grade les mâles Death Eater. C’était elle, le lieutenant de Voldemort, c’était elle son bras droit ; pas eux. Son égo enfla, et elle se tourna vers la porte qui venait de s’ouvrir. Instantanément, à la vue de son mari, elle crispa ses mâchoires. Ce n’était qu’un mauvais moment à passer, se dit-elle ; ça ne durerait que l’espace d’un instant, et elle n’aurait plus jamais à le refaire. Elle ne voulait pas le refaire, même si on attendait d’elle des enfants. Ah ! Ils seraient bien déçus, de voir que sa folie n’était pas son seul défaut. Ses mains la touchèrent, et elle trembla de dégoût. Il prit ce qu’il devait prendre, et elle détesta chaque seconde. Lorsque ce fut finit, elle repoussa le poids horrifiant de son mari — le mot lui donnait envie de vomir — et sortit de la pièce sans se retourner.

Elle passa une bonne heure dans un bain, à nettoyer sa peau frénétiquement au point de la rendre douloureuse. Elle pouvait encore le sentir sur elle, à la prendre comme si elle était sienne à posséder. La notion la rendit folle de rage, et pour la première fois de sa vie, elle voulut obéir aux voix. Elle voulait l’assassiner, lui trancher la gorge et maculer les draps de son sang. C’était impossible, pourtant. Alors, lorsqu’elle s’était persuadée qu’elle ne pouvait pas être plus propre, elle sortit du bain, et alla se réfugier dans les bras toujours accueillants de Decima. L’étreinte qui s’en suivit fut mutuellement consentie, et alors qu’elle reposait enfin sur les draps froissés, elle se sentait calme.

*****

« You made it worse … Merlin, Andy, why did you leave ? Why won’t you tell me ? Don’t you think I at least deserve to know that ?  »

Son ton était plus calme, étrangement calme, et elle braqua ses pupilles dilatées sur la forme de sa sœur à nouveau, ses mains relâchant l’épaisse masse de ses cheveux, sans avoir une derrière fois tiré dessus. Ses dix doigts étaient maculés de sang, le cuir chevelu attaqué par des ongles sans merci. Elle rit alors, à nouveau, et sortit sa baguette de sa manche d’un geste trop fluide, la braquant sur sa sœur, sans fléchir un instant.

« You won’t tell me ? Fine. I’ll just have to find out for myself. I warned you. Legilimens ! »

Sa voix était forte et elle déchira les défenses d’Andy sans la moindre hésitation. L’intrusion était violente, probablement — certainement — douloureuse, mais elle n’en avait rien à faire. Les premiers souvenirs étaient forcés, et elle savait qu’Andy essayait de résister en projetant des choses sans intérêt devant ses yeux. Elle les revit, toutes les trois, jouant dans un soleil d’été en haut de la colline. Les deux cadettes couraient sous l’œil bienveillant de leur grande sœur, et l’image fit grincer Bella des dents. Elle avait toujours était là pour elles, et c’était comme ça qu’on la remerciait ! Sans merci, elle s’enfonça plus loin, parcourant les images sans aucune tendresse, balayant les tentatives pathétiques de sa sœur sans le moindre effort. Elle était faible, pitoyablement faible, et elle eut envie de rire. Soudainement, apparurent devant leurs yeux le moment fatidique ; Andromeda qui enlaçait le Mudblood, le visage bercé de larmes. Elle lui prononça des mots que Bellatrix mit un moment à comprendre, mais qui la fit bouillonner de rage une fois que ce fût fait.  « I did it, I left them. For us, Ted, for us. » Dit-elle, et Bella changea de souvenir, incapable d’observer la scène plus longtemps.

Ses recherches l’amenèrent au plus profond de la conscience d’Andy, et elle savait que là étaient ses souvenirs les mieux protégés. Elle força une énième image au devant de leurs yeux, et là encore, son cerveau ne fit pas le lien avec ce qu’elle voyait. Andromeda qui regardait un enfant avec tendresse, avec quelque chose que Bellatrix n’arrivait pas à comprendre. Elle n’avait jamais vu l’amour, jamais de près, jamais dans les yeux ; elle ne savait pas ce que cela pouvait être. Elle voulait observer la scène plus longtemps, intriguée, mais Andy, inexplicablement, réussi à la forcer hors de sa tête. L’acte lui fit faire quelques pas en arrière, et elle fixa sa sœur avec incrédulité, incapable de réaliser ce que ce dernier souvenir représentait. Et puis finalement, elle se souvint de la poupée, dans le sac d’Andy, elle se souvint du regard, de la caresse sur la joue, et elle cria. Elle cria parce qu’elle savait, parce qu’elle avait tout compris, tout découvert, et qu’une fois encore Andromeda avait tout accompli. Elle avait l’amour d’un homme et d’une fille. Elle voulait la tuer. Plonger sa main dans sa poitrine et arracher son cœur encore battant. La frustration la fit se tourner et elle frappa le mur, à plusieurs reprises, jusqu’à ce que ses phalanges soient en sang et que sa main gauche fût brisée. Elle n’en avait que faire, elle tombait en morceaux, et elle ne savait pas si elle arriverait à s’en remettre.

« This is it, then. This is why you abandonned us. For a Mudblood and your bastard child. »

*****

« You’re lying, sister. I can see it in your eyes. You’d say about everything to protect her from me. But who will protect you from me, I wonder ? »

Elle était cruelle, elle le savait, et rien ne l’avait autant amusée. Elle fondit sur sa sœur, alors, tel un oiseau de proie, et chevaucha ses hanches sans merci, la forçant au sol, pressant sa dague contre sa gorge. Elle l’entailla, sans faire attention, et ne réagit pas plus que ça, fronçant simplement les sourcils.

« Now don’t move, sister-dear, I’d hate for you to hurt yourself. » Elle sourit, sadique, et rajouta d’une voix cruellement amusée. « Leave that to me, will you ? »

Et sans attendre, elle entailla sa clavicule droite, versant le sang si pur qu’elle ne méritait pas. Elle observa, hypnotisée, le liquide pourpre qui s’échappait vers le sol, maculant la peau blanche, et elle glissa sa main libre contre la gorge d’Andromeda, présente mais légère, simple avertissement que si elle venait à chercher à se rebeller, elle n’était qu’à quelques doigts de se faire étrangler. Alors, Bellatrix continua son art, traçant des lignes sans sens sur sa peau. Ce n’était qu’un échauffement, un moyen d’avoir son sang sur la lame ; les marques, elle pourra les faire disparaître. Non, la brune voulait lui laisser quelque chose de bien plus précieux, un cadeau parfait, qu’elle ne pourrait jamais enlever, et qu’ils verraient ; tous, surtout lui, le Mudblood. Souriant à sa propre idée, elle se redressa légèrement, retirant la lame de sa peau. Elle avait été totalement imperméable aux gémissements peinés de sa sœur, mais maintenant elle la regardait dans les yeux, et sourit à nouveau, sadique. Elle porta la lame à ses lèvres, léchant le sang qui s’y trouvait lentement, tout en prenant soin d’y entailler sa langue, mêlant une nouvelle fois son sang à celui de sa sœur. Cela fait, elle écarta la dague et sans lâcher Andy des yeux, commença à murmurer intelligiblement, furieusement, en latin. L’incantation faite, la lame à présent maudite, Bellatrix sourit de satisfaction, et tapota délicatement la joue d’Andy, de la main qui avait enserré sa gorge.

« Now the fun begins, dearest. Don’t be afraid to scream. »

Elle ne lui laissa pas le temps de réagir, et agrippa sa gorge plus fortement, enfonçant ses ongles déjà ensanglantés dans la peau délicate, sans pour autant l’étrangler. Elle détourna son regard et posa ses yeux sur sa poitrine, déchirant d’un geste précis le vêtement qui se trouvait là. Elle arracha à moitié le haut, découvrant la partie qui cachait son cœur. Elle souriait follement, maintenant, et elle traça du bout de sa dague la zone située juste au dessus de son sein, et sans attendre, planta délicatement la lame dans la peau. Elle prit son temps pour tracer les lettres, totalement indifférente aux spasmes qui agitaient le corps de sa sœur, et aux cris qu’elle laissait échapper. Lorsque son œuvre fut enfin achevée, elle se redressa légèrement, observant son travail avec un air de contentement hautain, et elle fit disparaître la dague dans ses robes. Mudwhore, it said. Relevant ses yeux vers sa sœur, elle haussa un simple sourcil, et posa le bout de sa baguette juste sur son cœur. Elle pressa juste assez pour lui faire mal, et elle déglutit silencieusement.

« You know what’s next, don’t you ?  » Elle n’avait pas besoin de réponse. Elle se pencha contre elle, et pressa ses lèvres contre son oreille, murmurant froidement. « Crucio. »

*****

La réalité de ce qui arrivait semblait si loin ; trop loin, d’ailleurs. Elle secouait la tête doucement, mais furieusement, sans arrêter, murmurant sans même s’en apercevoir. Ses yeux étaient écarquillés de peur, car elle ne savait que trop bien ce qui allait arriver. Comment Andy pouvait-elle l’aider, comment pouvait-elle résister à la tentation d’enfermer Bellatrix, peut-être pour toujours ? Se débarrasser du problème, sans regarder en arrière ? Elles n’étaient plus sœurs, après tout, Bellatrix le lui avait bien fait comprendre, et ce depuis des années déjà. Elle ne voulait plus rien d’elle, et surtout, elle ne voulait pas se trouver dans un tel état de faiblesse en face de la traître. Mais à présent, il n’y avait qu’Andromeda pour lui épargner un sort pire que la mort — à son goût. Seule sa soeur pouvait ordonner aux médicomages de repartir, lorsqu’ils arriveraient, elle seule pouvait les persuader que tout allait bien. Mais ce serait un mensonge, bien sûr, et Andy n’avait jamais vraiment bien su mentir ; ou en tous les cas, Bellatrix avait toujours su quand elle mentait. Pourrait-elle mentir, alors, dans un dernier élan de gentillesse, pour protéger sa soeur ? Probablement pas, pensa Bellatrix, et elle ne savait pas encore à quel point elle avait raison.

Ayant refusé de relever les yeux, ne voulant admettre que la salle risquait d’être vide, elle fut surprise en entendant la voix d’Andy, si proche d’elle. Elle chercha à se reculer, mais frappa le mur de sa tête sans le vouloir. Elle relâcha ses mèches de cheveux sans lutter, fixant ses prunelles confuses sur sa soeur. Qu’est-ce que ça pouvait lui faire, qu’elle se fasse du mal ? Elle ne comprenait pas cet intérêt soudain. L’instant d’après, elle était enfermée entre les bras étonnement forts d’Andy, et elle n’osait plus bouger, alors qu’un sanglot terrifiant quitter ses lèvres. Cela faisait tellement longtemps qu’elle n’avait pas pleuré contre elle, et un instant, Bellatrix regretta tout ce qu’il s’était passé entre elles. Elle voulait la réconforter, la serrer contre elle et lui dire que tout irait bien, comme avant. Mais rien n’était comme avant, et tout aussi rapidement qu’elle l’avait enlacée, Andy s’était écartée, comme brûlée. Rien n’était comme avant ; et bien vite les mages rentrèrent dans la pièce. L’aînée des Black avait du mal à suivre les évènements. Elle observait, impuissante, alors qu’on s’agitait autour de sa soeur. Pendant un instant, elle pensa que personne ne l’avait remarquée. Grave erreur.

La seule chose qui s’enregistra dans son cerveau, qui s’imprima durement contre sa rétine, ce fut le dos de sa soeur, s’éloignant vers la porte. Sans un regard en arrière, sans une hésitation, d’un pas rapide et concentré, précis et déterminé. Elle partait, elle l’abandonnait, là, avec toutes ces personnes que ne lui voulaient que du mal. A nouveau, elle l’abandonnait, elle lui tournait le dos. Elle voulait se rebeller, et elle se redressa. Quelqu’un se saisit de sa baguette, et elle n’y fit même pas attention.

« Don’t you dare, Andy ! Don’t you dare leave me here ! Andy ! ANDY ! »

Elle s’était redressée, dans sa détresse, et elle était à moitié sur ses pieds, déjà prête à se jeter vers la porte, lorsqu’on se saisit d’elle presque violemment, l’empêchant d’aller plus loin. Elle se débattit de tout son corps, faisant fi de la douleur qui irradiait ses membres, et surtout son bas-ventre, toujours blessé. Elle combattait les bras, lâchant des cris stridents, hurlant des obscénités, alors que la réalité se refermait lentement sur elle : on allait l’interner à St Mungo’s, on allait chercher à rentrer dans sa tête, peut-être, et la pensée la figea presque de peur. Mais elle se mit à rire, soudainement, et c’était terrifiant dans sa folie. Un sort finit par heurter le corps déchainé, et elle se vit forcée de ne plus bouger. And it all went black.

*****


Son sang était glacé d’une terreur incompréhensible. Il n’y avait rien d’agréable dans sa situation, rien d’enviable, mais elle ne comprenait pas pourquoi elle avait aussi peur. Quelque chose, dans le fin fond de sa mémoire, cherchait à se faire connaître, mais elle n’arrivait pas à débloquer ses souvenirs. Elle avait un sentiment, une impression, que cela concernait ce fameux été, auquel elle n’avait repensé depuis des années. Mais être là, dans cette salle si froide aux murs si blancs, cela ravivait les pensées les plus sombres. Elle ne savait même plus depuis combien de temps elle était là, enfermée, à St Mungo’s. Tout cela à cause de sa traîtresse de sœur. Elle ne voulait même plus la considérer comme sa sœur, ce monstre qui l’avait privée de sa liberté, et pour quoi ?! Certes, elle pouvait admettre qu’elle avait été un peu excessive, lorsqu’elle avait décidé de charcuter sa peau, mais de là à les laisser l’étudier — à nouveau. Cette pensée la glaça et elle se figea dans son mouvement de balancier. Cela lui était arrivé avant. Elle avait été enfermée, relativement de la même façon, et ils — elle ne savait pas qui étaient les fameux ils — avaient procédé à des expérimentations sur elle.

Bien sûr, à présent, ils cherchaient un moyen pour soigner sa folie, usant de toutes les méthodes nécessaires — moldues et sorcières — sans effet. Avant, ils avaient voulu … Elle ne savait pas. Elle ne se souvenait que de choses très variées, ce lit, des notes, un choc étrange — électricité, se rappela-t-elle soudainement — qui n’était pas très différent des effets du crucio. Ils étaient moldus. Elle en était persuadée. Ils avaient tous ces instruments étranges, et ces mots encore plus bizarres. Elle n’avait pas compris, et si elle avait des images de ce qu’ils avaient fait, elle aurait été incapable de le décrire à qui que ce soit, et encore moins de l’expliquer. Elle se souvenait de bribes, qui n’avaient pas de sens, mais une chose était absolument certaine : ils étaient moldus, et ils l’avaient étudiée.

Elle reprit son mouvement de balancier, les mâchoires crispées de haine. Si elle pouvait les retrouver, elle les tuerait. C’était à cause d’eux, tout était à cause d’eux. Sa folie soudaine, son instabilité magique, sa dépendance aux potions. Ils l’en avaient privée, d’ailleurs, ces idiots de St Mungo’s. Ils n’avaient pas conscience du danger, et elle faisait de son mieux pour camoufler son instabilité. Elle se forçait à garder son calme, en toutes circonstances, même lorsqu’ils la plongeaient dans de l’eau glacée pendant de trop longues secondes. Elle essayait de ne pas laisser la peur l’envahir, mais c’était presque trop tard. Elle pouvait le sentir dans ses membres, dans son sang, la magie, pure et destructrice, faire son chemin vers la surface. Elle crispa sa mâchoire, grinça des dents, et commença à attaquer son propre poignet avec ses ongles. Il fallait qu’elle se calme, qu’elle garde le contrôle, et il n’y avait qu’une seule façon lorsqu’elle n’avait pas ses potions : diriger sa colère vers sa propre personne. Mais ça ne suffisait pas. Elle se souvenait encore du sourire suffisant que lui avait lancé le médecin, quelques heures plus tôt, ce sale mudblood. C’était de leur faute, à tous, moldus et mudbloods.

Elle cria, et le carrelage recouvrant les murs, et le sol, explosa. Elle fut blessée, mais elle n’eut pas le temps de s’en rendre compte, évanouie suite à la soudaine décharge de magie. Sa dernière pensée était claire : il fallait que quelqu’un la sorte de là avant qu’elle ne détruise l’hôpital avec sa rage.

*****

No one’s gonna save you now, you monstruosity. No one cares. Mais c’était un mensonge, n’est-ce pas ? Elle y croyait presque, elle voulait y croire, peut-être, mais la figure devant elle était bien la preuve qu’elle importait encore à quelqu’un. Elle entendit son prénom, et ça la frappa comme un cri. Ses yeux retrouvèrent leur focus, un peu, et elle fixa la forme, sa sœur, Cissy, sans arriver à croire qu’elle était bien là. Ce ne serait pas la première fois qu’elle avait un tel rêve, une telle hallucination. Des personnes pouvant venir la chercher, il n’y avait qu’elle de crédible, et peut-être Voldemort. Mais non, le Maître ne se déplacerait jamais en personne pour elle. Elle aurait aimé pouvoir se mentir à ce sujet, mais il était terriblement clair qu’il ne viendrait jamais pour elle. Mais Cissy, sweet Narcissa, peut-être qu’elle ne la laisserait pas croupir entre ces quatre murs. Les mots prononcés, elle ne les comprit pas, et elle ne chercha pas à les comprendre. Elle n’y croyait pas, de toute façon. L’autre forme, qu’elle reconnaissait aussi et qu’elle détestait sans limite, s’approcha d’elle. Il allait la toucher, et elle eut un mouvement de recul, bien vite arrêté par le mur contre lequel elle était adossée. Il la toucha, lui retira son bâillon, et lâcha un soupir de soulagement alors qu’elle pouvait enfin fermer la mâchoire, depuis ce qui lui paraissait être une éternité.

Il y avait quelque chose contre son épaule, venait-elle à peine de se rendre compte. C’était doux, délicat, attentionné, et à cet instant, elle savait que ce n’était pas un rêve. Cissy était véritablement là, avec elle, et elle allait rentrer à la maison. C’était bien ça qu’elle avait dit, non ? Bellatrix releva soudainement les yeux vers elle, et la contempla avec émerveillement. Elle avait les larmes aux yeux — larmes qu’elle refusait de laisser tomber — et tout son corps tremblait. Elle venait pour la sortir de là. Elle adorait sa sœur, l’avait toujours adorée, elle avait essayé de la protéger de tout ; et ce jour-là, elle avait échoué. C’était elle la grande sœur, ce n’était pas à Cissy de venir la retrouver dans un état pareil, ce n’était pas à Cissy d’être son chevalier en armure. Pourtant, la jeune femme était là, et Bellatrix ne pourrait jamais l’oublier. Elle la sortait de son Enfer personnel, elle la mettait en sécurité, elle l’éloignait de ces chiens, de ces mudbloods dégoûtants, de sa sœur, l’autre, la traitresse, et elle lui promettait une vengeance. Elle la voulait terriblement, sa vengeance, elle voulait les faire trembler de douleurs, les rendre fou, et lorsqu’ils auraient assez supplié, leur trancher la gorge et les voir s’étouffer dans leur propre sang. Elle cligna des yeux, chassant le visuel, et fixa la jeune femme avec émerveillement, à nouveau.

« Cissy … You’re really here ? You came ? For me ? » Les questions étaient rhétoriques, mais elle ne pouvait pas ne pas les poser. « Take it off, the straight jacket, take it off, please Cissy … Please. »

Les Black ne suppliaient pas mais c’était sa sœur, et sa voix n’était qu’un murmure. Si elle enlevait la camisole de force, alors cela voulait dire qu’elle était vraiment là pour la faire sortir, que ce n’était définitivement pas un mauvais tour de son esprit. Et la blonde fut terriblement efficace. Quelques instants plus tard, l’aînée des Black pouvait toucher ses propres mains à nouveau, et elle retira furieusement le vêtement, le jetant par terre dans la moindre hésitation. Elle voulait le voir brûler, de toutes ses forces, mais elle devait se contrôler, encore un peu. Elle ne voulait pas mettre le feu à la pièce, elle ne voulait pas qu’ils la gardent, plus jamais. Sans hésiter, sans réfléchir à la démonstration de faiblesse, elle se jeta au cou de sa sœur, et l’enlaça avec abandon, s’accrochant désespérément à sa nuque alors qu’elle peinait pour se tenir sur ses propres pieds. Elle ne pleurait pas, non, mais elle tremblait de tous ses membres, et sa peau était brûlante, et elle ne savait pas comment elle était encore consciente.

« How long has it been ? I thought … I thought every one gave up on me, I thought I’d never get out. »

Sa voix était petite, presque enfantine, et elle pressa son front contre le cou de sa sœur, inspirant désespérément son odeur, ce parfum raffiné et délicat, si cher et si délicieux, tellement différent de l’odeur affreuse de l’hôpital et de sa propre crasse. Il lui fallait un bain, pensa-t-elle soudainement, mais l’idée d’être dans une baignoire la faisait frémir, tout autant que l’idée d’être en contact avec de l’eau, alors qu’eux l’avaient utilisée pour la calmer, mais ce n’avait été qu’une autre forme de torture. La porte était ouverte, remarqua-t-elle soudainement, et elle se détacha de Narcissa avec lenteur, fixant l’homme au-delà, le mudblood. Son jour viendrait, pensait-elle avec un sourire sadique, mais pas encore, pas tout de suite. Il fallait qu’il sache qu’elle viendrait pour lui, qu’elle le traquerait ; qu’il ne dorme plus tranquille, plus jamais, et qu’il vive en regardant par dessus son épaule, en permanence. Elle sourit, follement, et elle avança vers lui, oubliant tout de sa sœur, pour le moment. Il lui manquait une chose, juste une chose, si étrangère soit-elle, pour être vraiment libre.

« My wand, mudblood. »

Son ton était froid et dément, mais il commandait, et ce fut une main tremblante qui lui rendit son précieux bout de bois. C’était rassurant de l’avoir à nouveau, même s’il lui paraissait étranger, il était à elle et c’est tout ce qui importait. Elle s’approcha soudainement de lui, peu agressive mais dangereuse tout de même, et lui murmura à l’oreille d’une voix vicieuse qu’elle le reverrait, plus tard, et que ce ne serait pas plaisant. Sa menace proférée, elle se recula et le fixa avec dégoût, avant de se retourner vers sa sœur, le masque de haine et de rage tombant instantanément pour laisser place à la fatigue, surtout, et la reconnaissance.

« Cissy. »

Dit-elle simplement, d’une voix douce et aimable, et attendit que la jeune femme soit à sa hauteur pour se retourner vers la cellule, et sourire. Elle ferait en sorte qu’elle n’en voit plus jamais l’intérieur. La camisole prit feu, soudainement, et elle ne cessa de regarder, alors que le reste de la pièce commençait à s’enflammer, et que le mudblood, paniqué, tentait un aguamenti pour arrêter les dégâts. Ignorant la suite des évènements, elle se tourna vers sa sœur, les yeux plein d’étoiles, et attrapa sa main délicatement entre les siennes, baisant chaque phalange avec une reconnaissance obsessionnelle.

*****


« What are you doing Bellatrix? »

Le ton était froid, dur, et pourtant, le lieutenant n’avait pas flanché, ou presque. Ça devait être fait, se répétait-elle en permanence, à chaque seconde qui passait. Ça devait être fait car sinon la race magique allait disparaître, et elle ne pouvait pas le laisser faire. Certainement pas ce sang-mêlé, ignoble et indigne, qui l’avait abusée trop longtemps et qui était aveuglé par ses ambitions. Il ne comprenait pas, personne ne comprenait, personne d’autre qu’elle, qui avait vu, et qui se souvenait, de tout ; ou presque.

« It has to stop, my Lord. They'll destroy us. »

Il eut l’audace de rire et ses doigts se resserrèrent sur le bois de sa baguette. C’était inutile, totalement inutile, d’essayer de manipuler l’objet : il le savait tout autant qu’elle. Elle était la définition d’instable, et elle arrivait à peine à contrôler suffisamment sa magie pour l’empêcher d’exploser le quartier. Elle tremblait de tous ses membres, terrifiée d’aller contre son maître, mais pourtant persuadée que c’était la chose à faire.

« I didn’t pick you to be such a weak witch, Bellatrix. Afraid of muggles ? »

Ses dents se crispèrent alors qu’il continuait de la provoquer. Elle jeta un œil derrière elle, vers le corps inanimé de son mari — mort ? — avant de fixer son regard sur le monstre, décidée. Il ne comprenait pas. Il ne comprenait rien du tout.

« I should have let you rot in your deranged family. You’re of no use to me, Bell—  »

Elle se jeta sur lui. Plus tard, elle aurait honte de se laisser aller à une méthode tellement basse, et vulgaire, mais après tout, c’était ce qu’elle savait faire le mieux. Elle avait été élevée dans la violence, et elle saturait son sang. Elle cogna sans réfléchir, sa soudaine sauvagerie lui faisant oublier leurs baguettes, toutes deux tombées au sol dans le mouvement. Et c’était à peine s’il avait le temps de réagir, alors qu’elle n’arrêtait pas de faire pleuvoir ses poings, jusqu’à s’en ouvrir la peau et s’en briser les phalanges. Elle était sans merci, sauvage et cruelle, presque animale, alors qu’elle continuait. Il était mort, elle le savait, le crâne avait craqué sous la force de ses coups, mais pourtant elle ne pouvait s’arrêter, démolissant son visage encore et encore. Lorsqu’enfin, elle s’arrêta, ce ne fut que pour regarder le ciel, la pluie qui trempait ses lourdes boucles noires, et hurler.


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Bellatrix Black — l'Espoir,
 Vaincu, pleure, et l'Angoisse atroce, despotique,
 Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir.
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