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 Mélusine de Valmont — « If I call on every soul in the land on the move Tell me if I'll ever know a blessing in disguise. »

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Crédit(s) : Avatars : Aeryn & Fenrir • Signature : BEYLIN (Bazzart) • Avatar fiche : Freesia (Bazzart)
Disponibilité RP : Bellatrix Black • Ravenna Potter • Cassim Shafiq • Andromeda Tonks • Nathanaël de Valmont • Regulus Black • Rita Skeeter • Jared Nightingal — 0/8
Célébrité : Emily Blunt
Enrôlé(e) depuis le : 05/02/2016
Camp : Order of the Phoenix — Depuis presque 3 ans, depuis qu'elle a fui les méthodes du Ministry et qu'elle a décidé de prendre part à cette guerre qui la touche malgré tout.
Age du Personnage : 31 yo
Particularité : Psychométrie — Elle a une maitrise avancée de ce don qu'elle considère pourtant plus comme une malédiction.
Baguette : Tout droit sortie d'une manufacture française, la baguette de Mélusine, taillée dans du bois de Cèdre, mesure 29,8 cm et renferme en son coeur un Cristallin de Basilic. Fine et semi-flexible, elle a tout d'une extension parfaite.
Patronus : Une Hermine Blanche — Lointain souvenir d'une rencontre fugace lors d'une nuit d'Hiver dans les Vosges. Plus tard, elle apprit qu'il s'agissait de l'animagus de son frère aîné.
Epouvantard : Feu son mari, revenant d'outre-tombe en Death Eater pour prendre ce fils « impur » qui n’est pas sien.
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RP bilingue : Les dialogues, au moins, pour le RP complet, à voir.
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MessageSujet: Mélusine de Valmont — « If I call on every soul in the land on the move Tell me if I'll ever know a blessing in disguise. »   Lun 17 Avr - 23:08

Mélusine de Valmont
« And I shall rise, oh well I shall rise, again and again »
Pseudo/Prénom • Aeryn ; Âge/Lieu de résidence • 25 printemps déjà biennnnn trop dépassés. ¬¬  / Sud de la France ; Fréquence de connexion • Très souvent, obviously. ; Nature du Personnage • Inventé. ~ ; Crédit • Me, myself & I pour les avatars, Freesia (bazzart) pour l’avatar fiche, et BEYLIN (bazzart) pour la signature. ; Comment avez-vous trouvé le forum ? L.e.l mdr y'a un autre il ; Que pensez-vous du forum ? l'amour le vrai ; Un mot pour la fin ? Enfin, EN-FIN, esti d’marde en tabarnak ! Il était temps ou glenn
Nom • La jeune femme porte le nom assez connu de son père, herboriste de renom et bon parti sur lequel sa chère mère aura jeté son dévolu : de Valmont. ; Prénom(s) • Féru de contes, c’est Nathanaël, l’aîné de la fratrie, qui choisit Mélusine pour prénom à sa jeune sœur. Celui de Calliope vint ensuite, choisi par ses parents qui espéraient pour leur fille une grâce semblable à celle de la muse. ; Date de naissance • C’est dans la fraicheur d’une matinée de Novembre 1954, le 8,  que la jeune de Valmont vit le jour. ; Lieu de naissance • Héritière d’une famille aux racines françaises, c’est bien sûr dans la ville qui vit grandir toute sa famille que Mélusine poussa son premier cri : Bordeaux. ; Statut sanguin • L’obsession de sa mère aura porté ses fruits, puisque c’est avec un mari Sang-Pur qu’elle aura su garder la lignée de sa propre famille intacte. Aussi, Mélusine porte encore le fardeau de cette pureté qui n’a pas de sens à ses yeux. ; Maison à Hogwarts • Mélusine n’avait jamais franchi les grilles d’Hogwarts avant de s’enrôler auprès de l’Order of the Phoenix. Le château avait – lui a-t-on dit – perdu de son éclat et de sa chaleur et il lui semblait alors que Beaux-Bâtons n’avait rien à envier à l’école anglaise. ; Patronus • Animagi de son frère ainé, c’est une Hermine Blanche qui protège Mélusine de ses frayeurs, quand les Dementors se frayent un chemin vers son cœur. ; Epouvantard • Feu son mari, revenant d'outre-tombe, affublé du masque des Death Eaters, pour prendre ce fils « impur » qui n'est pas le sien. ; Amortentia • C’est l’odeur tiède d’un croissant frais, les fragrances musquées du parfum de son père et celle, plus discrète, des vieux bouquins aux pages jaunies, qui viennent enivrer les sens de Mélusine quand elle s’attarde à sentir cette potion. ; Allégeance • Order of the Phoenix, of course. — Elle ne porte aucune importance à la pureté de son sang, et ne prône la valeur de chacun que par la force de son courage et la sincérité de ses engagements.  ; Baguette • Véritable pièce d’orfèvre, la fidèle alliée de Mélusine a été taillée en bois de Cèdre et porte en son cœur un élément assez rare : un cristallin de Basilic. Elle mesure 29,8 centimètres et est assez fine et délicate entre les doigts de la française, tandis qu’elle montre une souplesse discrète mais assez évidente pour être notée.  ; Particularité • La jeune de Valmont est l’une des rares à avoir été « touchée » par ce qu’elle voit comme une malédiction : son don de Psychométrie.

Order of the Phoenix

Emily Blunt
 
Résiliente ♦ Perfectionniste ♦ Bornée ♦ Loyale ♦ Réfléchie ♦ Cartésienne ♦ Maternelle ♦ Sensible

 Que pensez-vous de l’existence des Mutes ?
Ancienne Unspeakable, Mélusine les a vu défiler au Ministry sous le prétexte qu’il fallait les « soigner ». Pourtant, ce qu’elle a pu voir de leur traitement n’avait rien de bienveillant et il lui semblait même que leur état empirait. Elle-même n’a jamais eu à les traiter, mais elle a pu en étudier quelques-uns, alors qu’elle s’occupait des recherches à leur sujet et qu’elle devait récolter des informations. En plus d’un an, elle n’a presque rien appris, sur eux, mis à part, peut-être, que ni le Ministry, ni personne d’autres d’ailleurs, n’avait en leur pouvoir le moyen de les soigner ou de stabiliser leur magie.
Pour autant, Mélusine ne les considère pas comme une menace et estime qu’ils ne devraient pas être traités différemment des autres sorciers. Leur état n’est pas, à ce qu’elle sache, dû à un virus et elle soupçonne – comme Dumbledore et Minerva - les moldus d’être derrière ces enlèvements. Si les non-sorciers estiment qu’ils sont en droit de les étudier, il n’en va pas de même pour Mélusine qui pense que les Mutes revenus dans leur monde ne sont pas des bêtes de laboratoires. Elle n’a aucune idée de comment traiter leur souffrance, mais s’évertue à essayer de chercher un remède, de la façon la plus douce qu’il soit.

Pour les Mutes que Mélusine voit à Hogwarts, elle n’a remarqué chez eux rien de dangereux, si on ne les « titille » pas : comme pour tous les autres sorciers, leur magie est intimement liée à leurs émotions, et il n’est jamais bon de se frotter de trop près à sorcier instable, ou pire encore, à un Mute qui n’a plus aucun contrôle sur sa magie.  

 Êtes-vous inquiété par la guerre faisant rage entre l’Order of the Phoenix et les Death Eaters ?
Enrôlée dans l’Order depuis presque trois ans, Mélusine ne sait que trop bien ce qui les oppose à leurs « homologues masqués ». Bien qu’elle ne prenne que rarement part aux conflits sur le terrain et qu’elle ne se soit jamais confrontée directement aux Death Eaters, la française sent bien que la donne a pour le moins changé, depuis la mort de leur Lord : les Death Eaters semblent plus aveugles encore, plus violents et plus inconscients et déterminés qu’ils ne l’ont jamais été.
Pourtant, dernièrement, ils semblent attelés à une autre tâche : retrouver leur fugitive. S’il en résulte une légère accalmie du côté de l’Order, les Phoenix n’en restent pas moins sur leurs gardes. Avec le Ministry contre eux également, l’Order se retrouve à se battre sur tous les fronts, et la guerre que les Phoenix mènent déjà depuis bien des années contre les Death Eaters ne semble pas prête d’être terminée.
Pour autant, Mélusine est plus anxieuse depuis la mort du Dark Lord, car si hier ses disciples avaient des intentions claires, aujourd’hui, ils sont instables, imprévisibles et prêts à frapper de toutes parts sans aucune raison visible et sans se soucier des dommages causés.

 Que pensez-vous de la mort de Voldemort, avez-vous été affecté par cette dernière ?
Comme tout le monde, Mélusine a appris la mort du Dark Lord par la presse. Dire que le choc fut rude serait un understatement. Elle aurait pu être heureuse, ou au moins soulagée, mais elle ne voyait rien de bien résulter de cet événement. Jusque là, elle connaissait ses ennemis, ceux contre qui elle se dressait, le visage de son oppresseur, alors qu’avec la mort de Voldemort, le jeu était faussé. D’autres aliénés viendraient mettre leur grain de sel dans une guerre déjà bien rodée, et le Ministry semblait croire que tous les sorciers, tous, étaient une nuisance.
Membre de l’Order, Mélusine ne se sent plus en sécurité, nul part, alors, qu’elle se bat pour des valeurs qui lui semblent justes.
D’un naturel inquiet, la française aimerait comprendre ce qui se cache derrière cette mort pour mieux protéger ceux qu’elle aime et apporter un semblant de stabilité dans leur monde qui peu à peu, semble voir ses fondations s’effondrer.
Pire encore, elle aimerait savoir ce qu’il en est, si Bellatrix est bien celle qui l’a tué, même si elle en doute. Elle n’imaginait pas le Dark Lord tomber sous la main de son plus fidèle Death Eater. S’il s’avérait que Bellatrix était bien derrière ce geste, elle ne saurait plus quoi penser de cette guerre : la mort de l’oppresseur et les choses ainsi ébranlées jettent un voile sinistre sur un avenir déjà incertain.  

 Connaissez-vous les Ouroboros, que pensez-vous de leur action ?
Les Ouroboros sont un bruit de couloir, une rumeur encore murmurée et dont Mélusine n’a que très récemment entendu parlé. Elle ne sait pas qui ils sont, quels sont leurs buts ni même s’ils sont dangereux. Elle s’inquiète – naturellement – et a tendance à regarder les gens autour d’elle deux fois, se demandant parfois si les Ouroboros ne sont pas déjà nombreux et assez discrets pour être invisibles, mais partout. Si elle ne le dit pas, elle songe souvent à eux, alors que c’est encore une grande inconnue dans le conflit actuel. Elle soupçonne Bellatrix Black d’y être mêlée, mais n’a aucune preuve pour en être certaine. Elle espère juste – naïvement peut-être – qu’ils ne sont pas aussi dangereux ou aveugles que les Death Eaters sur la question de la pureté du sang… La sécurité du monde sorcier, et plus encore, celle de son fils, sont au cœur de ses préoccupations.

 Pensez-vous que l’action du Ministry est appropriée pour traiter des crises en cours ?
Si en arrivant en Angleterre Mélusine n’a rien eu à redire sur le Ministry, il en est autrement aujourd’hui. Il lui a certes offert son premier emploi, une condition, une aisance dans le monde sorcier anglais et un « réseau », mais il lui est vite apparu que derrière les sourires politiquement corrects, les poignées de mains bien hypocrites et dans l’ombre des beaux discours, le Ministry n’avait finalement rien de l’étoffe qu’elle imaginait. Elle se rend compte, depuis qu’elle en a quitté les rangs, que ce n’était là que de la poudre aux yeux et qu’il est finalement nécessaire de noter qu’il est d’une incompétence inquiétante dans la gestion des crises en cours.
Depuis qu’elle a rejoint des Phoenix, Mélusine s’échine à comprendre le disfonctionnement du Ministry, au moins autant qu’elle tente de réparer les erreurs qu’il commet. L’état d’urgence l’enrage et l’inquiète parce qu’il est évident à ses yeux que le Ministry ne sait pas ce qu’il fait, ou au moins, qu’il ne prend pas en compte les conséquences de ce qu’il fait, par ignorance. Elle aimerait récupérer les travaux qu’elle y a conduit pour le bien de la cause de l’Order mais il lui semble qu’elle en a plus appris sur les Mutes en étant auprès des Phoenix que durant tout son temps dans les laboratoires du Ministry.
Elle regrette d’avoir mis tant de foi dans le Ministry mais se console en se disant qu’elle y a accumulé bien des informations, et qu’elle en connaît maintenant assez le fonctionnement pour, s’il lui sera un jour nécessaire de le faire, s’y infiltrer. Pour autant, cette entreprise sera bien périlleuse maintenant que le Ministry a l’Order et les Death Eaters en ligne de mire : il a l'erreur de ne plus faire de distinction, tous ceux n'embrassant pas leur dictat est considéré comme une cible.
 


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Baguette : Tout droit sortie d'une manufacture française, la baguette de Mélusine, taillée dans du bois de Cèdre, mesure 29,8 cm et renferme en son coeur un Cristallin de Basilic. Fine et semi-flexible, elle a tout d'une extension parfaite.
Patronus : Une Hermine Blanche — Lointain souvenir d'une rencontre fugace lors d'une nuit d'Hiver dans les Vosges. Plus tard, elle apprit qu'il s'agissait de l'animagus de son frère aîné.
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MessageSujet: Re: Mélusine de Valmont — « If I call on every soul in the land on the move Tell me if I'll ever know a blessing in disguise. »   Lun 8 Mai - 13:56

« We are shining & we'll never be afraid again »
« The Story of a Gift. »

     Φ RP — Mise en situation.

••• Flashback •••

La dextre posée sur le chambranle de la porte, Mélusine avait fermé les yeux une fraction de seconde. Juste le temps d’être assaillie par une nuée d’images qu’elle n’arrivait pas encore à décoder. Cela lui parut une éternité, pourtant, et elle savait déjà, oh, elle savait si bien qu’elle ne sortirait pas debout de ces ruines grinçantes. L’instant où les « flash » arrivaient, elle ne pouvait rien faire, rien, à part accepter d’accueillir des souvenirs qui ne lui appartenaient pas. Elle ne pouvait pas encore complétement les comprendre ou les analyser et elle devait se garder du temps, plus tard, pour étudier plus en détails ce qui avait pris place dans sa caboche.


« Un souvenir pour un autre… ». Rien n’était gratuit, et chaque fois qu’elle découvrait quelque chose, une partie d’elle la quittait, pour un temps. Les souvenirs de sa vie, si précieux puissent-ils être, ne lui appartenaient plus vraiment, maintenant, et elle se devait d’apprendre à vivre avec cette « lésion », avec, à chaque fois que sa main se posait quelque part, cette crainte d'avoir oublié quelque chose d'important.

Et, alors que dehors le soleil se parait de sa teinte orangée, Mélusine vacillait. Le souffle erratique et le cœur pompant bien plus que de raison un sang qui ne véhiculait plus assez d’oxygène, la jeune femme se laissait glisser contre le cadre de la porte qu’elle n’avait même pas eu le temps de franchir. Dans un soubresaut douloureux, le cœur de Mélusine se tut une fraction de seconde. Juste le temps pour le Phoenix de sombrer dans une inconscience fragile.

A l’étage du bas, des pas se faisaient entendre, alors qu’une voix s’élevait : le bruit sourd d’un corps qui tombe n’avait échappé à personne.


••• Fin du Flashback •••

Sept mille quatre-cent-quatre-vingt-deux. Mélusine pouvait presque déceler ces nombreux petits « bâtons », gravés sur les quatre murs ternis de sa mémoire chancelante. Pourtant, maintenant qu’elle travaillait pour les Phoenix, la française se disait que ce don lui était bénéfique, finalement. Tout ce temps s’était écoulé le plus naturellement du monde pour ceux sur qui le regard de la trentenaire se posait. Elle ; en revanche, avait dû apprendre à vivre dans l’angoisse presque constante d’oublier l’existence ou le visage de son fils. Oh, bien sûr, elle ne l’oublierait que quelques instants, qu’un jour ou deux, tout au plus, mais elle n’arrivait pas à se faire à cette affreuse idée.

Allongée sur son lit d’hôpital, Mélusine regardait à travers la vitre de sa fenêtre sur laquelle s’échouait une pluie colérique. Elle ne comptait plus les fois où elle avait atterri là, à l’infirmerie d’Hogwarts, le crâne lourd et le corps meurtri. Elle ne comptait pas les fois où les infirmières tentaient de la rassurer. Elle se contentait de sourire le plus sincèrement du monde, essayant de cacher dans le vert de ses yeux tout le poids d’un fardeau dont elle ne se libèrerait jamais. Et, comme à chaque visite, on la relaisserait partir, avec toujours les mêmes avertissements : « Ménagez-vous ! Vous travaillez peut-être trop, non ? » ou  « Ah, vous avez encore oublié vos gants ? » Non. Non, elle ne les oubliait jamais, il lui fallait juste, parfois, les ôter… Pour le bien des autres, se disait-elle… Et, le temps faisait peut-être bien les choses puisqu’il lui semblait que chaque fois qu’elle se disait ça était plus facile que la fois d’avant.


Elle détestait être un poids pour l’Order, pourtant, alors que bien souvent, elle finissait ses missions ici, dans un lit qu’elle n’avait que trop souvent visité et que ses mains, gantées, ne toucheraient sûrement jamais de peur de lui faire voir trop d’horreurs. Combien de morts s’étaient éteints dans ce linceul ? Mélusine les regardait, justement. Fines, délicates… Elle les avait appréciées, pendant longtemps, mais s’était finalement résignée à les craindre, le plus souvent. Elle détestait qu’on les lui touche. L’idée même de se résoudre à toucher quelque chose ou quelqu’un la terrorisait.

Une fois n’est pas coutume, Mélusine réprima ses larmes, avant de fermer les yeux. Bientôt, elle retrouverait son fils et ses éclats de voix, ses rires encore insouciants. Elle avait tout, ou presque tout ce que l’on pouvait espérer dans une vie et elle ne pouvait pas, elle ne pouvait plus laisser ce « don » aire de l’ombre à son existence.

Sept mille quatre-cent-quatre-vingt-deux jours, ce n’était rien, finalement, sept mille quatre-cent-quatre-vingt-deux jours, c’était dérisoire, quand on pensait au bien que cela pouvait représenter, pour les Phoenix et pour cette guerre sans fin.

« Birth ; some may think of that as a Curse »

      Φ Seconde et dernière née de la famille de Valmont, Mélusine vit le jour lors de la froide matinée du 8 Novembre 1954, à Bordeaux. Son frère, Nathanaël, de quatre ans son ainé, l’accueillit avec ravissement et s’attacha très vite à elle, ne se doutant pas encore que le lien puissant qui les unissait les aiderait dans un monde d’adversité et dans une famille où le dictat matriarcal ne laisserait aucune place à la médiocrité : leur mère, Catherine, avait épousé leur père pour entretenir la pureté de sa lignée, tout autant que pour rallier son nom à celui d’une riche et puissante famille de la région.

De son premier cri à ses premiers pas, de son premier mot à son premier rire, l’on pouvait déjà voir que Mélusine n’apporterait rien à sa mère avant d’avoir un haut port de tête, une tenue et un cadre de vie irréprochables. L’affection n’étouffait clairement pas les enfants de Valmont, ou en tout cas, pas de la part de leur mère qui ne voyait en eux qu’une gloire et une réputation à venir. Leur père, lui, dans l’ombre de sa femme, les cajolait comme il le pouvait, se cachant souvent de Catherine pour gâter ses rejetons, bien conscient de n’être leur heureux géniteur que parce qu’il n’était qu’on pion, dans l’ambition maladive de sa femme. Il l’aimait, pourtant, assez pour la supporter, et assez pour tolérer les méthodes d’éducation peu conventionnelles de celle-ci.

Formée à être parfaite et à jouer sur les apparences, Mélusine aura très vite appris à contenter sa mère - tout comme Nathanaël - et à suivre ses traces, bien que les deux jeunes héritiers ne croient en aucun cas à ses idées puristes. Ils tenaient ça de leur père, très certainement, qui, dans le secret de leurs « réunions », leur inculquait des valeurs bien plus saines. « La grandeur d’un sorcier ne se mesure pas à la pureté de son sang, mais à l’éclat de son courage et à la force et à la justesse de ses convictions. » Cette phrase, même aujourd’hui, surtout aujourd’hui, ne cesse de résonner dans la caboche des jeunes français.

L’on dira de Mélusine qu’elle est douce, et d’un calme olympien, mais que ses colères peuvent être destructrices. Pour autant, littéralement « dressée » par Catherine, la jeune femme a très vite su se canaliser et portera un masque qui lui collera longtemps à la peau. De mère en fille, de père en fils, l’excellence des de Valmont ne doit souffrir aucune imperfection, quel qu’en soit le prix. Il n’était pas rare d’entendre dans les couloirs de leur grande maison, les cris de Mélusine résonner, parce qu’elle n’aura pas été assez « droite », assez « souriante » ou assez parfaite au goût de sa mère lors des mondanités que la famille devait tenir. Le père en parfait hôte et « Madame » en maitresse de maison, les deux bambins se devaient d’être irréprochables aux yeux de Catherine, qui, en bonne mère avait déjà tracé les lignes de l’avenir de ses rejetons, dans le but, encore une fois, d’élever leur famille dans les plus hautes sphères.

Et, alors que les coups pleuvaient, que Mélusine se taisait du mieux qu’elle le pouvait, Charles, lui, se contentait de retenir Nathanaël dans ses bras, étouffant ses pleurs pour ne pas que lui aussi subisse le courroux d’une femme éternellement insatisfaite.
« Don't be afraid, little one, life will be brighter soon. »

     Φ Elle devait avoir tout juste huit automnes lorsque, pour la première fois, Mélusine eut une vision. Des mois durant elle le cacha à ses parents, ne partageant cette « accident » qu’avec Nathanaël, qui, bien plus confiant qu’elle, jugea tout de même bon de ne pas en faire part à leur mère. L’inévitable se produisit pourtant : la jeune enfant, terrassée par une vision beaucoup trop puissante pour sa petite caboche, perdit connaissance alors même qu’elle était en plein souper, tombant de sa chaise, tenant encore dans sa main une fourchette qu’elle n’avait jamais touchée auparavant. Son père, inquiet, s’était alors penché vers sa jeune fille, passant sa main sur son front humide. Il tenta de la secouer, de lui faire reprendre ses esprits, mais rien n’y fit : Mélusine n’ouvrait toujours pas les yeux. « Que t’arrive-t-il mon Colibri ? » - il murmurait à son oreille, la portant contre son cœur et jetant sur sa femme un regard vaguement réprobateur. - « C’est bon mon ange, tout va bien maintenant... Tout ira bien. » Se relevant pour la porter jusqu’à sa chambre, Charles doutait, pour la première fois de sa vie, de la capacité de sa femme à aimer.

Catherine, tout d’abord honteuse et accablée par le comportement de sa fille ne tarda pas à la punir, dès l’instant où Mélusine rouvrit les yeux. La santé de l’enfant ne l’inquiétait pas, pas autant, en tous les cas, que l’affreux spectacle qu’elle avait offert à ses convives. Et, bien que Mélusine reprit vite du poils de la bête, plusieurs médicomages se succédèrent à son chevet – sous l’insistance de Charles - avant que l’on mette un mot sur son « mal » : Psychométrie. Et, si pour certains ce don pouvait avoir quelque intérêt, pour Catherine, cela ne valait rien, ou presque. Elle aurait tellement voulu que sa fille soit autre-chose, n’importe quoi d’autre, mais tellement plus que ça, surtout.
Qu’importe, Mélusine dut apprendre à faire avec, et son obsession pour ses mains commença à germer peu de temps après cet incident : elle ne supportait plus qu’on les lui touche, tout autant qu’elle était réticente à les poser sur quoique ce soit. Jamais plus on ne la verra sans ses gants.
« 'Cause it's you and me then all of the people. »

      Φ Comme toute bonne sorcière qui se doit, Mélusine effectua évidemment sa scolarité à Beauxbâtons, école emblématique de son pays d’origine. Son passage dans cet établissement se fit sans vague et rien de bien notable ne se passa durant ces quelques années. Il n’est pas à préciser que la jeune héritière de Valmont avait d’excellents résultats, encouragée par son père et poussée par sa mère. Elle s’exténuait parfois à la tâche mais cela en valait au moins la peine : elle s’évitait les foudres de Catherine, alors que son ainé avait quelque peu délaissé ses études, en dernière année, l’esprit déjà bien loin de Bordeaux, loin de Beauxbâtons et surtout loin, si loin de leur mère.

Un été, alors que Mélusine avait soufflé ses quinze bougies et que Nathanaël avait déjà fini ses études et quitté le domicile familial, la jeune fille s’était laissée se perdre dans les vignes bordelaises, appréciant les rangées à perte de vue et le calme qui y régnait. Depuis le départ de son aîné, elle baignait dans une solitude presque douloureuse, avec sur ses épaules la pression constante d’une mère acariâtre et acerbe, rarement satisfaite de sa fille. Elle enviait alors son frère, la liberté qu’il avait su prendre et la vie qu’il devait mener… Et, alors qu’elle regardait, allongée, l’immuable course des nuages, elle tendit l’oreille, décelant la présence de quelque chose, non loin d’elle. Elle se redressa sur un coude, cherchant des yeux ce qui avait bien pu la déranger, et se retrouva nez-à-nez avec une petite chose, au pelage d’un blanc soyeux. « Hm. Tu n’es pas censé vivre par ici, toi... Tu t’es perdu ? » - elle souriait, amusée par sa propre bêtise. La solitude devait lui peser plus que de raison pour qu’elle parle maintenant à une bestiole dénuée de parole. Elle se rallongea alors, reportant ses yeux vers les nuages tout aussi blancs que la petite boule qui l’avait rejointe. Quelques minutes passèrent, sans qu’elle ne regarde plus la petite chose, mais elle ne pouvait s’empêcher de lui parler encore. Ce à quoi elle ne s’attendait pas, en revanche, c’était de l’entendre répondre. Sursautant comme jamais et hurlant à en faire voler les corbeaux, Mélusine se redressa, empoignant sa baguette et se retournant vers cette voix qui l’avait effrayée.

« Haha ! Mélu’, calme toi, c’est moi ! » La voix de son frère l’accueilli avant que la jeune fille ne soit assez en alerte pour le reconnaître. D’ailleurs, aurait-elle vraiment pu le reconnaître, alors qu’il portait maintenant une barbe désordonnée et des vêtements qu’elle ne lui connaissait pas ? Ah, la liberté lui allait bien, alors qu'il avait troqué ses costumes trois pièces pour de larges chemises et des pantalons feutrés et vieillis par les voyages... « Putain ! Tu m’as fait peur ! » Le choc passé, elle lui sautait dans les bras, alors qu’ils se racontaient leurs vies et que surtout, Nathanaël lui promettait de revenir souvent, en ce même endroit, aussi longtemps que Mélusine vivrait encore chez leurs parents. « Mais... C'était toi, alors, l'année dernière ? C'était toi, ça a tellement de sens ! » La jeune file avait bien des questions, sur le don que son frère lui avait – semblait-il – caché, mais elle ne pouvait lui en tenir rancœur : qu’aurait dit leur mère, si elle avait su ? Pour l'heure, elle comprenait enfin la portée de son patronus : bien plus que le souvenir tenace d'une rencontre furtive, c'était son frère qui la protégeait de ses cauchemars.

L’été fané et la rentrée entamée, Mélusine regrettait de ne plus pouvoir voir son aîné, comptant néanmoins les jours, les mois qu’il lui restait à passer dans ce château, et pire encore, auprès de sa mère. Excellant dans les Potions, la Botanique, les Sortilèges & Enchantement et la Divination, il lui sembla tout naturel de suivre la trace de son père, se penchant alors sur l’étude des plantes dans les potions, et, plus tard, sur l’Alchimie et les recherches en Médicomagie. Et, alors que Catherine s’était désintéressée de Nathanaël, elle mit tous ses espoirs et toute son ambition sur les épaules de Mélusine, promettant même sa main, alors qu’elle n’avait que dix-sept ans, à un homme, patient, qui se tenait dans l’ombre, près à l’épouser une fois le moment opportun arrivé.

Si seulement elle avait pu savoir… Elle n’aurait pas été si impatiente que ça de quitter le foyer familial pour rejoindre, plus tard, celui d’un tout autre genre : promise à un homme plus âgé qu’elle, elle devrait porter sa croix, celle d’être la femme parfaite, l’amante et la mère dévouée.

« Mariage ; it's nothing more than a nice prison »

    Φ Sept ans, voilà sept longues années que Mélusine avait épousé le fils d’un riche ami de la famille, lui aussi élevé dans les principes puristes. Évidemment, il était de Sang-Pur, et évidemment, l’on attendait d’elle qu’elle donne un héritier mâle à son époux. Rien ne se passait comme prévu, pourtant, mais elle y était enfin parvenu : elle portait en elle le fruit d’une union dénuée d’amour. Sa mère avait enfin dit pour la première fois qu’elle était fière d’elle, et Mélusine ne fut pas étonnée de constater que cette fierté ne lui apportait aucune joie… Elle n’aimait pas son mari, non, mais pourtant, elle avait aimé cet enfant dès qu’elle prit conscience de sa grossesse. Et, à bientôt 6 mois de gestation, Mélusine exultait, impatiente de donner naissance à ce fils qu’elle appellerait Lou.

C’était le cœur léger qu’un matin, elle quitta son domicile pour rendre visite à son frère, reclus dans la campagne profonde. Elle avait tant à partager, tant à lui raconter et elle ne se lassait pas de le voir, même s’il n’avait plus rien ; physiquement, de ce frère avec qui elle avait grandi sous la coupe d’une mère autoritaire : il avait quitté le cocon familial sans se retourner, et n’avait plus aucune crainte à arborer une barbe désordonnée de plusieurs semaines et ne portait plus ses costumes qu’il avait délaissés pour ses « jeans » bien plus confortables à son goût.

L’après-midi était passé en un battement de cœur et bien vite il fut temps de rentrer chez elle. Peut-être aurait-elle du prévenir son époux, ou peut-être aurait-elle du rentrer plus tard, peut-être… Tellement plus tard. Elle était donc arrivée devant chez elle, étonnée de se rendre compte que la voix – étouffée – d’une autre femme s’élevait entre les murs de sa demeure. La jeune femme fit le tour de sa maison pour se poster près d’une fenêtre, se dissimulant dans l’ombre d’un chêne. Elle ne voyait encore aucune silhouette mais devinait des allées et venues nerveuses et les éclats de voix de son époux. Elle attendit patiemment, voyant ensuite des éclairs de couleurs, et entendant plus distinctement la voix de la femme qui pestait contre son mari. Elle crut alors la reconnaître mais ne voulu pas se faire de fausses idées, d’abord, quand elle crut entendre le timbre de voix strident que sa mère adoptait lors des nombreuses fois où elle l’avait réprimandée.

Pourtant, quand la silhouette de l’inconnue s’arrêta près de la fenêtre où Mélusine s’était postée, elle ne pouvait plus se tromper. C’était bien sa mère, à l’allure débraillée, les cheveux décoiffés et sa robe juste « jetée » sur ses épaules. Mélusine ne voulut pas sauter sur des conclusions qui lui semblaient invraisemblables, mais dès lors qu’elle aperçu son époux, nu, elle ne put que se rendre à l’évidence : ils avaient une aventure. La jeune femme sentait la colère bouillir dans ses veines, trahie par l’homme qui lui avait juré fidélité et par la seule femme qui aurait du, par devoir, par lien de sang ou même par amour, ne jamais lui faire ce coup-bas : qu'elle soit récemment veuve était une chose, qu'elle jette son dévolu sur son gendre en était une autre.

Elle les regardait pourtant, comme fascinée, se battre à coup de sortilèges et un éclair de lumière mit le feu aux rideaux qui encadraient la fenêtre. Les deux infâmes ne semblaient pas s’en soucier, se hurlant dessus avec ardeur et véhémence, le brasier gagnant en ampleur. Quand enfin ils s’en rendirent compte, leur premier réflexe fut de sortir de cette pièce, se précipitant vers l’entrée – ou du moins Mélusine le pensait-elle – pour la trouver fermée à clé. Elle n’entendait plus leurs cris, sa propre colère grondant dans tout son être, son cerveau hurlant à la trahison et au déshonneur. Quand ils allèrent dans une autre salle pour ouvrir une fenêtre, Mélusine rejoignît elle-aussi les vitres embuées, pour les regarder. Elle aurait pu, aurait du les aider à sortir de cette fournaise mais pourtant, elle n’en fit rien. Et si le visage de son mari, tordu par la peur, aurait presque pu la faire craquer, celui de sa mère, pourtant, la dissuada complètement de faire le moindre geste à leur égard. Elle avait dans son regard l’éternelle lueur de désapprobation, de dégout, presque, et cela ramena Mélusine à son enfance, à toutes les fois où cette mère lui avait fait mal. Elle entendait dans le craquellement de son foyer les coups de ceinture, les « Crucio ! » et les plaintes qu’elle n’avait jamais laissées entendre. Alors, elle se contenta de la fixer, de darder son regard dans celui de cette femme qui au fond n’était qu’une étrangère. Elle se félicitait presque, d’ailleurs, d’avoir insisté pour que son mari enchante leur maison pour y empêcher le transplanage. Ah, ce qu’il devait s’en vouloir, aujourd’hui…

Elle ne les vit pas mourir, brûlés par les flammes, mais les admira s’étouffer à mesure que la fumée gagnait toute leur demeure. Mélusine n’eut pas une once de pitié et attendit que leurs corps ne bougent plus, au sol, avant de s’éloigner et de transplaner pour rejoindre son frère, de nouveau. Il fut étonné de la revoir, si blême, si vacillante. Il s’apprêtait à poser des questions, mais le regard de Mélusine l’en dissuada : il comprit qu’il n’avait qu’une chose à faire, alors que Mélusine vidait sa caboche d’un souvenir qui l’encombrait déjà.
 
Le temps parut long mais il ne s’était écoulé qu’une poignée de secondes lorsque Nathanaël se rassit après s’être plongé dans le souvenir partagé, lourd et tout aussi blême que sa sœur. « Je n’ai jamais aimé ton mari… Jamais.  » - il soupira, passant ensuite sa main sur son front maculé d’une sueur fine. – « Tu— Tu les as… »« Je ne sais pas ce que j’ai fait, Nath’. En revanche, je sais ce que je n’ai pas fait, et— »« On ne dira rien. C’était un accident, et tu n’y étais pas, d’accord ? On ne dira rien, jamais. » Le silence regagna le salon du jeune homme, berçant les deux orphelins dans une inquiétude sourde qui ne les quitterait plus.

La nuit suivante, alors que la maison n'avait plus rien de majestueux et que les corps avaient été retirés, Mélusine retourna dans cette demeure qui aurait du la rendre heureuse. Elle fit une seule erreur, une seule, et se maudit encore aujourd'hui d'avoir laissé sa colère prendre le dessus. Elle avait posé sa main sur le matelas presque entièrement calciné qui avait accueilli les ébats de son époux et de sa mère. Ce fut sûrement sa plus grosse vision, sa plus douloureuse, aussi et celle, surtout, qui lui arracherait la dernière lueur de bonheur - ou presque - qu'elle gardait encore. Son malaise fut si intense et les secours si longs à arriver qu'elle perdit son enfant, son petit Lou, ce joyau qui ne verrait finalement jamais le jour. Alors, perdue dans un chagrin qu'elle tentera chaque jour de dissimuler, Mélusine portera le deuil d’un enfant, mais aussi celui de ne plus être mère : les médicomages, ces médecins archaïques, lui apprirent son étrange stérilité.

« These so-called Monsters helped me to find my way back. »

      Φ Baignée dans la tristesse, Mélusine suivit son frère alors qu’il voulu la couper de ce monde, d’un monde qui n’avait, aux yeux de la jeune femme, plus rien à lui offrir. Alors, libérés de leurs obligations familiales et surtout des dessins de feue leur mère, ils prirent la route vers des contrées qu’ils ne s’étaient jamais imaginé fouler : l’Angleterre Moldue.

Les découvertes furent étonnantes, et leur inquiétude première fit place à une curiosité presque puérile, à un émerveillement presque constant, et, bien qu’ils aient encore ce besoin d’extérioriser leur magie, ils savourèrent les plaisirs simples d’une vie de moldu. Nathanaël laissa son charme opérer et il n’était pas rare de le voir chaque jour avec une nouvelle femme. Mélusine, elle, encore enfermée dans l’écrin de sa timidité, ne se laissait pas facilement approcher. Pourtant, il y eu un homme, un seul, qui lui fit un temps oublier l’échec de son mariage et surtout celui de sa vie sentimentale. En quelques semaines, cet homme sembla la rassurer, lui offrir des illusions qu’aucune magie n’avait le pouvoir de créer, et, finalement, Mélusine se laissa tenter à ce pécher qui n’avait pas l’air d’être si dangereux.

Leur aventure fut brève, mais les étreintes non moins passionnées. Et, quand arriva le temps des aux-revoir, quand vint le temps de prendre encore son envol, Mélusine ne put se contraindre à le quitter sans lui voler leurs moments de complicité. Bien sûr, elle s’en voudrait peut-être pour le reste de sa vie, bien sûr, le gouvernement magique lui en tiendrait peut-être rigueur, mais elle ne pouvait consentir à le savoir misérable, après son départ : mieux valait qu’il oublie son existence, si c’était pour ne plus jamais la revoir. « I’m leaving, Thibault. I’m leaving tonight and you’ll never hear of me again. » Il s’était arrêté, sur le trottoir, relevant vers elle un regard curieux. « Don’t be silly, you’re not leaving, right ? You can’t leave me now, what about us ? » Mélusine fuyait son regard, préférant le perdre sur un bus qui passait. « I’m sorry, love, I need to… » - il l’avait alors prise dans ses bras, pour ne pas entendre ses mots, pour la forcer, peut-être, à reconsidérer un départ qu’il sentait inéluctable. Se dégageant de cette étreinte qu’elle avait appris à apprécier, elle glissa sa main dans sa poche, pour prendre sa baguette et jeter, le plus discrètement possible, ce sort qu'elle détestait tant. « Obliviate. » Le regard hagard du jeune homme lui fendit le cœur, mais elle n’avait pas d’autre choix, n’est-ce-pas ? Elle le retint alors qu’il perdait l’équilibre. La mascarade commençait. « Are you okay ? » Elle se tenait à une distance raisonnable de cet homme duquel elle avait été proche, si proche. « Yeah…I guess. What happened ? » Elle lui offrit alors un sourire forcé. « Oh, you almost fell. » Retrouvant sa posture imposante et son regard retrouvant un éclat mutin, il fit un pas vers elle. « Thanks. Hey, what’s your name ? I could thank you with a drink, what do you say ? » Son sourire charmeur failli pousser Mélusine dans ses bras, encore, mais il ne le fallait pas : ce soir, son frère et elle, partiraient, retourneraient dans « leur » monde. Leur exil avait déjà assez duré… « No need to thank me. I’m sorry, but I’m late, I need to go. Goodbye, sir. » Elle lui offrit un sourire, le dernier, avant de reprendre sa marche, seule, pour rejoindre son frère quelques mètres plus loin.

Aussi courte qu'ait été leur aventure, Mélusine s'était presque imaginé un avenir, avec lui. Et, lui tourner le dos fut peut-être l’une des choses les plus difficiles à faire, mais qu’importe, ce monde n’était pas le sien et ne le serait jamais. Qu’importe les larmes, qu’importe tout le mal que ça pouvait lui faire, elle devait retrouver sa place et là, dans l'ombre de Londres, son monde la rappelait à lui…

« Miracle ; It was never meant to happen again. »

     Φ Les jours, les semaines qui suivirent passèrent à une vitesse presque inquiétante, mais Mélusine s’efforçait de ne plus penser à rien, et surtout pas à Thibault. Cette page était définitivement tournée et il lui fallait reprendre sa vie en main, se retrouver un rôle, une place, quelque part, où elle serait utile et où elle pourrait rependre de zéro, encore une fois. Alors qu’elle avait porté le nom de son époux pendant plus de sept ans, elle pouvait maintenant retrouver le sien, celui de ce père aimant qui resterait à jamais – du moins l’espérait-elle – dans sa mémoire.

Pourtant, et alors qu’elle venait tout juste de s’installer dans la belle Londres, ce passé, cette parenthèse « moldue » lui revint en plein visage et lui apportait, finalement, bien plus qu’elle ne l’aurait jamais espéré : depuis des mois, déjà, Mélusine s’était faite à l’idée de ne jamais être mère, de ne jamais pouvoir construire une famille, et pourtant, pourtant il n’aura suffit que d’une aventure avec un moldu pour lui offrir ce que le monde sorcier ne semblait pas avoir les moyens de faire. Elle était enceinte de quelques semaines et déjà Mélusine craignait pour son enfant, cet enfant, cette « anomalie », comme elle pouvait déjà entendre les puristes le dire. Non, cet enfant, ce miracle n’avait rien d’une anomalie, et Mélusine l’aimait déjà, écoutant pourtant cette petite voix, dans un coin de sa tête, qui lui disait qu’il fallait ne pas y croire, pas encore, pas avant de l’avoir vu dans ses bras, vivant, et en bonne santé.

Son frère l’accompagna dans cette « épreuve » rassurant sa cadette lorsque les six mois furent atteints, lorsqu’elle dut aller accoucher, et lorsqu’il fallu se faire à l’idée qu’elle l’élèverait seule. Et, son petit recroquevillé, insouciant, dans ses bras, il semblait évident à Mélusine qu’il aurait besoin d’un père. Un père d’une lignée de sang-pur, pour assurer sa sécurité dans ce monde qui tremblait encore sous le joug de nouvelles crises : des sorciers revenaient, détraqués, instables, et dont la magie ne répondait plus à aucun contrôle… Alors, pour son petit Thibalt, Lou de Vamont, il faudrait de solides alliés et les armes nécessaires pour se dresser contre tous ceux qui pensaient les Moldus assez dangereux pour être fuis, ou pire, exterminés, dans leur monde… Ne voyant pas d’autre solutions, elle demanda à un vieil ami, un ami d’enfance et de confiance, d’endosser la paternité du jeune garçon.

Et, alors que le bambin n’avait pas quelques mois, alors qu’il avait tout juste un semblant de dent, Mélusine prit poste au Ministry, prononçant le vœu des Unspeakable, pour, elle l’espérait, aider à la stabilisation de leur société désincarnée. Ah ! Elle avait encore en elle – fallait-il le croire – une once de naïveté…
« I aim to protect those I love. »

   Φ Londres. Elle mit du temps à convaincre son frère de s’y installer également, alors qu’il avait encore pris le temps de voyager, en Europe. Mais, c’est finalement à deux qu’ils prirent racines dans une Angleterre prometteuse, pour un renouveau mérité. Leur père, décédé depuis quelques années, restait pourtant auprès d’eux, à sa manière : pour Mélusine, il se montrait parfois dans ses visions, et pour son frère, il prenait vie au creux de sa main alors qu’il avait pris sa baguette pour la faire sienne.

Il y avait tant à espérer de cette nouvelle vie, tant à donner, également, pour ce monde qui vivait des moments nimbés d’incertitudes. A son arrivée, Mélusine, intelligente et dévouée avait misé sur le Ministry, avant de se rendre compte de son incompétence, et pire, de la façon – maladroite et aveugle – qu’il avait de gérer les remous actuels : Voldemort était tombé sous la main, disait-on, de son plus fidèle lieutenant. Et alors que le Ministry tentait vainement de colmater les crises, de « contenir » les Mutes, il était évident pour Mélusine que son allégeance envers celui-ci n’avait plus de sens. Tournant alors le dos au Ministry, elle prit le large, une fois encore, pour s’enrôler auprès de ceux qui, pour elle, avaient un avenir plus brillant à offrir que tous les autres « camps ». Pour ces valeurs, elle se battrait, pour lutter contre l’oppression, elle se dresserait, et, jeune Phoenix qu’elle devenait, Mélusine leur apporta son savoir, ses idées, et – même s’il lui était toujours difficile de l’admettre – son don.


Cela fait bientôt trois années que Mélusine fait partie de l’Order et qu’elle essaye, modestement et dans l’ombre des ailes de son camp de poser sa pierre à l’édifice. Trois années merveilleuse, peut-être, durant lesquelles elle a pu voir son fils grandir et pour lequel elle espère un avenir meilleur et des années à venir moins sombres et nimbées d’angoisses et d’incertitude.



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Mélusine de Valmont — « If I call on every soul in the land on the move Tell me if I'll ever know a blessing in disguise. »
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